‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 33 sur 232 · ÉTATS INDÉPENDANTS DE L* ITALIE · texte numérisé non relu

ÉTATS INDÉPENDANTS DE L* ITALIE

Tibre et le Lins, lorsque en 486 Rome se réserva exclusivement cette branche de l'administration. Il est cependant douteux que cette mesure ait été étendue à toute TÉtrurie etàrOmbrie; Tuder a encore continué à battre monnaie après 485. Les pièces de cette époque sont même trèsnombreuses, mais nous n'en avons aucune qu'on puisse attribuer à Iguvium et aux autres villes de l'Étrurie.

Le monnayage, après 485 ou 480, quoique restreint et limité désormais à la monnaie de cuivre, peut être considéré pour les villes du midi comme la preuve d'un traité d'alliance avantageux avec Rome, tandis que la perte de l'autonomie entraînait probablement la perte d'une partie des privilèges de l'alliance, et, dans tous les cas,celle du droit de battre monnaie. Ainsi Tarente, les Bruttiens, et probablement aussi Arpi, n'ont plus fabriqué aucune monnaie de cuivre, après la guerre d'Annibal (1), tandis que les monnaies portant d'un côté la tête de Pallas casquée et de l'autre un coq avec les noms des colonies latines de Calés et de Suessa, ou des villes voisines Aquinum, Teanum Sidicinum, Caiatia et Telesia, prouvent que ces villes jouissaient encore après 486 de leur autonomie, et avaient conclu une alliance avantageuse. Toutes les légendes, excepté celle de Telesia, sont en latin (t. I, p. 166) . Les ateliers de Frentrum et de Larinum, ouverts seulement vers 485, furent en activité et travaillèrent pendant fort longtemps; toutes leurs pièces sont de cuivre et il est probable que le droit de battre monnaie leur a été conféré en récompense de leur fidélité à la cause romaine, dans les guerres de Pyrrhus (2) et d'An-

al. J.-C.

269 av. J.-C.

Monnayage

do cuivre dea villea

de ritalie

méridionale,

considéré comme

une preave

de leur alliance

arec Rome.

(1) Cf. T. LIT., XXXIV, 45.

(2) Denys d'Halicarnasse (XVIII, 2), Plutarque {Pyrrhus, XVI) et Flora» (1, 13) font mention d'un ofûcier de Frentrum, nommé Oplacoa Opsidlog,

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208 GHAPITBE II.

nibal (1). Le monnayage de Petelia {supra^ p. 199) , qui commença aussi fort tard, doit coïncider avec la reconstruction de cette ville, après la guerre d'Annibal. Enfin un certain nombre de villes de T Apulie et des Salentins, comme Hyria, Salapia, Bytuntum, Barium, Neapolis d'Apulie, Uxentum, etc., qui n'ont émis que de la monnaie de cuivre de date récente, doivent être, à cause de ce fait, rangées parmi les^illes alliées de Rome, quelque peu de notions que nous possédions du reste sur leur position politique.

Ces petites monnaies de cuivre, n'ayant pas de valeur par elles-mêmes, ne représentaient que des fractions de la monnaie d'argent. Elles furent adaptées au système romain •usystèmeromain. lorsque l'ancieune monnaie du pays fut supprimée : cette opération put se faire de deux manières différentes, soit en conservant les anciennes pièces et en donnant à l'ancienne unité une valeur légale en rapport avec le sesterce, soit par rintroduction du système des as. La première méthode fut préférée dans la Gampanie et à Rhegium. La litra de cuivre de Gampanie fut évaluée à i/6 (t. I, p. 165) et celle du Bruttium à 1/60 du sesterce (t. I, p. 133), de sorte que l'ancienne monnaie de cuivre du pays continua àcirculer concurremment avec le denier romain. Suivant toute apparence, ce système subsista tant que les ateliers ne furent pas fermés. Dans les derniers temps cependant les onces romaines furent adoptées avec les légendes et les caractères romains,

Comment las petites pi^es

de ritalie

méridionale

Avant adaptées

en donnant le récit de la bataille d'Hëraclëe. Denys d'flalicarnasse (dans un fragment publié en appendice à la suite de Thistorien Josèphe de l'édition de Firmin Didot, t. H, p. 7)^ en parlant de la bataille d'AuscuIum, nomme du côté des Romains les Marrucins, les Péligniens et les Frentanlens.

(1) 11 est vrai qu'on n'a d'autre renseignement sur ce fait qu'un seu\ passage de Sillus Italicus, XV, 566 : fidemque exuere indocilis sociis Frentanus in armis, — Cf. T. Liv., XXVIf, 43.

