CHAPITRE XXVni
Vi FA?( PIE IX ET SES R£F0R|LE8. }84e-1848
ATèDemeDt de Pie IX au trône pontifical. — Le parti modéré, le parti rétrograde, le parti révôlationnaîre en Italie. Balbo, Gioberti, d'Azeglio. — Occapation de Ferrare par les Autrichiens. — Lord Palmerston protège ies radicaux italiens. Mission de lord Minto. » Politique modérée et libérale du gouvernement français à Rome et en Italie. Correspondance de MM. Guizot et Rossi. — Le gouvernement à Tétat d'idée. Hésitations et concessions tardives du Saint-Sièjg^e. — Avertissements et conseils de M. Rossi. Le gouvernement s'apprête à venir au secours de Pie IX.
Le 14 juin 1846, Pie IX succédait à Grégoire XVI. Avec le nouveau pape, les idées libérales et réformatrices montaient sur le trône pontifical : Pie IX voulait (KMijurer les révolutions en accordant à ses sujets la satisfaction de leurs justes besoins, réformer les abus de radministration, faire sortir la cour de Rome de Torûiière de réaction ou d'inacti,on, entrer dans le grand couinant de la civilisation européenne, réconcilier en un mot le cathoUcisme et la liberté. Son élection était considérée comme conforme aux vues de la France, et bientôt il accordait Tamijâstie comme don de joyeux avènenement ; tout un peuple enivré et charmé acclamait le Wint Pontife, lui criant : Coraggio, santo Padre, confida* kpicUvostro popolol Du haut de la tribune française, M. Tblers répétait ce mot : Courage, Saint Père !
De 1840 à 1846, Tespritde liberté, de progrès modjéré^
612' LE PAPE PIE IX ET SES RÉFORMJBd
avait pénétre en' ïtalîè :' quelques pùbUcistês, Bàlbo, Giobérti, d^Azegiio arborèrent ce drapeau, lu^ donnèrent droit d^ cite j leurs écrits' inoii^erent les villes J cleô piredicateurs célèbres, les Veintura^ lesiMàzzanî, lés'G'alazzi prêchaient la nouvelle doctrine. Conseillant aux s'ouvérains Ja confiance d^ns leurs sujets, aux sujets le fespecl de leurs dynasties nalionàïes.iinïésant la tonte de la fin a la bonté des moyens, ils travaillaient a fonder le gouvernement coijist4utfoi]inel^ a préparer 1 mdepenaancé de ritiiliô. (c C'est une œuvre graVe, disait M- d'Azegliô, voire même la plus grave qu un nomme puisse entreprendre, q[ue de pré^cipiter sou, pays dans la voie sanglante des révolutions; car ùnq rdi^Wce, il devient difficelé, si^nonimpossif^le, de fixer précisément la limite entre le juste et l'injuste, entre ce qui est utile ou funeste. On peut être conduit ajix actions les plus généreuses, les plus grandes, ou, bien eiitraîné vers les plus fatales erreurs,. ., Tenter une révolution, c'est se constituer souverain arbitre de la volonté, àe ïâ propriété, de la vie d'un nombre indéfini de ses semblables. Le plus souvent ceux qui décident d'emplbyer ainsji à l'exécution d(B let^rs propres* fins les b\ens, les plus précieux, les droits les plus sacrés de leurs concitoyens, le font sans leur consentement, sans droit aucun, sans avoir été autorisés ni choisis. Qu'ils soient plusieurs au lieu d'un, cçla^ ne change rien à la q^uestiou, la responsabilité devient commune au lieu dé resiêr individuelle. Maintenant* celui ou ceux gui. disposent du bien d' autrui, sans l'aveu des vrais et légaux possesseurs, sont bénis sus l'améliorent ; s^ils le détériorent ils seront maudits él avec raison, car l'impunité sert d'excusé & ceux que d'autres ont choisis, mais nullement à qui sest qboisi lui-même.... L'art de mûrir ses desseins et d'en préparer