‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 22 sur 232 · BÉOBGANISATION DE LA MONNAIE AU IV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

BÉOBGANISATION DE LA MONNAIE AU IV* SIÈCLE

Traisemblaoce, tant parce qu'elle est basée sur le nom qui a été donné de prime abord à cette pièce d'argent» ensuite parce que c'est la seule qui attribue au mîliarense et au follis d'argent (tn/ra, p. IGÎ, note 2) un rapport simple avec la seule grande unité de compte de cette époque» la livre d'or.

Cette proportion 1 : 13» 88 se trouve presque d'accord avec un décret de 307 qui a passé intégralement dans le Code Justinien (1). Ce décret ordonne d'accepter dans les caisses publiques cinq pièces d'or pour une livre d'argentf ce qui donne une proportion de i : 14» A. Quelques années auparavant l'empereur Julien l'Apostat avait promis à ses soldats cinq pièces d'or et une livre d'argent» c'est-àdire une somme d'une valeur égale en or et en argent (2). EnGn un décret de i22 (8) permettait aux Primipiles de payer au Dax une livre d'argent suivant l'ancien usage ou quatre soud d'or^ à leur choix. 11 en résulte ou bien que la redevance avait été diminuée» ou que le prix de Yiyr étant sujet à varier» il pouvait être avantageux de payer la redevance en argent sur le pied de 1 : 18.

Un denier = i/96 de livre d'argent était = 1 i/i de livre proportion da de cuivre (A)» ce qui donne la proportion de 1 : 120» et rentre à peu près dans les données d'un décret de 396 (5)

(1) Cod. Theod., XIII, 2, 1.= Corf, Ji«/., X, 76, 1.

(2) Aromian. Ifarcell., XX, 4, is.

<3) Cod. Theod., Vlll» 4, 37.

(4) Dans les gIo«es citées an mot ç^Xk : f<iXX(ç oxa^^ èatt yxy6\u)toç xal ^XdvTtov* tkMi Sk dv^vxpia Staxdvia iccvTir(xovta, xwnim X(Tpaç Ttp* naX oOy- Y<ac i(, <iK ^ovttK ixioTOU diQvapCou Vvpav a' xa\ oO^y^ ^T (corriges y). Dans une inseription trouféeen Angleterre {Arehaeoi. Brit, t. XIV, p. 274), il est dit : Ceiadtu oêrarius fecit ei aeramenti lib, donavit fadam H III. Mais dans ces trois deniers se troa?e confondu le salaire de l'oBYrler atee la faletir nétalUque^

(5) Çod. Theod., Xi, 21, 2.= Cod, Just,, X, 2», I.

cnirre.

Î5t> triAnTBE VI,

fixant le prix du cuivre -vis-i-vis de 1 or, pour tes paj^-

ments k faire aux caisses publiques, ii**«ïtftt ï^ncriK B' après les premiers r^'glements, un sou d'or valait vingt-cinq livres de cuivre, et d* après le tarif de JusUiiieiï il n'en valait plus que vingt. Vingt-cinq livres donneni l:i proportion 1 ; ISOO. D après )e décret de 3^7 TorétAildonc à l'argent comme 1 ; lâ,i, et Targent au cuivre coruiue 1 ; 1^5; d'après le tarif de Justinien, la proportion <5tait de i ; 1440, Tor à Targcnt comme 1 : 4A,A, Targent au cuivre oomuie 1 : 100. Si nous comparons ces proportions avec celles du temps de la République, où l'or était ùl l'argent comme 1 ; 11, Ot, Targent au cuivre comme 1 : 250, nous voyons que l'argent avait singulièrement baissé de valeur, ce qu il faudra attribuer au fait, que du temps de la République, l'argent était le métal presque exclusivement employé dans la fabrication des monnaies, tandis qu'à Tèpoque dont il est ici question, les monnaies d'argent circulaient en Irès-petile quantité.

