XL INTRODUCTION
dissoudre, convoquer à son gré la Chambre des communes. Voilà le mol, voyons la chose. La propriété de tout citoyen est inviolable; my houseismy castU, ma maison est ma forteresse, dit le vieil adage; la prérogative (fe déclarer la guerre, de faire la paix, soumise à une restriction essentielle qui résulte du droit des Chambres de refuser Fimpôt. Celles-ci ne peuvent être saisies d'aucun projet de loi, si ce n'est par l'intermédiaire des ministres ; aussi le souverain se voit-il obligé de souffrir que le cabinet fasse passer des mesures qu'il désapprouve ; son droit d'opposer le veto àun billn'ajamais reçu son application depuis le règne de Guillaume 111. Moralement, c'est la couronne qui choisit les ministres, par le fait c'est le Parlement qui les nomme, et la pression d'une majorité de la Chambre des communes peut forcer le souverain à procéder à des créations de pairs ; celles-ci en effet, n'ont jamais lieu qu'avec l'assentiment du cabinet, qui est lui-môme un comité parlementaire, le délégué des Chambres, investi de toutes les fonctions executives. Le roi est le représentant de tous les pouvoirs, mais il règne. Une gouverne pas, tout se passe en son nom; la royauté, depuis l'avènement de la reine Victoria, devient de plus en plus une abstraction, un symbole, une fiction. Ce qu'on appellele pouvoir du souverain, dit Bulwer, n'est que le cérémonial dont se drape la puissance réelle des magnats. 11 jouit du privilège de contempler du haut de sa loge royale, la lutte entre les partis qui se combattent en champ clos, et de couronner le vainqueur. La royauté ^anglaise est moins une propriété qu'une fonction, moins une race qu'une magistrature, moins une superstition qu'un culte raisonné, et elle a pour principe véritable tutilité. Elle plane comme un arbitre au-dessus des partis, et demeure aux yeux de tous l'incarnation suprême de la grandeur nationale, de la patrie, des idées d'ordre, de stabilité, de liberté.
Avec un état de droit qui consacrait l'absolutisme, la pratique anglaise a su pousser le régime (parlementaire jusqu'à