‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 5 sur 232 · MONNAIES D · texte numérisé non relu

MONNAIES D

frappées sur le modèle romain, qui pesaient 7(^,98 sous Auguste, étaient encore de 7(%8 à la fin du second siècle (1) : on peut en conclure que réellement cette diminution, quelque considérable qu'elle paraisse, ne provient que d'un abus toujours croissant, et non d'une réduction officielle du poids légal.

Le métal de Yaureus romain est en général bon; en altérer la pureté était, d'après la loi Julia sur le péculat (2), un crime d'État ; l'analyse fournit partout 96 7o de métal fin (3). Il y a bien quelques médailles d'or fourrées; mais elles sont en très-petit nombre {4j.

poarNerva 7«%458, pour Domitien 7«%48, pour Gii\h^1^,z:t6, pour Vespaslcn 1^,^9B, pour Titus 1*^,79, pour Othon 1*',n, pour Antouin le Pieux 7^,273^ pour VitelliSs l^yWS, pour L. Vérus et Commode ^*',tb^, pour Néron 1'^,2S, pour Marc-Aurèle 7*%243, pour Septime Sévère et Garacaila 7t%23, pour Trajan et Hadrien de T',2t à 7*^,30. Ces chiffres nous font connaître approximativement, non pas le poids normal lui-même, mais dans quelle mesure on observait ce poids légal.

(1) Lapins ancienne et la plus pesante de ces pièces d'or dans le Cataiogue Thomas, p. 241, est de l'an 2 on 3 ap. J. G. et pèse7*',98 (=123^); sous SepUme Sévère et Garacalla les pièces se maintiennent encore régulièrement à 7s',78 (=120), mais depuis l'an 200 l'or se change en électrum.

(2) Ulpian. Digeit,, XL VIII, 18, 1 •* Ne quis in ounim argentum aes publicum quid indat neve immisceat quo id pejut fiai.

(3) Les monnaies d'or, depuis Auguste Jusqu'à Vespaslen, contiennent de 0^,998 à 0<^1 d'or fin (Letronne, Considérations, p. 84) et les pièces romaines, d'après les essais faits par Gay-Lussac pour Dureau de la Malle {Économie politique des Romains, t I, p. 17 et 41), en conlienoent en général au moins 23/24. Cf. Mungex, Mémoires de V Académie des inscript,^ t. IX, p. 203.

(4) On en trouve des exemplaires d'Hadrien (Itkrkhel, Doct. num. vet., t. I, p. CXVI) et de Commode (Kckhel, /. cU,, p. CXV. ~ Ranch, Mittheillungen der numism, Gesellichaft, 111, p. 288). Cette industrie est mentionnée comme faux monnayage dans Perse, {Sat* V, 105, et leScholiaste) et par Ulpicn {Digest., XLVIII, 10, 8) ; le terme technique est teindre {tingere, inficere).

[Cf. t. n, p. 79, note I e\ Revue numism., 1868, p. 180 et suiv.]. J. W.

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Le trésor de Brescello peut donner une idée de l'énorme quantité de pièces d'or émises au commencemerît de TEmpire. Il en contenait, dit-on, 80,000, toutes frappées entre les années 708 et 716 de Rome, et seulement 32 variétés (1). Dans les deux premiers siècles de notre ère, rémission de ces pièces a continué d'être proportionnée au degré de puissance et de civilisation qu'avait atteint l'Empire ; cette quantité est due en grande partie à la diminution progressive du poids et à la refonte successive des pièces anciennes. Il n'y a eu qu'un temps d'arrêt momentané dans cette fabrication : ce fut vers la fin du règne de Marc-Aurèle et sous Commode (2). Les riches et nombreux trésors appartenant à cette époque prouvent quelle énorme masse de pièces d'or se trouvait abrs en circulation (8).

