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riTAPiTRE rv.
Tombeau do Chll^ dtrieàTournajr.
Concinalon k tirer de ces réauUats.
Dtfconrertas
Ai trëflor» pmtë-
rteures k rémU-
ftion de la siliqoa.
Enfin, dans le tombeau de Gbildéric, on a trouvé, srvec un grand nombre de sous d'or et de triens du y* siècle, une certaine quantité de pièces d'argent. Parmi celles dont la liste a été dressée, il y avait une monnaie consulaire, SîV deniers des empereurs, depuis Néron jusque Septtme Sévère, u» de Garacalla, et une pièce de Constance II (l/96deliVFe) (1).
Au !?• et au v» siècle, le denier de Néron avait donc cours cbez les Gernuiins libres, conjointement avec celui de Dioclétien, fabriqué d'après le même système, et c'était leur principale monnaie; maïs dans TEmpire romain, à répoque de Constantin, les deniers d'argent de Néron et de' Dioclétien, les deniers de billon de Septime Sévère et les Antoninianus de billon étaient considérés comme trois espèces de monnsûe de valeur différente.
Depuiayéroissicm delà siliqua, on ne rencontre plus ni dans ta circulation, ni: dans les trésors, aucune pièce ancienne d'aigent ou de billon ; elles durent être toutes dé-
près 1100 deniers ancieni, H 7 a environ 405 types différents. Voici le» ^noms des empereurs : Trajan', 2, Hadrien, 29, Anton^n le Pieox^ 129, Mare Aorète, 178, Commode, 178, PerUnax, 2 (avec PROVID.DEOR- elle denier de consécration), et Septime Sévère, 1 (avec VICT.AVG. de l'année 194); le9 trois dernier» types ne s'y trouvaient ^u'en exemplaires isolés.
(1) Chifllet {Anattasts Childetici régis, Antverp., 1655, p. 2&1 etsuiv.^ ' p. 270) décrit les monnaies trouvées à Tournay dans le tombeau da roi des Francs : leur nombre était de lOO d'or et 290 d'argent. Les premières ' n'offraient que douze types différents aux nonu de Tbéodose 11, Valenlinieii III, Marcien, Léon !•*, Zéoon (quelques-unes avec Léon H), Népet etBaiilisque (quelques-unes avec Marcns). Des pièces d'argent, quoique beaucoup plus nombreuses que celles d'or, il ne fut cependant reconnu et déterminé que 42 exemplaires, savoir : i pièce consulaire, 1 de Néron, 2 de Trajan^ 5 d'Hadrien, 12 d'Antonin le Pieux, 4 G de Marc Aurèle et de Luclus Vénis, 2 de Commode, 1 de Julia Domna, 1 deCaracalla, et enûn 1 de Constance^ aiore avec la légende VOTIS XXX MVLTIS XXXX-
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IBNTOUISSEMENTS POSTÉRIBURS AU Iir SIÈCLE. 133
monétisées et retirées de la circulation. En revanche, on commence à trouver des dépôts de siliquae; nous en connaissons quatre : le premier a été trouvé entre Bath et Bristol (1); le second à Cleeve, auprès d'Evesham ; ce dernier contenait les pièces d'or dont nous avons parlé cidessus (p. 68, note 3); ils sont Tan et l'autre de l'époque de Théodose le Gi*and^ mort en 305 (2); le troisième est celui dont nous avons parlé {supra^ p. 79, note 2) , et qui a été enfoui à Holwel, vers l'année &00 ; le quatrième enfin, celui de Goleraine (Loadonderry) en Irlande, remonte tout au plus à l'année &07 (3). Les enfouissements de siliquae sont, comme on le voit, fort rares, ce qui vient uniquement de ce que depuis l'année 360 le commence ne se faisait plus guère dans l'Empire qu'avec de l'or ou du ^uivi^ L'Angleterre seule semble avoir fait exception, car
(1) Sur 260 pièces, on en a examiné environ 150^ qui appartenaient en nombre égal aux empereurs Valent, Gratien et Magnus Haximus et qi\]^ à l'exception de deux, avaient toutes été frappées à Trêves. Num, Chrofi.^ t. II, p. 144.
(7) Le vase rempli de monnaies d'argent contenait des pièces de Julien^ Valentinien I*% Gratien, Magnus Maximuâ et Théodose I**.
(3) Outre plus de 30D onces anglaises d'argent en barres et en morceau i, ce trésor renfermait 1S06 monnaies d'argent romaines, pour la plupart des siliques avec un certain nombre de demi-siliques et un miliarense. On a reconnu dans le nombre les pièces suivantes : Constance II, 32 (14 avec VOTIS XXX MVLTIS XXXX, 8 avec VICTORIA DD. NN- AVGGOî Julien, Ib siliques^ Jovien, i silique et un médaillon avec la légende GLORIA ROMANOHVM; Valendnlen I", 34, et Valens, 11 siliques; Gratien, 59 tiliques, 9â dem4 -siliques; Valentinien II, 17 4 Tbéodose I*% 41 ; Magnus Maximus, 52; Flavius Victor, 8; Eugène, 37 siU- <iues ; Arcadins, 138 siliques, 4 deml-slllques; Honorius,89siliques,-52 demisiliques; ConstanUn III, 2 siliques. Un très-grand nombreètaient rognées; il y avait 753 pièces qui, par suite d'avoir été rognées, étaient devenues meconnaissables {Sum, Chron., t. XVII, p. 101 et suiv.).
DigitizecUDy
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4 Si CHAPITEfi IT.
ce ne peat pas être un efiet du hasard que les seuls trésors de siliques connus aient tous les quatre été trouvés en Angleterre on en Irlande.
coim. Il est difficile de porter un jugement sur le cuiyre ; la
plupart des amateurs de médailles sont malbeureuseinent assez indifférents à la partie historique du monnayage, et ne recherchent que les pièces rares ; ils se sont fort peu occupés des trouvailles de monnaies de cuivre appartenant à l'époque de Gonstantin«
Le tableau suivant montrera les renseignements que nous avons pu recueillir sur ce sujet (1) :
(1) [Les Revues ne foorolssent que peu de renseignements sur les moniuiies de cuifre enfouies à l'époque de Constantin et de ses premiers successeurs ; je D*ai donc k i^^ter ici tu tableau dressé par Tauteor que let meotioiia suivantes :
1* 9250 pièces de bronse romaines, trouvées avec un millier de pièces barbares .qui n*ont pu être classées, k Cowlare près Sledmere, comté d'York. Les monnaies reconnues vont de Gallien à Julien l'Apostat. (Rev, num. belge, série III, t. V, p. 121. Cetto note a été prise de la Litlerary Gazette,2t août 1859.}
2* Environ 50,000 bronxes^ depuis Claude le Gothique Jusqu'à Gratien, trouvés le 25 sepUmbre 1861 à Wroxall, au sud de File de Wight. {Num. Chronicle, new séries, 1863, t III, p. S68).
