XVI
L'île de Cypre, province romaine vers 723. 51 tr. J.-C.
Les anciennes monnaies de l'île de Cypre, qui dans l'origine appartenaient au système perse (t. I, p. 11 et 19, note 2), et furent ensuite pendant très-longtemps semblables aux pièces égyptiennes sous l'empire des Ptolémées, dont l'Ile de Cypre faisait partie, rentrèrent, à ce qu'il parait, sous la domination des Romains, dans le système adopté pour la Syrie. Durant toute la période impériale, il ne s'y fabriqua pas de monnaie d'argent, excepté pendant les trois dernières années du règne de Vespasien; ces pièces portent le nom de l'empereur en caractères
ancienne de ces monnaies daterait d'avant la transformation de la Judée en proTiiice romaine sous le gouvernement d'un procurateur. Mais cette hypothèse est arbitraire et peu probable, puisque la date la plus ancienne inscrite sur ces monnaies, se rapportant à une des années d'Auguste^ est 4 i . On pourrait plutôt penser aui armi AugxMtorum ou aux anni Augusii qui, selon Gensorinus {De die natali, cap. XXI. — Cf. ma Chronologie romaine t p. 266), commencent au l*» janvier 727 de Rome, et par conséquent l'année J7 tr. j.-C. il correspondrait à l'an 767 de Rome, 14 après J.-C, c'est-à-dire A Tannée de la moit d'Auguste. Le nombre le plus bas, qui jusqu'à présent soit certain, est 36=9 après J.-C; pourtant aussi les nombres 33, 34, 35 peuvent être eiactd, mais il n'en est pas de même des dates A et AA* (1) Saulcy, /. ciï., p. 155.
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grecs et la date de son règne dans la forme uAtée à Antioche et à Césarée, ET0Y2 NEOY lEPOY, Mais le nom de la ville n'y est pas mentionné, et le type seul fait connaître que ces monnaies appartiennent à l'tle de Gypre. Les pièces qui portent le nom de Vespasien sont des tétradrachmes, celles qui portent les noms de Titus et de Domitien, qui avaient été adjoints à l'Empire comme Césars, des didrachmes; les unes et les autres sont frappées sur le modèle syro-cappadocien (1). On voit sur un de ces tétradrachmes une contre-marque avec la tète d'Antonin le Pieux et le chiffre III (2) ; sans aucun doute, cette contre-marque était destinée à donner à cette pièce la vdeur de 3 deniers dans toute l'étendue de l'Empire. La grande quantité de bronze d'Antiocbe, que l'on trouve dans l'île de Gypre (3) , prouve bien la similitude des deux systèmes monétaires.
§xvn.
109 ET. j.^. La Cilioie, province romaine en 602.
L'ancienne monnaie de la Gilicie était le statère d'argent perse, de 10^,78 et au-dessous. La drachme de Gilicie fut
(1) Eckhel, Doct. num. veL, t. I!î, p. 85; t IV, p. 419; Mlonnct, t. U\, p. 672 et fuiv. ; Supplément, t VII, p. 305. — Poids: Vespasien, ias%i9 (=248 i/4,MlonDet,p.9); IS*" (Cabinet de Berlin)! 1 2^,85 (=£3iS, Mioanet, p. 18); «f.SO (=197,6, Leakc); 12«', 67 (=288 1/2, Mlonnet, p. 16); I2«',6 (Cabinet de Berlin); 12^,49 (=2351/4, Mionnet,p. 21); 11«',95 (Cabinet de Berlin) ; llc,83(=?223/4, Mionnet, p. 22).— Titos et DomlUen, 6*', 1 (Cabinet de Berlin) ; 6^.03 (=:1I3 1/S, Mionnet, p. 28); 5i*,68 (=106, Mlonnet. p. 26); b^,e (Cabinet de Beriin); 5i',46(=102 3/4,Minnnet, p.27^
(2) Mlonnet, t. III, p. 672, n« 10; cf. p. 673, n- 20, 21.
(3) Eckhel, Doct. num. vet., t. lU, p. 302.
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LA GILIGIE. 320
tarifée par les Romains à la valeur d'un denier et demi (t. I, p. 62). Les pièces d'argent, et elles sont fort peu nombreuses, frappées par la province, par Tarse, sa capitale, ou très-rarement par la ville d'Aegae, sous les règnes de Domitien, Trajan, Hadrien et Caracalla, portant des légendes grecques et F indication du nom de la province ou de la ville, pèsent, les unes 10 (l),les autres 14 grammes (2); les plus légères ont le type en usage à Tarse sous la domination des Perses, le lion terrassant un taureau; le type des plus fortes ressemble à celui d'Antiocbe. La première de ces espèces est sans contredit l'ancien statère d'argent perse ; la seconde peut être considérée, soit comme le tétradrachme (t. I, p. M et A2) , correspondant au statère et qui anciennement se trouve souvent confondu avec lui, ou bien, ce qui est plus probable, comme une monnaie frappée à l'imitation de celles de la Syrie.
(1) Hadrien ^,12 (=183» Mionnet, t. in, p. 62i, n* i23); c'est la seule pièce de cette espèce que nous ayons trooTée. Les médailles les plus anciennes de Tarse qui portent ce type se trouvent dans Touvrage du duc de Luynes, Num. des Satrapies, p. 56.
