‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 32 sur 232 · DROITS MONÉTAIRES DES VILLES OU ÉTATS INDÉPENDANTS DE L'ITALIE · texte numérisé non relu

DROITS MONÉTAIRES DES VILLES OU ÉTATS INDÉPENDANTS DE L'ITALIE

Les États de l'Italie, tant qu'ils conservèrent leur autoDomie, peuvent être considérés comme ayant formé une confédération dont Rome était la tête et le centre ; ils étaient traités, en général, sur le même pied que les colonies DcM catégories latincs. Ou peut distinguer parmi eux deux catégories qui de yiiiM ont été ^^^ ^^^ particulièrement favorisées : les villes latines non

partlcnlfèrement ^

fiivorisëea colonisées et les villes maritimes d'origine grecque ; les "^'^ww^Rome"'^'' premières, en petit nombre, sont celles qui, appartenant de tout temps à la confédération latine, conservèrent leurs droits de cité intacts jusqu'à la Guerre Sociale, comme Droit d'exil. Tibur et Préneste. Le droit d'exil dont elles jouissaient (1) (c'est-à-dire l'impossibilité pour leurs habitants d'être en même temps citoyens de deux villes, de sorte qu'un Romain, devenu citoyen de Préneste, cessait d'être Romain et vice versa) prouve que Rome traitait d'égal à égal avec elles ; ce droit n'existait pas pour les colonies latines, ou du moins rien n'indique qu'elles en aient joui.

(1) Ceci est constaté quant à Tibur et Préneste par Polybe (VI, 14) et par TUc-Live (XLIII, 2). — Cf. Cic. pro Balbo, XXIJI, 53. - T.-LIv., XXIlI, 17. — Appian. Bell, civ,, l, 65), d'où l'on peut conclure que ces deux villes restèrent confédérées Jusqu'à la Guerre Sociale.

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On peut compter également au nombre des États latins Aiué» latim ou ceux qui, sans être d'origine latine, avaient fait des traités ^^^^'^J^uti^?'** d'alliance avantageux avec Rome, et avaient obtenu l'autorisation de se servir de la langue latine ; on le peut avec d* autant plus de raison que la distinction entre les alliés latins et les autres alliés, était plutôt une distinction de fait qu'une question de droit ou de nationalité. C'est dans ce sens que Ferentinum dans le pays des Berniques, Aietrium et Verulae, qui renouvelèrent en 448 leur traité avec sMtT. j.c. Rome dans des circonstances avantageuses , obtinrent en 559 les droits d'alliés latins (1); les monnaies peuvent mir.j.-c. faire supposer qu'Aquinum, Teanum Sidicinum et d'autres villes au raidi du Latium ou dans le nord de la Gampanie, se trouvaient dans la même position avant la Guerre Sociale.

La seconde catégorie de Gonfédérés italiens est plus viues maritimes, nombreuse et plus importante; elle comprend toutes les villes grecques du littoral ; leurs privilèges consistaient à être exemptées de contribuer au recrutement des légions ; elles fournissaient en échange un contingent de vaisseaux et de matelots pour la flotte romaine (2) ; quelques-unes

(1) T.-Liv., IX, 43; XXXIV, 42.

(2) Naple», Polyb., I, 20— T.-Liv., XXXV, 16; XXXVF, 42. —Cf. T.-Liv., VIU, 28. — Vélla, Polyb., I, 80. — T.-Llv., XXVF, 39. — Tarente, Polyb., I, 20. - T.-LlT.. XXXV. 16. — Locrea, Polyb., 1, 20 ; XIF, S. — T.-Llv., XXXVI, 42; XLII, 48. - Rhegiom, T.-Llv., XXVL »9; XXXV, 16; XXXVJ, 42; XLII, 48. — Me^sana, CIc. in Verr,, IV, 9, 21 et 67, 160; V, 19, 50 et 23, 69. - En ootre, la ville des Sallentins Uria (T.-Liv., XLU. 48) et la colonie latine de Paestum (T.-Llv., XXVI, 39) fournissaient des vafsseaox. — Il est probable, quoique ceci ne soit pas certifié par des témo^ gnages anciens, que Nuceria, qui sans doute doit être comptée parmi les villes maritimes, et Héradée avaient la même obligation, parce qu'il est dit que leur traité de confédération était considéré comme trèi-avantageui.

