‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848 (volume 2)Chapitre 9 sur 70 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

voir ces agents électoraux, ces clubs, costumés en garibaldiens, en Peaux-Rouges, en troubadours, parcourir les rues à pied et à cheval, avec accompagnement de torches, de bannières multicolores, d'étendards bigarrés, de musiques, de feux d'artiûce, ces orateurs parlant ce au milieu de guirlandes de lanternes chinoises, la face illuminée par des projections de lumière électrique » on se rappelle le cortège du Mardi*Gras, les parades des saltimbanques, les boniments des charlatans de la banlieue parisienne, et Ton ne peut s'empêcher de remarquer que ce n'est pas là Vidéal de la perfection politique et sociale. Les politiciens se sont souvenus du système de domination des Césars sur le peuple romain : panent et cïrcenses; à défaut de paifi, ils nourrissent leur troupeau de moutons de Panurge électoral de promesses, de compliments hyperboliques et de spectacles.

Les manieurs d'argent, les faiseurs d'affaires de New- York, de Chicago et de San-Francisco, les politiciens avec leurs variétés, les lobby st s et les carpet-baggers, voilà les maîtres du Congrès, voilà ceux qui font de cette démocratie nominale une véritable oligarchie, où le peuple règne et ne gouverne pas. Dix d'entre eux tenaient dernièrement ce langage au président Grant : « Nous sommes dix devant vous, monsieur le Président, mais nous représentons cent millions de dollars. » Les députés, les sénateurs battent monnaie avec leur pouvoir, et reçoivent d'énormes pots-de-vin en échange des concessions d'argent et de terres publiques qu'ils font aux spéculateurs, aux compagnies de chemins de fer ; dès 1860, un des journaux les plus considérables de New- York caractérisait cette honteuse pratique de la manière suivante : « Il y a une troisième maison au siège du gouvernement, oh l'on vend la législation en gros ou en détail ; vous pouvez acheter de ces gens-là des lois à la pièce ou à l'aune carrée, à la grosse ou à la simple douzaine. Désirez-vous un statut à votre bénéfice particulier, ils sont prêts à le passer pour vous, moyennant qu'on le leur paye bien. Plus vous donnerez

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et plus VOUS promettre! sur vos gains future, ptua vous serez sfir de réussir, plus les moyens seront grands de cajoler et de corrompre les membres, u C'estqu'on a élevé l'Américain dans le culte du dieu dollar, du tout-puissant dollar ; il veut gagner de l'argent, honnètemeut s'il se peut, mais à défaut des moyens réguliers et corrects, il n'hésitera pas, en général, à recourir aux autres ; l'argent lui tient lieu de probité, de considération, d'honneur politique et commercial ; l'Anglais commencera toujours par s'informer si celui dont on lui parle est nohie ; le Français, s'il a du mérite ; l'Américain, combien il a de dollars. Les concussions colossales, les scandales monstrueux commis nar le parti républicain viennent d'être dévoilés, mis au ne enquête solennelle : le général Belknapp, ministre «, le minfstre des finances, ont été convaincus d'avoir mt volé el dilapidé les deniers de l'État ; un ambas- Angleterre bl&mé pour avoir pris part & des spéculasnorantes ; le président de la Chambre des représensénateurs, des députés, un attornej général pris en ilit de corruption et de simonie. Partant de si haut, i rencontré des imitateurs dans les législatures des iculiers, dans la plupart des grandes villes, à Saint" tiicago, & Cincinnati ; mais ce fut la ville de Newrésenta les scandales les plus effrayants. Achetant à verts les juges, la presse; dominant par sou alliance mpf^nies de chemins de fer, avec la Taœmany, la de l'État ; ayant partout ses affidés, ses créatures, le inicipal de New York formait une vaste association ui accaparait lousies pouvoirs publics. 1 ,900,000 dolt servi à corrompre une vingtaine de députés récalci- , appartenant à un autre parti, avaient dû se faire cher. En 1869, la dette de la ville ne s'élevait qu'à I de dollars ; deux ans après elle dépassait cent mil- Uars; on n'avait fait aucune dépense extraordinaire,

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