INTRODUCTION XXIX
investis de tous les droits des citoyens de TUnion, ils estiment 1* Américain pur sang pour sa persévérance, son 'courage, son aptitude au self-govemment; pour le reste, ils se croient supérieurs à lui , et leurs tendances antichrétiennes, matérialistes et autoritaires donnent lieu de craindre qu'ils n'altèrent profondément le caractère national.
Les penseurs les plus élevés, les hommes d'État les plus éminents de l'Union s*effrayent à bon droit de cet antagonisme d'intérêts et d'idées, de ces ferments de discordes qui s'accentuent de plus en plus entre les trois grandes régions de TOuest, du Nord et du Sud, déjà séparées par d'énormes distances; la différence des climats, des conditions géographiques, des modes de labeur, des genres de production enfantent des dissentiments de jour en jour plus caractérisés. Beaucoup expriment les appréhensions les plus vives au sujet de ces différences profondes qui pourraient amener dans l'avenir la formation de trois grands États complètement distincts et indépendants. Le souvenir de la guerre de Sécession devrait rester présent à tous comme une leçon douloureuse et menaçant comme une épée de Damoclès. En matière de relations extérieures, les Américains poursuivent un idéal politique qui atteste chez eux un grave défaut de prévoyance et de raison ; ils veulent l'extension indéfinie de leurs frontières, la réalisation de cette fameuse doctrine de Monrofi : a l'Amérique doit appartenir tout entière aux Américains ; » ils n'ont pas respecté les règles du droit des gens et de la justice internationale dans les guerres qur ont amené l'annexion du Texas, du Nouveau- Mexique et de la Californie ; ils se flattent de réduire bientôt sous leur domination l'Amérique anglaise, le Canada et les Antilles : « Ils ne voient pas, écrit M. Passy dans son beau livre sur les formes de gouvernement, qu'il y a pour toutes les agglomérations dépeuples et de territoires un degré d'é^ tendue au delà duquel aucun gouvernement ne saurait suffire