‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 2)Chapitre 56 sur 232 · IX · texte numérisé non relu

IX

La Macédoine, province romAÎno en 608, *** *^- •'•-^•

avec i'Achalc, la Motsie, la Thrace, la Pannonie, réunies 8 ans après J.-C, la Dacie, en 106 après J.-C.

La Macé'Ioine est le premier lambeau du grand empire >-* M-cédoinc. d'Orient qui ait été soumis à la puissance romaine, et par conséquent la politique que Rome adopta ensuite, pour le reste de l'Orient, sous le point de vue administratif et monétaire, trouve dans la Macédoine sa première application.

Examinons d'abord la monnaie d'or. La cessation de la ^^'

monnaie d'or dans les États soumis aux successeurs d'Alexandre (nous y reviendrons au paragraphe XI,in/'ra, p. 299) ne suffit pas pour expliquer la raison qui empêcha, à ce qu'il païaît, le roi Persée de frapper de la monnaie d'or (1), ni pourquoi les villes de Macédoine (2), les Athéniens, les Achéens,ni aucun autre peuple de la Grèce, n'en ontfi-appé, une fois qu'ils se sont trouvés sous la protection ou sous la dépendance souveraine et immédiate de Rome. II est

(1) La pièce décrite par Eckhel {Docl, num. vet., t. II, p. 132) est fausse (Mionnet, Suppl., t. III, p. 256); celle qui est donnée par Mionnet (/oe. cit.) a été déclarée plus tard par lui-même {Poids, p. 70) douteuse. Du reste, Texistence de quelques pièces d'or isolées ne prouverait pas que le traité de

557 avait interdit le monnayage de l'or, car ces pièces auraient pu avoir été ^^^ '^^^ ^'^' frappées pendant les années que dura la guerre.

(2) T.-LIv., XLV,l8et29.

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rafirae probable, quoique nous n^en ayons aucune preuve positive, qu'en vertu de la législation i*omaine alors en vigueur, les anciennes pièces d'or, qui jouissaient auparavant d'une certaine préférence dans le commerce, furent réduites (1) à leur valeur intrinsèque. Il existe cependant quelques statères d'or du système attique et d'un travail positivement grec qui portent, en caractères latins, le nom de T. ÛVINCTItw Flamininus (t. II, p. 116, note 2); et de plus les pièces de Sylla, dont le poids est réglé d'après la livre romaine, avaient été, au témoignage de Plutarque (2), spécialement fi-appées pour le Péloponnèse, et y sont restées longtemps en circulation (t. II, p. A&O et note) ; on peut conclure de ceci que le gouvernement romain avait enlevé loTav.j.-c. déjà par le traité de paix de 557, à la Macédoine et à la Grèce, le droit de fabriquer de la monnaie d'or, comme apanage exclusif de la souveraineté, et qu'il se l'était réservé, en vertu du protectorat qu'il exerçait sur ces contrées. On s'était jusqu'aloi*s contenté à Rome d'avoir de la monnaie d'argent, et il eût été peu convenable de frapper en abondance des pièces d'or, uniquement destinées à une province sujette; ceci explique assez le peu d'or romain qui fut alor? mis en circulation.

Il en fut à peu près de même pour les poids des monnaies; le gouvernement romain fit frapper des monosûes du système attique pour la Macédoine et l'Acbaïe, parce qu'à Athènes et à Corinthe, dans l'Achaïe et la Macédoine, les poids attiques avaient exclusivement prévalu (t. I, p. 89).

(1) Nons ne possédons aocon renseignement, autant que wnis sachions, sur la valeur du stalère d*or maeédonlen, et nous Ignorons combien de drachmes d'argent il Ynlalt légalement.

(2) LucuUus, II.

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la m«nii«t« ruiaMiiir.

LA MACÉDOINE, L AGUAIE , LA inRAGE, ETC. 279

Oo voit en effet que les pbilippes d*or et les tétradrachmes attiques sont les seules monnaies dont il soit ûtit mention dans les triomphes des généraux romains du yi* siècle, après les victoires remportées sur la Grèce et sur la Macédoine ^i).

