‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 31 sur 232 · AT. J. C · texte numérisé non relu

AT. J. C

189 ar. J.-C.

189 ar. J.-C.

[Od peut comparer ce que Cb. Lenormant a dit de cette légende dam l'/ntroduct, à r Élite des monum. céramograph,, 1. 1, p. XLVUI et lulv.— iievue numtsm,,- 1844, p. 252.] J. W.

(15) Voy. ce qui a été dit (t l,p,ZS9,Ânnexe K) Bor les monnaies de coffre de Firmom avec la légende FIR, qui ne sont connues que depuis peu de temps.

(16) 11 n'y a pas de doute que la colonie dont TenToi dans le territoire de Thurium (in Thurimm agrum) fut décrété en 560 (T. Liy., XXXIV, 53) ne soit la même que celle qui fut envoyée en 561 à la forteresse de Frentinum (i« castrum FrerUinum) (T. Li?., XXXV, 9), et qu'on y doive reconnaître Copia (Madvig, Oputc,, t. I, p. 301, note). Castrwn Frentinum doit être, un village, du reste inconnu, dans le voisinage de Thurium.

(17) Peut-être la colonie ne fut-elle que renouvelée en 565 (T. Liv., XXXIV, 53; XXXV, 40), puisque Vellélus Paterculus (I, 14) place la fondation de Valentia en 515.

Obtenrattons sar

1« tableau

précédent.

«68 aT. J.-C.

Ce tableau montre d'abord la difTérence remarquable qui existait entre les droits monétaires des colonies fondées avant A86 et celles qui le furent après cette année. Les premières jouissaient en fait d'une autonomie entière et en exerçaient les droits aussi complètement que Rome même. Dans la Gampanie et la Lucanie les monnaies coloniales de Gales, Suessa, Gosa, Paestum étaient fabriquées d'après l'usage et le système campanien ; la seule différence entre les statères d'argent ou les litres de cuivre de ces villes et les pièces analogues de Naples et de Nuceria consiste dans l'emploi de la langue latine pour les légendes. La colonie samnite de Saticula semble avoir suivi l'usage samnite et n'a pas battu monnaie.

S'il n'a pas été possible jusqu'ici de déterminer quelles étaient les monnaies particulières des colonies latines fondées chez les Volsques et les Rutules, telles que Pontiae, Interamna Lirinas, Sora (?), Fregellae, Girceii, Setia, Morba, Gora, Signia, Ardea et Garseoli, dans le pays des Èques, Albe, dans le pays des Marses, Namia, en Ombrie,

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COLONIES LATINES. iSO

Sutrium et Népété, dansFÉtnirie méridionale et généralement dans le pays dont la monnaie nationale était de cuivre {aes gravé) , ce n'est point parce qu'elles n'en ont pas frappé, mais parce que ces pièces étant anépigraphes, leur classification offre de grandes difficultés. Gomment supposer en effet que les colonies de Tltalie centrale n'aient pas joui des mêmes droits que celles de l'Italie méridionale, et que des colonies situées au milieu de peuples où Yaes grave était en usage, comme Gora, Signia et Albe, n'aient frappé que de la monnaie d'argent? C'est au contraire, suivant toute apparence, à ces colonies latines qu'il faut attribuer en grande partie ce monnayage si complet et si varié. Des villes comme Ardea et Fregellae peuvent bien en effet avoir eu des monnaies du système libral, plus longtemps et en plus grand nombre que Rome même (t. I, p. 185).