(2) DomlUen, Ut^,Z9 (=371, Mionnet, t. UI, p. 624, n« i20) ; Hadrien et Sabine, i3s',4i (=253, Mionnet, t. Ul> p. 625, n« 424); Caracalla, en potfn, 5r,90 (=111, Mionnet, t. III, p. 631, n« 458). La pièce extrêmement rare d'Aegae, frappée sous Hadrien Tan 132 après J.-C. et portant la légende ETOYC OOP , (n») (Pckhel, Doct. num, veL, t III, p. 37 .—Mionnet, t Ul, p. 540, n* 19) pèse 12«',73 (=196 1/2, Cat. Nortwick) et fait probablement aussi partie de cette série; elle est trop forte pour un eistopliore, surtout de ce temps-là, même si i'ubsence de toute autre trace de ce système à l*est du Taurus ne s'opposait pas & cette classification. Du reste, il est regrettable que l'on connaisse très^u de pesées de ces sortes de pièces.
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§ XVIH.
et 74 av. J.-C. I-*île àe Crète réunie en 687 et la Cyrénaïque en 680.
Ile de Crète. *La monnaie d'argent qui avait cours dans Tlle de Crète, sous Auguste, Tibère et Trajan. a une grande analogie avec la monnaie de la Cilicie. La légende est grecque, excepté le nom de l'empereur Trajan, qui est ordinairement écrit en lettres latines; on y lit le nom de l'empereur, celui du gouverneur romain, celui de la province, et, ce qui ne se voit pas ailleurs, sous les règnes d'Auguste et de Tibère, même le nom de la ville (1). Ces pièces appartiennent, les unes à l'ancien système de l'île, qui n'est autre que celui du poids le plus léger d'Égine; elles ressemblent parfaitement à celles de Cilicie et sont tarifées parles Romains à la même valeur (2) (t. I, p. 62) ; les autres paraissent correspondre aux didracbmes et aux drachmes de la Syrie et de la Cappadoce (S).
cyrënâïquc. Cyrène n'avait originairement que des monnaies du
système attique (t. I, p. 90); plus tard, cette ville eut des didracbmes attiques et des tétradrachmes frappés d'après
(1) Nous trooTODi sur les pièces d'argent les noms d'Eleathernae, Gor« tyne, Hierapytoa, Gydonia, Polyrrhenium (Eckhel, Doct, num. vet., L II. p. SOI etsuir.). La pièce semblable de Nerra (Mionnet, t. II, p. 259, n* 9) est fausse {voy. Mionnet, Supplément, t. IV, p. 207).
(2) Polyrrhenium^ Auguste, 9^,b7, (=179 1/4, Mionnet,!. Il, p. 2&7,n*l); Hierapytna, Auguste^ 9f,Sl (=179, Mionnet, Suppl., t. IV, p. 290, n* 1).
(3) Cydonia, Tibère, 7r,28 (=^187, Mionnet, t. Il, p. 258, n* 3): Gortyoe, Auguste et Tibère, 6>',S2 (=122 3/4. Mionnet, t. U,p.2S8, n* 4).*SaDS indication d'atelier, Auguste et Tibère, 2«^,lS (=40 1/2, pièce endommagée, Mionnet, t. II, p. 258, n* 5); Trajan, 2«,80 (=52 3/4, pièce endommagée, Mionnet, Suppl., t. IV, p. 297, n* 8).
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l'île de gbète et la gtrénaîque. 331
le système des Ptolémées (1). Sous Trajap, les pièces d'argent de Cyrène ne portent que le nom de l'empereur en caractères grecs, mais leur type (la tête de Jupiter Ammon) et le lieu où on les trouve fixent leur attribution ; elles pèsent A^'tSO et i'^fiJ (2) ; ce poids dépasse tellement le poids du denier contemporain, que nécessairement on doit considérer ces pièces comme des drachmes attiques et des trioboles, et qu'il est hors de doute que le système attique fut conservé à Cyrène pour la monnaie provinciale. On peut donc attribuer sans hésitation à Cyrène une pièce d'argent avec le nom de Tibère en caractères latins, qui a été évidemment frappée hors de Rome et qui est semblable aux tétradrachmes attiques (3). Nous ne connaissons pas d'autre province où, à l'époque impériale, ce système ait été conservé (à).
(1) Mloonet, Poids, p. 208 et BDiv. Des <lidricliin6s de poids complet, comme par exemple, de8(%68 (=134, Hunter) et 8*',43 (=158 3/4,Mionnet, t. V], p. 562, D'' 80), sont rares ; la plupart de ces pièces pèsent 8(' et aadessoos, mais ne doivent pas être séparées de cette série, comme Bœckh (Metroiogische Uniersuchungen. p. 87) le veut, parce que les monnaies les plus anciennes de la Gyrénaïque snivent le système attique non réduit. Les tétradrachmes des Ptolémées n'ont pas un poids au-dessus de 13(^,48 (=353 3/4, Mionnet, SuppL, t. IX, p. 183, n* 19); ils sont donc aussi assez légers.
(2) Ecl1»l, Docl, fitim, vet., t. VI, p. 445. — Duchalaid, Rev. mm., 1851, p. 101. — Poids : 4«',20 (Duchalals); 3»',82 (= 59. Lcake); lt',87 (= 28,8, Leake); l^fi (Cabinet de Berlin); 1*^,75 (Dacbalais); 1*^,70 (deux exemplaires, Dochalais).
(3) Avec refflgie de Tilôic d'un côté et avec celles d'Auguste et de sa iŒQr Octavie an revers. Eckhel, /. cit., t. VI, p. 161. Poids: 16*%99 (= 233 grains viennois, Pinder, Cistoph., p. 582).
(4) On pourrait peut-être aussi penser à la Pamphylie. Cf. supra, p. 310 et
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