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ÉTATS INDÉPElifDAIffTS DE l'iTALIë. 209

même par des villes qui n'étaient ni des communes jouissant du droit romain restreint, comme Gapoue, ni des colonies latines, comme Paestum, Copia, Yalentia, etc.» et pour lesquelles il n'existait presque aucune raison apparente d'agir ainsi; Larinum eut d'abord des monnaies de cuivre avec des légendes grecques et frappées d'après un système particulier ; plus tard cette ville adopta, sinon la langue, du moins les caractères romains et la division par onces. Dxentum, dont les anciennes monnaies n'ont aucune marque indiquant leur valeur, frappa plus tard des semis.

On peut faire la même observation sur les pièces de Barium et de Gaelia (t. II, p. A) , à moins que ces signes n'indiquent des oboles ou des litres et non des onces, ce qui serait encore possible.

La marche progressive de Télément romain absorbant petit à petit tout ce qui lui est étranger, est très-sensible, et tout semble prouver que du milieu du sixième siècle au milieu du septième, les villes qui avaient encore conservé des ateliers monétaires, ne frappaient que des pièces du système semi-oncial à partir du semis et au-dessous («upra, p. 194). Les pièces frappées d'après ce système à Petelia, Orra, Uxentum, Gra... sont contemporaines de celles de Yenusia, Brundisium, Paestum, Gopia, Valentia ; elles sont les moins anciennes de toutes celles de la basse Italie. L'as ne se trouve dans aucune de ces séries, pas même dans celle de quatre onces de Tuder (1).

(i) II D'est pas exact de dire qoe le type de Tas ancien et da poids le pins forty un aigle, a été transporté sur le semis et le trions de la série réduite, à laquelle Vas manquerait (Aes grave, p. 79) ; car les semis et les triens avec Taigle appartiennent an système monétaire le plus pesant.

in. 14

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CHAPnu m.

DROITS DES yHLES ADMISES AU DROIT DE CITt.

Position politique de ces villes.

Colonies 11 Dous reste à parler des villes dont Rome avait entië*

va*w!io^ies rciûent absorbé Tindépendance ; on peut ranger dans cette

hftbitanu classe les colonies de citoyens et les villes dont les habi-

Jonissaient da i i»

droit de citoyess tants jouissaient des droits complets ou limités de citoyens romains. romaius. Jetous d'abord un coup d'œil sur l'histoire de ces villes et sur leur position géographique.

Les colonies maritimes sont les plus anciennes colonies

de citoyens (1), et furent longtemps les seules de leur es-

888 nr. j.c pèce (2). Ostie, dès le temps des rois ; Antium, en àl6 (3),

(1) Il ne faut pas oublier que, la liste des colonies latines étant close depuis Tan 545 (supra, p. 181), toutes les communes qui manquent dans cette liste et qni sont nommées ailleurs consme colonies, doivent être regardées comme des colonies de citoyens romains. Les Tilles qui ont été supprimées dans la liste des colonies sont Labicum (cf. notre Hist, rom,, t. 1, p. 173 et 331; trad. fr., t. I, p. 252; t. Il, p. 141); Casinum (dont le droit prétendu de colonie se fonde sur une leçon fautive dans Tite-Live, IX^ 28. — Voy, Rhein. Mus. N. S. t. VIII, p. 628); Castra (o*est un pagos et non une colonie, quoique, quant au droit, la différence entre une colonie et un pagus ne soit pas grande. — Voy. Berichte der sëchs. Geselischaft der fTissenschaften, 1849, t. II, p. 50).

(2) Rhein. Mus. N. S. t. VIII, p. 623. — Notre Hist. rom., t. I, p. 878 et 777; trad. fr., t. Il, p. 232 et 233 et t. IV, p. 69. — Madvig, Opusc., t. I, p. 265. - Cf. les listes données par Tite-Live (XXVII, 38; XXXVI, 3).

(3) Voy. supra y p. 181, note 4 , ce qui a été dit sur la colonie plos.andenne établie à Antium et qui probablement était latine.

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TIfXES ADMISES AU DROIT DE CITÉ. 211

Tàiracina, A26; Minturne et Sinuessa, i60 ; Sena Gallica et si», m «r. j.-c.

Gastnim-NoYum, i65; Aesium (1) et Alsium, 607; Fregenae» Mt, 247 «t. j.^.

509; Pyrgi, avant 563; Puteoli, Volturnum, Liternum, îw. m tr. j.-c.

Salapia, Buxentum, Sipontum, Tempsa, Grotone, toutes en

560 ; Potentia et Pisaurum, 570 (2) ; Graviscae, 573 (8) ; «m» "*. "i. «77

Lona, 577 ; Minervia, nom donné par les Romains à Scyla-

cium, et Neptunia» autrefois Tarente, en 632 (4). On peut «m a% j.-c.

ajouter à ces noms quelques colonies de la même espèce,

fondées d^uis la fin du sixième siècle dans Tintérieur du

pays, Parma, Mutina et Saturnia, en 671 ; Auximum, 597 ; «a, m %j. j.-c.

