VILLES ADMISES AU DROIT DE CITÉ. 2Î
de Rome ou plutôt le ooiu des Romains qui, suivant l'ancien usage campanien, est au génitif pluriel, y est toujours écrit en latin. La seule exception que nous connidssions est une pièce de cuivre frappée probablement aussitôt après la soumission de Capoue; elle porte le type napolitain, avec la légende PHIMAinN en grec (1). Ces pièces campano-ro-
(1) 0*681 une pièce de broDze^ ayant d'un côté la tête d'Apollon, coaronnëe de laurier, et au revers le taureau à face humaine; cette monnaie est tout à fait pareille aux monnaies napolitaines ordinaires, seulement la légende n'est pas NEOnOAITHN, mais PAMAIflN (Eckhcl, Doet. num. vet, 1. 1, p. 114 ; t. V, p. 34 et 47.— Ricclo, Mon. di citià, p. 27). Elle semble appartenir à l'époque la plus reculée, où le droit de cité passif des Campaniens n'était pas encore fixé et où n'existait pas encore la règle, que les Campaniens, quand ils se présentaient comme Romains, devaient écrire en latin, mais quand ils ne se présentaient pas en cette qualité, ils n'étaient pas tenus à cette prescription. Il n'est pas étonnant qu'en 416 environ on écrivît à sss ar. j.-c. Capoue le grec et non l'osque, et que l'on imitât les types napolitains (t. I, p. 162, note 2). Pourtant il est possible que cette monnaie appartienne à une antre commune campanlenne qui possédait le demi-droit de cité, par exemple Cumes. *
[M. L. Sambon {Recherches sur les anciennes monnaies de riialie méridionale, p. 37 et 39, Naples, 1863, in-S**, et Recherches sur les monnaies de f, presquHle italique, p. 133 et pi. W\, n* 44, Naples^ 1870^ ln-4<*) attribue également cette pièce à Capoue. Mais Gh. Lenormant (Introduction à VÉUte des monum, céramogr.y 1. 1, p. XLVl et suiv.; Revue numism.y 1844, p. 251. — Cf. Fr. Carelli, Numism, Italiae veteris, tab. LXXV, n** 72-78 et le commentaire de Cavedonl, p. 24) est d'une autre opinion. Le savant académicien fait observer que, dès le milieu du v* siècle de Rome, les Romains étaient intervenus dans les affaires de l'Italie méridionale. En 427, le consul Q. S37 ar. j.-c. Publiliua Pbilon entreprit de réduire la grande ville de Néapolis (T. Liv., VIU, 25, ^qq.); un parti s'était formé pour livrer la ville aux Romains et les deux principaux magistrats grecs Charilaûs et Nympblus étalent à la tête de ce parti. L'antique Parthénope était alors divisée en deux quartiers ou plutôt deux villes, Néapolis et Palaepolis. Charilaûs, qui commandait dans la seconde, parvint par un stratagème à expulser les Saomites qui opprimaient les habitants et livra la ville aux Romains. A la suite de cet événement, les Romains conclurent avec les habitants une alliance, foedus Neapolitanum, qui parait avoir été célèbre dans l'antiquité.
in. 15
Googh
maines avaient un cours légal dans toutes les parties de l'Italie incorporées à la cité romaine, de sorte que Tas d'une livre du Latium pouvait circuler en Campanie et la drachme campanienne dans le Latium. Il devait nécessairement exister un tarif pour fixer leur valeur réciproque, mais nous ignorons complètement quelles en étaient les prescriptions, seconde période. Dans la secoudo période, le poids de la pièce d'argent et même celui de la pièce d'or nouvellement introduite se règlent d'après le scrupule romain ; on cherche à rapprocher ce poids autant que possible de celui des pièces en usage dans le pays ; ainsi, la pièce qui a remplacé le statère semble avoir eu un poids légal de 6 scrupules (= 6 grammes, 82) : l'ancien système campanien est conservé pour la petite monnaie de cuivre. Le nom de Rome se lit en latin et au nominatif, suivant l'usage du Latium , sur les pièces des trois métaux; plus tard, le nom de Capoue remplace celui de Rome sur le bronze et est écrit en caractères osques (1).
Cb. Lenormant fait remarquer que le nom de Charilaûs, XAPI AEflZ, en enUer on en abrégé, est inscrit sur un grand nombre de didrachmes de Naples. Ces pièces d'argent appartenant à l'époque où l'art grec était arrivé an plus bant degré de perfecUon, auraient été frappées pendant la magistrature de Cbarilaûs, menUonnée par Tite-Live, et à l'appui de cette opinion l'éminent archéologue cite la pièce de bronze publiée par Pellerin (Suppl.^ t. II, p. 93. — Mionnet, t. I, p. 121, n* 215) et qui aux types ordinaires de Napies Joint la légende PflMAinN. — Comp. mes Études sur les vases peints, Paris, 1865, p. 103.] J. W.
