LONDRES
La position de Londres a toujours été une anomalie dans la constitution anglaise; sa grandeur démesurée, l'affluence du commerce et de l'industrie qui en firent de tout temps leur
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siège principal, contribuèrent à lui former un régime exceptionnel. U faut distinguer avec soin la cité et la métropole : celleci désigne Tensemble de la vaste agglomération de I»Ddres avec sa banlieue; celle^àest une corporation municipale qui seule a échappé à la réforme de 1835 et repose encore sur Tancienne organisation des ghildes ou corps de métiers. « Son luxe vulgaire, écrit Laugel, son désordre financier, sa détestable administration n'ont pas encore comblé la mesure de la patience anglaise. Mais toutes sortes de comités spéciaux se superposent à elle, et ne lui laissent plus guère que les apparences. On craint pourtant vaguement de municipaliser tout à fait Londres et de placer à c6té du Parlement un gouvernement qui représenterait 3,000,000 d'hommes. Que serait la commune de Londres? la cité n'est aujourd'hui qu'une sorte de principauté bourgeoise, la plus riche du monde, qui aime à donner sa tastueuse hospitalité aux rois, aux empereurs, ou à leurs ambassadeurs. » Cette organisation multiple et singulière de la cité | et de la métropole, cette diversité d'éléments qui la composent ont fait dire très-justement àunpubliciste: a ici tous les siècles, tous les systèmes contribuent par quelques traits à présenter une image qui ressemble assez à ces points de vue où une tranchée de chemin de fer découvre aux yeux des formations de tous les âges. » Cette phrase peut s'appMquer au reste de b constitution anglaise, très-variable, très-bigarrée dans ses détails, bien que fixe dans son esprit.
Nous en avons fini avec l'étude des institutions locales en Angleterre; nous avons vu «e dégager le self govemmeai tel qu'il se comporte aujourd'hui . Pour le résumer et le bien caractériser, nous reproduirons l'appréciation si nette et si exacte de MM. Fisco et Van der Straeten dans leur beau livre sur les taxes locales : a U n'existe que de faibles liens hiérarchiques en Angleterre, entre l'État, les comtés, les bourgs, les cités et les paroisses; chacun d'eux est en
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<2uelque sorte indépendant des autres dans le cercle de ses attributions. Le Parlement, il est vrai, décrète des lois pour tout le Royaume-Uni, mais en général les autorités de TÉtat n^en suivent pas Téxécution... Ce n*estpas que les fonction- Ti aires manquent au Parlement, mais il n'a point d'action réelle «t efficace sur eux, par deux raisons principales : la première, <^'est qu'ils remplissent communément des fonctions non rétribuées par le Trésor public; la seconde, que, n^ étant en général soumis à d'autre autorité que celle du Parlement, ils n'ont pas de supérieur administratif qui les dirige, les surveille, les approuve, les blâme, les récompense ou les punisse. Le Parlement exerce, à cet égard, la plupart des attributions qui, ailleurs, appartiennent au souverain : il institue des agents, leur prescrit des règles, leur impose l'obligation de lui faire des rapports et de lui rendre des comptes par l'intermédiaire de l'un des principaux secrétaires d'Etat, mais le plus souvent il se borne à faire imprimer ces documents... Ainsi, dans la société anglaise tous les pouvoirs sont sans ordre hiérarchique entre eux, et chaque administration forme en quelque sorte un centre particulier. Suivant les circonstances et à mesure que l'intérêt public l'exige, on voit bien le Parlement retirer à la paroisse, à la corporation municipale ou au comté, l'une ou l'autre de ses :attributions, comme la charité, l'état civil, la police, etc... pour •en investir une commission siégeant dans la métropole ; on le voit bien créer de nouvaux centres administratifs ; mais on ne peut découvrir dans les lois qui décrètent ces mesures rien d'analogue à la centralisation telle qu'elle est établie dans plusieurs États du continent. Le gouvernement en Angleterre, quand il attaque un privilège du comté, de la corporation municipale, de la paroisse, ne le supprime pas tout entier; il en prend seulement la part nécessaire pour exercer sa surveillance, et remet le surplus aux diverses classes de citoyens. C'est l\ «ce qui caractérise ce système de semi-centralisation... Tous ces