Le premier de ces trésors a été enfoui après 360 ; le second après 367.
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CNFODISSEMfiKTS P0STÉA1£IJI» AV 111* SIÈCLE. 135
NOTES DU TABLEAU PRÉCÉDENT
(1) Soret, Mémoire âe h Société dTkittoire dû Genève^ t. 1, p. 240. Toutes cet pièces portent les IfgeiMles : OENK) POPVLI ROMANI» MONETA SACRA AVGG.ET CAESS.NN^ SALVIS AVGG. et CAESS.FEL.KART., FORTVNAE REDVO AVGG.NN., FELIX ADVENTVS AVGGJ4N.
(2) Ced^pét télé cJ^ortlarêeeelii ptr M. Vaux, Num.^hran., t. XI, p 19. On trou? e tor ces pièees les légendes inéiqoées dam la note préeédenls, et, ^e plus, PROVIDENTIA DEORVM aVtESAVGO, <i^ P.M. MAXIMIANO FH-ICISSIMO)^ qui, comme k monnaie de Itailniin Oaia, montrent que ce trésor a été enfoui vers Tan I0&.
(a) Ce dépôt a 4té décrit av«ç soin par M. Stuart Poole, Num. Chrom,,
u XVII, p. as,
(4) Senckler, Publications de la Société jxrch. du Luxembourg, t. III. — EObne, Zeittchrifi fur Mûnzhmde, t. U, p. 3M. — Jahrb. des Vereins von Alterthumsfreunden im Bheinlande, I, p. U7 ; XI, p. 55. — Trouvées le 17 avril 1842 en trois urnes; il n'est pas dit si les pièces de deaxième et de troisième grandeur étaient mêlées ou séparées. Une seule pièce de quatrième «randeur (de Maxiniln Daxa, avec VOTIS X CAESS.) était probablement venue s'égarer U, Des pièces de billon de Licinlus ont été trouvées en même temps, (svproy p. 89); dCQX auCres àt Biaximin, avec SOU IN- VICTO COMITIj sembleni aussi avoir été de billon. — Ce trésor a probablement été enfoui on peu avant 3i7, parce que les monnaies de Lldnius fils et 4e Crispas y ««squeut.
(5) Avec U légende ordinaise de GENIO POPVLI ROMANI. Ce B*est sûrement «quepar i'ellét du hasard que les pièces se trouvent être trop petites.
ifi) Rev» num^ 1864, p« 81. On y trouva une monnaie de billon de Sévèm Alexandre, restituée par €aiiien, laquelle n'est autre cbose que la monnaie de consécration. Ce trëeor a été enfoui entre 317 et 323, parce qu'il y a des monnaies de Criupus M de Constantin 11, mais pas une seule de Constance H.
(7) Num, Chron., t. XI ; Proceedings, p. 13.
(8) Mentionnées dans les Jahrbûcher des Vereins ton AUerlhumsfr, im ^heinlande, XVII, p. 220. Ces pièces sont Indiquées dans le tableau d'après la liste exacte de M"* Mertens-Schaafbausen, qui a acquis toute la trouvaille. U seule monnaie de Constant César (avec GLORIA EXERCITVS) prouve que ce trésor a été enfoui vers 333. La monnaie ii*Hélène est celle avec les légendes de FL. HELENA AVGVSTA et SECVRITAS REIPVBUCAE.
(9) Soref, Mémoires de la Société dhist, de Genève, 1. 1, p. 241. — Outre
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13(5 CHAPITRE ir.
)a mortnnie d'Hélène citée dans la note précédenlei on eu trouva une aofre avec FL. IVL. HELENA et PAX PVBL.
(10) H. Meyer cité par Leitfmann» Numitm. Zeitung^ 1850, p. 63. Noa» avons vu nous-méme une partie de ces monnaies dans hi collection de Zurldk; c'est à cette partie de la trouvaille que se rapportent les chU&es mU entre parenthèscF. Elles étaient placées dans un va^e de bronze, et Ton y avait ajouté cinq pièces d'argent : une de la famille Julla avec Énée (Rlccio, n* 11. - Cohen^ pi. XX, Julia, n* 9. — Voyez U H, p. 532 et pi. XXXÎ, n* le), une de Vespaslen avec PIDES PVBLICA , une de Trajan, une de Sévère Alexandre et une de Trél>onien Galle.
(11) Bev, numism., 1837, p. 171 et suiv. (Cf. 1839, p. 465; 1843, p. 864.) Toutes les monnaies étalent à fleur de coin; elles p<Htalent tontes, k l'exception des cinq de Rome et de Constantteopie, la légende de FEL. TEMP. REPARATIOi et elles avaient toutes pour type le phénix, excepté 100, qui montraient celnl dn guerrier conduisant nn enfant à la main, et celui de Tempereur à bord du navire. On y avait ajouté une pièce d'argent d'Antonin le Pieux.
(17) Roach Smilli, Num, Chron., t. XX, p. 79.
(13) Akerman, Num. Chron,, 1. 111, p. 65.
(14) Rev. num. belge, l'* série, t. Il, p. 194.
