‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 37 sur 240 · ET. J · texte numérisé non relu

ET. J

jouissaient aussi du droit d'exil (1) ; leur position était tellement avantageuse que la plupart restèrent fidèles aux Romains pendant la guerre d'Annibal (2). Quelques-unes hésitèrent même à échanger leur position d'alliées contre les droits complets de citoyens romains qui leur furent offerts à l'époque de la Guerre Sociale (3) ; on doit ranger 826.271,278 et 264 ^^^^ ^^^^^ catégorfo Naplcs (dcpuls 428) , Nuceria Alfaterna, Vélia, Tarente (depuis 482), Héraclée (depuis 476), Locres, Rhegium et Mesâine (depuis 400), car cette dernière ville, quoique située en Sicile, faisait également partie de la Confédération italienne (4)-, peut-être Crotone, Thurium, Métaponte et quelques autres villes maritimes. Autres Tiiiet Nous savons pcu dc choses sur la position légale des

confddéréet. autres États de la Confédération italienne, mais il est probable qu'ils avaient conclu des traités avantageux. Nous ne citerons que les villes suivantes dont les monnaies sont parvenues jusqu'à nous : Iguvium (5),TeanumSidicinum(6),

(1) Naples^ Polyb., VI, 14. — T.-Liv.^ XXIX, 21. Le passage de Cicéron {pro Sullùj \, 17) ne peut être allégué ici, car quand Sylla fut condamné pour corruption électorale (ambitus), l'exil n'était pas encore la peine infligée pour ce délit. -> Nuceria, Cic, pro Balbo, XI, 28. — II en est de même pour les Yilies confédérées situées hors de l'Italie qui jouissaient du droit le plus étendu comme Hassalia, Tarraco, Smyrne, Dyrrhachium et d'antres.

(2) Voy. notre Hist. rom., 1. 1, p. 387, 394 et 776 ; trad. fr., t. H, p. 233, 243; t. IV, p. 67 et suiv.

(3) Napleset Héraclée, Cicero, pro Balbo, \1IÎ, 2t.

(4) Voy. notre Hist. rom,, t. 1, p. 486; trad. fr., t. III, p. 44.

(5) Cic, pro Balbo, XX, 46 et 47, où l'orateur romain donne non-seulement à Camerinum, dont le traité avantageux est plusieurs fois mentionné (T.- Ltv., IX, 36; XXVIII, 45), mais aussi à Iguvium le titre de cité très-unie et trèi-amie : conjunclissima atque amicissima civitas.

(6) Dans la guerre entre Annibal et Rome, Teanum est la principale place d'armes des Romains dans la Campanie. T.-LIv., XXIÎ, 57; XXUl, 24; XXVI, 14.

ÉTATS INDÉPENDANTS DE l'iTAUE. 199

Nola (1) et Petelia; cette dernière, située dans le Bruttium,

fut spécialement favorisée et reçut beaucoup de privilèges

en compensation de ce qu'elle avait souffert lorsqu'elle fut

assiégée par Ânnibal, en 536 ; les autres villes du Bruttium, îis ar. j.c.

au contraire, furent sévèrement punies par les Romains

pour avoir pris le parti des Carthaginois (2) ; ce fut le sort

d'un grand nombre de villes : Tarente perdit ses droits de

cité (3), et les Bruttiens furent traités avec encore plus

de rigueur (4),

Il n'est pas toujours facile de déterminer avec certitude Leur pcuion quelle était l'organisation monétaire des villes confédérées; n»*»"^'»»»^*?. cela vient de ce qu'il est souvent difficile de distinguer les monnaies frappées dans ces villes, avant qu elles eussent contracté avec Rome une alliance perpétuelle, de celles qui le furent après; cependant ce que nous avons dit des colonies latines peut, suivant toute apparence, s'appliquer également aux autres alliés.

11 n'existe pas une seule pièce d'argent frappée par un Monnaie d'argent. État allié de Rome qui appartienne au système romain ; nous avons prouvé (t. I, p. 219 et note 3) que les pièces de Populonia ne peuvent pas s'y rattacher. Comment expliquer cette absence totale autrement que par une disposition législative spéciale qui en interdisait l'emploi? Surtout quand on considère la promptitude avec laquelle les provinces conquises, l'Espagne par exemple, imitèrent les deniers romains, et l'empressement que mirent à

(0 Nola se yante déjà dans la guerre d'Annibal de son amitié de loFigue date avec Rome iT.-Liv., XXIII^ 44); cette alliance datait probablement déjà de ran 441 (T.-Llv., IX, 28). gu av. j. c.

(2) Cf. Applan., Hann.y 29 et 67.

(3) Slrab., VI, 3» 4. — Cf. T.-Uv., XXVII, 21 et 2ii.