(1) Baudelot, Explication (Tune médaille de la fannlle Comuficia, Paris, ni7,ln-4».— MonlfaucoD, Ant expLSuppL.X. III, p. 139.— Cavedoni, Marmi Moden,, p. 41 et sulv. Les monnaies trouvées dans ce dépôt ont été frappées par les monétaires G. Godlus, Cestius et Norbanus, P. Clodius, MussidiQs, Livlnelas, Viblus , Voconius (Sempronf us manque) et par les généraux César, Bmtus, Casslus, Comuûcias, Abenobarbus, Sex. Pompée, Octave et Antoine; la plus récente pièce est celle d*0ctave et d' Agrippa (Goben, p. 836, n* 8), de Tan 716 (Borghesl, Dec., XVI» 5; CEuvres compL, t. II, p. 251).

(î) Eckhe', Doct. num, veL, t. VU, p. 133.

(3) Le trésor d'Ambenay (Éd. de In Grange, Noti*^ sur 196 médailles romaines en or, Paris, 1834, in-8*, ) contenait des pièces des monétaires C. Clodius, L. Servius Rufus, P. ClodiuF, Q. Voconius Vitulus, Q. Rustius, Mescinius, Turpiiianus et des généraux César, Brutus, CassIus, Sex. Pompée, Antoine et Auguste; les plus récentes sont celles d' Auguste avec IMP*XII de l'an 744* Les pièces un peu plus pesantes qui appartiennent au sy*tôme primitif de César, semblent, pour la plupart, avoir déjà alors cessé de circuler.— Le dépôt de Gberbourg du temps de Tibère. {Supra, p 23, note 1). — Le dépôt de Zirkowitz du temps de Domitlen. Cf. supra, p, 24, note 1. •«-Le dépôt deCastrum Novum avec des monnaies d'or depuis Néron Jusqu'à

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IfONNÂiBS D ARGENT.

etpl.XXXV, n*9.

45 âv. J.-C.

Monnaies d'argent.

Le denier d'argent continua à être frappé sans interrup- w^ertes monnaie» tion,etmèmerémii>siondequinaireset de sesterces quiavait pi, xxxm. n-i été longtemps suspendue (t. 11, p. 582 et suiv.) fut reprise 'ii'ifa.^^ef t^' activement en 705 ou peu après. Le quinaire, quoique peu 49 a^. j..c. abondant, se voit sous tous les empereurs; mais le sesterce pi. xxxiv, n» 4, d'argent, dont l'émission avait été arrêtée en 7H, fut remplacé, quelque temps après, par un sesterce de cuivre, comme nous le verrons plus loin. Les pièces de grand module sont extrêmement rares en argent; et, comme celles de bronze, qui leur ressemblent beaucoup et dont quelques-unes même sont frappées au même coin, ce sont plutôt des médailles que des monnaies (1) . Le poids et la pureté du

HadrieD. (ViscoatJ, Mus. PioClem.X \, p. 266).— Le dépôt trouvé en 1607> à Mespeker entre Alost et Dendermonde, contenant 1600 pièces d'or, dont qudques-onetde Domitienet d'Hadrien, la plupart d'Hadrien, d'Antonin le Pieux, de Mare-Aurèle et de Lucius Vérus, une seulement de Commode avec la légende CAES.AVGFIL. GERM.PRINC.IVV: d'où l'on peut conclure que ce trésor a été enfoui vers l'année 175. (Mfraeup, Chron. Belg. ad ann. 1607). — Le dépôt trouvé à Perscheid (bailliage d'Oberwesel) en 1693, renfermant des pièces d'or depuis Néron jusqu'à Commode. {Jahrimcher des Vereins von Alterthwnsfreunden im Rheinlande^ t. Vil, p. 166). — On pourrait citer encore facilement un grand nombre d'autres dépôts de monnaies d'or, en partie très-considérables.

(f ) Des médailloBS d'argent de cette espèce se trouvent décrits par M. Goiien (Médaitlês impériales, t. I et II) aux règnes de Claude, n" î, Domitien;

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Leur poidf. métal (1) se conservèrent à peu près sans changement jusque vers le milieu du règne de Néron (2); c'est-à-dire que

les pièces pesant environ 8«%9 contenaient 99 ou 98 Yo de métal fin (3), ce qui fait une valeur régulière de 86 à Sh centimes.