(1) Yelieliit PatercoluSj I, 14 : Pottque decem et teptem armos Àesuium et Alsium.hélk Claver (Italia ont., p. 967) aiait exprimé et aiec raison des doutes sur Tidentité de la première de ces colouies avec Aesula près de Tibur^ localité nommée par Horace (Carm., III, 29, 6) et citée par Pline (Hist.nat,, III, 5, t») parmi les localité da Latlom qui ayaient dispara sans laisser de traces. On se demande comment il serait possible qu'une colonie de citoyens, fondée à une époque aussi récente, ait pu ayoir disparu déjà au temps de Pline? De plus, ce serait la seule colonie ancienne de citoyens qui n'aurait pas été maritime. 11 s'agit probablement d'Aesls on Aesium dans l'Ombrie, anjourd'buiJe8i(Strab.,V,2, iO.—Plïu.,HtsUnat,,lU, 14,113; XI, 43, 241.- Ptol.,111, 1,53), qui était colonie de citoyens romains (Orell., n~3899, 3900) et qui, située non loin de l'embouchure d'un fleuve, peut à la rigueur être comptée parmi les colonies maritimes.

(2) Les pièces de cuivre avec la légende PIS ou TTIZAYPinNi que l'on a attribuées à Pisaurum (Eckhel, Doct. num, oet,^ L I, p. 96. — Carelli, tab. XIY ; cf. le commentaire de Cavedoni), sont sans aucun doute fausses; Olivieri {Fondazione di Peêoro, p, 21 seg.), qai le pMmIer a publié ces pièces, n'avait pas fait graver ses planches d'après des médailles originales, mais d'après des dessins d'une origine tout à fait Incertaine, et apparemment copiés dans le Recueil de Goitzius.

(3) Les uMunaies autrefois attribuées à cette ville (Eckhel, Doct. num, vet., i. I, p. 92) ont depuis longtemps été données à l'Apulie, d'après d'autres considérations (Mùlier, DieEtrutker, 1. 1, p. 339.— Milllngen, Considérations swr la numismatique de V ancienne Italie f p. 172).

(4) Berichte der sUchs. Gesellschaft der Wissensehaften, 1849, t. Il» p. 49-55.

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"lV*j%'** Dertona, Fabrateria, en 630; Eporedia, 664. La colonie de Narbo Martius, fondée en 686 (1), est la seule un peu importante fondée sous la République en dehors de Tltalie. craiéqaeiiees Le droit do cité accordé ainsi en masse à tous les habi- 7^'^*^"i^^" tanta d'une ville qui auparavant jouiss^t de l'autonomie, dtoye^rl^ns ^^^^"^^^^ toujours, d'après Tancien droit romain, la suppresà lenn taabiunti. siou dc toutc indépendance, l'abolition de tous les usages locaux et de toutes les lois anciennes. La première dérogation à cette loi eut lieu vers la fin du quatrième siècle ; on permit alors à quelques-unes de ces villes de conserver quelques vestiges de leur ancienne indépendance ; de là deux classes de citoyens romains : les citoyens jouissant des droits entiers (jus suffragii et honorum) et les citoyens n'ayant qu'un droit purement passif, appelé droit de Caere {civitas sine suffragio).

vnieiaiizqiieuet Nous comptous daus la première catégorie, c'est-à-rdire di^T'oriX'/ u» comme entièrement absorbées par la cité romaine, les villes de Tusculum (2), vers 378 ; en 416 Lanuvium, Aricia, Nomentum, Pedum(3), et en général, à ce qu'il semble, toutes les villes du Latium proprement dit, excepté Tibur et

(1) La colonie de citoyens romalnB qae les Gracqnes fondèrent à Janonlt Oartbago (Madfig, Opusc,, 1. 1, p. 290. — Notre Hist. rom., t. Il, p. 109 ; trad. fr*> t. V^p. &4 et 74) n'a pas eu une longue durée; les monnaies itcc la légende COLONIA VENERIA KARTHAGO (Eckhel, Dod. num. vet., t. IV, p. 137 et 188) n'appartiennent pas à cette colonie, mais à ceUe qui fut fondée du temps d'Auguste. Quant à Aquae SexUae, cf. notre Hist. rom*, t. II, p. 168 ; trad. f^., t. V, p. 127.

(2)T.Uv.,VI,26.-a.VI,88et86; VUI, 14.-Val. Max. VII,l,ext.9.DeU la qualiÛcaUon de municipe très-ancien {municipium antiquisiimum). Cic pro Planco, VIII, 19. — Notre But. rom., i. I, p. 819; trad. fr., t. II, p. 188.

(8) T. U?., VIII, 14, avec la note de Weissenborn.— Rubino, ZeitMchrift fur Alterthunuwiuensehaft, 1844, colonne 882, note. ~ Notie Bût. rom., t. 1, p. 381 ; trad. tt.^U U, p. 165.

droiUdecittf.

381, 3S8 ar. J.C,

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