Un dépôt de même espèce fut trouvé en 1859 près de Bitbourg (régence de Trêves) entre Trêves et Cologne. Ce dépôt décrit avec soin par Namur, dans la Revue numism. belge (série III, t. ïll, p. 469), a fourni 403 petites pièces de bronze renfermées dans un vase de terre, savoir : 51 exempt, méconnaissables, 3 de Maximln Daza, 50 de Uclnius père, 278 de Constantin I, 10 de Crijpus César, 11 de Constantin II César. — Parmi ces pièces 11 y en avait avec la légende : GENIO PQPVLI ROMANI, c'est-à-dire les 3 exemplaires à l'efflgie de Maximin Daza et 45 à l'effigie de LIcinius; avec SOLI INVICTO COMITI, il y avait 5 excmpl. de LIcinius, 257 de Conslaotin le Grand, 1 de ConsUntin II. Le trésor a éré enfoui entre les années 317 et 323, parce qu'on n'y a pas trouvé une seule pièce de Constance II ('^sar. Il est donc de la même époque que le trésor de Sainte-Mère-Égllse qnl figure sur le tableau {supra, note 6); 11 confirme que la meilleure monnaie de cuivre frappée sous le règne de Dioclétien avait disparu de la circulation vers 320 {infra, p. 138), à l'exception des pièces d'un module inférieur dès l'origine et d'un poids plus léger à Teffigie de Maximin Daza {supra, p. 99, note 1). Ce qui mérite encore d'être remarqué, c'est que des 344 exemplaires, sur lesquels on pouvait lire l'indication de l'atelier monétaire, 256 portaient la marque de Trêve?, 37 celle de Londres, 25 celle d'Arles, 24 celle de Lyon, 2 exemplaires avaient la marque non encore expliquée MOST. Ceci est une nouvelle preuve en faveur de ce qui a élé dit que la circulation dcB
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ENFOUISSEMEPrrS POSTÉRIEURS AU 111* SIÈCLE. 137
monnaies de oafvre des derniers temps de riCmplre ne s'étendait pas beaocoup au-delà de la provinee dans laquelle ces monnaies étaient fabriquées; par là on voit que les monnaies de cuivre avaient une valeur différente dans chaque province, ce qui pouvait donner lieu à leur exportation, à la spéculation et à l'agiotage {supra, p. 105» noie 2 et infra, p. 170). I)q reste, nous avons déjà eu occasion de faire la même remarque au sujet de la monnaie d'argent [supra, p. 70, note 2; p. 133, note 1).
L'émission du nouveau cuivre saucé de Dioctétien {supra^ Extnxty tt p. 97 et 98) ne correspond pas avec une démonétisation gé- *'»«'•"^•"• nérale des Antoninianus de cuivre saucé, car, si les Antoninianus des usiu*pateurs gaulois disparaissent de bonne heure par suite de la réprobation dont ils se trouvaient frappés par le gouvernement (««pra,p. 124), les monnaies des souverains reconnus comme légitimes continuaient à avoir cours ; un nombre prodigieux de ces monnaies du grand oncle de Constantin, Claude le Gothique, circulaient avec les monnaies de cuivre émises par Dioclétien et pat* Constantin, et se trouvaient ensemble dans les trésors d*Evenley et de Niederweil (1).
Dans la grande trouvaille de Famars, il ne s'est trouvé f*"»^ «* •«*'••• que des Antoninianus de cuivre saucé; dans d'autres également considérables, comme à Yezenaz, Little Malvern et DaElheim, on n'a trouvé que des pièces de cuivre de Dioclétien et de Constantin de grand module, ce qui conQrme l'opinion que nous avons émise sur la difiérence de valeur
(1) M. J. E* Wdrl {BeriM ûber eine Anzahl im /. 1849 aufgefUndener rômisc?ier Uûnzen in Gr^ss-Miitel-und Kieinerz, Constanz, 1857, OOpagep, ln-8'), décrit une trouvaille contenant un sesterce du premier siècle, ainsi que des pièces de cuivre saucé et de cuivre de l'époque postérieure Jusqu'à Gratien, trouvaille qu'on prétend avoir été faite dans le Hégau. Mais ces monnaies, achetées d'un marchand et renfermées ensemble dans un dac, n'appartiennent évidemment pas à la même trouvaille.
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138 GIIAPITBE IV.
de ces deux monnaies. D'ailleurs, comment admettra que ces grosses pièces de cuivre saucé de Dioclétien aient eu la Diminution de 1» i^ême valeur que les petits deniers saucés des empereurs TMdtMiMtrir P^^édents? Dioclétien a frappé deux sortes de pièces de •onettescaoses cuivre, et il est à présumer que celles de petit module furent assimilées aux anciens Antoninianus. Dans les trésors où les grandes pièces de cuivre frappées par Dioclétien et par Constantin se trouvent mêlées à TAntoninianus saucé, on a évidemment réuni deux espèces de cuivre de valeur différente. L'abaissement rapide du titre explique parfaitement Tabsence, dans les trésors enfouis au iv* siècle, des bronzes de Dioclétien et des pièces de cuivre appartenant aux premières années de Constantin ; dans la seconde moitié du IV* siècle, la monnaie de cuivre était assez dépréciée pour que Ton trouvât un bénéfice à fondre les grandes pièces de cuivre de Dioclétien d'une valeur considérable : ensuite des mesures spéciales de tout genre doivent avoir contribué à ces résultats (1). A la fin du iv' siècle, les enfouissements de pièces de cuivre, jusque-là si communs, deviennent fort rares; nous. n'en connaissons qu'un^ul du commencement du V* siècle, et encore était-il peu considérable et composé uniquement de pièces du plus petit module. Ceci coïncide avec le décret de 395, par lequel l'émission et la circulation des pièces de cuivre de grand module était interdite, et la petite monnaie seulement conservée sous le nom de nummus centenionalis (2) .
(1) Un décret de 366 (Cod, ïheod,, IX, 23^ t, 3) semble indiquer que quelques espèoea avaleot tlors été démonétisées, parce qu'il menace de la saisie de leur fortune les détenteurs de monnaies qui possèdent des pièces autres que celle qui est admise dans la circuiaUon publique (praeter eum (aummum) qui in usu publico persévérât).
(?) C«i. Thwd.y 1X| 23, 2 : Centenionalem lanlum nummum in conver-
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ENFOUISSEMENTS POSTÉRIEUES AU III* SIÈCLE. 1S9
Enfiû il ne nous reste plus à parler que du seul trésor de Tr^M» enfoou pièces de cuivre postérieures à l'empereur Anaslase qui sût * été soigneusement décrit, grâce à M. Friedlftnder (1) ; ce trésor, trouvé à Monteroduni, dans le Samnium, contenait plus de mille pièces de cuivre de petit module; quelquesunes étûent des premiers successeurs de Constantin, les autres d*Anastase, de Justinien, des rois Vandales, surtout des Ostrogoths ; toutes antérieures à Tannée 550. A cette époque, il est vrai, on fabriquait de nouveau des pièces de cuivre d'un plus grand module, mais on s'était habitué à voir circuler en masse celles du plus petit, et on a trouvé des trésors semblables de toutes petites pièces vandales auprès de Philippeville et de Guelma, en Afrique (2).
uUione jmblica traclari praeapimus, mojoris pecuniae figuratione summota, Nullus igitur decargyrum nummum alio audeat commutare, sciens fisco etmdem pecuniam vindicandam, quae in publica potuerit conwrsatione deprehendi. (Cf. supra, p. 84^ note 1 et p. 100, note 1).
