‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848 (volume 2)Chapitre 39 sur 70 · INTRODUCTION LXXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LXXXI

plus précieuses conquêtes ; mais en haine et par peur des privilèges, elle a hésité à constituer des groupes, à remplacer les corporations par des associations libres, et elle a délibérément écarté de son chemin les forces collectives intermédiaires, sans lesquelles il ne saurait y avoir de liberté stable, parce qu'il ne saurait y avoir de liberté coordonnée. A mesure que les individus, en devenant tous égaux, deviennent plus petils, rimage de l'État devient plus grande et les esprits plus disposés à l'investir de prérogatives plus étendues. » Ne pourrait-on pas constituer le groupe, garder le département, lui adjoindre, lui superposer des unions de départements, prendre en considération Torigine, la communauté d*intérêts, Tindustrie des habitants ? Il n'y aurait là rien d'exorbitant, rien d'anormal ; on ferait pour le département ce qu'on a fait pour notre organisation ecclésiastique, judiciaire, militaire, universitaire. Il faut former des pépinières de citoyens instruits, rendre à la vie provinciale son charme, son intérêt, créer des centres capables au besoin de résister à Paris; il faut que Paris ne soit plus toute la France, que les départements ne soient plus une grande banlieue, un prolongement de la capitale, que nouveaux moutons de Panurge, ils ne se bornent plus à enregistrer docilement ce qui s'y passe, qu'ils commencent h se compter pour quelque chose, à se faire respecter. N'est-il pas honteux et déplorable qu'il ait suffi, jusqu'à présent, de s'emparer des télégraphes à Paris pour devenir maître de toute la France?

En Belgique, le self govemment féodal, le self govemment moderne se sont fusionnés, amalgamés ; la Révolution française a tout fait plier un instant, mais, comme le roseau de la Fable, la Belgique n'a pas rompu. Le vieil homme s'est régénéré, il n'a pas jeté sa bonne vieille défroque par la fenêtre, il s'est composé un habit étrange et confortable, utile dans toutes les saisons, fait de deux couleurs artistement tissées et entrelacées l'une dans l'autre. Les Belges n'avaient pas, il est vrai, à sup-

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porter le lourd fardeau de rancienne monarchie \ ils ont pw conserver une partie du passé, tandis qué^ nouveaux iconoclastes, nous le renversions de fbnd en cotable. Ils ont agrandi rindividu, ils ont maintenu le groupe. De là le Conseil provincial et la députation permanente. Le Conseil reste une espèce de parlement au petit pied : il nomme son président, vérifié les pouvoirs de ses membres, statue sur la régularité des opérations électorales, et se déclare constitué. Il mande le gouverneur, et celui-ci peut réciproquement, comme les ministres; demander à être entendu, lorsqu'il le juge à propos. Nobs !e voyons édicter des ordonnances générales de police, intervenir dans la nomination des magistrats, correspondre avec les autres conseils, contrôler la commune, remplacer le conseil d'arrondissement, élire tous les employés provinciaux. Puis lorsque sa session annuelle et légale est terminée, il se survit à lui-môme et se prolonge au moyen de la députation. Ses séances sont publiques^ et la publicité est un des plus puissants ressorts de la liberté, un excellent moyen d'intéresser les citoyens à la chose publique. Par là les conseillers municipaux sont bien mieux en garde contre des défaillances ; ils savent qu'ils restent sous les yeux de leurs électeurs, que la presse, ce grand inquisiteur des temps modernes, rendra compte de leur conduite; ils remplissent leur mandat avec plus de 2èle, se pénètrent davantage de la gravité de leur mission, et apportent plus d'examen, plus de soin dans l'étude des questions. Le secret, d'ailleurs-, a toujours un vague par^m d'intolérance, un arrière-goût de partialité; aussi une chambre à séances secrètes demeure-t-elle une majestueuse inutilité.

La Commond. — Après avoir étudié le gouvernement représentatif dans la province belge, il faut le voir fonctionner dans la commune.

Le décret du 14 décembre 1789 forme la charte dés com-»

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munes belges t la distinttloh déH hitérèU gétiéTAUlÈt toeaût, le droit des comàiunes de choisiir elles-mêmes leurs mandâtoir^, la division des municipalités en corps délibérants et en collèges e^cutiïis, la pluralité des officiers chargés de la régie journalière et des mesures d^êxécution, tels sont les principes dont la Constituante donna la formule, et qui nnt servi de base en 1831. La constitution de l'an III maintint une administration particulière pour les communes d*au moins 5,000 habitants ; quant aut autres, elle, substitua le conseil cantonal au conseil municipal. Il restait encore une garantie, réleclîon ) le Premier Consul ne voulut pas en entendre parler : des soldats, ides fonctionnaires, un corps législatif muet, un sénat servUe, résumèrent toute la politique de l'époque. Quant aux citoyens , il n'y en avait plus depuis le côxxp d'État làu IB Brumaire : les hommes fonctionnaient comme des machines el Ita mÈfdbSmm comme des hommes ; chacun était en quelqvm sorte <»talogtEié, poinçonné, étiqueté ; la France ne ressemMaSt plu^ à ^nt nà« tioD, mais à un {^nd régiment, et l'nn a pu ct^mpar^ lea Communes de ce temps & ôm pelotons qui avan^ient au odm* mandement de mardie 1 et s'arrêtaient au commandement 4ê haite I Cette tutelle militaine ruba le protégé ^, le goUYernemenl s'arrogea par de simples arrêtés le ^roit de dlsposièr d^ il* nanbes des communes, qui ^m^fA v«r%er à la caisse d'anftcMiis^ sem^Mftt une partie de leurs re^cëttes ; les fonds M lettr étHtMl rendais que sur décision du ministre de llnlérieW) et il aftiva que la plupart des 4ép^ lurent vtolés e^ détournés ^ tout destination pour subvenir ^ut ttf^ des guemes 4e t^ilmpire. En Tan XO la commune de Tarsy avait fait dam ises bols une coupe eidraordinaire éMI le produit, s'Me^iA <à pltts 4e 104,000 francs, fut versé à la <cals»e 4*aftiui'tigw»ttentv Plus tardif elle reçut un décompte dont te «olde à «en fMâl«'«le^tan chiffre dérisoire de cinq centimefs ; leMittue d«A(neuraitnl^oiM par «divers prélèvements opérés ^n vertu de déerels Imfé*

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