IS P&OIT DE TI8ITB 6T L'INDEMNITÉ PRITCHARD
De la communauté de la pleine mer, découle ce prin^ cipe de droit des gens : tout navire est une poi^tion du territoire de la nation à laquelle il appartient, et il n'est pas plus permis de Tenvahir que d'envahir ce territoire. Ce principe salutaire le protège dans son isolement au milieu des mers, rend' insaisissables en temps de guerre les personnes et les marchandises qu'il transporte, si sa nation n'est point belligérante : c^est la doctrine que le pavillon couvre la marchandise : free ship, free good^ doctrine que les neutres ont toujours acceptée, que les Anglais ont toujours méconnue, car trop souvent le droit des gens est celui qu'invoquent les faibles et que nient les puissants. Plutôt que de renoncer au droit de visite, s'écriait Pitt, je m ensevelirais au fond deTOcéan, enveloppé des replis de notre dernier pavillon !
Le congrès de Vienne ayant fait entrer dans le droit public européen l'abolition de la traite des noirs, l'Âhgleterre demanda comme conséquence un droit de visite réciproque des bâtiments soupçqnnés de se livrer à ce trafic. Car, disait-elle, l'usage constant des négriers étant d'avoir toujours à bord plusieurs pavillons différents, il leur suffisait de s'en couvrir successivement poqr rendre vaine la surveillance des croiseurs : une inspection sommaire des papiers et de la cargaison devenait nécessaire pour déjouer cette tactique. Au fond, les méthodistes anglais faisaient de Tabolition de l'esclavage et de la traite une question de conscience ; les hommes d'État voulaient surtout maintenir la souveraineté maritime de leur pays : ils savaient que malgré la réciprocité offerte et stipulée, l'immense supériorité numérique de leurs vaisseaux leur donnerait tout l'avantage.
A plusieurs reprises, la Restauration avait décliné les propositions de la Grande-Bretagne et maintenu avec