‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848Chapitre 6 sur 78 · II · texte numérisé non relu

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réaliser son rêve ainbitieux«L*idée fixe dti rétablissement de la dynastie napoléonienne l'a mordu an cœur : cette inébranlable assurance, cette obstination persévérante, telle est sa force, force toute personnelle et cachée, tel est le ressort qui le précipite dans les entreprises les plus téméraires. Mais Louis-Napoléon commet un grave anachronisme politique : ce qui deviendra possible et facile avec la France républicaine et anarchique de 1848, de 1851, est impossible avçc la France monarchique et libre de 1836, de 1840, qui n*a pas oublié de quel prix il a fallu payer la gloire de Napoléon I". Le jeune prétendant n'a point de parti : tout au plus est-il l'homme d'une petite coterie, composée de quelques officiers, d'anciens fonctionnaires sans emploi, de mécontents épars qui prennent pour des éléments de force présente les souvenirs gigantesques d'une puissance ensevelie vingtcinq ans auparavant dans les conséquences de ses propres excès ; le reste de la France ignore profondément son existence.

Entretenir dans chaque régiment dee affidés qui donneront le signal et l'exemple, se jeter dans Strasbourg, enlever la garnison au cri de : Vive Tempereur! appeler les citoyens à la liberté, la jeunesse aux armes, puisse diriger à marches forcées sur Paris, traverser rapidement TAlsace, la Lorraine, la Champagne, réveiller les souvenirs de l'invasion et des grandes guerres, renouveler en un mot les merveilles du retour de l'île d'Elbe, foire de nouveau voler l'aigle impériale de clocher en clocher jusqu'aux tours deNotre-Dame, tel est le plan chimérique conçu par le prince. Tout arrive en France, a dit M^ de Talleyrand, et si ce mot paraît contenir la pbîlo9opbie de notre histoire depuis quatre-vingts ans, i) faut hii ajouter un con^ctif : tout arrive en France, à son iemp», à tea

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heure; cette fois les conspirateurs se trompent de temps et d'heure.

Le 30 octobre, à 6 heures du matin, le prince Louis, accompagné de quelques amis travestis en officiers supérieurs, se présente à la caserne du 4* régiment d'artillerie, dont le colonel Vaudrey, gagné au complot, Tatteud à la tête de sa troupe en armes. Dès qu'il Taperçoit, il met le sabre à la main, et, se tournant vers son régiment : « Soldats, s*écrie-t-il, une révolution vient d'éclater en France ; Louis-Philippe n'est plus sur le trône ; Napoléon n, empereur des Français, vient prendre les rênes du gouvernement. Il arrive sur le sol de la patrie pour rendre au peuple ses droits usurpés, à l'armée la gloire que son nom rappelle, à la France ses libertés qu'on méconnaît ! Soldats, votre colonel a répondu de vous ! criez donc avec lui : Vive Napoléon! vive l'empereur ! Et il pousse ce cri qui est machinalement répété par les soldats. Le prince les harangue à son tour, et son allocation est encore suivie des cris de : vive l'empereur!

n se met aussitôt à la tête du régiment, et envoie trois détachements, qui, placés sous les ordres des conjurés, réussisent à arrêter le préfet, le général commandant le département, à s'emparer du télégraphe ; un quatrième s'installe dans une imprimerie afin d'y préparer des proclamations. De son côté, il se dirige, vers le quartier général de la division, fait cerner l'hôtel, monte entouré de son escorte, chez le général Voirol qui refuse en termes énergiques d'entrer dans le mouvement. Il le laisse alors sous la garde du commandant Parquin et Be rend à la caserne du 46* régiment d'infanterie. Mais le colonel Talandier a été prévenu à temps, et sa présence change la face des choses : il appelle à

lui ses soldats un instant incertains, les harangue, leur dit qu*on les trompe, les rallie, donne Tordre d'arrêter le prince et ses complices qui se réfugient dans les rangs des artilleurs. Aux cris de vive l'empereur! poussés par ceux-ci, les fantassins répondent par le cri de vive le roi ! les deux troupes se mesurent du regard et semblent prêtes à en venir aux mains. La fermeté du colonel Talandier en impose à tous, et au milieu d'une mêlée assez confuse, les soldats s'emparent du prince, du colonel Vaudrey, de là plupart des conjurés. Quelquesuns réussissent à s'enfuir, et le 4* régiment d'artillerie, honteux de son égarement, regagne en bon ordre ses quartiers aux cris de : Vive le roi !