La similitude entre cette monnaie pesante et celle de Rome ne vient pas de l'ingérence immédiate de Rome dans les affaires particulières des petits États du Latium, mais plutôt de l'affinité de leurs lois, de leur langue, de leurs mœurs, avec celles des Romains; cette ressemblance générale n'exclut cependant pas certaines différences notables. Ainsi l'on voit dans les séries latines le dupondius et la demi-once qui manquent dans Yaes grave romain. Le poids légal des as diffère aussi quelquefois de celui de Rome. Il existe des monnaies d'argent de Signia, d'Albe et peut-être de Gora, remontant à une époque où Rome n'en fabriquait pas encore ; c'est là une nouvelle preuve de l'indépendance monétaire des colonies. On comprend aisément que la mère patrie exerçait une influence plus directe sur les colonies de Luceria, Hatria, Yenusia et sur toutes celles qui étaient situées dans ritalie orientale; on en voit tout particulière-

DUBcolté de classer les

moxiiudes anëpigrapbes.

ProbabUltë des ettrilm tiens.

Bessemblanoe de

Vûês çrafH des Buts indépendants aree celai de Rome, canse de cette ressemblance et rariations.

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ment l'efifet dans la monnaie pesante de Venusia, ville qui par sa position géographique se trouvait en dehors du pays où Yaes grate était pour ainsi dire la monnaie nationale. L'Apulie était un pays comme le Samnium, à peu près dépourvu de monnaies locales et placé par son commerce sous la double influence de l'halie centrale et de Tarente. Aussi il fut plus facile à ces colonies qu'à celles de la Campanie de se conformer aux usages de Rome. Toutefois, elles aussi firent pour ainsi dire acte d'autonomie en adoptant le système décimal avec le quincunx et les poids plus forts de la série d*Hati*ia.

conciofion j^gg colouies latlucs jouissaient donc de droits monétaires

do ce qui précède.

paifaitement indépendants, elles émettaient des monnaies de tout métal ; souvent même elles subissaient en cela plutôt rinfluence de leurs voisins que celle de la mère patrie, dont elles ne conservaient pour ainsi dire que la langue. Cette autonomie monétaire découle parfaitement de la position d'alliés égaux en droits que Rome leur avait originairement garantie.

Affmblissemeut de rautonomie.

Les monnaies vont nous montrer également comment cette égalité de droits politiques devint peu à peu illusoire et comment les colonies romaines furent définitivement réduites à devenir simplement des villes assujetties à la mère patrie. Des douze colonies jouissant du droit latin iM »T. j.^. fondées en 486 ou depuis cette époque, cinq situées dans ritalie septentrionale, Spolète, Bologne, Plaisance, Crémone, Aquilée, n'ont jamais battu monnaie (1) ; les sept

(1) Comme à celte époque il étail déjà généralement d'asage de frapper

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COLONIES LâTlMES. iOl

autres n'ont pas de monnaie d'argent et n'ont émis que du bronze, quoique cinq d'entie elles, Bénévent, Aesernia, Brundisium» Copia et Valentia, fussent situées dans un pays où la monnaie d'argent avait été en usage de tout temps.

Quand on considère d'une part que les premiers deniers uann^e 486, d'argent des Romains sont de l'année 486 (t. II. p. 28 t^^JL* dL'^dîTu ei 29) et que précisément les colonies fondées depuis cette monétairet. époque, comme Âriminum, ou les douze dernières colonies latines» ont une position moins avantageuse que les autres, on doit en conclure qu'à dater de cette année on n'accorda à ces colonies que des droits monétaires plus restreints et qu'en particulier il leur fut interdit de fabriquer de la monnaie d'argent.

Ici se place la question de savoir si le gouvernement l« rMtHctioii romain, en créant par une grande réforme monétaire le noâveilw^ûî^ics sesterce et l'astiiental ou de quatre onces, frappa d'une •'^tendauMi

AUX ftocicDiies*

restriction des droits monétaires seulement les nouvelles colonies, ou bien s'il donna à cette mesure un effet rétroactif qui atteignit les anciennes colonies pour retirer à celles-ci le droit de fabriquer de la monnaie d'argent. Cette dernière hypothèse est la plus probable ; donc les ateliers monétaires de Cora, Albe, Signia, Calés, Suessa, Paestum auraient été forcés de suspendre l'émission de la monnaie d argent à partir de l'an A86. Kn effet il n'existe de ces villes aucune monnaie d'argent frappée sur le pied de la monnaie romaine ou daprès un système analogue, ce qui serait inexplicable si le monnayage d'argent autonome y avait été conservé après la première émission du denier,

les moDuaies et d'y mettre uoe légende, on ne peui pas dire de ces villet que leurs monnaies se trouvent confondues avec les grosses pièces de bronxe de Vaes grave qui n'ont pas de légendes.

