MONNAIES DE GDIYRB DKPUIS LE III* SIÈCLE
tien, conservée sous ses successeurs, s'est appelée follis (1) ou bien pecunia major ou majorina (2) . Le premier de ces noms vient de ce que, pour les payements les plus considérables, on se servait de sacs ifolles) caclietés, contenant un nombre fixe de pièces, et le second vient du mo-
(1) Oo disUngae le grand et le petit follis : le premier est le sac de monnaiee de cuivre, c'est-à-dire une monnaie de compte ; le second est la pièce de monnaie elle-même dont on composait ces sacs. Celle-ci n'est autre chose que la pièce de cuivre émise par ordre de Diodétien et de ConstanUn de deuxième ou troisième grandeur; elle représente la monnaie de cuivre ordinaire de cette époque, car, dans les trouvailles un peu considérables, il ne s'en trouve pas d'autre. Les premières mentions du petit follis se rencontrent dans des décrète de 320 (Cod. Theod,, VII, 20, 3), de 340 (Cod. TAeod., VI, 4, 5), de 366 (Corf. Theod., IX,23,1), et de 363(Co<i. Theod.,\\\, 4, 3). Quant au grand follis, nous y reviendrons plus tard.
(2) Follis et pecunia major ou majorina sont deux noms diiïérents employés pour la même monnaie; c'est ce que prouvent les textes suivants : 1* l'ordonnance de 349, citce ^upra, p. 102, note 1, qui défend d'extraire l'argent de lupecunia majorinayQt qui est complëtenient incompatible avec l'opinion commune, d'après laquelle \sl pecunia major signlûe les grosses pièces d'argent ; 2*" l'ordonnance de l*an 395, citée supra, p. 100, note \, qui est évidemment en rapport avec la cessation subite, imposée à l'émission des grosses pièces de cuivre sous le règne d'Arcadius et d'Honorius ; 3* l'ordonnance de 356 (Cod. Theod.y IX, 23, 1} qui défend aux marchands d'emporter dans les provinces plus de mille pièces nommées follis (plus mille follibus pecu' niae in usu publico consiitutae) ti qui permet le libre commerce de toutes espèces de marchandises, excepté celui des pièces de monnaie nommées majorinae et centenionales (praeter pecuniat quas more soliio majorinas vel cenienionales communes appellanl). Cette ordonnance ne tend pas à interdire le traûc de Por et de l'argent; cela n'est pas possible. Elle défend seulement l'agiotage sur le cuivre; car pecunta représente à cette époque la monnaie de cuivre. Voy. tn/ra, p. 110, et note 1.
[On peut voir sur le follis la dissertation de Ou Gange {de in ferions aevi Numismatibus, Rom., 1755, p. 137 et suiv.— Cf. G/oj^artum médias et tnfimae latinitatis, sub verb. Follis). 11 résulte de plusieurs textes qu» le mot follis désigne un sac, une bourse (66Xaxo<) et une plè^e de monnaie. Entre autres textes, on cite nne glose qui dit : Nummi folles dicuniur a saeculo, quo conduntur]. J. W.
détienetsessvc-
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dule des nouvelles pièces, qui était plus grand que celui des anciennes pièces saucées qu'elles devaient remplacer, et aussi parce que leur module était plus grand que les pièces de cuivre de moindre valeur. La petite pièce de cuivre de quatrième grandeur est certainement celle dont il est fait mention dans les décrets de 356 et 395, sous le nom de nummus centenionalis et quelquefois avec Tépithète communis (1).
LedenierMuiDio- Pour la première fois dans la loi sur le maximum publiée par Dioclétien en 301, le denier est indiqué comme la plus petite valeur de compte ; ceci se voit souvent depuis, cependant cette valeur était plus considérable sous Dioclétien que plus tard (2); nous y reviendrons. Il est
(1) Voy. les décrets cités supra, p. 100^ note 1, p. 102, note 1» et p. 105, Dote 2. Nous avons déjà montré quelesespècesqui y sont nommées ne peuvent se rapporter qu'à la monnaie de cuivre; l'opinion commune que nous avions autrefois parlagée nous-méme {Ver fait des rômischen Mûnzwesens in der Kaiserzett, p. 269) et d'après laquelle le nummus centenionalis Te^Téwnie la pièce de 1/96 (cf. supra, p. 81, note 2), n'est pas condiiabie avec l'interprétation exacte des textes.