Le même jour où s'exécutait cette tentative de restauration impériale, un autre complot était prévenu à Venr dôme ; il avait pour chef et promoteur principal un brigadier de hussards nommé Bruyant, pour agents une douzaine de soldats ; on avait résolu .de s'emparer des officiers, des autorités de Vendôme, de proclamer la république. Avertis par des révélations, les chefs de corps prirent des mesures et firent arrêter les conspirateurs avant tout commencement d'exécution. Seul, le brigadier fit résistance, tua un sous-offîcier qui empêchait sa fuite , et après avoir erré toute la nuit aux environs de Vendôme, revint de lui-même se constituer prisonnier. Il est probable qu'il y avait un lien entre cette équipée et le complot de Strasbourg, mais l'instruction ne put rétablir d'une manière formelle. Bruyant fut condamné à mort et relevé de la peine capitale par la clémence du roi.

Louis-Philippe et ses ministres résolurent de ne point traduire Louis-Napoléon devant les tribunaux et de l'envoyer en Amérique sur un bâtiment de TÉtaU Loin

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d'être arbitraire^ cette mesure se trouvait fondée sur une loi positive; elle était la conséquence logique de la loi de 1832, qui mettait hors du droit commun les membres de la famille impériale et de la branche aînée des Bourbons, en leur interdisant le sol de la France, c Pour mon compte, écrit M. Guizot, je n*ai jamais servi l'empereur Napoléon P% mais je respecte la grandeur et le génie, même quand j'en déplore remploi,et jene pense pas que les titres d'un tel homme aux égards du monde descendent tous avec lui dans le tombeau. L'héritier du nom, et, selon le régime impérial, du trône de l'empereur Napoléon, devait être traité comme de race royale, et soumis aux seules exigences de la politique. i> Conduit à Paris, le prince apprit du préfet de police, M. Delessert, la grâce dont il était l'objet ; il écrivit au roi pour lui témoigner sa reconnaissance et intercéder en faveur de ses complices. Lorsqull fut sur le point de s'embarquer à Lorient, le sous-préfet^ M. Villemain, lui demanda s'il avait quelques ressources pour faire face à ses premiers besoins aux États-Unis; sur sa réponse négative, il Im remit de la part de Louis-Philippe une somme de 16,000 francs en or.

Bien des années a et quelles années se sont écoulées depuis cette époque ! Leurs enseignements sont clairs. Deux fois, en 1836 et en 1840, avec la persévérance de la îoi et de la passion, le prince Louis-Napoléon a tenté de renverser la monarchie constitutionnelle; il a échoué deux fois et dès les premiers pas. En 1851, il a renversé du premier coup la République... La monarchie constitutionnelle était un gouvernement régulier et libre qui donnait des garanties aux intérêts vrais et complets de la France; la France qui l'avait désiré en 1789, en 1814 et en 1830, n'a jamais prêté son franc concours à ses des-

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tructeurs, et en 1848 elle a subi sa chute avec surprise et alarme. — La République commença en 1848 par Fanarchie etne menait qu'à l'anarchie ; la France a accepté et soutenu l'Empire comme un port de refuge contre l'anarchie. Il y a des temps où les peuples sontgouvemés surtout par leurs désirs, et d'autres où ils obéissent 8\l^ tout à leurs craintes. Selon que Tune ou l'autre de ces dispositions prévaut, les peuples recherchent de préférence la liberté ou la sécurité. C'est le premier secret de l'art de gouverner, de ne pas se méprendre sur leur vœu dominant. »

Quant aux coupables subalternes, ils furent traduits devant la Cour d'assises de Strasbourç, En recourant à ce moyen, le ministère commettait une faute et témoignait d'un optimisme exagéré : il fallait ou bien livrer les accusés à la justice de la Cour des Pairs, puisqu'il s'agissait d'un attentat contre la sûreté de l'État, ou bien leur infliger un dédaigneux pardon, en se bornant à des peines disciplinaires contre les officiers qui avaient méconnu leurs devoirs. Il y avait dans l'impunité accordée au principal coupable, des motifs de haute politiqae, qui devaient échapper au public ; on courait au-devant d'un échec inévitable en remettant le jugement d'une si grave affaire au jury, qui, depuis 1830, avMt rendu de si déplorables et nombreux verdicts d'acquittement. La presse de l'opposition s'éleva avec violence en faveur du droit commun, de l'égalité devant la loi, contre les prétendues tendances du pouvoir à l'absolutisme. Égarés par ce concert de réclamations, séduits par l'idée d'infliger un blâme indirect, de donner une leçon au ministère, les jurés de Strasbourg crurent ne pas devoir frapper les instruments du crime, alors que son auteur principal était mis hors de cause, et

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qB6 le procès m trouvait décapité en quelque sorte ; ils 06 Foulurent point se montrer plus sévères que le goaTeroemeat lui-même ; en dépit des aveux des conspifEteors , des témoignages les plus décisifs, du texte forinsl de la loi, ils prononcèrent Tacquittement des ac* easés.

