‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 53 sur 232 · I.M -HV. J.-C · texte numérisé non relu

I.M -HV. J.-C

Arvcrnc», ayant appartenu aux Helvètes, riclies en or, aux Parisiens fl) utriviiet. * ou aux Arvernes. Les pièces des Arvernes ont pour type une tête jeune d'un côté et de l'autre un cheval qui bondit ; leur poids varie de 7^^b à 7«%2 ; de nombreuses et importantes découvertes ne nous laissent aucun doute sur leui* provenance (2) ; leur type et leur poids ne leur assignent pas une très-haute antiquité ; elles datent probablement du septième siècle de Rome, époque de la plus grande gloire des Arvernes, et rappellent les richesses du roi Luerius, le pèi*e de Bituitus, vaincu pai* les Romains en 033, et qui avait l'habitude de jeter à son peuple des poignées de monnaies du haut de son char (3). Sur quelques pièces assez rares, les plus légères, et par conséquent les plus récentes, on voit en caractères latins les noms de magistrats CAS, et

(1) Cf. sur les monnnfes Attribuées aux Helvètes nos Nordetnak, AlphaheUt p. 24 i et sulv., et sur les pièrtfs des Parisiens, Duchalais, Descriplion des médailles gauloises de la Bibliothèque royale, p. 330.

(2) On a trouvé 900 de ces pièces à Chf^venet, près Cordelles (f^re), non loin de Gergovie (baron d'AIlly, Revue numism,, 1837, p. 460); 69, et parmi ces pièces une avec la légende CAS 9 près de Clermont-Ferrand {Kevue fttim., 1848, p. 149), et un troisième trésor à Pionsat, prè9 Riom (Puy dc-D5me), dans lequel 11 y avait plusieurs pièces de Vercingétorix {Revue num., 1 853, p. 82). U n'y avait pas parmi ces pièces d'autres types. On cite encore deux statères de Vercingétorix trouvés isolément en Auvergne (Bevye num,, nZT, p. 102; cf. 1838, p. 449; 18t7, p. 305). Quarante pièces prises dans le trésor de Chevenet pèsent 7«',5&, trois autres du même dépôt 7c,C5, 7*^,40^ 7i%33 (=144, 141, 138, l^mbert, Essai sur la numismatique gauloise du Nord-Ouest de la France, 1844, p. 136, pi. VII, n- 23, 24, 25); les pièces de Clermont-Ferrand ne pèsent que 7k',20, deux de Vercingétorix, 7>',20 et 7c',lC. — Nous n'avons pas rencontré des fractions de cette pièce.

(3) Posidonius ap. Strab., IV, 2, 3. — Atlien., IV, p. 152. Le premier de ces écrivains parle de monnaies d*or et d'argent que Luerius jetait aa ])euple, le second dit seulement do l'or et de rviigent, et ceci semble 4'«atant plus croyable qu'il n'existe pas de monnaies d'argent auxquelles on pourrait penser.

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L* AQUITAINE, LA GAUU LYO.NNAISE^ ETC. 265

VERCINGETORIXS {sic); le dernier est, saos aucun doute, le glorieux héros de l'indépendance gauloise dans la dernière lulle de 702.

L'Armorique (Normandie, Bretagne, Maine, Anjou) a proportionnellement fabriqué beaucoup de monnaies, et pendant assez longtemps: on distingue deux époques; les plus anciennes pièces ont un poids assez élevé : ce sont des demi-statères et des quarts ; il n'y a pas de statëresentiers; les demi-statères pèsent A(',09, le travail en est passable, on y voit quelques i-estes de légende (1) . A la seconde époque on trouve le statère, variant de 6»%80 à 7«%65 tout au plus; les demi-statères sont rares, et les quarts un peu.plus communs ; l'or contient un fort alliage d'argent et même de cuivre; il n'y a pas de légende; le type est altéré et barbare, souvent le cheval a des ailes ou un bec d'oiseau, ou même une tète d'homme (2).

Cette dernière espèce a beaucoup d'analogie avec les

Armoiiqoe.

Touraine,

(1) Lambert {Essai turla numismatique gauloise du Nord-Ouest de la France) cite des demi-statères de ce genre, et qui ont été trouvés entre la Loire et la Seine, pi. Il, n** ?, 20, 23, 27, 30, des quart*, pi. Il, n** 3, 5, 0, 13, IG, 17,28i pi. ni, n* 25; pLVI, n* 18; pi.XI^M, d*3. Le demi-slatère lo plus pesant est de 4*',00 (=77;, le quart le plus pesaot de 2*^,07 (=30). On y Yoit encore quelquefois le deuiièmc cheval ou le bi^e (Lambert, pi. H, d*' 0) et un reste de la légende (pi. II, n** 7, 0, 13 ; pi. XI bis^ n* 3).