(1) Si Ton ne veut pas y comprendre les monnaies assurément campaniennes avec la tête couronnée de lierre, (i)). Lion tenant un bâton ou un thyrse, et avec la légende CAP ; Friediflnder, Oskische Mûnzen, p. 8), et reconnaître dans ces pièces des monnaies d'une époque intermédiaire entre celles qui portent la légende ROM A en latin, et celles qui ont le nom osque 3 n fl^ , cequi sans doute est possible. Du reste« d'autres pièces de la même espèce portent CAI*
Googh
VIUES ADMI88S AU DBOIT DE CITÉ. 2^7
L'or et l'argent, de même que les as romains ou latins du système libral, en un mot, toutes les monnaies ayant une valeur intrinsèque, avaient un coure légal dans tout le pays romano-campanien ; les petits bronzes campaniens, au contraire, semblent avoir été d'un usage purement local. Le rapport des métaux entre eux, d'après les expériences que nous avons faites, peut se fixer de la manière suivante î
1 scrupule d'or = 10 scrupules d'argent;
1 scrupule d'argent = 180 scrupules de cuivre ; de sorte que la pièce ordinaire d'argent, pesant 6 scrupules, valait 4 as et demi d'une livre (t. I, p. 266 et 267).
Dans la troisième et deiiiière période enfin, For et l'ar- Troisième période. gent ne changent pas de type, mais diminuent de valeur par suite de l'abaissement du poids et du titre. Le poids de l'argent tombe jusqu'à 5«%9 (1) et le métal en est souvent altéré. Les pièces de bronze s'adaptent au système de l'as romain triental-sextantaire ; seulement, comme dans toute l'Italie méridionale, le dextans est substitué à l'as, et le quincunx remplace le semis. L'or n'a pas de léjgende;
(1) C'est le minimam du poids des pièces d'argent fin (t. I, p. 3G0, Annexe M) avec ROMA, la tête de Janus et le qaadrige^ comme aussi le poids des monnaies d'argent avec la légende lllfl)) {ihid,, p. 371); ces deux espèces sont sans doute les dernières; le poids de ce système ne sera probablement pas descendu plus bas. Il est vrai que parmi les pièces de billoo du premier coin (ihid., p. 370), il y en a beaucoup qui pèsent S^^^SS; h^M* 5»',2;8oit \v;i ; 4s',09; 3»',82;3«',76; 3«%35; 3«',26; mais il serait fort téméraire de vouloir ûxer le poids normal d'après des pièces de billon, et Ton ne peut tirer de là d^autre résultat^ si ce n'est que le monnayage romano-campanien le plus récent n'a conservé ni le titre ni le poids légal. On pourrait aussi prendre pour des moitiés les pièces les plus légères de cette espèce, surtout parce que dans la plus légère de toutes on a constaté 0>990 grammes d'argent un; mais, pour la plupart, cette distincUon n'est pas admissible.
Goo^i
228 GHàPITRE m.
sur Targent, le nom de Rome est ordinairement en latin ; le nom de la ville n'est écrit en caractères osques que sur la plus légère de ces pièces, celle qui pèse ô^'^O, et qui est fort rare ; la légende est également osque sur toutes les pièces de bronze (1).
éraïuation Lcs observatious suivantes nous serviront de jalons pour
de la monnaie « . . . 11,
campanienne fixer la proportiou oxistaut entre la valeur du denarius
d'argent en deniers • ^ 11 1 1 • • :it . *
romains. romam et celle de la monnaie campanienne d argent. La pièce, avec le quadrige au revers de la tête de Janus, frappée dans les derniers temps, est sans contredit la plus commune de toutes, et nous avons tout lieu de croire qae dès cette époque, malgré la différence de son poids, elle était assimilée au denier; on en trouve avec la contre-marque qui, dans les premières années de l'Empire, était destinée à donner un cours légal aux pièces de la République dont les types étaient usés (2). Cette même pièce a été, comme plusieurs deniers de la République, restituée par Trajan (t. I, p. 369, Annexe M) ; ces restitutions (qui du reste n ont que le poids des autres pièces de Trajan) et ces contre-marques prouvent au moins qu'à l'époque impériale, on considérait ces pièces de fabrique campanienne comme de vrais deniers (3).
(!) Do moins il n*y a pas de monnaies de cuivre du système triental-sexlantaire avec la légende ROMA, que l'on puisse attribuer avec quelque probabilité à l'atelier de Capone.
(2) Aveilino {Bull, arch, nap,^ III, p. 133) donne la description suivante : In una moneta di argenfo col hiftonte imberbe nel ritto ed il Giove guadri-
gario colle lettere incuse ROMA nel rovescio ho rilevaio le lettere 5
scritle M capelli del bifronte e propriamente sulla sommità. Celte légende ne peut être autre chose qu'une surfrappe. Cf. Eckhel^ Docf, num. vet, 1. 1, p. CVIÏ. — . Borghesi, Dec,, 111, 8; Œuvres compL, 1. 1, p. 210 et suiv.
(3) Bœcliii, Mvir. Vntcrsurhutigenj p. 462.
Googh