‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848 (volume 2)Chapitre 33 sur 70 · LXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVIII INTRODUCTION

pouvoirs, toutes ces administrations abandonnées en quelque sorte à leur propre impulsion, se meuvent au sein de TEtat dans la zone qui leur est propre, sans excéder leurs limites, sans se mêler jamais. Pourquoi? Parce qu'ils sont soumis à un contrôle supérieur, celui de l'autorité judiciaire. Ce contrôle qui s'étend à tous les corps administratifs, est remis entre les mains de diverses cours de justice. Le tribunal qui possède sous ce rapport la plus vaste comme la plus puissante juridiction, c'est la Cour du banc de la reine. Quelques exemples feront comprendre la nature de ce contrôle... Deux comtés voisins, nécessairement égaux en droits, et n'ayant au-dessus d'eux aucun supérieur administratif, ne peuvent tomber d'accord sur le point de savoir qui doit faire les frais d'un pont ou d'une route limitrophe; une autorité publique fait quelque acte nuisible à des particuliers ; les marguilliers d'une paroisse détournent à leur profit le produit d'une taxe votée par le Vestry; l'assemblée des juges de paix vote un traitement pour le shérif, dont les fonctions, d'après la loi, doivent être gratuites; le maire d'un bourg s'attribue le droit de nommer les officiers municipaux contrairement au statut: dans tous ces cas, c'est la Cour du banc de la reine qui possède le pouvoir d'anéau^^ et de châtier les excès commis. »

L'Amérique est un pays entièrement démocratique et pariementaire, l'organisation du gouvernement anglais est une combinaison des formes monarchique, aristocratique et démocratique. Les Américains ont pu refaire une société à neuf, et la débarrasser de toutes ces anomalies, de toutes ces incohérences qui se rencontrent chez les Anglais. « Rome a fait la grammaire du droit civil, l'Angleterre a fait la grammaire politique. Elle apprit à l'Europe, à l'Amérique^ à l'Australie; au monde entier, à connaître, à envier un certain idéal de gouve^ nement qui met la force au service de la raison, qui livre le pouvoir à l'intelligence, qui en conciliant les besoins du présent

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