(2) A cette série appartiennent les pièces suivantes : Lambert, loc, cit., pi. H, n*« 21, 24; pi. III et IV. A l*exceptioii û'ou sUtèro de 7c',98 (=160, pi. Il, n« 18) et d'un de 7*r,9l (=140, pi. IV, n*2l), aucun des statères cités par M. Lambert ne dépasse le poids de 7^^,65 (=144). Une trouvaHIe faite à Quimper (Finistère) a fourni 200 pièces de cette espèce, des slatères de C>',80 1=128) et des quarts de statère de l**',70 (=33), ce qui est à peu près le l»oids le plus bas de cette espèce ; on ne trouve dans rouvrage de M. Lambert que deux statères de C^'jGO (=I2C, pi. III, n» 14) et de C«',27 (=118, pi. III, 9" 15), des demi-statères de 3s',20 (=02, pi. III, n»' iC et 17), des quarts de I«s65 (=31, pi. IV, n* 22) qui sont encore plus légers.

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L'EsoAQt.

pièces d*or de la Touraine sur lesquelles on Ut en caractëi'es latins : SOLIMA, ABVDOS, ABVCATO (l), et se rencontre dans les enfouissements, mêiée avec ces sortes de monnaies dont le statère ne dépasse pas le poids de 6^%80 (2),

On peut attribuer au pays de l'Escaut, qui s'étend jusqu'à Reims et Solssons, une autre classe de monnaies qui se distingue par un cheval à double cou et autres monstres semblables; ces pièces sont souvent frappées d'un seul

(1) On a trouvé à Bonnœull, près Saint- MarUn- la -Rivière (Vienne). 300 à 350 pièces; la moitié se compose de deniers romains d'argent (itans le nombre se trouvent des deniers des famiiles jEmilia, Julia, Pomponià), l'autre moitié est composée de monnaies gauloises : les unes d'or, appartenaient à ia Bretagne, une autre pièce d'or avec la légende ABVDOS, deux avec SOLIMAf des quinaires d'argent avec TOGIRIX, ARIVOS — SANTONOS. Q.DOCI.SAMI (Revue num., 1838, p. 74). Un dépôt tout à fait semblable trouvé à Civeaux, près Bounœuily a fourni des deniers des famiiles Julia, Porcia, Poslumia, Volleia, deux monnaies d'or îivec ABVDOS, des quinaires d'argent avec TOGIRIX, SANTONOS, CALEDV {Revue num,, /. ci/., p. 75). On a trouvé à Amboise (Indre-et- Loire, Revue num., 184G, p. 1 IG) une monnaie d'or avec SOLIMA, une autre à Muldes dans la Sologne (Loir-et-Cher, Revue num., 1836, p. 83, 88), deux tout à fait pareilles avec l'oiseau, mais sans légende^ dans les environs de Blois (Revue num,^ 1837, p. 84), une avec ABVCATO» à Lujnes, prèi Tours {Revutnum., 1830, p. 83, 88). — D'après ces renseignements, le Heu d'émission de ces monnaies d*or doit être cherché dans les environs de Tours et dans les départements de la Vienne, d'Indre-et-Loire, Loir-et- Clier, et il faudra reconnaître dans le mot SOLIMA, non, comme on Ta àa souvent, SoUmariaca (Soulosse, près Toul), mais plutôt avec M. Lambert (/. cit., p. 111 et suiv.) un chef nommé SoUmarius.

(3) Les poids sont : pour ABVDOS, G*%8C (= 128, Revue num., 1838, p. 411, n» 8) et Gt'Xd (= 12G, deux exemplaires, Revuenum., 1838, p. 411, II- 8 et 0); pour ABVCATO, 68',C9 (=12G, Revue num., 1838, p.4Il, n«l); pour SOLIMA, Gs',69 (= 12G.deux exemplaires, /{evue num., i838, p. 400, 408), pour SOLIMA—AVLOIB, Z*\Oi (=03, Revue num., 1838,p.412); pour SOLIMA'ATIIVL, 0«',00 (=I7, Revue num , i84C,p. IIC), toutes sont probablement des huitièmes de statère ; pour celles avec Taigle, sans l'gende, 3«',82 (= 72, Revue num., 1837, p. 8^), 3^%C1 (-^ C8, /. cit.).

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LA GAULE BELGIQUE, l'aNGLETEBRË, ETC. 267

côté et remarquables par la légèreté de leur poids qui varie de 5*%3(5 à6",l ; les plus légères et probablement les plus récentes portent en caractères latins la légende GOT^- TINA (1). Les types et le poids de ces dernières leur don- Angleterre. nent une grande analogie avec les pièces d*or des Bretons insulaires : il est vrai que sur la côte méridionale de l'Angleterre on trouve des statères d'or analogues aux anciens statères celtiques» pesant jusqu'à 7^,58 et sur lesquels on voit encore des traces fort reconnaissables du bige ; mais le plus grand nombre des pièces d'or fabriquées dans la Grande- Bretagne sont beaucoup plus légères ; quelques-unes ne pèsent que b^^il ; les quarts sont assez communs, les types sont tout à fait barbares» et, quand il y a des légendes, elles sont en caractères latins (2). Évidemment cette similitude