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jouissaient aussi du droit d*exil (1) ; leur position était tellement avantageuse que la plupart restèrent fidèles aux Romains pendant la guerre d'Annibal (2). Quelques-unes hésitèrent même à échanger leur position d'alliées contre les droits complets de citoyens romains qui leur furent offerts à l'époque de la Guerre Sociale (3) ; on doit ranger 826. 27Î 378 et 264 ^^^^ cotto catégorfe Naplos (depuis 428) , Nuceria Alfaterna, ET. j.-c. véiia, Tarente (depuis 482), Héraclée (depuis 476) , Locres, Rhegium et Messine (depuis 490), car cette dernière ville, quoique située en Sicile, faisait également partie de la Confédération italienne (4)^ peut-être Grotone, Thuriura, Métaponte et quelques autres villes maritimes. Autres ville» Nous savous pou de choses sur la position légale des

confédéréei. autros Éuits do la Gonfédération italienne, mais il est probable qu'ils avaient conclu des traités avantageux. Nous ne citerons que les villes suivantes dont les monnaies sont parvenues jusqu'à nous : Iguvium (5),TeanumSidicinum(6),

(1) Naples, Polyb., VI, 14. — T.-Liv., XXÎX, 2!. Le passage de Cicéron (pro SuliOf y, 17) ne peut être aUégué ici, car quand Sylla fut condamné pour corruption électorale (ambitus), Texil n'était pas encore la peine infligée pour ce délit — Nuceria^ Cic, pro Balbo, XI, 28. — Il en est de même pour les villes confédérées situées hors de l'Italie qui Jouissaient du droit le plus étendu comme Massalla, Tarraco, Smyme, Dyrrhachium et d'autres.

(2) Voy, notre HisU rom., 1. 1, p. 387, 394 et 776 ; Irad. fr., l. II, p. 233, 243; t. IV, p. 67 et suiv.

(3) Naples et Héraclée, Clcero, pro Balboy \IU, 21.

(4) Voy. notre Hist. rom., t. 1, p. 486; trad. fr., t. lit, p. 44.

(5) Cic, pro Balbo, XX, 46 et 47, où Toratenr romain donne non-seulement à Camerinum, dont le traité avantageux est plusieurs fois menUonné (T.- Liv., IX, 36; XXVIII, 45), mais aussi à Iguvium le titre de cité très-unie et trèâ-amie : conjunctissima atque amicissima civitas,

(6) Dans la guerre entre Annibal et Rome, Teanum est la principale place d'armes des Romains dans la Campanie. T.-Liv., XXII, 57 ; XXUI, 24 ; XXVI, 14.

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Nola (1) et Petelia; cette dernière, située dans le Bruttium,

fut spécialement favorisée et reçut beaucoup de privilèges

en compensation de ce qu'elle avait souffert lorsqu'elle fut

assiégée par Annibal, en 536 ; les autres villes du Bruttium, tis %r. j. c.

au contraire, furent sévèrement punies par les Romains

pour avoir pris le parti des Carthaginois (2) ; ce fut le sort

d'un grand nombre de villes : Tarente perdit ses droits de

cité (3), et les Bruttiens furent traités avec encore plus

de rigueur (4) .

Il n'est pas toujours facile de déterminer avec certitude uur po.inon quelle était l'organisation monétaire des villes confédérées; »"on<5t*'rc. cela vient de ce qu*il est souvent difficile de distinguer les monnaies frappées dans ces villes, avant qu elles eussent contracté avec Rome une alliance perpétuelle, de celles qui le furent après ; cependant ce que nous avons dit des colonies latines peut, suivant toute apparence, s'appliquer également aux autres alliés.

Il n'existe pas une seule pièce d'argent frappée par un Monnaie d'argent. État allié de Rome qui appartienne au système romain ; nous avons prouvé (t. I, p. 219 et note 3) que les pièces de Populonia ne peuvent pas s'y rattacher. Gomment expliquer cette absence totale autrement que par une disposition législative spéciale qui en interdisait l'emploi? Surtout quand on considère la promptitude avec laquelle les provinces conquises, l'Espagne par exemple, imitèrent les deniers romains, et l'empressement que mirent à

(1) Nola se yante déjà dans la guerre d'Annibal de son amitié de longue date avec Rome (T.-Uv., XXIII^ 44) ; cette alliance datait probablement déjà

de ran 441 (T.-Llv., IX, 28). 5i3 »^, j. c.

(2) Cf. Appian., Hann., 29 et 67.

(3) Slrab., VI. 3» 4. - Cf. T.-Llv., XXVll, 21 et 25.

