‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 37 sur 232 · TILLES ADMISES AU DIOIT DE GÎTÉ · texte numérisé non relu

TILLES ADMISES AU DIOIT DE GÎTÉ

delà République, à aucune réunion de citoyens, qu'on la nomme colonie, district, municipe, corporation ou famille. Ce droit, concédé aux colons latins, ne fat jamais accordé '^'^** commun. aux colonies de citoyens. Les villes qui en jouissaient le perdirent avec leurs autres droits souverains en devenant partie intégrante de la cité romaine. On ne fit pas alors grande différence entre celles qui avouent le droit complet et celles qui n'avaient que le droit restreint ou le demi-droit de cité. Les unes et les autres ne purent désormais fabriquer de monnaie que par délégation, et leur atelier monétaire, quand il était conservé, ne fut plus qu'une succursale de celui de Rome.

Ce qui nous reste du monnayage de ces villes concorde parfaitement avec les principes que nous venons d'é* noncer.

Nous ne connaissons aucune ville qui ait battu monnaie en son propre nom, après avoir reçu une colonie de citoyens; il n'y a pas non plus de pièces qui puissent être attribuées à un municipe de citoyens romains; et rien n'empêche d'admettre que tous les ateliers d'Italie furent fermés lors de la Guerre Sociale, sinon même avant. La seule exception que nous fournissent les monnaies frappées par les Italiotes et les Samnites pendant la révolte s'explique tout naturellement (1).

11 existe certaines petites pièces de cuivre frappées à TeflSgie d'Auguste ou de Tibère avec la légende PAE.S.SC. {Paesti signahAfn senatus consuUo?) qui portent des noms

(1) Ëckhel (Doct. num. veL, 1. 1^ p. 82) fait la remarque que Ton avait cessé de battre monnaie dans toutes les villes de l'Italie, excepté à Rome^ a?aut répoqurde rEmplre^ mais que la date de cette cessaUon ne peut pas être détenninée.

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de prêtres ou de magistrats municipaux. On les a attribuées avec certitude à Paestum, où la plupart ont été trouvées (1). Toutes, elles datent d'une époque où les villes avaient recommencé à battre monnaie, non plus en vertu de leur ancienne autonomie, mais en vertu d*une concession du gouvernement et par délégation du Sénat qui seul alors dans toute l'étendue de l'Italie avait qualité pour statuer sur les questions relatives à la fabrication de la monnaie de cuivre ; aussi les pièces de Paestum ne manquent-elles pas d'indiquer leur origine par les lettres S.C Kous ignorons pourquoi la ville de Paestum a été ainsi exceptionnellement privilégiée, msds quand même il serait prouvé que des pièces semblables y eussent été émises dans les derniers temps de la République sous l'autorité du Sénat, cet exemple isolé ne prouverait rien contre l'ensemble des faits que nous avons constatés.

L'admission de toutes les villes italiennes au droit de cité entraînait évidemment des réformes dans le droit monétaire, tant de Rome même que des villes italiennes, qui obtinrent ainsi pour leurs anciennes monnaies le privilège de circuler dans toute l'Italie sur le même pied que la monnaie romaine proprement dite ; il est probable que la réduction du poids de l'as à une demi-once en vertu de la loi Papiria (2) fut le résultat de cette crise.

(1) Cf. sur ces monnaies Eckhel, Doct, num, veL, 1. 1, p. 169 ; t. IV^ p. 144.— Cavedoni, Bull, arch, Nap., II, p.llS.—CarelIi, tab.CXXXV et le commentaire de Cavedoni. — Une pièce de cette espèce dans la collection du baron d'ÂIlly porte, d'après one lettre de Cavedoni, la légende : . ..EGN ATI VS — Q* OC- TAVI... IIVIR — P^ S.SC; ordinairement la légende ne donne que PSSC ou SPSC> rarement TDDSS* De Senatus Sententia (Avellino, Opusc, 1. 11^ p. 131).

(2) Plin., Hist nat., XXXIIi, 3, 46.

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