‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848Chapitre 31 sur 78 · LE DROIT DE VISITE ET L'INDEMNITE PRITGHARD · texte numérisé non relu

LE DROIT DE VISITE ET L'INDEMNITE PRITGHARD

fort au-dessus de telle ou telle question de détail, de tel ou tel intérêt particulier : ni Tintérêt françcds, ni Tintéirêt européen, ni l'intérêt des relations de la France et de l'Angleterre n'auraient rien gagné à ce qu'il risquât sur ce point sa situation et sa politique tout entière. U résolut d'ajourner la ratification du traité de 1841, espérant que les esprits se cal nieraient avec le temps. Le 20 février, l'échange des ratifications eut lieu à Londres entre les quatre puissances, et, à la demande du gouvernement français, le protocole resta ouvert pour la France.

Le temps ne fit rien à TafTaire, et les élections gênéraies de 1842 révélèrent dans le public et parmi les députés la même disposition : les protestations de la précédente Chambre n'étaient pas le résultat d'un entrai* nement passager ou de répugnances superficielles. M. Guizot chargea M. de Saint-Aulaire de demander au cabinet anglais la clôture du protocole de 1841, et le 19 novembre, on lisait dans le Moniteur : <t Le gouvernement du roi ayant déclaré qu'il ne croyait pas devoir, ni en ce moment, ni plus tard, ratifier le traité du 20 nO' vembre 1841, les représentants de l'Angleterre, de l'Autriche, de la Prusse et de la Russie, réunis en conférence à Londres, ont décidé que le protocole était clos, et que le traité conservent d'ailleurs, quant aux autres puissances, toute sa force et toute sa valeur. »

M. Guizot avait obtenu un grand sacrifice de lord Aberdeen, et, comme le disait celui-ci à M. de Saint- Aulaire, les motifs de notre refus étaient très-injurieux pour les hommes d'État anglais. On était parvenu à persuader en France qu'ils étaient d'abominables hypocrites, cachant des combinaisons machiavéliques sous le manteau d'un intérêt d'humanité ; le cabinet des Tuileries se trouvait dans la nécessité de déférer à ces im-

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