(4) Cato, op., A. Gell., X. 3

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90 ar. j..a battre monnaie les insurgés de la Guerre Sociale en 66A, et à usurper ainsi tous les droits de la souversdneté au nom du nouvel État italien, on ne peut plus mettre en doute cette législation particulière qui en avait interdit l'émission régulière : le gouvernement romain ne reconnaissait pas la monnaie frappée pendant la Guerre Sociale, et les insurgés, de leur côté, repoussaient la monnaie de Rome; on n'a trouvé aucune pièce îtaliote dans les dépôts de deniers romains, excepté deux dans celui de Montecodruzzo (1). Mais, en revanche, un trésor découvert dans le Samnium à Campobasso (2) ne contenait que des deniers frappés par les insurgés.

On ne trouve jamais de pièces d'argent campaniennes ou de la Grande Grèce enfouies avec des deniers romains ; mais ceci ne vient pas seulement de la diflférence de leur valeur, mais de ce qu'elles ont existé à des époques différentes et ont été en circulation les unes après les autres.

Les États de l'Étrurie et de l'Italie méridionale, qui ont conservé le plus longtemps leur monnaie nationale d'or et d'argent, furent ceux qui étaient restés en dehors de l'alliance militaire avec Rome, comme Tarente et le Bruttium, ou qui y étaient entrés dans des circonstances plus avantageuses, comme Naples, Nuceria, Nola, Vélia, et cette observation coïncide parfaitement avec ce que nous avons dit plus haut de leur position politique. Bronxe. L'étudc dos monuaies suflSt pour démontrer que les États

confédérés conservèrent beaucoup plus longtemps leur

(1) Voy. t. II, p. 423. — Et aussi quatone deniers de la même espèce dans le dépôt qae J'ai examiné,, gràce'à ]*obligeance de M. Hoffmann. Fay. t. Il, p. 526 et suiv. B.

(2) RIccIo, Cat,, p. 75.

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monnaie de bronze que celle d'argent ou d'or. On voit sur le bronze des lettres et une orthographe que Ton ne trouve jamais sur les pièces d'argent, par exemple, la forme apulienne El, employée à tort, au lieu de E, Vis) (t. Il, p. 4 et note 1), ou Tinrlication de la valeur en chiffres romains, comme xil» sur les pièces de Rhegium et de Messine (t. I, p. 139 et note), ou bien les signes onciaux du système romain. Toutes ces particularités des pièces de bronze ne se trouvent jamais sur l'argent. Les pièces d'argent de Populonia ne sont jamais frappées que d'un seul côté et n'ont presque jamais de légendes, tandis que les monnaies de bronze de la même ville sont souvent frappées des deux côtés et portent des légendes. Les anciennes monnaies de Teanum Sidicinum, avec des légendes osques, sont d'argent et de bronze (1) ; les plus récentes, avec des caractères latins, sont exclusivement de bronze. Les monnaies de cuivre frappées à Rhegium et par les Mamertins, sont évidemment, pour la plupart, plus récentes que celles d'argent, sans en excepter non-seulement celles qui portent le nom de Rhegium, mais encore celles du Bnittium (t. I, p. 127) ; il n'existe pas de monnaies d'argent frappées au nom des Mamertins. On peut en dire autant de Vélia, Laûs, Thurium et autres villes (2). Un grand nombre de ces cités, situées dans les pays où la monnaie d'argent avait cours et qui suivaient un système monétaire analogue, n'ont pas frappé de pièces d'argent, mais seulement les pièces divisionnaires en cuivre de ce système, et il ne faut pas croire que ce fut par indigence

(1) Çriedlânder^ Oskische Mûnzen, pi, I."

(S) Hillingen, Considérations sur la numismatique de Vancienne Italie, p. 51, Qi, 93.

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OU à cause de leur peu d'importance; ces raisons auraient pu avoir pour résultat de restreindre les émissions de monnaie, mais elles ne les aur^^ient certainement point limitées exclusivement au bronze; d'ailleurs, nous savons que les villes de Larinum, Salapia, Aquinum, auxquelles ces observations s'appliquent, avaient une certaine importance. Nous devons plutôt admettre que la plupart des villes, qui ne nous ont laissé que des monnaies de bronze, n'avaient commencé à battre monnaie qu'après l'époque où Rome monopolisa à son profit la monnaie d'argent, ce qui s'accorde, du reste, avec le style relativement récent de la plupart de ces pièces.