(1) Mûnzen der VandcUen, p. 4f.
(3) Borrell, Num. Chron., t. XVII, p. S et 11.
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4âO CHAPITRE V.
Flnctaation do denier.
CRISE MOMÉTAlRfi DU TROISIÈME SIÉUJl.
Dépréciation du denier.
L'unité de compte sous TEmpire était le sesterce- valant un quart de denier, ou un centième de la pièce d'or; jusqu'au changement de la monnaie de cuivre ordonné par Dioctétien, les comptes officiels se faisaient en sesterces (1) ; et nous savons d'une manière certaine que quatre sesterces valaient un denier, et vingt-cinq deniers un aureus (2). Dans
(1) l.es dernières meniions da calcul en sesterces se rencontrent dans les rescrits de Valérien (Vopisc. Aurelian., XU : in aère H S quinquagiet) et d'Aurélien (Vopisc. Bonosus, XV : aeris H S deeies)^ etchex Eumène, dans son discours (Pro resiaurandU schoiis, c. Xf, 14,) prononcé en l'an 29C. Après avoir notifié son brevet d'installation, qui fixe ses appointemerits à six miiie nummi (sexena milia nummum), l'auteur ajoute que les appointements de trois cents sesterces [trecena seslertia) dont il Jouissait jus* qu'à ce moment, avaient été doublés. Il a<déjà été remarqué {supra, p. 8i} que la Chronique de la ville, depuis César juc qu'à DiocléUen et Maximien, Indique les comptes en deniers.
(2) Dion Cassius(LV, 12), qui écrivait en 2i9, évalue encore Taureus à 25 deniers. Valérien faisait payer aussi la solde annuelle du tribun militaire, fixée autre part {infra, p. 143, note) à 26,000 sesterces, avec 150 + 4?
+ — = 250 f j) pièces d'or (Trebell. Poli. Claud., XIV). Le grammairien
cité par Priscien {De /Ig. num , \\V, probablement Dardanus, si la conjecture
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DÉPRÉCIATION OU DENIER. lAl
la proportion de l'or à l'argent (t=9,S75) et de l'argent au cuivre (1=80) que nous avoua établie ci-dessus {supra, p. A3) , pour l'époque entre Trajan et Septime Sévère, les deux métaux secondaires étaient évidemment estimés beaucoup au-dessus de leur valeur intrinsèque, mais cette valeur factice pouvait facilement se soutenir en face de l'immense quantité de pi^H^es d'or qui circulaient, et, en effet, nous ne voyons nulle part rien qui puisse nous faire supposer que l'argent ou le cuivre aient dû être acceptés, même momentanément, au-dessous de leur cours légal. Le m* siècle amena de grands changements par suite de Tinégalité du monnayage de l'or qui pesait tantôt plus, tantôt moins que le poids légal ; il n'y avait plus proprement dit de proportion fixe entre les diverses espèces de monnaies ; suivant toute apparence, le denier ne valait déjà plus alors 1/26, ni le sesterce 1/100 de i'aureus. Le denier d'or de Septime Sévère pèse 1/45, celui d'argent 1/96* de livre ; le premier est d'or pur ; le dernier contient environ 60 */^ d'alliage. La proportion des deux métaux était donc réellement de 1 : 6, 9. Le denier pouvait d'autant moins conserver cette valeur élevée que l'on commençait à faire une différence entre les nouvelles pièces et les anciennes qui étaient meilleures ; déjà même beaucoup de ces anciennes piècjen avairat passé la frontière. Après la réduction du poids de I'aureus par Caracalla, la proportion devint 1 : 6,6^ mais cette proportion, avantageuse pour l'argent, fut bientôt annulée par l'abaissement de son titre. En prenant poui;
émise plas haut (supra, p. 82, note 1) est juste, et les gloses de Pbiloxène, dans le cas où elles aient été bien corrigées {jsupra, p. 59, note 2. — Gf. p. 71, note 3 et surtout la fin de cette note, p. 12), ont eu en vue l'usage classique de ce mot, non pas celui de leur temps.
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142 CHàPITEE T.
base du calcul un denier de bon poids, avec iO 7« de métal fin, ce qui est la plus grande valeur qu'on puisse lui donner, Taureus de bon poids pesant 1/50 de livre devait se Urouv^ vis-à-vis du denier comme 1 : 5,2.
11 est donc évident que dans de pareilles circonstances le denier de Septime Sévère devait tomber au dessous de sa valeur légale ; aussi, outre la distinction dont nous avons déjà parlé, entre les deniers frappés avant et ceux frappés après Septime Sévère, nous reste-t41 beaucoup de preuves de cette dépréciation. Par exemple, 1^ historiens vantent le bon marché de la viande dans la capitale sous Sévère Alexandre, en disant qu'elle valait de un à deux deniers; ceci n'est admissible, que si Ton compte le denier à quarante ou quarante-deux cenUmes («upra, p. 71, note 3), mais cette assertion ne serait pas vraie, si le denier était évalué à 1/25 d'aureus, c'est-à-dire quatre-vingts centimes. Ainsi déjà à cette époque un aureus de bon poids devait valoir plus de vingt- cinq deniers.
Dëmtd'^fabftiê Une nouvelle preuve de la dépréciation et de la déconsiment dts im^S^ dératîon qui frappait Targuât, se trouve dansle décret qui, sous Élagabale, ou peu de temps avant lui, ordonne que tous les impôts de l'Empire soient désormais payés ea pièces d'or (1) . Cette mesure est une vraie banqueroute, comme le serait de nos jours une mesure gouvernoinentale qm aurait pour but le refus d'accepter en payement la monnaie fiduciaire ou d'appoint et les billets de banque pour leur valeur nominale.
(0 Laroprid. Sev. Alex., XXXIX. — CL Dioo. Cass., LXXH, iû. De li résulta l'introducUan des Uers d'aureus sous le règne de Vaiérien («npro, r. CO). Cette mesare ne s'éteodait pas jusqu'aux coaumines : [dc&7ti «) oXi X WU t«îi^»tV /py<ytey Xe(Tpx;..,. {Corpus inscr, gr» »• 2040),
■itlODs en or.