Il est vraisemblable que Dioclétien et fconsuintin ayant trouvé ces proportions établies, tes ont conservées comaie base de leur nouveau système monétaire-

Nous savons positivement que aous le règne de Coiiatantio tous les payements en monnaie d'or se faisaient au poids, et d* autre part qu on acceptait en payement et au poids le,^ lingots d'or régulièrement contrôlés (1). Le gouvernement avait fabriqué eî déposé dans les principales villes des étalons particuliers, pour faciliter le contrôle du

(I) Ué^ra de CmiaLinUn de Tan 3î5 {Cwf. Ueod., \U, 7, 1; cf. \JJ, fl^ î ; en nl>n*gc Cad. Jujff,^ X» 7 I, \) i Si qiUs sttftHits oppraderc vot^erit mûri coctty ^^ttivi (corrigea scx) roUdos quaternorum fcnipuiorurn noMfr/#

vuUibus /ifjuratos aftpeattiU i^tq tingtilix unciis, tHdcmraiiojtc itrtmtJê

€t $i TTtnifriaJti quis infrraf, ^d toitttox dctUac tUiftitur.

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poids des pièces à* or (exagiaêolidi) (1), et des employés spéciaux devaient procéder à ce contrôle sur la deinande des particuliers (2). Ainsi se trouve expliquée rémission si nombreuse de pièces d'or valant plusieurs multiples de sous.

Si Tusage de la balance n'avait pas été alors générale* ment admis, ces pièces eussent certainement occasionné de grands embarras dans le commerce* Ceci nous explique aussi Yimmuabilitè de la pièce d'or qui^ dans un état comme l'empire Bysantin, pourrait paraître extraordinaire, si les pièces d'or eussent été une monnaie dans le strict sens du mou Mais cette monnaie, dans ces circonstances sin* gulières, était plutôt ^noAdalîve que dUpaitiDe; personne n'était obligé de l'accepter pour la valeur nominale, ce qui était le plus sûr moyen de mettre un terme à toutes les réductions, puisque le pesage une fois admis, l'abaissement de poids ne pouvait profiter à l'Éiat ; le type frappé sur les monnaies n'était plus qu'une espèce de contrôle exercé sur la qualité du métal, et on en était revenu, par la force des choses, au système primitif, où l'on mettait une marque sur les barres de cuivre {voy. t. L p. 177 et 178).

Ce n'était cependant pas rétrograder ; il est de toute im« possibilité qu'une monnaie conserve toujours et dans tous les pays une valeur immuable. On doit en arriver tôt ou

(1) Nov. Valetd., Ilf. tit. XIV, §2.-^ Major. /i7.. Vil, g t&.— Eekhel, XXxrf. num. vet., U Vni> p. 511. — Mariol, Arv., p. 228. Dans ces ordonnancrs, on mentionne sooTent le poids et le nombre des pièces d'or qol y correspond, par exemple : // sol, XU, c'est-à-dire deui onces on doaze pièces d'or,

(2) Décret de Julien, de Fan 363 (Cod, Theod., XII, 7, 2. = Cod. JusL, X

71, S) : emptio vetufitioque solidorum tanquam levés eos vel defnles

nonnutlis repudiantibus impediiur; ideoque placet per singulat civitalrs

tonslitui zygostaten, ut,,.» ad ejus arbitrîum si qua .... in solidit

exoria fuerit contentio dirimalur.

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(artl \k où les Romains* eti étaient alors venus, c'est-à-dire à démonétiser les monnaies et i\ les considérer seulement comme métaux précieux: caries particuliers i-eprennent le droit de ne plus accepter Ic3 monnaies, quand elles n'ont pas le poids et le titre fixés par la îoi.

Le moDDayage de l'argent, depuis Dioclélien jusqu'à Julien r Apostat, olïre les mêmes caractères que le monnayage de Tor depuis Constantin* ^imis y voyons aussi cette grande variété de pièces, tt en môme temps cette grande inégalité de poids, qui auraient rendu les EraiH sactions des plus dîilicîles, si Ton n'admettait pas l'usage de la balance pour obvier ^àct:â inconvénients. En elTet, on ne donnait pas aux monnaies un poids exact, ce qui fait que souvent on rencontre des pièces d'un poids trop élevé (mpra^ p» 72 et 73) ; mais si toutes les pièces étaient prises aupoids et en masse, ces diiïérences n'avaient pas d'importance. A cette époque on ne rencontre plus de pièces fourrées [supra^ p. Ï>1), Enfin les proportions irrationnelles dei pièces d'argent entre elles et vis-à-vis des pièces d'or ordinaires, comme nous les avons constatées, c'est-àdire entre les pièces de \/7*2 et 1/06 d'argent, aussi bien qu'entre les pièces de 1/72 d'argent et le sou d'or, tout cela n'a plus d'inconvénient, les monnaies n'étaut reçues et admises qu'au poids.

