XXX INTRODUCTION
& sa tâche, et il n'y a rien de trop téméraire à af&rjxier qu'il ne s'écoulerà pas un demi-siècle sans que de nouvelles et sanglantes collisions ne viennent le leur apprendre. »
On le voit, les points noirs ne manquent pas à l'horizon politique de rUnîon et il eût été facile de charger davantage le tableau. La prédiction de M, de Maistre s'est accomplie , l'enfant est devenu un homme fait, et il a les défauts de la maturité. Cependant nous sommes bien loin de croire que l'Union soit impuissante à se relever; les hommes comme les nations sont un composé de bien et de mal, les uns et les autres étonnent sans cesse par un mélange de qualités, de vertus, de vices, de passions contradictoires, qui se font contre*poids, se compensent. C'est dans cet amalgame étrange et surnaturel, dans cette fusion, que se forme cet ensemble puissant et bizarre, grandiose et parfois mesquin qu'on appelle une société; l'histoire nous l'enseigne, il faut qu'un peuple commette de bien grandes fautes, il faut que sa religion, son patriotisme, l'abandonnent pour que Dieu permette sa décadence fatale et irrémédiable. Loin de là, l'Union demeure, en dehors des grands centres de population et malgré les défaillances de la politique, une puissante démocratie rurale, appuyée sur la propriété, le travail et la religion ; elle a rompu ouvertement avec le préjugé \ français, et ses fondateurs ont établi le siège du pouvoir exécutif, du Congrès fédéral, dans une petite ville, à Washington, donnant par là aux gouvernements européens une admirable leçon de sens pratique, et coupant court au fléau de nos vieilles sociétés, aux révolutions de la populace. Ne l'oublions pas, la race anglo-saxonne est la race individualiste par excellence et la plus propre à jouir de la liberté. Il faut louer encore dans le peuple américain ce patriotisme ardent, ce respect du droit des majorités, cet' esprit énergique, actifs ingénieux, qui l'ont conduit si vite à une si haute fortune ; sa générosité est proverbiale, et le citoyen des États-Unis n'hésite