Les poids attiques furent non-seulement conservés par le A^imiutiAnuceaie gouvernement romain pour la monnaie locale, mais, au ^^jTeJT'îî'à'* moyen des tarifs, ils furent pour ainsi dire incorporés dans le système romain, ce qui ne s'était fait pour aucune autre valeur étrangère. Non-seulement, comme nous l'avons déjl dit, toute la monnaie d'or et d'argent frappée par Rome ou sous l'influence des Romains, pour la Macédoine et pour la Grèce, est fiibriquée d'après le système attique, mais de plus les noms des magistrats ou généraux romains y sont inscrits tantôt seuls, tantôt en seconde ligne, mais en caractères latins, ce qui ne s'était encore vu à cette époque sur aucune monnaie même provinciale, qui n'appartint pas exclusivement au système romain. Noas pouvons conclure de là que les monnaies provinciales romaines du système attique étaient, de toutes les monnaies locales, les plus conformes aux monnaies romaines; de plus elles leur furent parfaitement assimilées, comme nous l'avons vu (t. I, p. 96 et 97); ainsi, d'après le tarif, une drachme attique valait un denier romain. Évidemment cette mesure n'est autre chose que l'assimilation légale de la monnaie locale à la monnaie romaine, lors de la réduction de la Macédoine en province. 11 est à croire que le denier romain fut pour lors accepté par la Macédoine comme monnaie courante, et il est possible que le tétradracbme macédonien fût en même temps admis à circuler en Italie; il s'entend cependant que cette admission profitait au denier. Cependant l'assimilation de ce

(I) T.-Liv., XXXIV, 52; XXXIX, 5.

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280 OIAPiTRE IV.

système monétaire étranger *au système romain diiïëre des assimilations analogues qui eurent lieu ailleurs, ce qui arriva assez souvent : non-seulement dans le langage habituel on nommait très-improprement le denier drachme attique, parce qu'en Macédoine et ailleurs encore on pouvait le faire passer comme ayant une valeur égale, mais le^ noms mêmes de drachme attique et de drachme d'Alexandre furent tellement acceptés pour le denier dans les provinces orientales (t. I, p. 32 et 33) que la véritable drachme attique de As%37 a été alors appelée drachme euboïque (t I, p. 31, 96 et 97), et que ce nom lui est resté même après le règne de Néron qui réduisit le denier romain de 3«',90 à 36», 41 {supray p. 28).

Pour expliquer cette singularité, il est bon de rappeler la position politique et monétaire de ces contrées, avant la conquête romaine. La monnaie attique, ou pour mieux dii^e la monnaie d'Alexandre avait toujours été regardée, dans les provinces soumises au Grand Roi, comme une monnaie royale et comme le privilège de la souveraineté ; à l'exception des monnaies égyptiennes, toutes les monnaies royales suivaient le même système, tandis que la plupart de celles frappées par les villes libres mais vassales étaient tout à fait difTéi^entes ; nous en voyons la preuve dans toutes les monnaies royales qui, en réalité, étaient des monnaies de villes, lesquelles après la mort de Philippe et d'Alexandre ont pendant plusieurs siècles été frappées à l'effigie de ces princes, et avec leurs noms dans un grand nombre de villes et de pays. Le pouvoir de faire frapper la drachme d'Alexandre le Grand passa avec la souveraineté entre les mains de la République romaine, et l'on peut attribuer au Sénat romain l'idée d'accepter la drachme d'Alexandre dans le système romain, en l'assimilant au denier romain, pour faire com-

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LA MAGÊDOINK, l'aGHAÎE, LA THRAGË, ETC. 281

prendre à ses nouveaux sujets que la République, devenue maîtresse de la Macédoine, héritait aussi des prétentions du Grand Roi sur la souveraineté de TOrient.

Argent.