(2) Le denier mentionné par la loi sur ie maximum des tarifs de Tan 30l De peut être ni la pièce de 1/96, frappée du temps de Néron et aussi à l'époque de Dioclétien^ ayant à peu près une valeur métallique de 72 1/2 centimes, ni le denier de compte des v' et vi* siècles, ayant une valeur d'environ 0,2604 de centime; car sous le règne de Sévère Alexandre la livre de porc coûtait au plus 8, au moins de 1 à2 deniers d'alors (d'une valeur métallique de 41 2/3 centimes tout au plus), tandis que cette loi en fixe le prix à 12 deniers, et qu'on ne saurait s'imaginer un maximum ni de fr. 8,75, ni de 3 1/8 centimes. Mais, vouloir déterminer au juste quels étaient les deniers qu'entendait Dioclétien, c'est impossible, parce que nous ne savons même pas s'il a basé ses fixations extravagantes (dans la loi du maximum) sur les prix ordinaires ou, coomieon serait plutôt portée le croire, sur des prix médiocrement haussés. Cf. mon édition de VÉdit de Dioclétien, p. Sé et sulr. » Depuis lors le denarius parait souvent comme petite unité de compte : par exeniple dam les comptes de 50 denarii pour la livre de lard (décret de
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MONNAIES DE GUITRE DEPUIS LE lU* SIÈCLE. 107
peu probable qu'il ait existé, à cette époque, de petites monnsûes nommées dmarius nummus (l) ou M- Pi.xL,n«.>.
l'an 419, Cod. Theod., XIV, 4^ 10) ; dans l'évaluation du solidus à 6,000 déniera dans Gassiodore (F«r., 1, 10); dans le foliis denariorum^ c'est-à-dire le sac de monnaies de enivre^ sur des inscriptions de Tépoque de Constantin (Maratorlfp.SlS, l;p. 816, 4); dans les mille librarumauri denani{MBTce]\i' 0U8, CAron., p. 315, éd.Roncalll),c'est-i-dire monnaie de cuivre de la valcu r de 1^000 livres d'or; dans le denaiismus, c'est-à-dire la taxe d'un certain nombre de deniers prélevée par solidus sur le capital imposé [Cod. Theod,, XII, 1,107 et 133). Souvent le denarius ne désigne que le denier de cuivre : par exemple, dans un antear da v* siècle (Macrob., Salum. 1 , 7, 22), la pièce de enivre, avec laquelle les enfants Jouent à pile ou face {capita aut nama)y s'appelle denarius; ainsi les mots quadrans (Schol. a^f Juven. Sat. y\l^2)^i sesteriium {filoss. Philox,, p. 198^ éd. Stepb.) s'expliquent par de~ fkznW; et c'est enfin ainsi qne Prisoien (de Fig, num., c. 3) dit: denarii illo tempore nummi argentei erant XXIV siliquarum, en leur opposant les deniers de cuivre de son temps.