PI. XXXIII. n««. Les deniers légionnaires de Marc-Antoine, qui contiennent presque Vs d© cuivre, font seuls exception à cette règle générale (à). Depuis Néron jusqu'à Septime Sévère inclusivement, malgré quelques irrégularités dues à la négligence des ouvriers monétaires, le poids des pièces fut constamment de Voe de livre = 8 scrupules = 3«%41 (5), ce

n** 4 et 6, Trajan n<* 1 (du même coin qne le médaillon de bronze, n* 296), Hadrien, n** 49 et 60, Antonin le Pieux, n* 1.

(1) Ce sont Schiasal et M. le major de Rauch (cf., t 11^ p. 78, noie 2) et principalement MM. Akerman {Catai. of Roman Coins, t. I, p. XIV et 8uiT.>, et Sabatier {Production de Vor, de Vargent et du cuivre chez les anciens, Saint-Pétersbourg, 1850, fn-8% en partie d'après VHistoire de la chimie, par Hoefer, Paris, I8i3), qui ont fait sur ce sujet des recherches importantes auxquelles se rapporte l'exposition qui va suivre.

(2) Les deniers avec la tête de Néron Jeune conservent encore le poids ordinaire (Akerman).

(3) Pour Auguste et Tibère on a trouvé 0<',991 de métal fin (un essai, Rauch); 0*^^990 (six essais, Rauch); 0<%989 (Sabatier); 0(',98l (Sabatier); 0>',980 (deux essais, Schiassi); 0*^,978 (Akerman); 0*%961 (deux essaip, Schiassi);0(',954(Schiassi).

(4) 0*%874 et 0<',8S5 (Schiassi); 0«%850 (Akerman); 0*^,838 (trois essais, Rauch).

(6) Deux cent soixante-dix-huit deniers impériaux depuis Néron Jusqu'à Septime Sévère, pesés par M. Akerman, donnent les poids suivants : 4*',02 (=62, un de Faustine mère); 3c',82 (=69, un d'Hadrien); 3(^,09 (=57, on d'Othon, trois d'Antonin le Pieux, un de FausUne mère); 3<%63 (=66, un de Sabine, un de Marc-Aurèle, un de Faustine Jeune et un de Crispine); 3«',66 (=56, dix-sept, dont deux de Septime Sévère); 3>%60 (=64, quatorxe); 3K^^43(=53, quaranteet un);3t%37 (=62,quarante-trois);3>',30 (=51, trentetrois); 3»',24 (=50, vlngt.trois)j3«',l7 (=49, trente-un); 3«% Il (=48,vjngO; 3«',04 (=47, trciie); 2»',98 (=46, neuQ; 2r,92 (=46, onie); 2^86 (=44,

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AlMrattons •aoeeMires.

MONNAIES d'argent. 20

qui est conforme aux calculs des métrologues (1) de l'Empire. Il est doue probable que ce poids a été légalement fixé sous Néron.

Quant à la valeur intrinsèque, une première altération avait eu lieu à l'époque de Néron ; sous son règne Falliage ^^- ^txxv, »• î. a varié de Vio ^ presque Vio« ^^^^ Vitellius il atteignit presque 7, ; mais sous les Flaviens le titre de l'argent s'améliora; sous Domitien, l'alliage était de Yio* depuis la fin du règne de Trajan jusqu'à Antonin le Pieux inclusivement, il était presque de V,; il fut de 7» sous Marc- Aurèle, presque de 7io sous Commode, et enfin sous Septime Sévère, vers Tan 198, l'argent n'était plus qu'un vrai billon dans lequel le cuivre entrait au moins pour la moitié dans le poids brut (2).

dcux);2p,79 (=43, cinq); 2^,73 (=45^ un de Commode, un de Didla Clara et UQ d'Albin); 2^,33 (=36, un d'Albin); 2«',I4 (=33, un de Commode). — N0U8 Toyons qu'une diminution générale du poids eut lieu sous le règne de Commode, mais elle ne fut que pusagère. Au reste, Tâge des pièces n'a aucune Influence sur le poids, et c'est toujours par le Utre et non pas par le poids que la valeur de la monnaie a été altérée.

(1) Ainsi l'Anonyme d'Aleundrie, p. 30. — Isidor. Orig., XVI, 35, 13 et d'autres auteurs.

