ENFOUISSEMENTS DE MONNAIES AU III* SIÈCLE
moins huit mille pièces d 'aident» de biUon et de cuivre saucé; on n'a pas pu constater si les pièces étaient séparées par espèces.
De ces différentes découvertes et des autres faits que consëquancedecct nous avons pu recueillir, nous pouvons tirer, sur la circulation des monnaies d'argent du troisième siècle, les conséquences suivantes :
!• Le denier antériear à Néron = 1/84 de livre avait com- Deniers plétement disparu de la circulation dans toute retendue de '"^"^ ^'"°* l'Empire romain, mais il en restait beaucoup au troisième siècle, dans les pays situés sur le bas Danube (supra, p. 51), ce qui est confirmé par les pièces d'or contemporaines de ht Transylvanie, dont quelques-unes portent d'un côté la tète de Gordien III, avec la légende IMP. SPONSIANI (probablement corruption de GORDIANI) et au revers le type du denier de C. Minucius Âugurinus (t. II, p. 303, n« 109) ; pi. zxvi, &• s. d'autres joignent la tète de Rome coiffée du casque ailé des deniers consulaires, à la légende de l'empereur Philippe, en caractères barbares et la plupart du temps illisibles (1).
2* Les deniers frappés depuis Néron jusqu'à Septime Déniera de N^n Sévère, sur le pied de 96 à la livre et en argent d'assez ^ ^^^* *^ bon titre, ont dû former, au troisième siècle, la monnaie courante de la Germanie libre. Pour la plus grande partie des trouvailles de cette espèce {supra, p. 56) , il est impossible de déterminer exactement l'époque de leur enfouissement, parce que les pièces qui s'y trouvaient réunies sont
parteno aa même possesseur qae celles d'argent et de cal? re saacé, citées dans ia note 10 da tableao, supra, p. 117.
(1) Eckbel, Doct. nttm. veL, t. Vif, p. 322 et 3iO ; cf. t. IV, p. 17». - Neumann, Num, vct , t. II, p. \Z9,
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évidemment restées longtemps dans la circulation, quand même on avait cessé d'en frapper de ce genre. Le petit trésor de Bagsvârd nous fournit, sous ce rapport, une indication précieuse ; une seule pièce de Macrin s'y est trouvée mêlée à des deniers du premier et du second siècle ; enfin la difiiculté semble être tranchée par les points de ressemblance qui existent entre ces trésors de date incertaine et ceux dont l'enfouissement peut être positivement fixé au quatrième et au cinquième siècle.
Dans l'Empire romain proprement dit, les deniers antérieurs à Septime Sévère étaient mis à part comme une rareté fort estimée ; nous l'avons vu au trésor du Yeillon; sans aucun doute, une grande partie des trésors indiqués sur le 'tableau (supra, p. 6h et 66), et dont les pièces descendent jusqu'aux premières années de Septime Sévère, n'ont pas été enfouis avant cette date, c'est-àrdire le troisième siècle. A part quelques pièces rognées ou fort usées, les deniers antérieurs à Septime Sévère ne se trouvent jamais confondus avec le billon postérieur. Le trésor de Widenfaub est le seul, jusqu'à présent, où il s'en soit trouvé pour un vingtième environ delà totalité (1), On peut donc croire que les mots àpyoM ^vàpta d'une inscription trouvée en Carie, et qui date probablement du troisième siècle, désignent des deniers antérieurs à Septime Sévère (2).
â* Le billon et le cuivre saucé frappés depuis Septime
(1) Qaant à cette troaTtUle, il ftiat se rappeler qoe Fonn'en a compté qae les revert vaHés, et non pat le nombre des exemplaires. Da resCe, les pièces se sont trouvées ensemble et mêlées, mais il n'en résulte nullement qu'elles étaient toutes équipoUentes. Car le même tiésor contenait des deniers et des AntoBinlanus, et certainement ces deux espèces n'avaient pas la même valeur.
(3) Corffut inscr. graec.^ n* 2B36.