(4) Cato, ap., A. Gell., X, 3

90 »T. J..CL battre monnaie les insurgés de la Guerre Sociale en 66A, et à usurper ainsi tous les droits de la souveraineté au nom du nouvel État italien, on ne peut plus mettre en doute cette législation particulière qui en avait interdit l'émission régulière : le gouvernement romain ne reconnaissait pas la monnaie frappée pendant la Guerre Sociale, et les insurgés, de leur côté, repoussaient la monnaie de Rome; on n'a trouvé aucune pièce italiote dans les dépôts de deniers romains, excepté deux dans celui de Montecodruzzo (1). Mais, en revanche, un trésor découvert dans le Samnium à Campobasso (2) ne contenait que des deniers frappés par les insurgés.

On ne trouve jamais de pièces d'argent campaniennes ou de la Grande Grèce enfouies avec des deniers romains ; mais ceci ne vient pas seulement de la différence de leur valeur, mais de ce qu'elles ont existé à des époques différentes et ont été en circulation les unes après les autres.

Les États de l'Étrurie et de l'Italie méridionale, qui ont conservé le plus longtemps leur monnaie nationale d'or et d'argent, furent ceux qui étaient restés en dehors de l'alliance militaire avec Rome, comme Tarente et le Bruttium, ou qui y étaient entrés dans des circonstances plus avantageuses, comme Naples, Nuceria, Nola, Vélia, et cette observation coïncide parfaitement avec ce que nous avons dit plus haut de leur position politique. Broiue. L'étudc des monnaies suffit pour démontrer que les États

confédérés conservèrent beaucoup plus longtemps leur

(1) Voy. t. II j p. 433. — Et aussi quatorze deulers de la même espèce dans le dépôt que j'ai examiné; grâce à ]'obllgeance de H. Hoffmann. Foy, t. Il, p. 526 el buiv. fi.

(2) Biccio, Cat., p. 75.

ÉTATS INDÉPENDANTS DE l'iTALÎE. 201

luonnaie de bronze que celle d'argent ou d*or. On voit sur le bronze des lettres et une orthographe que Ton ne trouve jamais sur les pièces d'argent, par exemple, la forme apulienne El, employée à tort, au lieu de E, l'CJ (t. II, p. â et note 1), ou l'indication de la valeur en chiffres romains, comme xil» sur les pièces de Rhegium et de Messine (t. I, p. 139 et note), ou bien les signes onciaux du système romain. Toutes ces particularités des pièces de bronze ne se trouvent jamais sur Targent. Les pièces d'ai'gent de Populonia ne sont jamais frappées que d'un seul côté et n'ont presque jamais de légendes, tandis que les monnaies de bronze de la même ville sont souvent frappées des deux côtés et portent des légendes. Les anciennes monnaies de Teanum Sidicinum, avec des légendes osques, sont d'argent et de bronze (1); les plus récentes, avec des caractères latins, sont exclusivement de bronze. Les monnaies de cuivre frappées à Rhegium et par les Mamertins, sont évidemment, pour la plupart, plus récentes que celles d'argent, sans en excepter non-seulement celles qui portent le nom de Rhegium, mais encore celles du Bruttium (t. I, p. 127) ; il n'existe pas de monnaies d'argent frappées au nom des Mamerlins. On peut en dire autant de Vélia, Laûs, Thurium et autres villes (2). Un grand nombre de ces cités, situées dans les pays où la monnaie d'argent avait cours et qui suivaient un système monétaire analogue, n'ont pas frappé de pièces d'argent, mais seulement les pièces divisioimaires en cuivre de ce système, et il ne ftiut pas croire que ce fut par indigence

(1) Friedlânder, Oskische Mûnzen, pi, I.

(2) Millingen, Considérations sur la numismatique de Vancienne Italie^ p. 51, U, 93.

OU à cause de leur peu d'importance; ces raisons auraient pu avoir pour résultat de restreindre les émissions de monnaie, mais elles ne les auraient certainement point limitées exclusivement au bronze; d'ailleurs, nous savons que les villes de Larinum, Salapia, Aquinum, auxquelles ces observations s'appliquent, avaient une certaine impoilance. Nous devons plutôt admettre que la plupart des villes, qui ne nous ont laissé que des monnaies de bronze, n'avaient commencé à battre monnaie qu'après l'époque où Rome monopolisa à son profit la monnaie d'argent, ce qui s'accorde, du reste, avec le style relativement récent de la plupart de ces pièces.

Enfin on ne peut pas citer une seule des nombreuses pièces d'argent italiennes qui soit évidemment postérieure

269av.j.-c. à l'année 485. On a, il est vrai, soutenu une opinion contraire au sujet du didrachme de Locres, dont le type représente une femme assise, appuyée sur des armes; cette femme est désignée par le nom de POMH et couronnée par une autre figure debout, accompagnée de la légende TTimi. On a voulu conclure de ce type que Rome avait pardonné à Locres son infidélité et lui avait accordé une nouvelle autonomie pour l'indemniser des maux que lui avait fait souffrir

205 ay. j.-c Q» Plcminius en 5â9 (1) ; cette explication est plausible, mais cette pièce peut se rapporter au moins aussi bien à un événement plus ancien. Dans la guerre de Pyrrhus,

280 av. j.-c. après la bataille d'Héraclée en 474, Locres ouvrit ses portes

277 av. J.-c. à Pyrrhus (2); elle se tourna du côté des Romains en 477, lorsque Pyrrhus eut quitté T Italie (3) , et elle changea encore

(1) Eckhel, Doct. mm. vet., t. I, p. 176. — T.-Llv., XXIX, 21. — Diodor. Sicul., p. 571, éd. Wesseling.

