‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848Chapitre 40 sur 78 · LA GRÈGE : M. GUIZOT ET ^. GOLETTIS · texte numérisé non relu

LA GRÈGE : M. GUIZOT ET ^. GOLETTIS

qa'il n'y a. Il n'y a point de trahison politique, point de dissidence réelle et active quant à Tinte ntion et au but pour la Grèce ; il y a le vice anglais, l'orgueil ambitieux, la préoccupation constante et passionnée de soi-même, le besoin ardent et exclusif de se faire partout sa part et sa place, la plus grande possible, n'importe aux dépens de quoi et de qui. y>

Les choses changèrent d'aspect lorsque, après la chute da cabinet Maurocordato, MM. Colettis et Metaxa se réunirent et formèrent un nouveau ministère, lorsque plus tard, en 1845, M. Colettis resta seul chargé du fardeau des affaires. Ami, protégé de lord Palmerston, ardent patriote, voulant organiser une Grèce anglaise, gouvernée par un ministre anglais, sir Lyons ne put prendre sur lui de conserver envers M. Colettis la moindre apparence d'impartialité. Il le combattit avec un acharnement infatigable, lui attribuant les projets les plus contraires à la paix de l'Europe, poussant ses adversaires à la révolte, se brouillant avec M. Piscatory. Lord Aberdeen n'osait rappeler cet €igent compromettant,mais très accrédité et bien apparenté en Angleterre, dont le ministère tory épousait les opinions sans adopter les passions, et dont il se contentait de blâmer l'attitude, en lui recommandant vainement la réserve et l'immobilité politique. « Lord Aberdeen, disait M. Guizot, «st aujourd'hui en Grèce dans la même situation qu'en Espagne ; à Athènes comme à Madrid, il expie les fautes, il paye les dettes de lord Palmerston et de ses agents. C'est un lourd fardeau, il en a de llnquiétude et de l'humeur. »

La mission de M. Colettis était grande et difficile, et il devait se heurter à bien des obstacles, éprouver bien des mécomptes. Il fallait fonder un gouvernement constitutionnel dans un petit État de 850,000 habitants, placé

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