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£NVOUISS£llEirrS DE MONNAIES AU UI* SIÈCLE. 123
Sévère oe se trouveDt jamais (à l'exception de quelques nut u mon
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pièces isolées) , en dehors des frontières de l'Empire romain, ««•♦^'••'*^ ^
dans les limites duquel ces espèces avaient cours forcé, mais elles ne pouvaient pas sortir de ces limites, n'étant qu'une monnaie fiduciaire. Ces mauvaises monnaies se divisent en trois espèces bien distinctes les unes des autres, comme le prouve le trésor de Montroeul : 1* les deniers postérieurs à Septime Sévère ; 2* les Antoninianus de billon, et 3* les Antoninianus de cuivre saucé; ces deux dernières espèces avaient légalement la même valeur, mds dans le commerce on fsdsait sans doute entre elles une notable différence. Les deniers postérieurs à Septime Sévère se sont rarement trouvés seuls (1), tandis que les Antoninianus de billon sont communs. Dans beaucoup de dépôts, il est vrai, conune à Tbuin, Ladenbourg, Widenhub et Xanten, on a trouvé les deniers de billon mêlés aux Antoninianus de billon ; mais il ne faut pas en conclure que ces deux sortes de monnaies aient eu la même valeur légale. Qaand le trésor est peu considérable, on trouve souvent diverses espèces de monnaies réunies ensemble; il s'est même rencontré un quinaire dans le trésor de Xanten. D'ailleurs qui nous dit que les pièces réunies dans les mêmes vases n'avaient pas originairement été renfermées dans plusieurs
(1) Les deai trésors de Keldeolch et de Mûnsaschlag étaient apparemment de cette espèce : le premier {Jahrlmcker des Vertins wm Aiierthums' freunden im Rheinlande, XIV, p. 184) a fourni des monnaies d'argent depuis Antonin le Meox Josqn'à Sécrère Alexandre; la plapart, prd>able- «ent, ont été frappées par les empereurs du m* siècle; le dernier contenait 78 monnaies d'argent depois Ëiagabale Jusqu'à Maximln (Seldl, Chronik, 1. 1^ p. ]i). Maisi les rapports donnés sur ces déconrertes étant InsafOsants, il n'en résolte pas avec certitude que parmi ces monnaies il ne se soit pas tioayé d'Anioninianus.
bourses? En général la séparation des espèces peut servir à prouver la différence de leur valeur, tandis que leur réunion peut être fortuite et ne prouve pas qu'elles eussent toutes la même valeur. Les pièces contenues dans ces dépôts sont pour la plupart des Antoninianus de cuivre saucé, dont l'émission commença sous Valérien et Gallien ; dans les trésors de Nogent, Bailleul, Villoyon, le premier de Reggio et quelques autres des moins riches, les pièces de cuivre saucé se trouvent mêlées avec des Antoninianus de billon; ce qui indique seulement que lors de l'émission de cette fausse monnaie de cuivre saucé, le gouvernement avait réussi, jusqu'à un certain point, à la faire accepter sur le même pied que Tancienne; l'erreur ne fut pas de longue durée, car dans le trésor de Famars, enfoui pendant les premières années de Constantin le Grand, les Antoninianus de billon sont parfaitement séparés des Antoninianus de cuivre saucé, comme nous le verrons plus loin* bduienet ànéwé^ &*" Enfin les événements politiques ont eu une influence qw w u dÎ3 considérable sur la circulation de ces pièces d'une valeur cnutioxi de r»r- purement conventionnelle. Les deux trésors découverts à Reggio montrent que les Antoninianus des empereurs usurpateurs des Gaules n'étaient pas reçus en Italie; en revanche, il est probable que Tétricus ne reconnaissait pas ^ non plus les monnaies d' Aurélien, car on n'en trouve presque point de ce prince dans les trésors d' Ancaster et de Mâcon. 'Victorin démonétisa probablement les monnaies de son prédécesseur Postume , car, dans les enfouissements gaulois postérieurs à son règne, on ne trouve presque plus d* Antoninianus à l'effigie de ce dernier (1), tandis qu'auparavant ils
(I) [Je De crois pas que la courte durée du règne de Victorin ait permis à
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