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I9t GHAPlfRE 1.

d'autant plus quon voit Luceria frapper de la petite monnaie d'argent et des victoriats, mais portant les types et le nom de Rome. La paléographie des légendes et particulièrement la forme du génitif eu o que Ton remarque sur les monnaies de ces villes appartiennent au y* et non au vi* siècle; on pourrait, il est vrai, supposer que ces formes ont été conservées par archaïsme comme sur le bronze, mais on ne les voit jamais associées sur l'argent à aucune locution, à aucun signe monétaire plus récent. Cette suppression explique aussi pourquoi nous possédons un assez grand nombre de statères de Gales, un peu moins de Suessa, quelques-uns seulement de Paestum, pas un seul jusqu'ici de Gosa (1). C'est évidemment parce que Gales commença

884,818,378 à battre delà monnaie d'argent en A20, Suessa en AAl, av. j.-c. Paestum et Gosa en 481 et que toutes ces villes cessèrent

268 av. J.-c. en 486. Enfin il est évident que cette mesure n'ayant été adoptée que pour centraliser à Rome le monnayage d'argent, il n'aurait pas suffi de refuser aux nouvelles colonies le droit illimité de battre monnaie ; il fallait de toute nécessité, pour la rendre complète, restreindre les privilèges anciennement concédés.

u TMtrJctïon 11 est probable que cette restriction ne s'est pas bornée à °* w^exMt^" 1^ monnaie d'argent. De ces douze colonies dont nous avons

k vargent, parlé, Ics dcux dIus anciennes, Ariminumet Firmum,ont

elle atteint atistl r » r » »

le bronze. scuIes coutinué, grâcc à leur position spéciale, à émettre de la monnaie pesante, mais en petite quantité. Les pièces de cuivre d'Ariminum sont rares, et l'on n'en connaît que cinq de Firmum; de toutesles villes qui fabriquaient auparavant en grande quantité des pièces coulées, d'après l'ancien sys-

(1) SI Ton no tient pas compte du statère jusqu'ici uoique avec la légende CORANO (t. I, p. 259).

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GOLOIflES LATINES. 193

lëme, Tuder, Luceria et Yenusia sont les seules qui aient adopté la réduction de l'as à quatre onces, ce qui reste fort difficile à expliquer, même en admettant que Tabolition de l'as libral à Rome n'ait pas eu pour conséquence légale et inévitable une mesure du même genre dans les colonies latines.

Il est assez vraisemblable que vers Tan &90 tous les ateliers monétaires de F Italie centrale furent fermés, et que Rome, non contente de se réserver la monnaie d'argent, enleva aux différentes villes de ce pays toute espèce de droit monétaire. Moins sévère à l'égard du midi, elle y laissa subsister encore quelque temps ce qu'elle supprimait plus près d'elle; et la raison en est toute simple: dans le centre de Tltalie il n'existait au fond pas de monnaie d'argent avant i86 ; celle de cuivre suivait le même système et avait les mêmes subdivisions que la monnaie qu'on coulait à Rome ; il était donc facile et il devait être avantageux d'y établir tout de suite le système monétaire romain. Dans le reste de l'Italie, au contraire, plusieurs systèmes étaient en présence, et le système décimal , qui leur était propre, avait même envahi les as ; il n'était donc pas facile de faire disparaître les anciennes monnaies ni de remplacer par la nouvelle monnaie romaine celle qui existait auparavant. De plus l'autonomie des colonies latines n'était pas encore tout à fait un vain mot ; la fabrication de l'argent y fut donc seule entièrement interdite ; la monnaie de cuivre leur resta, et ce n'est qu'avec quelques restrictions et petit à petit qu'elle fut réformée, d'après le système en usage à Rome.