Et tandis que la dynastie de Juillet résistait aux tempêtes révolutionnaires, aux complots, aux émeutes, pareille à un rocher battu en vain par une mer furieuse, le vieax roi Charles X mourait obscurément en exil, à l'âge de quatre-vingts ans. Après son départ de l'Angleterre, la famille proscrite s'était retirée au château de Prague, pods à Goritz en Styrie. En quittant la ville de Prague, Chartes X avait dit tristement : « Nous abandonnons ce diiteau^ sans bien savoir où nous allons, à peu près comme les patriarches qui ignoraient où ils planteraient leurs tentes. y> A Goritz, de mornes pressentiments ne cessèrent de le poursuivre, il sentait Tombrede la mort pkner sur sa tête, « il ne s'écoulera pas longtemps, disaii^l, d'ici au jour où l'on fera les funérailles du pauvre vieillard. » Plein de grandeur et de sérénité dans son immense infortune, Charles X puisait dans la religion le courage de vivre, et, sans abdiquer les principes qui loi avaient fait perdre sa couronne et sa patrie, ne pro- Céfait aucune plainte contre les auteurs de sa ruine. Le ^ Botembre 18d6, il succomba à une attaque de choléra (1).

Toutes les eours prirent le deuil d'étiquette, excepté la famille d'OrléaiM. Peur justifier cette abstention, le mi-

U) U est triste, écrivait nuidaijDe ôe Oirar^Qj de voir toujours les rois proscrits, gaillotioés pour des malenlendus de peuples ! Autrefois un ^omskt «^aieaii ib« prince q\]$. Teavoy^Uà lu Bastille; aujourd'hui c*est le prioce qui déplaît au peuple et le peuple absolu le proscrit. La terre de r«til est 4Ôoc la BMtHle des rois.

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nistère invoqua un double motif : d'abord la déchéance de Charles X, qui ne permettait pas de lui rendre les hommages décernés aux seules têtes couronnées; puis les souverains ne portent le deuil que sur la notification quMlsreçoiventd*un des membres des familles régnantes; ni le duc d'Angoulême, ni le duc de Bordeaux ne feraient! cette notification qui eût impliqué la reconnaissance de Louis-Philippe comme roi de France. Ces raisons semblent insuffisantes : les convenances, les liens d'affection et de parenté faisaient à Louis-Philippe un devoir étroit de ne point se réfugier derrière de pointilleuses susceptibilités d'étiquette, d'hoaorer la mémoire d'un petit-fils de saint Louis et de Louis XIV qui avait été son bienfaiteur et son roi. Le ministère eut le tort de ne pas le comprendre, de trop se préoccuper de l'opposition, de la presse, des mesquines rancunes de la bourgeoisie parisienne.

La session des chambres approchait. Le cabinet franchirait-il ce Rubicon parlementaire, sortirait-il sain et sauf de cette redoutable épreuve ? Répondrait-il avec succès au sujet des affaires de Suisse, de l'Algérie et de Strasbourg ? La Chambre voterait-elle ses projets de lois? Autant de questions de la solution desquelles dépendait son existence. Tout faisait présager de vifs débats : renforcée de M. Thiers, l'opposition revenait nombreuse, disciplinée, prête à une guerre sans trêve ni merci.

Le 27 décembre 1836, à une heure, le roi, accompagné de M. le duc d'Orléans, du duc de Nemours et du prince de Joinville, sortait des Tuileries pour aller ouvrir la session: au moment où il met la tête à la portière pour saluer la garde nationale^ la détonation d'une arme à feu se mêle aux acclamations de la foule, une balle effleure la poitrine

du Toi^ passe entre le duc de Nemours et le prince de Join- Nifieibrisela glace de devant dont les éclats blessent deux des princes. Une nouvelle tentative d'assassinat vient d'avoir lieu : saisi, arrêté sur Fheure, le coupable répond à ceux qui l'interrogent sur le mobile de son crime, qu'il le médite depuis plus de six ans, a parce que ses lectures lui ont appris que les d'Orléans firent toujours le malheur de la France. » Traduit devant la Cour de Paris, condamné à la peine des parricides, Meunier ne persista pas dans son cynisme de parade : il se repentit, implora sa grâce^ et sa peine fut, par la clémence royale, commuée en un perpétuel exil. Quelques jours après cet attentat de la police découvrait chez un mécanicien, nommé Champion, une machine infernale toute construite et prête à fonctionner. Arrêté aussitôt, et très-compromis par les premiers interrogatoires qui établissaient son intention criminelle avec une évidence écrasante, Champion s'étrangla dans sa prison.