(1 ) Leiewel, Tjfpe gaulois, p. 1C8 et sul? ., p. 288. —Lambert, /. ci7., p.28, pi. VI, n- 5, C, 7, 8. La pièce d'or avec GOTTINA a élé trouvée aux bords de la Sarre, elle ne pèse que 5<',3G (= 101, Lambert, p. 53, 130, pi. Vil, n" 19) et est probablement la pièce d'or la plus légère des Celtes du continent — Ces pièces, qu'on trouve fréquemment en Belgique, f e rencontrent aussi isolément dans le Nord-Ouest de la France, par exemple, près de Falaise (Calvados, Lambert, /. ciï.,p. 132, pi. VI, n* 12), près de Chartre?, Amboise, etc. (Revue num.^ 1837, p. 82) — Un autre exemplaire mieux conservé s'est trouvé près de Blerscb, dans la vallée de TAUette (Luxembourg); la légende que porte cette pièce est POTTINAet non pas GOTTINA* (Publications de la Société arch, du Luxembourg , t. VIII, p. 181.)

(2) M. Evans en donne une courte liste dans le Num. Chron.y t. XII, p. 1^7 et sulv. Des pièces d'ur, sur lesquelles on voit encore huit Jambes de chevaux et les restes du char et de la Victoire, et qui pèsent entre 7»'',58 (=117) et7(%i5 (=115), se trouvent assez fréquemment sur la cAte, vis-à-vis do liie de Wight dans le Dorsetsbire et dans le comté de Sussex, quelquefois aussi dans le comté de Kent et à Surrey. Le poids diminue de plus en plus. Jusqu'à ce que la pièce d'or arrive sous Cunobelinus au poids normal de 5*^,44 (=8i) et baisse même Jusqu'à 5s%51 (=82). Cf. encore A kerman, Num. Journal, t. I, p. 91 et suiv. — Num. Chron,y 1. 1, p. 73 et sulv. — Lelewel, / ci7.,p. 170, 302.— Tlffwe num,, 1839, p. 3IC; 18V2, p. 424; 1847, p. 374.

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des monnaies gauloises du Nord-Ouest de la France et du Midi de l'Angleterre doit avoir quelque rapport avec l'existence du royaume desSuessiones qui, vers le milieu du sep tième siècle de Rome, florissait des deux côtés du détroit (1 j.

Argent et cukre. La monuaie d'argent et de cuivre ne fait son apparition

dans le pays des Celtes que longtemps après celle d'or, et

elle n'y eut jamais la même importance. La colonie deLug-

43 %r. j.c. dunum, fondée en 711, qui a frappé des quinaires d'argent

«i et 40 av. J.C. eD 713 ct 7l4 (2) , a émis des pièces de cuivre avec le nom de Lugdunum sous le règne d'Auguste (3) et d'autres sans le nom de la ville, mais reconnaissables à l'autel érigé à Lyon en l'honneur de Rome et d'Auguste ; ces dernières ont été frappées par la ville même ou plus probablement

(1) Cte8ar,B<?W.Ga//.,U.i.-Cf. notre^i>/. rom.. t. U. p. 160; U II, p.îîS; tr. fr , t V, p. I2i et t, VU, p. «G. César (Bell. GalL.y, 12) eo parlant de la monnaie des Bretons, dit : Utuntur autaereatU nummo aureo aut taleiêferrets ad certum pondus examinaiis pro nummo. Si, dans quelques manuscrits d'une date récente, on lit aereo au lieu d'aureo, ce changement ne doit être attribué qu'à une mauvaise correction ; les faits prouvent par eux-mêmes qu'il ne faut pas rejeter les pièces d'or parce que les anciens phillppes, dont nous avons fait mention dans la note précédente, ne peuvent pas avoir été frappés après César. U faudrait donc effacer aut aère, ou bien changer ces deux mots en aulem,

(2) Ces quinaires sont classés par Eckbel {Doct, num, vet., t. V. p. ZS) parmi les médailles de Marc-Antoine où en effet on les range ordinairement, quoique selon toute apparence ils soient des monnaies de ville, comme les pièces de cuivre qui ont été frappées à Lvon. L'époque en est fixée par les légendes A.XL et A*XLI qui indiquent, à ce que l'on croit, l*âge de Marc-Antoine (Eckhel, L cit. — Borghesi, Dec.^ X, 7; CEuvres compL, 1. 1, p. 498).

[Cf. ce qu'a dit sur ces quinaires, M. F. Uompois, Revue num., 18G8, p. 77 et suiv.] J. W.

(d) Rckhcl, Docl. num. vei., t. l,p. 73. Il n'en existe qu'un seul type; Tempewur y reçoit les titres de : IMP. CAESAR DIVI p., et non celui d'AV- GVSTVS.

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