‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 15 sur 240 · MONNAIES DE CUIVRE DEPUIS LE IW SIÈCLE · texte numérisé non relu

MONNAIES DE CUIVRE DEPUIS LE IW SIÈCLE

Tancien système, le sesterce est la pièce qui se conserve lé plus longtemps; on le trouve encore sous Aurélien (1) et même sous Florien (2) en 276. Le poids diminue d'une soa poids diminue, manière sensible ; le sesterce, qui devait peser une once, pèse environ 6/6 d'once depuis Sévère Alexandre jusqu'à Philippe, une demi-once sous Trajan Dèce; il tombe à un tiers d'once sous Trébonien Galle (3) ; dans l'alliage le zinc diminue en même temps et on le remplace par de Tétain et du plomb en assez grande quantité (&). Les trésors enfouis au m* siècle prouvent, comme nous le verrons plus tard, que les sesterces du i*' siècle avalent à peu près cessé

ce genre pèsent 33«',9 (=1 oitce, 5 scr. 5 gr. Gori, Mus, Flor., t. VI, p. 164), Zi.f^,l (=1 once, 4 scr. 18 gr. Gorl, /. cit., p. 165), 33«%l (=1 once, 4 8cr. 13 gr. Gori, /. cit., p. 163); le sesterce de cette époque pesait environ la moitié (in/hi, note 3). La pièce du Bosphore, valant trois sesterces, est une pièce analogue.

(1) Ramus, /. cit., Aurelianus, n" 3, G, 149; Set;ert»a,n" 22-24, sans S.C. {supra, p. 13, note 1), mais bien reconnaisse ble au moiule et à l'absence de la couronne radiée.

(2) Ramus, /. cit., Florianut, d«* 35, 36 avec S.C*, donc sans doute un sesterce (supra, p. 18, note 1). — Les sesterces d'Aoliocbe les plus réeenls décrits par Mionnet (t. V. p. 214, n* 514) sont de VaJérien.

(3) C'est ravis de Pinkertou (/. ctï., t. I, p. 140). Les as, depuis les dernières années d'Élagabale jusqu'aux Philippe, pesés par M. Pinder, sont de 2i à 1 9<'., deux autres de Trajan Dèce pèsent, run 18*'., l'autre 16>',4 (cf. supra, p. 92, note 6), deux as d'Aurélien pèsent 8 grammes. Borgbesi possédait 103 sesteroea depuis Trajan Dèce Jusqu'à Postume, dont 23 pèsent au-dessus, 80 au-dessous de 2/3 de l'ancienne once romaine.

(4) Les analyses de Sabatier fournissent les proportions suivantes :

Cuivre. Zinc. Étain. Plomb.

Sévère Alexandre. ... 7i,56

Sesterces. Julia Mamasa 72,01

Gordien Ul 77,10

Sesterce? Philippe 11 76,20

iE2; Dupondius? Sévère Alexandre. 75,84

rr.

rr.

tlft.

94 GHâWRE lllk

de circuler & cette époque» ce qui s'explique parfailemœt par la grande diiïérence qui existe entre ces eesteroee et leB nouveaux, quant au titre, et peut-être les retirait-on de la circulation pour les fondre« cotrre taacë, tes ^^^^ avous VU au paragraphe précédent (p. 8d) Tori- •ignet distiac- gjQe ^q ].^ monnaie de cuivre saucé. L'Antoninianus aivait passé graduellement du billon au cuivre; en 267 il contenait au maximum 8 0/0, au minimum à peine 1/2 0/0 et en moyenne de A à 6 0/0 d'argent (1) ; la couleur bkn«châtre et argentine qu'on y appliquait, mais qui ne durait pas, donnait aux pièces neuves l'apparence de l'argent: deux signes distinguent parfaitement les pièces de cuivre saucé de la monnaie de cuivre proprement dite, tant que l'on continue simultanément le monnayage au nom de l'empereur et celui au nom du Sénat ; le cuivre saucé remplace l'argent et ne porte jamais les deux lettres S«C* qui caractérisent jusqu'à la fin la monnaie sénatoriale (2). Évidem-

(1) Vicloîln, 0«',02?, (r,OI8, Oi%OiG, 0»%0I1.— MariiM, 0«',0&1.— Télricus (T^Oll, o«',008, O^yOOA, deux eK'itipI. — Claude le Gothique, ©•'^OTS, e«»,021, deux eiempl. iRaueh)^ 0(%0l9. -> Qufntilte, 0*',02S2, 0«%022. — Aarélien et Séverine, 0^,OhB, 0<'^053, deux exetnpl. (K&ueb}, Os',044^ (^,030, 0«',029. —Tacite, 0»',n50, 0«',O49,0i^^44.— Pn»bu8, 0«',0S2, quatre exempl. (Rauch), 0«',044 (Akernian), 0«%03?, 0«^,O32. — Tarin, Oi'.OSO, deux exempl. (Raucli)» -» INnclëtien avec CONCORD. MILIT.. deux figures, en bas XXI» et aveo MARTI PACIF-, Marf.en bas XXh tous les deux, 0^,045 (Riudi). ^ Maximîen avec COMES AVGG., Minerve, a>%020 (Ranch). Les bm* lyses, qui ne porient pas d'autres nums sont de Phillips {infra, p. 95, n.2)i

(2) C'est pourquoi Zof ime {Hist. }, 61 .— Voy. infra, p. 06, noie 2} nomme les monnaies de cuivre saucé d'Aurélien àpvOpiov vtov; aussi les noms donnés à ces sortes de monnaies appert iMinentils tous au système de l'argent. L'absence des lettres S*0| les traces d'argpnture^ le litre d'argent, enfin le module plus petit nous donnent des indices suffisants pour distingnerl'AntoninianusdudupondiuSydu rcsie semblable (mpra, p. 86); d'ailleurs, il parait

que le dupondius avait déjà cessé d*étre fabriqué depuis le règne de Trajan Déce (supra, p. 92).