(2) Néron : 0^,943 (deux essais, Raucb) ; 0*^,910 (Akerman). — Galba : 0»',92j (trois essais, Rauch). — Vitellius : 8«',808 (Akerman). — Vespasien : 0«'^86 (Rauch); 0«%98i (Akerman); 0«',878 (Rauch); 0»',806 (Hoefer). — Domitien : 0^,925 (Akerman); 0«',914 (cinq essais, Rauch); 0*',860 (Sabatier). — Nerva: Oc,917 (Akennan).— Trajan: 0<',928 (Akerman, avec la Victoire assise et tr, p. probablement. Vay. Ramus, Cat, mm. vei. Musei régis Daniae,n*n); (K',884 (S.P.Q.ROPT.PRINCIPI et la Fortune auprès d*un autel. Ranch) ; 0<^,862 (l'Arable debout, tenant un bouquet, Rauch); Ub',862 (Gérés debout, Rauch); 0«',838 ( ALIM.ITAL* deux figures. Ranch). Lapremière de ces monnaies deTraJan est probablement de Tan 98 ap. J. G., les quatre dernières sont plus récentes. — Hadrien : 0^,867 (trois essais , Rauch); 0*',824 (deux essais, Rauch) ; Oi',810 (Hoefer, Aker-

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Troisëpoquetprin- Les variatioDS du denier sont donc aussi fréquentes qu'ir-

clpales dans ces • ^ ;i

aitërtuons. réguliëres ; on peut cependant les diviser en trds époques principales : V vers l'année 00 de notre ère, sous Nérou, le poids du denier tombe de Vgi ^ Vos ^® 'î^re avec un alliage de 5 à 10 Vo ; 2* vers l'année 100, sous le règne de Trajan, l'alliage augmente jusqu'à envircm 20 7^; eniiu, sous Septime Sévère, en 198 de Jésus-Christ, il arrive à 50 ou 60 7o» ce qui, réduit en monnaie actuelle, reviendrait à une valeur primitive de 89 7* centimes environ, qui sous Néron tomba à 79, sous Trajan à 66 Vi» sous Septime Sévère à un peu plus de 87 7, centimes.

Gomme nous le verrons plus tard en étudiant la valeur commerciale des monnaies de cette époque, toutes ces variations ne sont pas le résultat d'un changement introduit dans le système monétaire, mais de simples altérations ; car les nouvelles pièces conservaient toujours légalement

man). — Antonin le Pieux et FaustiDe mère: Q^fi2h (Fausdne, Akermau); 0«%858 (Faustine^ Rauch); O^tSiZ (deux essais, une pièce de Paustine avec CONSECRATIO, Rauch); 01^,800 (Raach); 0«%796 (Paustine, Rauch); 0»%783 (Rauch); 0,773 (Akermau); (H',748 (Rauch); 0*^,780 (Hoefer). — Marc- Aurèle, L. Vérus, Faustine jeune : 0«',797 (Hoefer); 0«',782 (Akcrman) ; OK'JiS (neuf essais, Rauch); Os',739 (FansUne, Akerman); 0«',72i (Paustlce, deux essais, Rauch); Os',705 (Paustine, Rauch); Ob',681 (L. Vénis, Akerman).— Commode : 0<',720 (quatre essais, Rauch); Ok',710 (quatre essais. Ranch); O*', 680 (Hoefer).— Pertinax : 0>%900 et 0«^20 (Rauch).— Didius Jullanus : Ot',810 (Rauch). — Sept. Sévère: 0^755 (VICT.AVGTR.P.COS et la Victoire, de Tan 193; de même TR-P.VI.COS.II et un trophée, de Tan 198, Rauch); ù^,lZi (COSJI.P*P et la Victoire, entre les années 194 et 201, Rauch); os',569 (Annone debout, Akerman): 0^^,557 (une pièce avec COS.II.P*P et Uaiz marchant, entre les années 194 et 201; une aotre avec IMP.XI-SALVTI.AVGG et une femme assise, après Tan 196; un« autre avec la Victoire, Rauch); 0«',487 (TR.P.XVIII.C0S4II, Jupiter et deux enfants, de Tan 210, Rauch); 0**^>431 (IVSTITIA et une femme assise, Rauch).

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