Les premiers actes du Parlement furent loin de consolider la situation du cabinet, qui, pour la présidence de la Chambre des députés, n'osa pas combattre la candidature deM.Dupin, adversaire systématique deM. Guizot. Au contraire, la discussion de l'adresse eut pour résultat de le raffermir. L'opposition avait choisi comme principaux points d'attaque les affaires de Suisse et d'Espagne. Au sujet de l'espion Conseil, le comte Mole désavoua le fait comme antérieur à son ministère, rejetant le tort, s'il y en avait un, sur le cabinet du 22 février. M.Tbier8 essaya de se disculper en disant qu*i\ n'avait pas tout su. C'était une lourde faute de préparer ainsi un triomphe à l'opposition aux dépens de la fiction constitutionnelle, de divulguer à la tribune un démêlé qui ne dLQvait pas franchir l'enceinte du conseil, de mettre

' ÎK UE PRElUEg MlfilSTÈaS HOLÉ

en eaaee le roi Itti-mênod, que beaucoup aeeusaieut de slmmiBcer dan§ les moindres déUûls de politique et de police. CétMMl auMÎ une faute et un procédé malveillant de la part de M. Mole de rejeter lee torto sur son prédéceeseur, au lieu de se refuser k toute explication tour chant des &itft de police secrète. « Au point de vue des principes, si les ministres qui se succèdent appartieor nent à des nuances diverses, parfois même à des partis opposés, le gouvernement est un* U s'établit par la forée seule des choses, entre ceux qui y prennent part, mêoie lorsqu'ils y apportent des idées différentes, une sorte de solidarité qu'on pourrait appeler extérieure, et qu'ils ne sauraient répudier sans afEaiblir et déeoosidérer le pouvoir* »

Une lettre du comte de Montalivet au président du conseil, fît tomber ce débat un peu mesquin, et s'évanouir ceUe effervescence parlementaire : cette lettre était l'acte d'un homme de cœur, d'un hofumâ de gouvernement, bien mieux pénétré que M. Thîers de ce principe con^tutionnel : le roi n'est responsable devant personne. « Je déclare, écrivait M. de Montalivet, que la responsabilité de tous les actes du ministèra de l'intérieur, depuis le 22 février jusqu'au û septembre, m'appartient et doit m'appartenir. U n'eet pas un acte de mon administration qui n'ait eu pour motif et pour bat le véritable bien du pays, son honneur et la sûreté personnelle du roi. Je me borne à donner cette aamraooe, dont j'^espère que personne ne suspectera la sincérité. Tout le monde comprendra que ma réserve est fondée sur les véritable principes du gouvernement coaatila' tionneL»

Le. disemsion sur la question espagnole donna lieu à un brillant tournoi oratoire auquel prirent part MM. Mole,

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Thiers, Guizot, Odilon Barrot et Berryer. En vain M. Thiers entreprit de justifier sa politique dlnterventioQ daos un de ces discours lumineux et incisifs dont il avait le secret ; en vain il tenta de passionner le débat 6Q incriminant le cabinet du 6 septembre, en lui repro* chant sa timidité et son inertie. Le comte Mole et M.Xjuizot avaient beau jeu à le réfuter, à Topposer à lui-même, f Vous avez eu, lui répondirent-ils, deux politiques : d'ar bord vous ne vouliez pas Tintervention, puis vous en avez fait la condition impérative de votre cabinet ; nous sommes loin de refuser à l'Espagne rautorisation de re* emter des homm^ en France ; ce que nous refusons^ c'est une coopération directe, telle est la seule question.» M. Thiers avait entrepris une tâche impossible, celle de convaincre de la bonté de son système une Chambre qui tonjours s'y était montrée hostile ; le vote du paragra* phe de l'adresse sur l'Espagne à une majorité de soixante et onze voix, fut la condamnation formelle de sa politique extérieure.

Bans les débats relatif à l'expédition de GonstanUne et à réchauflburéede Strasbourg, la majorité continua de prêter hautement sonappui aucabinetdu 6septembre. Au sujet du prince Louis, M. Dupin accusa le ministère d'à* ^oir commis un acte arbitraire, une infraction aux règles sur la séparation des pouvoirs, une violation du priodpe de Fégaiité devant la justice et devant la loi. Le président de la Chambra parlait en procureur g^éral, M. HtHm du Nord, iui répondit en homme politique ; l'adresse fat «doptée à une majorité de quatre-vingt- <^nq ywi (deox cent quarante-deux contre cent dn^ quante-sept.)