Aussi lorsque Dioclétien reprit le monnayage de l'argent sur le pied fixé par Néron, il n'essaya certainement pas de rétablir Tancienne proportion de vingt-cinq deniers pour un aureus (1), ni une autre proportion stable quelconque^

(I) Cctie propi^rllon ne serait pua Impossible pur ellc-mémiï; car tn pl^M rfur correspondant h ÎS dert^ci s de N^ron ou de Diodel ien, félon lu propt>rlÉon du J : i4,i, devrait p^ser environ â^'^D^ {it. tupm, p. 03, noie i). Mal a nul lém:ijgrtni;fi ne le prouve, et l't'lâl f:onoriil dt's (Jiofi^ï b\ oppoa^

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ce qui aurait été impossible, à cause des variations continuelles dans le poids de son aureus, mais il se contenta de fixer légalement la proportion de la livre â*or à la livre d'argent (1 : 13,88) et de faire frapper les nouvelles pièces de quatre-vingt-seize à la livre. D'aprëe cette donnée, 1333 et 1/3 de ces pièces valaient donc une livre d'or, et 18 lik/27 valaient un sou de Constantin. De cette façon, la monnaie d'argent a subsisté pendant quelque temps à côté de la monnaie d*or, comme dans les premiers temps de VEmpire, sans privilège pour aucun des deux métaux émis tous deux à leur valeur intrinsèque. II en résulte que la valeur originaire du miliarense peut servir, ainsi que nous l'avons fait, à lixer la valeur relative des mélmix non monnayés.

On peut considérer la création de cette pièce comme le premier pas fait pour donner à Tor le premier rang et pour régler la monnaie d'argent d'après le système de For. En effet, en fixant le miliarense à un millième de la livre d'or, ou à 1/1 A du sou d'or ^ce qui revient exactement au même) v l'indépendance de la monnaie d'argent disparaît complètement ; cette monnaie ne représente plus qu'une fraction de la monnaie d'or. Ce système atteignit ses dernières conséquences sous le règne de Julien. Le monnayage d'argent inauguré sous son règne présente un caractère tout à fait différent de celui de l'époque de Dioclétien et de Constantin. Les pièces se simplifient, les plus gran* des disparaissent; on ne voit plus de pièces d'argent pesant un peu plus que leur poids légal, et l'abaissement du poids effectif suit une marche lente mais pro« gressive, ce qui indique assez que la monnaie d'argent ne sera bientôt plus considérée que comme une monnaie d'appoint. De plus, ce qui est un symptôme frappant, nou«

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voyons que la petite pièce d'argent, dorénavant la pltu usuelle, se nomme siliqua auri ; son poids légal est de. la moitié du miliarense, mais elle est taxée au l/2i du sou au lieu du 1/28. D'une part ce rapport vis-à-vis du sou d'or devient plue simple, de l'autre sa nouvelle proportion de 1 : 12, lui donne une valeur évidemment supérieure à sa valeur intrinsèque ; deux choses qui doivent se trouver toujours réunies dans des monnaies d'appoint régulièrement et judicieusement fabriquées. Le cai*actëre de la réforme monétaire de Constance II et de Julien, en 360, est donc le changement de la monnaie d'argent, de monnaie réelle ayant eu le premier rang, en monnaie secondaire ou de compte, ayant une valeur (du moins en partie) conventionnelle.

La pièce d'argent qui sous Dioclétien était, vis-à-vis de la pièce d'or, dans la même position que sous la République et les premiers empereurs, n'a plus sous Julien qu'une po« sition analogue à celle de la couronne chargent vis-à-vis des iouverains d'or dans le système monétaire de l'Angleterre. Ged ne s'applique ni aux lingots ni aux médaillons d'argent, destinés à être distribués dans les fêtes publiques et que l'on peut considérer plutôt comme des lingots ou des objets précieux, que comme de l'argent monnayé. L'usage de compter en livres d'argent se conserva encore longtemps. On n'échangeiût pas toujours facilement de l'argent au poids pour de l'or, mais on acceptait toujours de l'or en échange de l'argent.

Enfin, pour ce qui regarde le cuivre, on en était revenu au système du pesage, en ce sens que les livraisons en cuivre qui devaient être faites au trésor pouvaient être rachetées dans les proportions que nous avons indiquées plus haut. Le nouveau système n'atteignit pas le cuivre

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