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DÉPRÉCIATION DU DENIER. 1 j3
A partir de cette époque, les ordres de payement fixent non-seulement la somme en sesterces (aeris^ $esterti%im) ^ mais établissent en quel métal et ep quelle espèce de monnaie le payement doit être effectué (1) •
La différence du cours doit avoir été encore bien plus riiwtiutioii 4«
'■ rAntonlalaniM.
sensible pour rAntoninianns ; mais quant à cette espèce de monnaie, il nous est difficile d'arriver à des résultats satisfaisants, parce que nous ignorons quelle était originai-
' (1) Lamprid. Sev, Alex,, XXXIIT : Nwnquam aurum, numqttam argentum, »ÛD fteewnam donaviu Dans une lettre du proconsul Claude Paulin, adressée •n 238 à un tribun militaire (Cf. nos Bpigr.Anaieettn, n* 22, dans les Ben'ehie fier Leipziger Geselltchaft d^rWissenichaften, 1850), il est dit : cujus miiitiae taiarium, id est HS XXV n., in auro suscipe, et peu avant : eut
[HS XXV n. sala]rttfm militiae in auro misit. De même la solde du
tribun Claude est payée tout entière en or (supra, p. 140, note 2], tandis que le tribuB Frobos reçoit de Valérie n 100 aurei Jtitoniniani, 1000 argenUiÀM' reliam, 1 0000 aerei Philippei (Vopisc., Probus, IV). Un autre général reçoit de Valérlen, pour fournir aux dépenses des jeux : 300 aurei Anioniniani, 3000 argentei Phiiippei minutuli, in aère HS quinquagies (Vopisc, Aurelian,, XII); un autre obtient du même empereur, comme frais allmentalrei, pendant un Toyage d'inspection : 2 aurei Antoniniani, hO argentei Philippei minutuli, aeris denarii centum (Vopisc, Aurelian,.^ IX); un autre encore reçoit d'Aurélien : 100 aurei Philippei, 1000 argentei Antonitiiani, aeris HS ffecte/(Vopi8C.» Bortosus, XV). On pourrait supposer, et cette opinion paraitrait naturelle au premier moment, que les sommes énoncées en troisième lieu, dans tous ces passages, représentent la monnaie de cuivre, et aient été payées en cuivre, mais cette supposition ne serait pas Juste, parce que sous le règne de Valérlen, la monnaie de cuivre ne circulant pas en trop grande quantité, sa valeur métallique n'était pas beaucoup inférieure à celle de la monnaie d'argent {supra, p. 104, note 1), et parce que les empereurs, dans des actes of&dels, ne pouvaient guère traiter de cuivre leo? monnaie de cuivre saucé émise comme argent [supra, p. 86, note 2). Cela admis, c'est dans le sens ancien qu'il faut prendre les deux génitifs aeris et sestertiwn^ n'ayant encore qu'une seule et même signiAcatlon (Vojf, t. Il, p. 31 et suiv.); de façon que le paiement étant simplement ordonné, il était laissé à la volonté du caissier d'en choisir les espèces.
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ihk CHAPITRE V.
renient sa vdeur nominale par rapport à l*aureus et au denier. Cependant, comme dans Torigine il pesait l/6i et le denier 1/96 de livre, et que le métal de Fun et de l'autre était également mauvais, il est probable que l'Antoninianus devait valoir plus que le denier.
D* après la valeur du métal on pourrait estimer TAntoninianus à un denier et demi ; il en faudrait donc 16 2/3 pour faire un aureus; mais cette proportion n'est pas vraisemblable, d'abord à cause de cette proportion irrégulière et peu commode, et parce que la masse considérable d'Antoninianus que le gouvernement faisait alors frapper, doit nous faire supposer qu'il y trouvait plus de profit que dans l'émission du denier; enfin (ceci est au fait la raison la plus probante) parce que dans le royaume du Bosphore, dont la monnaie n'était autre qu*une imitation de celle de Rome, rémission du double denier coïncide avec la première émission de l'Antoninianus. Plus tard, ces doubles deniers du Bosphore remplacèrent tout à fait les deniers en Orient, comme l'Antoninianus les remplaça en Occident. On peut donc admettre que dans l'origine TAntoninianus a été considéré comme un binio ou double denier; et il paraît .qu'encore sous Valérien, c'est cette valeur qui lui était attribuée dans les caisses publiques, il est cependant probable que cette valeur nominale ne tarda pas à être élevée (1).
(1) H est plot que probable que la solde de Probo», qui lui fut allouée Ion de sa nomlnaUon au triboiiat, moulant à 100 aurei^ 1000 argentei Aureéfani et 10000 aerei Philippei, correspond parfaitement à la solde des tribuns, qui est connue d'ailleurs, de 25000 sesterces ou de 250 pièces d'or {ntpra, p. 140, note 2 et p. 143» note); cependant, il faudrait, pour se conformer aux chiffres de la note p. 143, admeUre qae les sommes ont été Indiquées en nombres ronds et avoir quelque égard ao cours. La pre*
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DÊPRÉGUTION DU DENIER. 145
On a publié uire pièce remarquable sur laquelle oti voit â*un c4té les têtes de deux empereurs, suivant toute appa* i*ence, celles de Valérien et de Gallien, portant des couronnes radiées. La légende est FEUCIBVS AV&G«, et le revers porte l'indication de la valenr : QVATERNIO (1> (Jette piëcei qui a tous les caractères de TAntoninianus, était donc estimée quatre deniers par ceux qui la faisaient frapper, et lamoiiAaie romaine suivait ^nsi les mêmes errements «fue la momaîede Syracuse et celle de Rhegium, où la titra, d*abord d'argeait, étant devenue une monnaie de cuivre avec une valeur bien moiûire que dans les commencements. De semblables opération dev^ieiit nécessairement se renouveler : unsi, lorsque nous voyons, sur les Aatoninianus frappés sous Aurélien et après lui, leur valeur indiquée par les cbîlfres XXI ou KA et par le chiffre XX sur ceux frappés à Trêves (2), il en résulte^que TAntoninianus avait acquis ra-
mlère <et ta trolBième «oroine fiut Munmble SOOCt sesterces; si, pour 6000 Mtterces,«a Neo 4e4»2ft douUes deniers, qol seraient réquivalent vérilablf, il en est donné 1000« 11 est érideot que la Talour nominale de la solde n*é(ait pas de SdDOO, mais de 28000 sesterces ; surplus que le tribun, cependant, reperdait sans doute eur te eeurs, parce quHl n'était pvyé eo moouaie d'or que 10000 seateroes.