Peu de temps après, sur la proposition du ministère, le Parlement volbfSk plusieurs lois importantes, rekttves

aux caisses d'épargne, aux attributions municipales, à la garde nationale, aux travaux publics. L'exposé des motifs du budget de 1838, par M.Duchâtel, attestait que, malgré les désordres et les crises de l'intérieur, le bienêtre général se développait depuis six ans d'une manière satisfaisante ; Taisance descendait dans toutes les classes, y faisant sentir la nécessité de l'ordre et le prix de la liberté. Telle était l'extension de la richesse publique et l'accroissement des consommations, que les taxes indirectes dont le produit n'était que de 522 millions en 1830, avaient donné 612 millions en 1836. Eu résumé, M. Duchâtel évaluait pour 1838 les revenus de l'État à la somme totale de 1,053,340,078 francs, les dépenses à 1,037,288,050 francs; ce qui devait laisser un excédant de plus de 16 millions de francs. Lorsque pour la première fois, le budget des dépenses s'était élevé à un milliard, M. Thiers avait dit : saluez ce milliard, messieurs, vous ne le reverrez plus .

Le ministère du 6 septembre se croyait consolidé par ses triomphes parlementaires, et la discussion de l'adresse à la Chambre des Pairs avait eu pour lui le résultat le plus favorable. Il avait trop présumé de la fortune, de lui-même, de ses partisans : le 17 janvier 1837, il apprenait l'issue du procès de Strasbourg, le verdict d'acquittement, ce démenti donné à la loi, à la vérité, cette victoire des partis sur les pouvoirs publics, le scandale des jurés s'érigesmt en censeurs du gouvernement, assistant à un banquet offert aux accusés absous, protégeant jusque dans le sein de l'armée l'indiscipline et la défection. « Qu'on vienne nous parler maintenant de désarmer le pouvoir^ s'écria M. Guizot ! »

Le ministère présenta aussitôt trois projets de loi destinés, selon lui, à corriger Tinsuffisance des lois de

Septembre, à prévenir le résultat de désordres tels que Tattentat de Meunier et le verdict de Strasbourg. Un de ces projets remettait en vigueur trois articles du Code pénal de 1810, abrogés par la loi du 28 avril 1832, qui punissaient de la réclusion la non-révélation des complots formés ou des crimes projetés contre la vie ou la personne du roi. Un autre demandait qu*il fût établi à Tîle Bourbon une prison pour recevoir les individus condamnés à la déportation. Le troisième avait pour but d*en appeler à la fois au jury et aux conseils de guerre pour tout crime exécuté en commun par des militaires et de simples citoyens.

(Tétait déjà beaucoup de demander aux Chambres Fadoption de ces trois projets ; le cabinet ne craignit pas de leur adjoindre d'autres propositions. Il crut Tinstant favorable pour résoudre une question restée en suspens depuis 1830, celle de la dotation des princes de la famille royale. A côté des lois répressives, il présenta plusieurs lois dynastiques tendant à constituer une dot d*un million à la reine des Belges, à augmenter d'un million le revenu du duc d'Orléan^, à donner en apanage au duc de Nemours le château de Rambouillet avec les forêts de Sénonche, de Châteauneuf et de Montérant.

L'effort de la lutte se porta tout d'abord sur la loi dite de disjonction : trente et un orateurs prirent part à la discussion qui dura sept jours et dont l'éclat, l'élévation, la profondeur rappelèrent les grandes batailles oratoires de la Restauration. M. Dupin parla le premier contre le projet : son dévouement bien connu au roi, son talent de Jurisconsulte rendaient sa parole d'autant plus redoutable que l'opposition allait réunir toutes ses forces pour le seconder, et qu'il avait pour lui les instincts et les habitudes de la plupart de ses auditeurs. La loî^ disaitrora-

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teur, violait deux principes fondamentaux en matière de procédure criminelle, Tindivisibilité et la connexité ; passant en revue toutes les phases si diverses de notre législation criminelle, et sous Tancien régime et depuis la révolution, M. Dupin montrait que dans tous les temps on avait respecté cette règle et faisait ressortir avec beaucoup d*énergie les embarras d'une nouvelle juridiction qui amènerait un double jugement. Il apercevait quelque chose de plus terrible dans les deux procès qui se feraient séparément. Si les accusés du conseil de guerre étaient condamnés, l'accusateur public se présenterait au jury, leur tête à la main en quelque sorte, pour demander la tête des autres. •• la loi serait funeste à la discipline militaire et détruirait chez les soldats le caractère de citoyen.... La société civile ne devait pas abdiquer sa propre tutelle; la justice ordinaire du pays offrait enfin plus de garanties aux citoyens que la justice confiée à des juges militaires, excellents pour juger des faits de discipline, mais qui ne trouvaient pas dans leurs études les mômes lumières que les magistrats, ni peutêtre la même indépendance pour juger des délits politiques.