|Cf. les nouvelles rechercbes de M. W. H. Waddlngton, Édit de Dioclétien, p.i et 3; Paris, 1864. L'unité monétaire employée dans ce tarif serait, d'après ce savant, nne monnaie de enivre saucé d'étaio, du module du moyen bronze; ces monnaies très -abondantes dans les collections portent souvent dans le champ ou à l'exergue la sigle -X- qui en indique la valeur, t Ces pièces, ajoute M. Waddington^ sont incontestablement celles qui sont appelées denarius dans l'édlt; mais oa minque dd données précises pour en déterminer la valeur, car on ne connaît pas le rapport de la monnaie de enivre à celle d'or et d'argent dans le système monétaire suivi par Dioclétien. » Il ne s'agit certainement pas du denier d'argent du Haut Empire, ni de celui de Dioclétien et de ses collègues portant la marque XCVI* H. Waddington, après avoir examiné les opinions fort diverses de Borghesi, de Dnreau de la Malle, de Ph. Le Bas, de Gavedoni, arrive à discuter ce que M. Mommsen a écrit sur ce sujet (Edict Dioclelians, p. 56, et dans les BeitrOge sur aiL Mûnzhmde, 1, p. 129). 11 n'admet pas toutes les évaluations proposées par notre auteur, et cependant il finit en disant : t Mommsen, luimême, parait renoncer à l'évaluation qu'il avait proposée ; car dans son dernier ouvrage (Mmitches Mùnzioesen, p. 806) il déclare qu'on ne peut déterminer avec certitude la valeur du denarius dans l'édlt de Dioclétien, et nous sommes entièrement de son avis. »] J. W.
(1) Il est évident que le mot nummus pour denarius est employé dans le décret de Valentinien III (de Prêt, sol., tit. XIV, § 1) de l'an 4U, sur les
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bella (1); s'il en a existé, ce devait être la pins petite des
monnaies de cuivre (2).
LtfoiiisioasAiiis. Sous le règne d'Anastase et de ses successeurs, le nom de
^mtorûriiT^dl ^*^"** s'applique aux pièces marquées 40, c'est-à-dire au
petiteipucea sixième de la siliqua (3) ; plus tard, après Héraclius, aux
l^^nrl pièces marquées 20; après Juslinien, le nom de nummus
monnaies des Vandales et dans TabréTiation NM. sur les monnaies de Maurice, dePhocas et d'Héracllus (Satiatier» /{«v. mm., 1858, p. 194); cf. aussi les Sexsvou|i)iiov et icevravouiipiov, dont nous parlerons blentôL De même les mots m nummo viginii quinque milia follium (décret de Tan 320, Cod, Theod., Vil. 20, 3) ne signiflent pas autre chose que folles denariorunif monnaie de cuivre. C'est dans le même sens quMl faudra prendre nummus dans le décret de l'an Zil {Cod. Theod., Xlll, S, l), qui punit d'amendes de 20,000 à 100,000 nummi ceux qui se rendent coupables d'offenses envers les médecins; dans le prix ûctif d'un nummus du panû fiscalis {Cod. Theod,, WV, 19, 1), dans le dinummium vectigal {Cod. Theod., XIV, 27, 2) et dans d'autres documents de cette époque. Nous avions pensé (Verfall des rômischen Mûnzwesens in der Kaiser zeit, p. 272) que le mot nummus seul pouvait aussi désigner la siliqua d'argent, mais c'est une erreur; du moins on ne saurait admettre cette assimilation en se fondant sur un passage du Scholiaste de Juvénal {ad Sai. XIV, 291) : argeniiolos sive nummos. Depuis la réforme de l'unité de compte vers Tan 300, nummus ne désigne plus le sesterce; il ne représente la pièce de cuivre marquée XX que sous les successeurs de Juslinien.
(1) Cod. Theod., IX, 3, 7, de l'an 409 C'est le style de cette époque qui affecte d'être classique. On devrait aussi y ajouter les nummi terunt*iani (supra, p. 100 et 101, note 3), si toutefois cette leçon peut être admise.
[On ne trouve aucune autre explication qui pourrait Jeter du Jour sur la signification exacte des mots nummi terentiani, dans le Glossaire de Du Gange.] J. W.
(2) Le tarif le plus bas de tout Tédit est de 2 deniers, ce qui nous fait supposer que le denier n'est qu'une monnaie de compte.
(3) Procope {Hist. arc., 25) évalue, d'après le cours, le solidus à 210, plos tard à 180 oboles nonunées folles (d6oXob; oôç fAeic xaXoOviv). Cette proportion appliquée i la pièce portant la marque XL, que nous regardons comme étant le follis^ le solidus, dont la valeur normale était de 6,000 deniers, aurait valu alors 8,400 ou 7,200 deniers; ce qui parait exact.
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