(1) MarfBli de Lagsqrj Bfvue numi»m., 18S&, p. a02. Un exemplaire retouché se trouve décrit dans le Catalogue Pembroke, p. 306. Celui du marquis de Lagoy est de Mllon et pè^e A^/iS {=0^)-
(2) La marque XX ne se voit que sur les monnoies de Tatelier do Trêves, depuis Aurélien Jusqu'à Probus : remarque que nous devons à M. Jules Frledlânder, ainsi que beaucoup d'autres bonnes obiervaiionf>, quoique souvent nous n'uyons pas cité son nom. L*indication de la valeur se trouve encore, après la.réforme du monnayage de cuivre fOus Diocléiien^ sur les nouvelles pièces de deuxième grandeur {supra, p. 08) avec la l<^gcnde GENIO POPVLI ROMANIi mais seulement, à ce qu'il semble, sur tel lis frappées à Alexandrie (Ramus, Cat, num, vet. Musei régis Dam'ae, Maxi . mian. HercuL, n^h^^ 50} Consiantius Chlorus, n» 29; Galer, Moximian ,
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fA*5 CHJtPiTtïE T.
pidemcnt une valeur Tiomiiiale de vingt à vinf^t et im Jeïiiers, Iniitlis f[u*en lijôme teïiipssa Yaleunnétallîqueilimîjjuait ctavait passé du billon au cuivre saucé. -. **•
Ceci nous dannc la clef de la Uansfbnnalion an denier que nous voyons s^opérer à cette époque. Le simple de- Tùk'Lf lujjijnieot nier, quoiquil ne se trouvât plus dans une nroportiorr
L'tui UrU uno
ipoi-njiu régulière avec I aureus* ne partagea pas le sor: de l'Antoijinianus, parce que, (îepuis Gordien III, son émission avait él6 suspendue, et que ceux qui restaient dans le commerce iaaient d'anciennes pièces «i'uHe valeur lelativement supiv rîeure- H en résulta cpie Tancien denier » comme valeur tnonélaire, se distingua pajfaitement de celui qui servait de base li rAntoniniaune, et pendant f^ue le premier alors nommé arytiUeus restait toujours une monnaie moyenne d'appoint, Tauire ttomba peo à peujusqu'au point dedevenir une uionnciie de comptequi n'était plus représentée par des monnaies réelles. Nous n'avons pa& besoin de prouver que dès le temps d'jlÈurêlien, et peut-être même avant, la dépréciation flu deuier servant de base à la valeur de TAntoninianus, était déjà un fait accompli, et que même avant. Dloclétien, et odicielleiipent, il n'était plijs compté comme- 1/25 deTaureus; mais il estdîiïkile de déterminer les moments d'arrêt qui eurent lieu dans cette marche progressive vers la dépréciation complète. Une seule cUose est certaine, c'est que rAntoninîanus, quoique déjà fort tombé dan^ le commerce, valait cependant encore sous Gordien US
n* ll)< ^ Il se peut qup^ dans Ici chijre$ qui se renroBtreiit aourent à VcitiTi^n^ des AntoolnianuB, phnctpalcmcnt df^puJa GaMien, iicitc indication ite ïn valeur se Irouvc coutoridue avec Jc'â marquer de» atcikra luonolAÎres^ U iprait à dcsircr qu'on ^udiàt nvec »olu lautca l&s pièces qui [MirtcDl de*
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DIMimJTION DC LA MONIfAHE D^QR^ iA7
plus que sa valeur métallique ; la preuve nous en est fournie par la quantité d'Antoninianus fabriqués par les particuliers, à Timitation de ceux du gouvernement, et qui sont parvenus jusqu'à neus («tipra, p. 1* et note 2).
Le système monétaire romain^ depuis l'époque de Gai- -Le tyâtkme Tien jusqu'au milieu du règne de Dioclétîen, peut être con- "^L \Z%vtme ' sidéré comme une banqueroute en permanence. La monnaie '^^ blnqûeroulc""* -qui servit à consommer cette banqueroute fut TAntom- •«p«™»»«n««'nianus que Ton pourrait appeler Y assignai de cette époque. On en fabriquait des masses considérables pour parer aux embarras du trésor; nous ayons vu que dans F^flfouissement du Yeillen, sur moins de S0,000 pièces, il s'en est trouvé 20,000 de Postume; à Caudebee, sur 8100, 6800 de Postume; à Mâcon^ sur 20,000, 18500 de Tétricus.
Peu à peu toutes les autres monnaies, d'abord celles qui avaient une valeur réelle, puis «elles qui n'étaient pas tout à eût çans valeur, furent entraînées par ce tourbillon et disparurent dans le gouffre. De là vint la diminution du mcmnayage de For au troisième siècle.
BimÎDntlon do la HlonDsIe d'or, oonséqnenees de cet état préoaîr« et uhm oomoiereUle,
Les fluctuations de la monnaie n'étaient pas sans avoir Diminmion de u une certaine influence sur le <îommerce qui se faisait avec les pays étrangers, avec l'Inde en particulier, où la monnaie d'or était seule acceptée (1). La diminution irrégu-
^1) Les MTmlf ^ut s*orcnpent des antk|uité8 Indiennes rendraient on vé- TitaUe service à U science s'ils donnaient des détails exacts sur les œoanairs romaines qu^on rencontre dans les Inde?. Il parait que les monnaies d*or et d'argent ^tii s'y trouvent appartiennent pour la plupart au i*' siècle.
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ffiS GtfAPÏTRE V.