MONNAIES DE CUItBE DEP0IS LE 111* SIÈCLE. 05

ment il ii6 peut être question de valeur intrinsèque pcnst des pièces qui ne pesaient en moyenne que 2s%7 (1) et qui contenaient encore un alliage d'étain et même de plomb (2) . Le gouvernement fut sans aucun doute seul coupable de cette altération, mais des fraudes considérables peuvent dtre mises sur le compte des officiers monétaires, car tout gouvernement qui trompe et qui vole le public est cer^ taiaement à son tour volé et trompé par ses agents. On attribue la grande altération de l'argent sous Claude le G^bique et Aurélien à l'intendant des monnaies Felicissimua (3) : on veut dire probablement par là que cet agent

(1) Qoâtre-vingts pièces de cuirre sancë de GalUen et de Claude le (jO-> tbk|ue ont un poids moyen de ^f,l (Borgbesi).

(2) Les anblysesde GÔbel^et surtout celles de Phillips, qui sont beaucoup plus exacte^ (t. ï, p. 204, note), ont montré que les monnaies de Victorin et deTétricus ne contiennent pas une grande quantité d'étain et de plomb^ mais celles de Claude^ Tacite et Prubas donnent les résultats suivante :

trace.

PhilMp».

Gttbel.

PliilUpt.

G5bel.

Pliilllps.

n,is

GObel.

GlftQdte, Jnno reçi^

Id. Speïïpuèliea

M. — TMlte, Par fmbliea

la. Libéria» auç

Id. —

Probvs, Cl$meniia Ump. . . .

Id. JJarB Victor

Id. —

SI GObel n'a pas trouve d'argent, il est évident que c'est à set analyses trop peu exactes qu'il faut l'attribuer.

(3) Vopisc., ilure/ian., XXXVIll.-Aurel. Victor, de Cûctûtiôw, XXXV, g. — Eotrop.. ra, !4. —Cf. Vict., Epitom., XXXV, 14^-Suidas, ««6 verb.

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diminua la quantité de métal fin , puis ajouta une plus grande proportion d'étain et de plomb dans les lingots destinés au monnayage des Antoninianus , qui alors circulaient p)*esque seuls. Il se trouve des Antoniniauus de Claude le Gothique qui contiennent 8 0/0 d'argent et 6 0/0 d'étain et de plomb; d'autres ne contiennent que 2 0/0 d'argent avec 16 0/0 d'étain et de plomb. Les premiers représentent peut-être l'altération tolérée et les derniers l'altération frauduleuse.

Kirorts pour lui ^c noiubrc considérable des pièces de Claude le Gothique rendre sa ^a- qyj ^q^^ g^^^ parvcnucs confirme ce que les historiens

ri.x\xvn.ii-i, nous disent des proportions vraiment extraordinaires ^ *' '• qu'avait prises ce genre de fraude. L'abus était devenu tel que, lorsque Aurélien voulut y niettre ordre, les concussionnaires excitèrent dans les rues de Rome une émeute dans laquelle périrent, dit-on, près de sept mille hommes. Les réformes d' Aurélien et de Tacite ramenèrent pour quelque temps un monnayage plus régulier; ce dernier empereur, n'étant encore que sénateur, s' était déjàbeaucoup occupé de cette matière (1 ) , et il inaugura son règne par une défense sévère d'altérer aucun des trois métaux ( Vay. iupray p. 88, note 1) (2). 11 existe des Antoninianus

MoviTâpioi). Eulrope désigne ce crime par l'expression vt tiare pecunias, Victor, par nummariam notam corrodere. Monges {Mém, de VAcad. des ÎHScript. et belles lettres, t. IX, p. 223) a reconnu^ et l'explication exacte de ces expressions le conflrme, quMl ne s'agit que de l'altération du titre. Fïtiare, en terme technique, signifie allier; vitium (Ovid., Fast., Vf, 785.— Dig., XLVill, 10, 9 pr.) est alors le vil métal qui doit être séparé {deeoguère, excoquere) ; le passage de Florus (I, 32, éd. Jabn), où le cuirre oorinthien, contenant de l'argent et de l'or, est appelé aeris nota pretiosior, prouve que nota signifie le titre, terme technique qui dérive sans doute de la marque (nota) qu'on traçait avec le métal sur la pierre de touche.

(1) Vopisc, Tacitus, XI.

(2) Zoalme (Hist,, \, 61), en parlant d'Aurélien, dit : dp^ûptov véov 6i)(m-

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