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Le tao-tay de Ta-li-fou

2. A. M.-E., vol. 556v. Mgr Biet à M. Ristelhueber. Shang-haï, 2 février 1892.

DES STATIONS CHRÉTIENNES

troupeaux, etc. ; aucune restitution n'a été faite pour les objets pillés à la mission, ni pour les dégâts causés à l’église ; on ne tient aucun compte des frais énormes que nous dûmes supporter pour nourrir les chrétiens de Tse-kou et d’A-ten-tse pendant plusieurs années. La liste des pertes a été déposée à Ta-li-fou, le délégué du tao-tay ne peut l’ignorer.

Le peuple est opposé à la prédication de la religion chrétienne à A-tentse, dit le rapport, parce qu’il ne tolère que la religion bouddhique. Toutes les religions sont libres à A-ten-tse, mahométans, sectateurs de Confucius et de Tao-tse, sorciers, fétichistes, tous sont libres. Ce peuple, notre expulseur malgré lui, nous a livré l’écrit thibétain qui le contraignait à cet acte injuste et odieux ! A notre retour, il nous recevra à bras ouverts.

On ne sait pas où est M. Goulelle, dit le rapport. 11 y a quatre ans que j’ai écrit au tao tay de Ta-li que, vu mon éloignement du Yun-nan, j’envoyais et je déléguais M. Goutelle auprès de lui, pour le procès d’A-ten-tse et de Tse-kou ; ce tao-tay de Ta-li a reçu les rapports de M. Goutelle, il a eu souvent des entrevues avec lui, lui a offert des repas, etc., et on ne sait pas où est M. Goutelle.

Les missionnaires n'ont pas voulu recevoir les 17 caisses de M. Goutelle, en dépôt chez un chef d’A-ten-tse, dit le vice-roi. En effet, l’acceptation de ces caisses sur le territoire de Tse-kou aurait signifié que nous renoncions à retourner à A-ten-tse, et que nous regardions comme définitive notre expulsion de ce territoire. Nous ne pouvons recevoir ces caisses qu’à A-ten-tse, après notre retour, en présence du mandarin, délégué pour les ouvrir et estimer la valeur des objets restitués, afin de déduire cette valeur de la somme totale de 25.000 taëls demandés pour la réparation de nos pertes dans le Yun-nan.

Avant d’avoir reçu la dépêche du Tsong-li-yamen, le rapport du viceroi du Yun-nan et la lettre de Mgr Biet, Ristelhueber avait fait de nouvelles démarches, auxquelles le gouvernement chinois avait répondu : '< qu’il venait d’envoyer des instructions dans les provinces pour que des pourparlers y fussent engagés. en vue de régler rapidement toutes les affaires demeurées en suspens. »

« Je vous serai obligé, Monseigneur, ajoutait notre chargé d’affaires en prévenant l’évêque ’, de m’aviser de la suite qui aura été donnée, en ce qui vous concerne, à ces dernières instructions du Tsong-li-yamen.»

Il fut hélas ! bien facile de prévenir notre représentant. Le vice-roi du Yun-nan avertit M. Goutelle qu’ « ayant reçu l’ordre de faire une enquête mais non de régler le procès, il ne pouvait ni donner d’indemnité, ni réinstaller les missionnaires dans leurs postes. »

L’évêque se hâta d’avertir notre ministre, concluant sa lettre par cette réflexion 1 2 : « Je prie Votre Excellence de bien vouloir réclamer auprès du Tsong-li-yamen contre cette interprétation dérisoire qui est un déni de justice, car, à quoi bon recommencer l’enquête faite depuis 4 ans, si l’on n’en tire aucune conclusion pratique. »

Pendant ces pourparlers, un fait s’était passé qui prouvait la fausseté des allégations reproduites sous toutes les formes par les mandarins et affirmant que les populations ne voulaient pas des missionnaires. Couroux était rentré à Yerkalo et il y avait été reçu avec les démonstrations d’une

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