lière et 3^103 mesure des pièces iVor au iir siècle peut s'expliquer par une tendance» assez naturelle du reste, de lui conserver une espèce de propm^tion avec la monnaie d'argent qui se dépréciait si rapidement. Nous avons déjî* vu que les deniers postérieurs à Septin>e Sévère^ et à plu& forte rais&n les Anton inianus, ne passèrent pas les fron- Uères de la Crermanie, oii presque toutes les pièces d* argent tin allèrent se réfugier. La fabrication des tleniera et des sesterces cessa de fait avec Sév^^^c Alexandre, époque de l'émission surabondante des AnLoniniaiHis, Si cette émission avait eu lieu dans des proportions i-égnliéres, ces deu^ ïDonnaies eussent pu donnei' encore au trésor un liénéfice assez considérable ; mais elles furent tellement écrasées, si r&n peut s'expiïmer ainsi, sous la masse des Antonîniantis, <iue depuLs lors leur émission devint peu lucrative, si ce n'est onéreuse. Le seatefce eo particulier devait avoir au m* siècle ewcore «ne véritable valeur intrinsèque^ car on 4e trouve souvent€nlow, et il passa la frontière de la Germanie (suprù^ p. 1255, ce qui n'eut pas lieu pour TAntonir nianus. 11 en résulta que le poids et le titre des sesterces Irappés sous Gallien et Ptjstume furent sensiblement réduits (iuprat p. tï3), et que même beaucoup des rares sesterces de Postunie et de Gallien se trouvent avoir été encore rognés. Il n'y a pas d'exagération i dire que» dans^ le dernier tiers du m* siècle, il n'existait plus dans TEmpire romain aucune monnaie ayant une valeur intrinsèque correspondant à sa valeur nominale, pas même unepièce de laiton ou de billon. La masse d" Anton inian us sans valeur qui furent alors enfouis ne s'explique que par Timpossibilité où Ton se trouvait d'avoir une a^utre monnaie. Dans le trésor de Rouen (supr^t, p, IIS, note S3}, sur S2t) pièces de cuivre, il ne s'en est trouvé qtie trois d'ar-
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DIMIKUTION DE LA MOHNAIE D*OR. 1)0
sent, et quatre dans le trésor de Gallarate, sur8,600 pièces {ibid.^ Dote 37), bien que Tun et l'autre n'aient été enfouis que Tpeu de temps après l'émission des nouvelles monnaies d'argeut sous le règne de Dioclétien. Les moules de terre cuite que l'on a trouvés en grand nombre prouvent que l'imitatioB -des monndes ne s'était pas étendue jusqu'à contrefaire l'Antoninîanus de cuivre saucé, et .c'est là une preuve de plus du discrédit dans lequel il était tombé (1).
Les monnaies d'argent et de cuivre frappées dans les qprovinces furent eltesHuèmes entraînées dans la crise générale. L'admission des tétradrachmes d'Antioche dans la fldonnaie de l'EmpirOt sous le règne de Gordien III (2), malgré ia faiblesse de leur titre qui en faisait du vrai billon ; la même faveur accordée par Philippe à une partie «du bronze frappé dans la province de Syrie (3) ; enfin la •cessation de ces divers monnayages* vers l'époque de Gaiilien (A), tout cela s'explique parfaitement par les efforts «que faisait le gouvernement pour relever la valeur de la monoaie de l'Empire. Pour y parvenir, on lui assimila de «louvelles monnaies qui conservaient encore une apparence
(1) Les moules ne desceBdent pas, du moins pas en nonbre^CQDsld^rable, plus bas que le règne de Gordien HI; d'où il faut bien concloreqnelfs fauv monnayeurs trouyalent mienv leur compte à contrcCaire rAntoninianus de liillon que celui de cuivre saucé. Car les iromrallles proufeni d'ailleurs que ces deux espèces n'avalent pas la même valeur.
[Des moules assez nombreux de monnaies à l'effigie de Postume ont été (rouTés à DaoMry <BUrne). 4(evue muH.y 1837, p. 171 et sulv.; 1830, p. 4G5].
(3) Miomiet, t V, p*i84, etsni?..n«* 283 et suiv. Avec S. C. et MON. VRBL Kionnet, /. cit. , n*** 385, 286 et sui v.
(3) Mionnet, 1. 1, p. 419, n** 3M)-301 ; t. V, p. 689, n* 50.
(4) Eckhcl, DocL mm. vet, t. IV, p. 500 et t. Vil, p. 475.
150 <»AFITIB T.
de valeur réelle ; il devait nécessairement en résulter que bientôt ces monnaies disparaîtraient ellœ-ixrèmes comme avaient disparu les deniers romains d'argent et de bilion ainsi que les sesterces. C'est ce qui eut lieu en effet Dans celte période terrible, on vit disparaître en même temps les derniers vestiges des institutions politiques qui jusqu'alors avaient pu survivre dans l'Empire; même la civi^ lisation antique commence déjà à s'effacer.
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BÉOBG&NISATION DE LA MOMNAIE AU IV* SIÈCLE. 161
AÉORGANISÀTION DE L.V MONNAIE XI} Ql'ATRIÉUE SlÉaE.
Nouvelles proportions dans la valenr relative des métaux.
C'est SOUS le règne d'Aurélien qu'on commence à entre- Édit« d'An^uen, voir les premiers symptômes d*uo retour à une meilleure d'aatrJlrS'aru situation (270-275). Ce prince mit une grande éneiigie à ré- ^^""^onéwrJ!^' primer les abas de Fadministration des monnaies ; il employa même, comme nous l'avons vu (svpra^ p. 96), la force des armes pour réduire à l'obéissance les ouvriers récalcitrants ; il supprima les ateliers municipaux, établis dans les principales villes de l'Empire, ne conservant que celui d'Alexandrie. Son successeur Tacite défendit sévèrement, du moins en principe, comme un système déloyal et désastreux, l'altération des monnaies et les pièces fourrées {supray p. 88 et note 1). Tacite avait déjà, en qualité de sénateur, puissamment contribué à la réforme tentée par Aurélien. Il est donc certain que ces deux empereurs avaient sincèrement l'intention de rétablir une monnaie d'argent véritable, et de régulariser le monnayage de l'or; au nombre des mesures qui prouvent ce désir, ftit l'édit qui mit des bornes à l'emploi abusif de For pour tous les usages dont le résultat était la destruction et la fonte du métal (1).
(I) Voptsc.y Aurêiian,^ XLVl : HabuH in ammo ut aurum neque in caméras neque in tunica» fiefue m pellet nepie in orfenlwn mitterHur. dicent plus
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Maxlmlon, CoBSttntln.
Dlrlslon d»
THropIr*». lUrsttf
du enivre en
Occident.
Son abondance en Orient.
i52 CRAPlTnE Vf.
