en décembre
2. A la douane, ta Chine plaça un mandarin civil, ayant le titre de Kuin-leang-fou, et quatre mandarins militaires : un yeou-ky, un cheou-py, un tsien-tsong et un patsong.
NÉGOCIATIONS POUR LE RELÈVEMENT
En 1889-1890, nos compatriotes, Bonvalot 1 et le prince d’Orléans 2, accompagnés d'un missionnaire belge, le P. de Deken 3, passent par Kouldja, la vallée du Tarim, le Lobnoor, arrivent jusqu’à Dam, aune soixantaine de kilomètres de Lhassa; mais là, ils rencontrent les autorités lamaïques, déléguées pour les arrêter, et ils sont obligés de se rabattre sur Bathang et Ta-tsien-lou. Et, comme ce n’est pas encore assez, semble-t-il, de les avoir empêchés de poursuivre leur voyage, on leur vole plusieurs milliers de francs* à Ta-tsien-lou. Ils se plaignent au préfet qui, au lieu de rechercher les voleurs, fait battre le tam-tam, ameute la populace, insulte les Français et ordonne au roitelet thibétain de les attaquer. Heureusement, le roitelet, indigné de cette injuste agression, défend aux Thibétains de prendre les armes. Averti de la conduite du préfet de Ta-tsienlou, le vice-roi le félicite et lui donne un grade supérieur en le nommant titulaire et en faisant ratifier cette nomination par le gouvernement de Pékin.
A cette même époque, un autre explorateur français, Joseph Martin, essayait d’atteindre Ta-tsien-lou par la route du nord ; il fit halte à Tchangou, pays dépendant de Ta-tsien-lou, et aussitôt le préfet de cette ville envoya un courrier pour ordonner aux lamas de forcer l’étranger à rebrousser chemin par la terre des herbes. L’ordre est exécuté et Joseph Martin, exténué de fatigue, s’en va mourir en Russie.
De 1889 à 1892, W. Woodville Rockliill 4, ancien premier secrétaire de la légation américaine à Pékin, parcourut quelques-unes des routes déjà suivies par Prjévalski, traversa une partie du Thibet oriental, en se dirigeant sur Trachilumbo ; mais il fut arrêté au nord-est de Lhassa et revint à Sliang-haï par Ta-tsien-lou.
En 1891, le capitaine anglais Bower s et le docteur Thorold, partis de Leh, dans le Ladak, doivent laisser Lhassa au sud et viennent échouer à Ta-tsien-lou.
Puis, c’est Mme Annie Taylor, membre de la China Inland Mission, qui, de 1887 à 1892, fait différents séjours prolongés sur les frontières du Thibet et peut se familiariser avec le dialecte thibétain parlé à Lhassa. Le 2 septembre 1892, elle part de Tao-tcheou, dans le Kan-sou, pour se diriger vers Kegou. Elle arrive à Tachegumpa, sur la route qui va de Kegou à Lhassa, et se dirige vers la vallée de Tsochu. Le 31 décembre, elle fran- -chit la frontière du Thibet. A deux journées de la rivière Dachu, elle est faite prisonnière par les autorités thibétaines et conduite sous escorte militaire jusque dans le voisinage de Nagchukokang, localité située à trois
1. De Paris au Tonkin, à travers le Thibet inconnu, par Gabriel Bonvalot. Un vol. in-8. Paris, Hachette, 1892.
2. De Paris au Tonkin, par le prince IL d’Orléans. Un vol. in-8. Paris, Calman-Levy,
3. A travers l’Asie, par le P. Constant de Deken. 1 vol. Bruxelles, 1894.
4. W. W. Rockhill. — The Land of the Lamas. Notes of a journey through China, Mongolia and Tibet, with maps and illustrations. 1 vol., in-8. London, Longman, Green and C°, 1891.
Diary of a journey through Mongolia and Tibet, in 1891 and 1892. 1 vol. in-8. Washington, Smithsonian institution, 1894.