Enfin on ne peut pas citer une seule des nombreuses pièces d'argent italiennes qui soit évidemment postérieure

269aT.j.-a à l'année 486. On a, il est vrai, soutenu une opinion contraire au sujet du didrachme de Locres, dont le type représente une femme assise, appuyée sur des armes; cette femme est désignée par le nom de PHMH et couronnée par une autre figure debout, accompagnée de la légende ni2TI2. On a voulu conclure de ce type que Rome avait pardonné à Locres son infidélité et lui avait accordé une nouvelle autonomie pour l'indemniser des maux que lui avait fait souflrir

205 av. j.-c. Q« Pleminius en 549 (1) ; cette explication est plausible, mais cette pièce peut se rapporter au moins aussi bien à un événement plus ancien. Dans la guerre de Pyi:rhus,

280 av. J.-c. après la bataille d'Héraclée en 474, Locres ouvrit ses portes

277 av. J.-c. à Pyrrhus (2); elle se tourna du côté des Romains en 477, lorsque Pyrrhus eut quitté l'Italie (3) , et elle changea encore

(1) Eckhel, Doct. num, vet., t. I, p. 176. — T.-LIv., XXIX, 21. — Diodor. Slcul., p. 571, éd. Wesaellng.

(2) Justin., xvm, 1.

(3) Zonar., VIU,G.

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de parti poui* la troisième fois, de gré ou de force, au retour de Pyrrhus en 479 (1), et, à chaque changement, elle mav. j..c. avait livré sa garnison à l'ennemi, ou bien l'avait massacrée. Si donc les Romains laissèrent à Locres son autonomie en 480, après la dernière défaite de Pyrrhus, comme 274 av. j.-c. le prouve la posititon que cette ville occupa par la suite, les habitants avaient certainement toute raison pour exalter Rome et la fidélité des Romains. Évidemment cette pièce est une des plus récentes parmi les monnaies d'ai'gent de la Grande Grèce, son style négligé le prouve asswz (2) ; mais il n'y a aucune raison de penser qu elle a été frappée après Tannée 485. Du moins on ne peut pas douter qu après -«» «^- •'••cla seconde guerre punique, on ne fabriqua plus de monnaie d'argent à Locres, parce que d'une part les monnaies de Tarente et des Bruttiens, qui, suivant toute apparence, sont les plus récentes de ces contrées, ne peuvent pas avoir été frappées lorsque ces peuples eurent perdu leur autonomie, d'autre part parce que Petelia n'a fabriqué que de la monnaie de cuivre, et cependant il est probable, puisque c'était pour récompenser sa fidélité à la cause romaine contre Annibal, qu'on accorda à cette ville tout ce qu'il était possible d'accorder dans ce genre. Ainsi tout concourt à faire admettre que depuis l'an 486 ^^tif

de cette nieâure.

(1) Zonar., l,cit. (Pyrrliub) to-j; Aoxpobç èxojitoaTo* t^iv fàp çpoupàv tûv l?(0{&i{'ov à-ïcoxTeCvavxe; (isTémriwv. — Âppian., Samn , XII, I : ô Dù^^ç ètCvvi«D Aoxpoùç xoùç 'ETri^^sœupCou;, ôtt ^poupàv aÙToO xa\ t6v çpoûpapj^ov aÙTTic 66ptoavTa^ èç aùxoh^ àvT(jpTixeaav. Dans un passage de Tile-Livo (XXIX, 18). un Locrien tlil .lU ScMiat romain : {Pyrrhus) cum ex Siciita rediens Locros classe praeterveheretur, foeda propter fidem erga vos in civitatem nosiram facinora edidit. Il est évident que dans ces circonstance», comme cela arrive partout, un parU romain et un parti national se trouvaient en présence l'un de Tautre.

(2) Miillngen, Considérations sur la tiumism. de l'ancienne Italie, p. 66.

268 av. J.-C.

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Rome avait centralisé dans la capitale la fabricatioa de la monnaie d'argent. Rien ne porte à croire que cette restriction ne se soit appliquée qu'aux États unis à Rome par les liens de la nationalité. On adopta certainement la même ligne de conduite que l'on suivit plus tard pour l'introduction de la loi i93eti86aT.j.-c. Scmprouia eu 661 (1) sur les débiteurs et les créanciers, ou pour l'interdiction du culte secret de Bacchus en 568 (2) : toutes ces mesures frappèrent l'Italie entière. Au fond c'était une violation du droit strict; mais, si l'on voulait sauver les apparences, on pouvait opérer une pression sur les villes alliées, afin de les forcer à ratifier (/uwdwm fieri) les mesures prises par Rome, comme Texigeaient les traités.

En effet, cette mesure prise par Rome n'était possible en pratique, qu'autant qu'elle atteignît non-seulement les colonies latines dispersées par toute l'Italie, et qui ne fabriquaient que peu de monnaies d'argent, msàs aussi en général tous les Etats fédérés et surtout Tarente. Qu'on se rappelle en effet les circonstances dans lesquelles on se trouvait.

