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Du 17e Bengale Cavalery

DES STATIONS CHRÉTIENNES

journées de marche de Lhassa. De là, on lui fait reprendre le chemin de la Chine et, le 12 avril 1893, elle arrive à Ta-tsien-lou. Secourable à tous les malheureux, M. Déjean lui prêta de l’argent pour se rendre à Kia-tin, où elle retrouva ses coreligionnaires.

En 1893, des Russes. M. et Mme Potamine et M. Raskharofï, qui étaient partis de Saint-Pétersbourg avec mission de rechercher les sources du Tong-ho et du Fleuve Bleu, arrivent à Ta-tsien-lou. Ils voulaient aller à Tchang-kou et consacrer un mois à remonter le Tong-ho ; le mandarin le leur refusa. Ils se consolèrent dans l’espoir de se rendre à Bathang par une route nouvelle et, de cette ville, de rayonner dans tous les sens pendant plusieurs mois; ils éprouvèrent un nouveau refus du préfet, qui défendit de les accompagner et de leur fournir des chevaux et des mulets.

Seul, Raskharoff put obtenir d’aller à Bathang. A peine y fut-il arrivé que les lamas firent appeler trente à quarante Dechoudunba ; ceux-ci, pendant une nuit très noire, se ruent sur la maison qu’habite l’étranger, et brisent les portes à coups de hache. Alors les chefs de Bathang interviennent avec leur garde, éloignent les Dechoudunba, puis les mandarins chinois et thibétains font comprendre au voyageur russe qu’il faut partir le lendemain, ce à quoi le malheureux fut bien forcé de consentir.

Voici encore une expédition française qui dura de 1891 à 1894, celle de Dutreuil de Rhins 1 ,et de Grenard. Le 1er décembre 1893, en dépit des efforts que le préfet de Nakdzong avait fait pour les retenir, les deux voyageurs campèrent sur les bords du Namtzo, le lac sacré aux eaux azurées. Mais les autoriLés de Lhassa s’émurent de l’arrivée des Européens et elles opposèrent un refus absolu à leur demande de se rendre dans la ville sainte. De plus, elles exigèrent le départ des explorateurs par la route qu'ils venaient de suivre. Au bout de quarante-cinq jours de pourparlers, de refus réciproques, et même de menaces de la part des Thibétains, nos compatriotes arrachèrent l’autorisation de poursuivre leur voyage dans la direction de Nakchou, vers le nord-est. Quelques semaines plus tard, le 7 mars, ils quittèrent Nakchou et gagnèrent Kieskoudo par une voie détournée. Malheureusement, en se rendant de ce village à Si-ning, aux environs de Tan-bouddha, Dutreuil de Rhins fut tué, le 5 juin 1894.

En 1893, M. et Mme Saint-George Lit tledale, accompagnés de leur neveu, M. A. -L. Fletcher, entrent au Thibet par Kachgar, Khotan, Tchertchen ; par des prodiges de rapidité, ils arrivent à 63 kilomètres de Lhassa; là, ils sont arrêtés et obligés de prendre la route du Ladak.

Enfin, Savage-Landor, qui a récemment publié son ouvrage Aux régions interdites 2, vient clore celte longue liste de voyageurs implacablement chassés du Thibet.

1. Jules-Léon Dutreuil de Rhins, né à Saint-Étienne le 2 janvier 1846, aspirant volontaire puis enseigne de vaisseau, capitaine au long-cours, commandant du Scorpion , en 1876, dans la marine annamite, en 1881 représentant du ministre de l’Instruction publique à l’exposition géographique internationale de Venise, attaché à la mission de l’ouest africain, publia plusieurs travaux géographiques fort importants, entre autres : une carte de l’Indo-Chine orientale, une carte de l’ouest africain, un atlas de l’Asie centrale. Son dernier voyage d’exploration a été publié par M. Grenard, sous ce titre : Mission scientifique dans la Haute-Asie. 3 vol. in-8, Paris, Leroux, 1897.

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