‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 32 sur 240 · VALEUR DES PIÈGES DE CUIVRE · texte numérisé non relu

VALEUR DES PIÈGES DE CUIVRE

moment de crise, des banquiers rachetaient pour le compte du gouvernement du papier-monnaîe à un prix fixe pour empêcher sa dépréciation complète. Mais l'or montait toujours, et la taxe s'éloigna tellement de la véritable valeur du sou, qu'il ne fut plus possible aux changeurs, même avec la bonification qui leur était allouée, de donner le sou au prix fixé.

Gratien augmenta cependant la prime accordée aux changeurs pour vendre l'or au taux légal (1) , et ce nouveau rescrit se rattache sans doute à celui dont nous avons parlé plus haut (supra, p. 171). Mais peu après, l'année 383 ayant été une année de renchérissement qui avait probablement amené l'exportation de beaucoup d'or à l'étranger, Symmaque, préfet de la ville, envoya en 884 à ses réclamations

appuyées

l'empereur Yalentinien II de nouvelles réclamations de la par symmaque. part des changeurs romains, en appuyant fortement leur demande. P' après ce document on sait que l'or montait toujours (2) et que l'on payait au forum ou à la bourse (3) le sou d'or beaucoup au-dessus de la taxe légale à laquelle le changeur était tenu de le livrer, ce qui rendait nécessaire une élévation de cette taxe (4). On ignore le résultat de cette démarche.

Symmach., /. laud. Pour Varca vinaria, cf. mon édition de VÉdit de Dio* clétierij p. 77.

(1) Symmaque dit, en parlant de Gratien : huic homxnum generi iantum pro tingulit solidis staluit conferendum, quantum aequiias illius temporis postulabat. Quant aux mots eux-mêmes, ils impliquent une éléTation de la taxe aussi bien qu'une élévation de la prime^ en conservant la taxe ; le rescrit cité supra^ P* ni> note, prouve en faveur de la dernière interprétation.

(2) Paullatim auri enormiiate crescente,

(3) In foro rerum vennlium,

(4) Juatissimae diffinitionis augmenta.

17i GHAPITftK Yl.

Démonétuation Quoloues aDoées plus tard, en 395, on démonétisa la

de la plfece . /* . '^ . . j» o

decuirre pièce de cuivre de grand module, ce qui mit a une façon

de grand mo'lule. . , « i i*

Violente un terme aux maux causés par la masse disproportionnée de la monnaie fiduciaire. Les petites pièces de cuivre, qui étaient seules conservées. n*en eurent pas pour cela plus de valeur. Un édit de Yalentinien III de Tan- Êdit de 445 lotu née AAS (1) oblige d'une part les changeurs à livrer le sou au prix maximum de 7200 deniers et d'autre part le public à l'accepter pour au moins 7000 deniers. Cet édit consacrait une dépréciation formelle de la monnaie de cuivre, et fixait en même temps le change dans les limites de 83 1/3 0/0 à 85 5/7 0/0. En efiet, pour 100 deniers de cuivre, il n'était pas permis d'en demander plus de 85 5/7 en valeur d'or, ni d'en refuser 83 1/3; encore faut-il admettre que ce règlement ait été réellement exécuté et qu'il ait été appliqué à toutes les pièces d'or que les changeurs reconnaissaient comme bonnes. Ces données concordent parfaitement avec ce que nous savons de cette époque; il n'y a là rien de nouveau.

Les peutes pibces La démonétisation des grandes pièces de bronze qui fut '*%^éïIneT^'" proclamée par une loi, conservée dans le Gode Théodosien ^"y^eur Taiï"^' {supra^ p. 138, uote 2), et qui nous est confirmée par les elles ne baiBsent monnaics ct les trouvaiUcs, put bien arrêter la déprécia-

plna et restent ...

stationnaires. tiou dcs pctîtcs pièccs ; mais ce qui en restait, quelque restreinte qu'en fût la quantité, ne reprit pas sa valeur nominale; elle conserva celle qu elle avait au change au moment de l'édit. Ceci se comprend parfaitement; ces pièces étaient considérablement au-dessous de leur valeur nominale, mais elles restèrent, depuis lors, à peu près stationnaires. Zenon et Anastase avaient émis de nouvelles pièces de

(1) De pretio solidi, lit XIV.

ÉJit de Jastinlen.

Page 1