Lorsqu'au cinquième siècle les autres ateliers monétaires de la Grande Grèce suspendaient ou du moins ralentissaient l'émission de leurs monnaies d'argent , Tarente avait continué à en fabriquer en grande abondance (t. I, p. 1 44), et avait trouvé dans son nome (v(5jxo<) d'argent un aussi grand auxiliaire pour son commerce qu'Athènes dans son tétradrachme et Rome dans son denier. Les Tarentins avaient fait tout leur possible pour opposer une digue à la puissance toujours croissante de Rome; ils lui avaient suscité des guerres avec les Gaulois, les Ombriens, les

(l; T.Liv., XXXV, 7.

(2) T.-LIv., XXXIX, 8—18.

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Étrusques; ils avaient saisi et emprisonné les ambassadeurs romains, détruit au milieu de la paix une flotte romaine et tué l'amiral ; ils avaient excité contre Rome les Campaniens et les Samnites et même les Messapiens ; ils avaient détruit les villes de Thurium, Caulonia, Rhegium, alliées de Rome ; ils s'étaient moqués des envoyés de la République et les av£&ent insultés ; enfin ils avaient successivement appelé en Italie Pyrrhus et les Carthaginois, et ainsi mis deux fois en danger la nationalité et l'indépendance des peuples de la Péninsule.

En 482, la ville de Tarente avait enfin été conquise et «73 tv. j.c. rien n'empêchait le vainqueur de profiter de sa victoire et de détruire la principale source des richesses de sa mortelle ennemie. C'était le but que Rome se proposait lorsque, quatre ans plus tard, elle centralisait dans la capitale la fabrication des monnaies d'argent et fermait les ateliers monétaires de Tarente et de toute l'Italie ; cette guerre avait été une guerre d'extermination, et Tarente ne put désormais se relever du coup qu'avait porté cette mesure à son commerce et à l'exportation de ses monnaies.

Quelques exceptions à cette mesure générale peuvent ^ «<*?«<>»• être admises ; ainsi on peut supposer que les Bruttiens, qui générale. appartenaient pour ainsi dire plus à la Sicile qu'à l'Italie, continuèrent encore quelque temps à battre de la monnaie d'argent et qu'ils ne perdirent ce privilège qu'après les guerres d'Annibal en Italie. Jusqu'ici nous n'avons aucun document qui puisse nous autoriser à admettre un semblable avantage en faveur de n'importe quel autre État italien ; et encore est-il bon de remarquer que les pièces d'argent des Bruttiens , qui ressemblent à celles de Pyrrhus (t. I, p. 128), diflièrent des plus récentes, copiées après l'année 538 iit t?. j.-c. sur celles de Syracuse ; il est donc probable que l'émission

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Ict anciennes monnaies d'argent.

des pièces d'or et d'argeot du Bruttium n'a pas duré audelà de l'année 538 (t. I, p. 113).

Ce qne devienueni II n'est pas facile de déterminer ce que devinrent après 486 les anciennes monnaies d'argent. On ne peut pas admettre qu'elles furent immédiatement démonétisées et qu'il y eut une refonte générale au profit de la monnaie romaine, car alors les anciens deniers ne seraient pas aussi rares qu'ils le sont. Les Romains avaient été habitués de tout temps à voir circuler do l'argent monnayé et à l'accepter au poids; les anciennes pièces d'argent démonétisées furent probablement considérées comme des lingots et acceptées comme tels dans les marchés et les transactions, ce qui amena leur fonte successive et enfin leur disparition totale. Quant à la monnaie de bronze, les pièces pesantes {aes grave) , quand elles ne remontent pas au-delà de l'époque où les villes de l'Italie ont fait alliance avec Rome, nous paraissent convenir aux villes qui avaient conclu des traités d'alliance sur un pied d'égalité. Nous savons qu'il en était ainsi pour Iguvium {supra^ p. 198), et rien n'empêche de l'admettre également pour Tuder (1), et les villes de l'Étrurie (t. I, p. 220) ainsi que pour les Vestini. Quant à Tibur, à Préneste et à ce qui restait encore d'anciens États latins, on peut admettre ce que nous avons dit plus haut des colonies latines de l'ouest et du centre de l'Italie; il est possible, probable même, qu'elles ont eu des monnaies particulières, mais leurs pièces se trouvent confondues dans la masse de Yœs grave anépigraphe de ce pays, et l'on peut ajouter que ce monnayage a dû cesser en même temps que celui des colonies latines situées entre le

(1) Cette ville ne reçut le droit de cité que dans la Guerre Sociale (SI* senna, 1. IV, ap, Nonium^ sub verb, jusso).

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