LES DIVERSES MANIÈRES DE COMPTER
Enfin on eut la bourse de cuivre monnayé; sous ce nom on do?t entendre à l'époque de Constantin le follis qui foih». fut pendant longtemps la grande unité de compte (1), mais on ne sait pas au juste combien cette bourse contenait de pièces, et quelle était sa valeur en argent : il est probable qu'elle répondait à 25 anciens deniers ou à un quart de mine (26/96 de livre; d'argent (2).
p. 165, note 4, et également St. Épiphane (sub flu.). Cf. en même lemps Saiiniaise, ndv. Cercoèt., p. 104, et Gronov , de Pec, vet., p. 375.
(1) Ce grand follis se rencontre dans des décrets de 315 et 320 [Cod, Theod., XI, 3G, 2 et 3}, qui imposent une amende de 30 folies à ceux qui preéentuient une demandH en appel dans certains cas où ( lie f'tait interdite, et dans uo autre de 328 (Cod, Theod., XIV, 24, 1), où le prix d'achat d'une patente donnant droit à ouvrir une boutique pour le commerce de l'huile est fixé à 20 folles, ainsi que dans une lettre de Constantin (*% citée par Ëusèbe {Hist, eccles., X, h), dans laquelle il donne 3^000 foUes k réglise de Carthage ; de plus dans les actes de St. Victor (Annex. ad Optât. Miievit.) de l'an 320, dan? une inscription de 338, qui mentionne un présent de 1000 folles fait à la commune [ïnscript. regni Neapol.j n" 5792) et dans quelques épitaphes qui Imposent à celui qui détruit ou détériore un tombeau des amendes de 600 (Muratori, p. 815, 1 et p. 816, 4) ou de 1000 foUes {Inscript, regni NeapoL, n" 207); enfin, dans la biographie d'Élagabalc, où Lampride(XXII) dit: centum aureos et mille argenteos et centum folies aeris. Les expreusions de folies denariorum dans les deux in^JcripUons de Muratori et folles aeris chez le biographe, prouvent qu'il s'agit ('e monnaie^ de cuivre; d'ailleurs, le nom de bourse, si la bourse or.Jinairo n'avait pas consisté en monnaies de cuivre, n'aurait pas pu ctre appliqué de préférence à une pièce de ce métal. Quant à l'époque de l'émission du grand follis, tontes les mentions dont il est possible de fixer la date tombent entre les années 315 et 338.
(2) Ce que prouvent principalement les amendes de 600 et 1000 folles citées dans la note précédente, et auxquelles étaient condamnés ceux qui détérioraient les tombeaux. Des peines pécuniaires semblables de 60,000 et 100,000 sesterces se trouvent souvent mentionnées^ maison n'en rencontre pas de plus élevées. Les 30 livres d'argent citées dans le Code Théodosien (XI, 36, 5) n'ont pas nécessairement valu autant que les 30 /olles des décrets anciens.
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Pour les monnaies d'or et d'argent on comptait en solidi pesant 1/72 de livre; en miliarensia = 1/1000 de la livre après Constantin , et 1/86A après Héraclius ; en siliquae valant 1/1728 de la livre d'or et en argentei minululi de 96 à la livre d'argent. Nous en avons suffisamment parlé plus haut ; mais ce qui reste obscur, c'est à savoir si la demû^iliqua a pu se nommer decargyrus et si l'on a eu raison d'identifier ces deux dénominations {supra, p. 83 et 84) . Les comptes en monnaies de cuivre offrent souvent de grandes difficultés, surtout à l'époque de Dioctétien et de Constantin. D'après ce que nous avons vu plus haut, il est presque certain ou du moins vi'aisemblablc que la principale monnaie de cuivre, celle du plus fort module et la plus répandue, se nommait follis ou pemnia majorina, que la plus petite était le nummus centenionalis ; la petite unité de compte était le denarius de cuivre ou nummus, et il en fallait 21 pour faire un follis monnayé. Il y avait aussi à cette époque des monnaies de billon sur lesquelles on voit le signe XI ir, 12 1/2 (supra, p. 88), mais jusqu'à présent on n'est point parvenu à déterminer la valeur conventionnelle et relative de ces diverses monnaies entre elles et surtout par rapport à l'or et à l'argent. . Au cinquième et au sixième siècle, nous pouvons apprécier avec beaucoup plus de clarté la différence qui existait alors dans le cours du change pour l'or et pour l'argent d'une part, et pour le cuivre de l'autre. La pièce d'or fut, sans aucun doute par assimilation au talent grec, évaluée à six mille deniers. Cassiodore (1) le dit expressément et
(1) Var», l, 12 isex milia denariorum (vetercs) soiidumesse voluermt. Ce qu'Hésychius remarque (sub Terb. xoSpdvnQç) sur le talent de 6000 Xcictâ, se rapporte peut-être seulement à celui d'Athèues de GOOO drachmes ; car
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sur le cuivre.