‹ Histoire de la monarchie de juillet de 1830 à 1848Chapitre 60 sur 78 · LE BANQUET DU XII* ARRONDISSEMENT · texte numérisé non relu

LE BANQUET DU XII* ARRONDISSEMENT

Le défi est ^changé, le duel paraît inévitable ; les paroles de M. OdiloD Barrot (celui-ci récriten propres termes) sont comme le coup de tocsin qui annonce rincendie. La question de droit disparaît: il n*y a plus en présence que Tattaque matérielle et la résistance.

Un instant on a pu croire que les choses changeraient de face : trois amendements ont été déposés par des conservateurs progressistes, MM. Darblay, Desmousseaux de Givré et Sallandrouze de Lamornaix ; celui de M. Desmousseaux de Givré fait disparaître de l'adresse toute censure de la minorité par la majorité. Le débat se ranime avec une nouvelle vivacité ; il amène à la tribune MM. de Morny, Vitet, Dufaure, Duchâtel, de Rémusat, Lamartine. < Cette urne contient la loi, dit Lamartine, mais elle ne renferme pas l'opinion ; cette opinion qui est Tair vital du gouvernement représentatif et dont on ne peut comprimer les manifestations sans asphyxier la

Constitution Vous voulez mettre la main de la police

sur la bouche du pays. Souvenez-vous du jeu de Paume!» — Allons donc! murmure dédaigneusement le centre.— Le jeu de Paume, reprend Torateur, est un lieu de réunion fermé par Tautorité, rouvert par la nation ! »

La Chambre est profondément remuée, l'anxiété se peint sur tous les visages. Une première épreuve reste douteuse. Les républicains sont plus émus que les dynastiques : l'adoption de l'amendement renverserait le ministère, ferait perdre aux passions ennemies le concours des entraînements aveugles, a Lorsque, dit M. Marrast, dans cette assemblée de plus de 400 membres, le président, ayant mis aux voix l'amendement de M. Desmousseaux de Givré, où l'existence du ministère était en cause, dit: « L'épreuve est douteuse ! x> nous avons eu une sorte d'éblouissement, notre bang a reflué jusqu'à noire

Page 1