a Le ministère, reprenait M. Berryer, vient vous dire que les gouvernements passés avaient des armes pour se défendre et que ces armes lui manquent. Eh ! qu'il nous dise donc en quoi toutes ces fausses et injustes juridictions ont servi les gouvernements qui ont précédé le gouvernement actuel ! A quoi ont servi et la cour martiale^ et le tribunal révolutionnaire, et les conseils extraordinaires, et les commissions spéciales de l'Empire, et les cours prévôtales?.... La force des gouvernements, c'est d'être appuyés sur un bon principe et surtout d'être fidèles au principe qui les a cons-

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titoéf.... Le passé nous le dit assez : tous les gouverDements se sont suicidés, oa parce [que leur principe était msavais, ou parce qu'ils se sont détournés, écartés, ékugiiés de leur principe, i» Aux yeux de M. Nicod leTerdict de Strasbourg n'était qu'un fait isolé. « Les jurés avaient donné au pouvoir une leçon qui ne serait pas perdue, car on devait croire que le principe d'égalité devant la loi ne serait plus violé. » De la part d'un juris* ooDsalte, il y avait là une étrange confusion d'idées et de principes. Ce pouvait être le langage d'un avocat, ce n'était pas le langage d'un magistrat, ni d'un législateur. Mais l'esprit de parti est un Procuste qui couche fort mal la vérité. Louer leis jurés d'avoir violé la loi, cëtait les pousser à se considérer avant tout comme des hommes politiques, comme des juges du pouvoir. A vrai dire, le jury sous le gouvernement de Louis-Philippe, fut à la magistrature ce que la garde nationale est à l'armée régulière, et l'on aurait pu le définir: une garde nationale judiciaire.

A Fargumenlation de leurs adversaires, les orateurs da gouvernement objectaient à leur tour de puissantes raisons. D'après M. de Lamartine, rien n'autorisait le jary de Strasbourg à venger la patrie et la légalité qu'on dmit violées par le gouvernement. Le jury était-il un corpe politique ? Avait-il reçu un mandat de contrôler les actes du pouvoir et de les venger au gré de ses passions politiques, par des arrêts ou des dénis de justice ? Pouvait-on appliquer au prince Louis-Napoléon le niveaa ordinaire de la pénalité et le joug de l'ostracisme? Pouvait-on vouloir qu'il fût l'égal de tous devant les lois pénales, et qu'il fût un ilote devant la loi politique? Non, le gouvernement ne pouvait le traiter d'après la loi commune; il n'avait qu'une loi à lui appliquer : c'était la

loi de sa nature, c'était la loi de sa naissance..,, la loi de son perpétuel exil. — Y avait-il parité, assimilation possible, entre un simple citoyen qui n*exerce aucune fonction dans la société, qui n*a pas de responsabilité, pas de grade, pas de commandement, qui ne viole aucune confiance, qui n'est armé d'aucun pouvoir exceptionnel ; et un chef de corps, par exemple, qui est investi par la société tout entière des plus hautes et des plus graves attributions ? Comparerait-on cet individu à un chef de corps qui a le grade, cette fonction dont la société Ta pour ainsi dire sacré, à un chef militaire qui a le drapeau, cette patrie dans la patrie, qui a la discipline , cette loi particulière, cette 16i de fer, inventée par toutes les nations pour réprimer les tentatives audacieuses des armées qu^elies sont obligées de mettre sur pied? Le comparerait-on à un chef militaire qui peut, d'un mot, d'un signe, commander à deux ou trois mille hommes, faire tourner les baïonnettes contre le pays, opprimer les citoyens, violer les domiciles ? Dans un pays tout militaire comme la France, la question n'était pas de savoir si l'indivisibilité ou la connexité étaient des éléments plus ou moins parfaits de conviction pour le juge, mais de donnera la société des garanties contre le danger des révolutions militaires. Enfin M. de Lamartine peignait avec les plus vives couleurs les soulèvements des armées, cent fois plus redoutables que les insurrections de Tanarchie.

Le poëte-orateur avait pénétré dans les entrailles de la question, élevé le débat à une hauteur d'où le faisaient sans cesse descendre les jurisconsultes, légistes et humanitaires de la Chambre. La loi de disjonction n*avait rien de contraire à la morale, à la raison en soi, aux principes essentiels du droit naturel et constitutionnel ;

elle ne créait point de juridiction exceptionnelle, et renvoyait les divers prévenus devant leurs juges ordinaires ; elle était opportune pour raffermir lajustice et l'esprit militaire. Le gouvernement se proposait seulement d'empêcher que par un subterfuge, on ne parvînt à retirer aux conseils de guerre leurs justiciables, à ménager une véritable impunité aux plus grands coupables. La règle de l'indivisibilité avait subi et subissait de nombreuses exceptions, en cas de contumace ou de maladie des accusés, en matière de désertion, d'embauchage, de vol, de recèlement d'effets militaires. N'était-ce pas une dérision de venir parler du respect de la république, de l'empire pour cette règle, alors que le tribunal révolutionnaire et les commissions militaires soumettaient les conspirateurs avec leurs complices, soldats ou citoyens, au même jugement?

