‹ Histoire de la mission du ThibetChapitre 94 sur 170 · Tour du Monde , année 1899, pp, 1 à · texte numérisé non relu

Tour du Monde , année 1899, pp, 1 à

NÉGOCIATIONS POUR LE RELÈVEMENT

Ce résumé de tant d'efforts inutiles, faits non par des prédicateurs de l’Évangile, désireux de détruire le bouddhisme pour lui substituer la doctrine de Jésus-Christ, mais par des explorateurs qui n’avaient d’autre but que d’étudier un pays inconnu, ou de visiter une cité célèbre et interdite, nous aidera à comprendre non seulement le passé mais aussi le présent, et à mieux saisir les causes des difficultés que les missionnaires vont rencontrer pour obtenir justice et retourner dans les postes d'où ils ont été chassés en 1887 L

Suite des négociations.

Lettre de Mgr Biet à la légation. — Mauvaise volonté des mandarins. — Intervention de Bonvalot. — Réponse de M. Lemaire. — Observations de Mgr Biet. — Démarches de M. Ristelhueber. — Promesses du Tsong-li-yamen. — Les Thibétains ne veulent pas du catholicisme. — Aiïaire des stations du Yun-nan. — Réplique de Mgr Biet. — Fin de non recevoir du vice-roi du Yun-nan. — M. Couroux se rend à Yerkalo.

Les ouvriers apostoliques se rendaient parfaitement compte des obstacles qu’ils avaient à vaincre : aussi, déployaient-ils toute la persévérance dont ils étaient capables pour essayer de les briser ou de les tourner. Mgr Biet multipliait ses démarches, que lui-même a résumées dans une lettre au ministre de France, à Pékin. On ne saurait les raconter avec plus de clarté et de précision 1 2 :

« Le préfet de Ta-tsien-lou, Tcheou-tsen, qui nous était très favorable, fut remplacé à l'époque de nos désastres par Che-kouang-hi ; à l’arrivée de celui-ci à Ta-tsien-lou, je lui fis demander s’il était chargé de notre procès ; il répondit que oui, qu’il nous ferait rendre justice dès qu’il en aurait le temps. Nouvelle temporisation de Che-kouang-hi ; nouvelles instances de ma part ; il me répond que si le vice-roi du Su-tchuen, Tin-kong-pao, n’était pas mort, il y a longtemps qu’on nous aurait rendu justice, mais Lieou-pin-tchong est vice-roi.... et c’est bien différent...; lui, petit titulaire de Ta-lsien-lou, est notre ami, mais il peut se compromettre en nous aidant.

«J’invite les mandarins militaires à joindre leurs instances aux miennes ; pressé de toutes parts, Che-kouang-hi réunit tous les mandarins et l’évêque, fait le serment solennel, avec imprécations contre lui-même, qu’il se rendra à Bathang en juillet 1888, avec les missionnaires, et que là il nous fera rendre complète justice. Au mois de juillet, il refuse de tenir sa parole, les mandarins militaires sont indignés contre le parjure.

1. Seuls, quelques pandits et deux sujets russes, originaires du Bas-Volga, de race kalmouke et de religion bouddhiste, MM. B. Meukhoudjinof (Baza Monkodjoueff) et S. Oulanof, purent, grâce à leur connaissance de la langue mongole et des coutumes religieuses, être admis près du Grand Lama et entrer à Lhassa.

Page 1