Sur les douze colonies latines jouissant seulement du droit restreint, cinq appartiennent à la contrée où le système des onces était originairement inconnu. A Rénévent et à Aersemia, qui sont les deux plus anciennes, les bronzes

264 ar. J.-o

S68 ây. J.-C

Colonies

qui conservèrent

des droits

restreints

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ne portent aucun des signes onciaux, tandis que les trois plus récentes, Brundisium, Copia, Yalentia, avaient déjà complètement adopté le système des monnaies romaines. A Paestum, où Ton avait d'abord suivi le système campanien pour les pièces de bronze, on abandonna ensuite ce système pour adopter celui de Rome ; les plus récentes portent toutes des indications onciales.

Autre restriction Les colouics citéos plus haut adoptèrcut donc successive -

Imposée

à la fabrication de mcnt les as d'uue livre, de quatre onces et d'une once, à

]n monnaie *

dînriM'^'wioïiM l'™itation de Rome ; il n'en fut pas de même pour la série fiiTorisifes. semi-onciale. Les colonies de Copia, de Valentia, fondées

198 et i89av. J.-C. eu 561 ct 565, n'ont jamais eu d'autres as que des as d'une demi-once -, c'est donc vers le milieu du sixième siècle que l'usage s'en établit hors de Rome, et l'on peut admettre que les ateliers monétaires coloniaux, encore en activité à cette date, furent obligés de l'adopter tous à la fois et sans exception ; à la même époque Rome avait des as. d'une once et elle n'adopta le système semi-oncial qu'au moment de la Guerre Sociale, de sorte que Tas semi-oncial des provinces du sud de l'Italie est d'environ un siècle plus ancien que celui de Rome. 11 fut adopté à Rome quand on cessa de le fabriquer dans les colonies. Nous voyons le même fait se produire en Sicile. Les as siciliens, frappés à l'époque où ceux d'Italie pesaient une demi-once, ne pèsent qu'un quart d'once. Il est donc probable que les villes qui suivirent le système monétaire romain devaient avoir des as plus légers que ceux de Rome, pour que l'on distinguât plus aisément les as municipaux, destinés uniquement à l'usage de la ville ou de la province, des as frappés dans la capitale et destinés à circuler dans toute l'étendue du territoire de la République. Une autre restriction atteignit même l'émission des as.

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COLONIES LATINES. f95

Il existe des as d'une livre d'Arirainum, il en existe d'une livre et de quatre onces fabriqués à Luceria et à Venusia, d'une demi-once, à Copia et à Valentia-, et si dans Torigine les as ne sont pas partout nombreux, comme nous l'avons vu, il faut moins l'attribuer à une mesure légale qu'à Féloignement des peuples de l'Italie méridionale pour le système duodécimal, éloignement qui leur avait fait préférer le dextans à l'as (t. I, p. 247).

Si donc Venusia, Brundisium et Paestum, qui ont frappé des semis et avaient par conséquent adopté le système duodécimal, n'ont plus émis d'as depuis qu'elles eurent accepté le système semi-oncial, c'est que probablement la fabrication de Tas avait été nouvellement interdite aux villes alliées.

Ainsi, en 486, le monnayage d'argent fut interdit à toutes conclusion, les colonies, et peu après Rome réserva pour la capitale la fabrication des monnaies pour toute l'Italie centrale ^ et enfin, dans le reste de la Péninsule, le système des as fut imposé aux contrées qui jusqu'alors avaient eu de la monnaie d'argent; on enjoignit aux alliés qui conservaient encore quelques droits monétaires de fabriquer de la monnaie plus légère que celle de Rome, et l'on finit même par leur interdire d'émettre des as.

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