En dépit de ces considérations supérieures, le projet de loi sur la disjonction fut rejeté par 211 voix contre 209; les autres projets demeurèrent frappés par ce preuiier échec, comme dans une bataille, la débandade du premier bataillon entraine souvent la panique du reste deTarmée. Royer-Collard alla trouver le président du conseil, lui déclara qu'il parlerait contre le projet de nonrévélation, et lui lut un discours très-étudié qu'il devait prononcer. A ses yeux, cette loi choquait le droit de la conscience, insultait, violait Jes mœurs nationales; c'était une loi de tyrannie et d'inquisition politique. C'était la délation dans son plus vil caractère, c'était le tronc de Venise que la loi instituait comme un ressort permanent, journalier du gouvernement, transportant l'espionnage dans llntimité de la vie civile , donnant à chacun le pouvoir secret de faire courir à chacun le risque d'une accusation capitale. Le procès de Cinq-Mars était là pour

attester à jamais qu'il n'est pas vrai qu'il y ait dans la nature des choses, par une invincible conséquence^ complicité dans la non-révélation. De Thou était, de son aveu, non-révélateur, et de Taveu de liaubardemont et de Tar* rêt, il n'était pas complice.

Le rejet de la loi de disjonction, la gravité des circons* tances, Topposition de Royer-Collard dont on connaissait la légitime autorité sur la Chambre, les motifs exposés par lui avec tant de force, firent refléchir le ministère et le décidèrent à retirer le projet ; la loi de déportation eut le même sort.

Rien n'est contagieux comme la défaite : il semblait qu'une épidémie parlementaire atteignit tous les projets du cabinet. Les lois de dotation avaient tout d'abord soulevé de violentes attaques dans la presse opposante, ren* contré un accueil plein de froideur parmi les amis euxmêmes du gouvernement. Les journaux dynastiques se renfermaient dans une réserve muette, ne faisaient rien pour arracher le public aux influences qu'il subissait.On flétrissait les lois d'apanage du nom de petites lois du coeur, à^ petites lois intimes; on rapprochait les lois de ri«gueur présentées contre le pays, et les demandes d'argent pour la famille royale. Le pamphlet du vicomte de Cormenin sur la dotation du duc de Nemours eut le plus grand retentissement : 24 éditions le répandirent en France, et sous toutes les formes infestèrent les villes et les campagnes. Représenter le roi comme un insatiable thésauriseur, semer à pleines mains la dérision et l'injure sur toute sa famille, colporter, accréditer l'imposture et la calomnie, accumuler, grouper avec art les chiffres mensongers et les fausses assertions, mettre beaucoup d'esprit au service du scandale et de l'envie, tel fut le but, le résultat du pamphlet. Le succès dépassa les espé-

rances, et la loi, avant même de venir en discussion,était frappée à mort. « C'étaient là des considérations toutes républicaines, écrit Louis Blanc ; elles touchèrent néanmoins une bourgeoisie qui se disait monarchique. Ils ne comprirent pas, ces bourgeois inconséquents, qu'il est dans la nature des choses qu'une royauté s'entoure d'éclat., ils voulaient un maître qu'ils eussent le droit d'humilier au besoin. y>

Ces discussions byzantines, cette timidité pusillanime do plas grand nombre, cet engouement du public pour unlibelle calomniateur ne révélaient que trop le défaut de perspicacité, la myopie intellectuelle du parti de l'ordre. C'était le même spectacle, c'étaient les mêmes petitesses qu'au sujet de la liste civile en 1832. Et, non content d'annoncer hautement son intention de repousser les projets d'apanage, le centre gauche laissait échapper cette impertinente apostrophe : c'est une question de haute mendicité.

Aux adversaires de ces projets, on aurait pu rappeler l'ophiion du général Foy, de MM. Dupin et Laffitte qui voyaient jadis dans l'apanage princier une institution nationale et monarchique. D'ailleurs, les propriétaires apanages jouissaient de leurs biens aux mêmes conditions que les autres citoyens, ne pouvaient ni les vendre, ni les laisser prescrire, et, s'ils arrivaient au trône, devaient les rendre à l'État. Quant aux insinuations de M. de Cormenin sur la fortune et les économies de Louis- Philippe, nous examinerons un peu plus loin ce qu'il bat penser de ces invectives.

