‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848 (volume 2)Chapitre 31 sur 70 · LXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXIV INTRODUCTION

doivent compte de tous leurs actes. Autrefois la paroisse rurale anglaise avait de nombreuses attributions, mais elle voit aujourd'hui diminuer progressivement son humble domaine ; avant 1834, elle était chargée de Tassistance des pauvres ; on la lui a retirée. Elle ne dirige plus avec indépendance que trois services, le matériel de Téglise, le cimetière et les chemins ; assistée, dominée, soit par les juges de paix, soit parles inspecteurs des pauvres et des grandes routes, elle semble de plus en plus réduite au rôle d'un agent-voyer, d'un agent répartiteur. C'est une combinaison bizarre du spirituel et du temporel ; les éléments qui la constituent se côtoient, se confondent, forment un amalgame, une mosaïque capable de stupéfier et de scandaliser nos modernes inventeurs de constitutions, fanatiques d'unité géométrique. Les marguilliers, qui sont la cheville ouvrière de Tadministration paroissiale, ont des attributions de deux sortes: au spirituel, ils sont curateurs du bâtiment de l'église, représentants de sa fortune mobilière, ils pourvoient aux besoins matériels du service divin, exercent la police du temple; au temporel, ils font la répartition et la perception de la taxe d'église.

La loi de 1834 a placé l'administration des pauvres sous la direction et le contrôle d'une haute commission [poor law boari\ qui siège à Londres ; elle a également innové au régime antérieur par l'introduction des unions de secours formées de plusieurs paroisses et rendues obligatoires. La haute commission déploie une grande activité, et fait les règlements nécessaires à la marche du service. On comprend bien ici l'ingérence du pouvoir central, car la question du paupérisme devient une question vitale en cette Angleterre qui, de tous les pays de l'Europe, est celui où l'assistance des pauvres absorbe les sommes les plus considérables, et prend au plus haut degré le caractère d'une institution publique. \

Les membres du boardofguardianSy ou bureau dirigeant des

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admlDistrateurs de chaque union, sont élus pour cinq ans par les propriétaires et les locataires de biens imposés à la taxe des pauvres. Quiconque a durant une année acquitté cette taxe dans Tunion, devient électeur ; il a autant de voix qu'il a de fois un revenu foncier d'une valeur locative ou d'un loyer montant à 50 livres sterling, sans toutefois dépasser six voix ; nous avons retrouvé la même particularité dans la paroisse. Les guardians se chargent, avec le concours des inspecteurs des pauvres, de recevoir les personnes qui réclament des secours ; ils décident s'il y a lieu d'accorder l'assistance à domicile, ou dans les loorkkouses, ces hôpitaux officiels de la misère, ces couvents, ces prisons déguisées de la pauvreté, où l'indigent, asservi à des travaux humiliants, obtient le logement, la nourriture et l'instruction, à condition de casser des pierres, d'éplucher des étoupes, etc. Les guardians nomment les employés et agents salariés de ces établissements ; ils contrôlent la répartition de la taxe des pa^uvres, sont chargés de l'enregistrement des nais* ^nces, décès et mariages, et rendent des comptes à la commissien centrale de Londres. La centralisation du département des pauvres a amené la création d'un nombre énorme d'employés rétribués ; on compte près de 60,000 agents de l'assistance publique ; il y a en Angleterre 15,000 paroisses environ, réparties en 627 unions. La tase des pauvres absorbe la somme effrayante de 250,000,000 de francs ; le budget de la misère a sextuplé depuis un siècle, et l'on songe avec tristesse que le plus riche pays du monde est celui où la pauvreté se présente sous sa forme la plus navrante et la plus terrible.

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