Dioclétien et Maximien persévérèrent dans cette vole en émettant des pièces d'argent fin. Leur œuvre de restauration fut couronnée par une émission abondante et régulière de pièces d*or sous Constantin le Grand; cependant la monnaie fiduciaire, qui n'avait qu'une valeur fictive, était trop abondante et d'un usage trop général pour qu'on pût la supprimer facilement. Il y eut donc du bon or et du bon argent, mais, en »ëme temps, il resta dans la circulaUou des pièces de cuivre qui conservèrent d'abord une certaine valeur sous Dioclétie», mais qui furent bientôt dépréciées, à cause surtout de l'énorme masse qui en fut émise, et dont la valeur alla en diminuant de plus en plus Jusqu'à la division de l'Empire en 395. A cetie époque, toutes les pièces de cuivre de grand module furent démonétisées par un rescrit impérial, ce qui ramena, il est vrai. Tordre dan» les monnaies, mais aux dépens d'un grand nombre de par^ ticuliers. C^est probablement ce qui décida les Francs à baser tout leur système monétaire sur les métaux précieux, et en particulier sur l'or; ils n'eurent que peu de monnaies de cuivre, frappées probablement à l'imitation de celles de l'Empire, et elles n'eurent jamais cours que comme monnaies d'appoint.
En Orient, l'empereur Anastase reprit au contraire tous les anciens errements , et nous voyons que, dès le règne de
auri esse in rerum nalura quant argentin ted aurum per varies braiteantm^ filorum et liquationum us%u perire, argentum autem in suo usu manere^ Idem dederat faeuitatem ut aureis qui velleni et vasis uterentut et pocuUs, Dédit praetereapoteêtatem,ut argeniatasprivaticarrucashaberent,'—\opi»c , Ta^it.^ XI : Âuroclavatis vestibus idem interdixit; nam et ipse au^or Aureiiano fuisse perhibetur, ut aurum a vestibut et cameris et pellibut submoveret. On Toit deux choses dans ces passages : d'abord qo'on se plaignait alors de la rareté de l'or^ et puis qa'Aaréilen considérait, et avec raison, la monnaie d arg'^nt commo secondaire et la monnaio d*Qr comme principale.
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ftÉOBGAlflSATlOlf DB LA MORIIAIÈ AU IV* SIÈCLE. 153
jDûtinien, les pièces de cuivre avaient déjà perdu une partie de leur valeur nomiDaie, ce qui ne peut être attribué d'une part qu'à la très-grande quantité qui en fut mise en circulation, et, de l'antre, à la reprise du monnayage de Tor que Justinien fit frapper en nombre considérable.
11 nous reste à montrei' comment cette nouvelle valeur s*est formée. Le nouvel ordre des choses, en opposition diamétrale avec l'ancien temps, et qui sans doute s'était développé sous l'influence des désordres du m* siècle, a pour principe le retour au système basé sur le poi^. Dans la denûèiue moitié du m* siècle, la monnaie d or était devenue tout à fait irrégulière, et il n'existait plus aucune monnaie de valeur en argent ni eu cuivre ; le commerce des métaux précieux revenait donc de lui-même au système de la balance {supra^ p. 6A) ; comme dans les temps les plus anciens, les métaux précieux n*étaient plus acceptés qu'au poids, et on avait éinhH une proportion fixe entre la valeur de For pur et celle de l'argent fin.*
Les diverses données que nous avons sur cette proportion s'accordent assez entre elles. En voici quelques-unes. Nous avons vu que la pièce pesant 1/72 de livre se nommait mi- Uarense {supra ^ p. 81 j, parce que sa valeur était 1/1000 de celle de la livre d'or; ceci n'est pas une particularité propre à cette monnsde, mais un fsdt qui trouve son explication dans les proportions de valeur généralement admises à cette époque entre les métaux précieux; on n'aurait pas inventé une proportion irrationnelle comme celle-là : c'est ce que noua verrons par la suite de plus en plus clairement. Nos renseignements à ce sujet nous viennent de trois différentes sources que l'on peut, il est vrai, toutes ramener à une seule origine, postérieure au règne de Justinien, mais qui cependant parait excel-
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I5â CHAPITRE M.
lenle et digne de mériter la cun fiance. Et tV abord le nom même de cette pièce indique quelle valait le niilliènie de la livre d*or (1), par conséquent T or était à Targetit comme 1 : 13»88t c'est-i-dirc que le sou d'or (aulrenient dit la soixante-douzième parUe de la livre d*or) valait 13 8/9 miliarcnsia, eu 13 8/9 soixante-douzièmes de la livre d'argent* La seconde donnée fixe la valeur du miliai^nse h. 1 3/4 sîliqua des temps postérieurs (3). Getlc siliqua valant 1/2& ou A/D6 du sou, la valeur du miliarense était donc de 7/00 du sou. Par conséquent, l'or était à l'argent comme 1 : 13,71, et le sou d'or valait IS 5/7 miliarensia, La troisième donnée (3) fixe le sou à quatorze miliarensia, les deux pièces étant d'un poids égal, Tor, dans ce cas, était à Targent comme 1 : 14* Il «*est pas facile de déterminer laquelle de ces trois proportions, qui toutes reviennent h peu près au même, est la plus rigoureusement exacte ; cependant la première a pour elle le plus de
{[) Outre Tabaurde ili;rivatlon de militia (cf* f'erfaU des rtim* Afônsvcrsffjis }tf tler Knùeneitj p. Î74 Cl tupri^^ p. S2,(iole I}, il en ftilale deux autre* ndmUsibks au point rJe vue gramcnalical, tnnls bien diiTtirenlecij et tout k h\i incoud fiable* quant aoï faita ; Tune «e trouve dan^ Ica Clossite nomicae na mot juXwtpiîiJOv (Ono, Tfiei.j i. UF, p* 1704)d'apr*9 laquelle le raillaretiw «appelle alnti, parce qu'il équtrutait a ^-J^ de La livre d'or ; la seco^ide^ qmso trouve dati» Lydtifl {de Ment.j JV, 9, s'appuyant, du moins à son dir^, ftur lo tfallti deDaTdanufl,Trtpl[iTaÛIuùv),veuiquelemi7û(rfTïje, alïis[quomi7ïar^^ jtV cûhor^y fFiiU'iV^jtxis porticuti porto ce nom de ce qu*ll comprenait lOtlU obùLci, JHaie, d'après cette derntâreevpLicaliont il faudrait que le miUarenst^, qu^nd même od prendrait Tobole ponr un dt^niei seulementj eut ati moln;! valu un ahji^me de solldus, ce qui ne ae peut pas; IftndiE qu'au funtrairo U promJ^re dérivation s*accorde trOs^blen avec (oua le^i anlrea renseigne menti, t:l qu'elle s'appuie d'al Heure £UT une autorité dea mHlIeurea,
(2) Dans tea gloae» dl^ea {Ghi*(ie nttmicae) au mot ^kï'XXkj (Otto, Iftei,,
t. ui, p, isno
^] IJanaka^lofleficÉtéei lu mot ^(X]9f4aw*,
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