Il parait que le traité de 557 n'avait pas enlevé à la *^^ *'• J-c Macédoine le droit de fabriquer de la monnaie d'argent et que ce fut seulement après la bataille de Pydna, loi-s de la réorganisation de la Grèce septentrionale, que les quatre confédérations macédoniennes (Ampbipolis, Thessalonique, Pella et Pélagonia) ainsi que les princes de la Thrace se virent enlever cette prérogative. Ce n est qu'on 596 que le mar.j.-c. Sénat, ayant ordonné (1) de rouvrir les riches mines d'argent qui se trouvaient dans la Macédoine^ accorda à la province dans laquelle ces mines étaient situées le privilège de pouvoir émettre de nouvelles pièces d'argent; cette province, qui était celle d'AmpbipoIis, fabriqua des tétradrachmes dans une proportion tout à fait extraordinaire (2) pour le peu de temps que ce privilège lui fut concédé (596- ,^j,g ^^ jiç 608). Le même privilège a sans doute été îiccordé à la seconde province de Macédoine dont Thessalonique était le chef-lieu, m^is elle n'en fit pas grand usage. La troisième et la quatrième province ne nous ont pas laissé de monnaies d'argent. Lorsqu'à la suite de la révolte suscitée par le faux Philippe en 608, les quatre confédérations macédoniennes i^eav. j.-c. furent dissoutes, et tout le pays réuni en une seule province sous un gouverneur romain, l'émission des tétradrachmes macédoniens ne fut pas interrompue; seulement, à côté du nom de la Macédoine, et du signe particulier à

(1) Casiiodore à l'an 50C.— Cf. notre Ilist. Rom,, 1. 1, p. 768 ; tr. (r,, t. 1V> p. 28.

(2) Kckhel. Doci.num, vel., l. II. p. 03. — Borghfsf, Dec. XVI, 1-4 ; ÛBavres compL^ t. Il, p. 23G et suiv.

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Ç« av. J,-C.

282 cnAPiTnB iv.

Thessalonique, devenu chef-lieu de la province, on mit le

nom ou le titre du gouverneur ou du questeur (1) romain.

La Macédoine continua donc encore à jouir du droit de

battre monnaie, mais seulement sous le bon plaisir de la

puissance protectrice (2), et en vertu d'une autorisation

spéciale et temporaire accordée par les gouverneurs ; la

seule date certaine que nous puissions assigner à Tun de

ces magistrats est l'année 666, mais on peut supposer que

tous sont antérieurs à Sylla (3).

lin do la monnaio I/époquc OÙ finît Ic monnayage d'argent dans la Grèce

cil Grèce. proprement dite est moins facile à déterminer. La Ligue

lu av. j.-c. Achéenne cessa de battre monnaie en 608, c'est tout simple ;

mais Athènes a continué à frapper des tétradrachmes avec

les noms du roi Mithridate et d'Aristion, par conséquent

(f) Voy. t. Il, p. CO, note K Les autres signes, que i*on regarde comme des signes d*ateliers monétaires, sont plut5t des chiffres. Quant à Thessalonique, comme capitale de la province et icpcâvT) MotxcSo'vcdv, voy, Marquardt^ Handbuch, i,\lh\, p. 118.

(2) U est bien entendu que les monnaies des quatre provinces de la Macédoine sont plus anciennes que les tétradrachmes qui portent simplement la légende MAKEAONXIN et le nom d'un proconsul ou d'un questeur. D'un autre côté les petites pièces d'argent avec la légende MAKEAO NllN, qui pèsent 2c',&8 (=48 1/2, Mionnet) et moins, sont d'après le style et le poids beaucoup plus anciennes; elles sont en rapport avec les sixièmes de slatère d'argent de Philifipe H (L. Mûller, Numismatique cC Alexandre, p. 337, n** 14-17), qui sont encore frappées d'après le système des Perses (t. I. p. 20, note 1 et p. 44), et par conséquent elles appartiennent aux temps antérieurs à Alexandre le Grand.

(3) Les noms des magistrats romains, qui s'y trouvent, ont été énumérés t. II, p. CO, note 1. Borghesi {Dec, XVI, 1-4; (JEuvr. compl,, t. Il, p. 23C et suiv.) a traité de l'époque à laquelle lis appartiennent. Le magistrat nommé SVVRA LEG. PRO Q. semble être Bruttlus Sura, légat de

80 et 87 ar« j.*c. Sentlus Saturninus, gouverneur do la Macédoine de C05 h GG7 ; celui qui porto le nom de CAE-**PR. doit élrc antérieur à Sylla, puisqu'il prend encore le titre do préteur, et non c«;lui de propréleur.

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