L'attitude du duc de Nemours mit fin à ce déplorable incident : plein de désintéressement ce prince se rendit chez M. Mole et lui manifesta en termes formels son désir que le projet ne fût pas mis en discussion.

Sous le poids de ses échecs, le minislère se traîaait languissant, divisé. En vain il avait annoncé qu*il ne se retirerait pas après le rejet de la loi de disjonction : on considérait son agonie comme commencée, on résumait Timpression générale dans ce mot piquant : il est mort, mais il ne veut pas qu*on le sache. Les dissensions intestines du cabinet auraient seules sufQ pour rénerver et le désagréger : ses deux grandes personnalités, *MM. Mole et Guizot, tous deux différents par leur caractère, leurs mœurs politiques, se heurtaient^ se jalousaient, demeuraient vis-à-vis F un de l'autre dans cet état voisin de Thostilité qu'on appelle la neutralité armée, et que T urbanité des formes, la parfaite convenance des rapports déguisaient à peine.

M. Guizot avait reconnu qu'on ne gouverne pas avec des combinaisons factices^ et qu'il s'était vainement flatté d'exercer, comme ministre de l'instruction publique, toute l'influence dont sa politique avait besoin. Ainsi se réalisaient les pressentiments du duc de Broglie, lorsque celui-ci lui écrivait le 12 septembre : « Pourquoi le personnage principal, celui qui fait le nœud et la force du cabinet, se trouve-t-il à la dernière place ? Quand ce ne serait là qu'une apparence, ce serait déjà un grand mal, mais je crains bien qu'il n*y ait là plus qu'une apparence... il ne faut pas se faire illusion sur ce point; le public est très-las des crises ministérielles, presque autant qu'il est las des révolutions. » Au dire de M. Guizot, M. Mole savait mieux vivre avec des supérieurs qu'avec des égaux. Quand il se trouvait au contraire avec des égaux ou des associés, il devenait méfiant, ombrageux, susceptible, et livré tantôt à des inquiétudes, tantôt à des prétentions mal fondées et incommodes. D'autre part, M. Mole, homme de transaction, habile à pressentir les

tendances de la majorité, peu accessible aux engagements et aux liens de partisse souciait avant tout de gouverner avec et par la Chambre des députés, où divers symptômes lui avaient révélé que la politique de résistance perdait du terrain.

Les doctrinaires insistèrent pour que M. Guizot prît à llntérieur la succession de M. de Gasparin, que sa modestie, la difficulté de son élocution rendaient peu propre aux luttes de la tribune. M. Mole refusa; en peu de jours sa rupture avec M. Guizot et la complète dissolution du cabinet furent des faits accomplis.

La question se posait de savoir lequel des deux remporterait et reconstituerait le ministère, M. Guizot représentant de la politique de résistance, ou M. Mole qui s'apprêtait à devenir le chef de la politique de concession. Pendant plusieurs semaines, les deux rivaux essayèrent tour à tour de former un ministère capable de grouper autour de lui une majorité. M. Guizot avait conçu une grande et généreuse pensée, celle de ressusciter le ministère du 11 octobre avec MM. de Broglie, Duchâtel et Thiers; le refus de ce dernier fit échouer cette tentative. Le maréchal Soult s'efforça aussi de mettre fin à Tinterrègne ministériel ; mais MM. Thiers, Humann et Passy, tout en acceptant ses propositions, ne s'entendaient pas sur des points capitaux, tels que la conquête de T Algérie, la conversion des rentes, l'intervention en Espagne. Les journaux conservateurs criblaient de sarcasmes les nouveaux candidats, les montrant divisés sur presque toutes les questions, quoique unanimes sur le partage du pouvoir, et désignant ironiquement le ministère projeté du nom de Ministère des questions réservées. Ces pourparlers n'eurent pas de suite.

Le 13 avril 1837, M. Guizot offrait au roi une nouvelle

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combinaison dans laquelle flguraientaveoM.de Montalivet et le duo de Montebello, MM. Duohâtel,de Rémusat, Dumon, le général Bugeaud. Louis-Philippe ne orut pas devoir aller aussi loin dans la voie de la résistance, et le 15 avril, le Moniteur annonçait la formation d'un nouveau cabinet où M. Mole restait président du conseil, ministre desaiîaires étrangères; MM. Barthe, de Montalivet, de Salvandy, Laoave-Laplagne devenaient ministres de la justice, de Tintérieur, de Tinstruotion publique et des finances. MM. de Rosamel, Martin (du Nord) et le général Bernard gardaient leurs portefeuilles.

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