(2) Justin., XVUM.

(3) Zonar.. Vni,6.

275 av. J.-C.

ÉTATS INDÉPENDANTS DE l'iTALIE. 203

de parti pour la troisième fois, de gré ou de force, au retour de Pyrrhus en 479 (1), et, à chaque changement, elle avait livré sa garnison à Tennemi, ou bien Tavait massacrée. Si donc les Romains laissèrent à Locres son autonomie en 480, après la dernière défaite de Pyrrhus, comme 274 »r. j.-c. le prouve la posititon que cette ville occupa par la suite, les habitants avaient certainement toute raison pour exalter Borne et la fidélité des Romains. Évidemment cette pièce est une des plus récentes parmi les monnaies d'argent de la Grande Grèce, son style négligé le prouve ass«z (2); mais il n*y a aucune raison de penser qu'elle a été frappée après l'année 485. Du moins on ne peut pas douter qu'après *«9 «^^^ •'•■cla seconde guerre punique, on ne fabriqua plus de monnaie d'argent à I>ocres, parce que d'une part les monnaies de Tarenle et des Bruttiens, qui, suivant toute apparence, sont les plus récentes de ces contrées, ne peuvent pas avoir été frappées lorsque ces peuples eurent perdu leur autonomie, d'autre part parce que Petelia n'a fabriqué que delà monnaie de cuivre, et cependant il est probable, puisque c'était pour récompenser sa fidélité à la cause romaine contre Annibal, qu'on accorda à cette ville tout ce qu'il était possible d'accorder dans ce genre. Ainsi tout concourt à faire admettre que depuis l'an 486 m^'»'

de cette mesare.

(1) Zonar., /. ciU (Pyrrhus) Toyç Aoxpoù? èxopiteaTO' Tf,v yip f poupàv twv 1Pu>{jLxi'ov àicoxT£(vaivTe< t&£Tirc7)3oiv. — Appian., Samn , XII^ I : ô Du^^oç ètCvvuTO Aoxpou^ Toùf 'Eicil^eçupCou;, 5xt 9poupàv aùxoO xal t6v ^poûpap^ov atkric 66p(<javTaç èç aÙToùç àviuptixe^av. Dans un passage de Tite-Livo (XXIX, 18), un Locrien dil au Sénat romain : (Pyrrhus) cum ex SicUia rediens Locros classe praeterveheretur, foeda propler fideni erga vos in civitatem nosiram facinora edidit. Il est évident que dans ces circonstance»^ comme cela arrive partout, un parti romain et un parU national se trouvaient en présence l'un de l'autre.

(2) Milllngen, Considérations sur la numism, de f ancienne Italie, p. 66.

Rome avait centralisé dans la capitale la fabrication de la monnaie d'argent. Rien ne porte à croire que cette restriction ne se soit appliquée qu'aux États unis à Rome par les liens de la nationalité. On adopta certainement la même ligne de conduite que Ton suivit plus tard pour Fintroduction de la loi i93cti86aT.j.-c. Sempronia cn 561 (1) sur les débiteurs et les créanciers, ou pour l'interdiction du culte secret de Bacchus en 668 (2) : toutes ces mesures frappèrent l'Italie entière. Au fond c'était une violation du droit strict; mais, si l'on voulait sauver les apparences, on pouvait opérer une pression sur les villes alliées, afin de les forcer à ratifier (fundum fieri) les mesures prises par Rome, comme l'exigeaient les traités.

En effet, cette mesure prise par Rome n'était possible en pratique, qu'autant qu'elle atteignît non-seulement les colonies latines dispersées par toute l'Italie, et qui ne fabriquaient que peu de monnaies d'argent, mais aussi en général tous les Etats fédérés et surtout Tarente. Qu'on se rappelle en effet les circonstances dans lesquelles on se trouvait.

Lorsqu'au cinquième siècle les autres ateliers monétaires de la Grande Grèce suspendaient ou du moins ralentissaient l'émission de leurs monnaies d'argent , Tarente avait continué à en fabriquer en grande abondance (t. I, p.lââ), et avait trouvé dans son nome (v(5jxo<) d'argent un aussi grand auxiliaire pour son commerce qu'Athènes dans son tétradrachme et Rome dans son denier. Les Tarentins avaient fait tout leur possible pour opposer une digue à la puissance toujours croissante de Rome; ils lui avaient suscité des guerres avec les Gaulois, les Ombriens, les

(I; T..Liv., XXXV, 7.

(2) T.-LÏV., XXXIX, 8—18.

ÉTATS INDÉPENDANTS DE t' ITALIE. 205

Étrusques; ils avaient saisi et emprisonné les ambassadeurs romains, détruit au milieu de la paix une flotte romaine et tué Tamiral ; ils avaient excité contre Rome les Campaniens et les Samnites et même les Messapiens ; ils avaient détruit les villes de Thurium, Gaulonia, fihegium, alliées de Rome ; ils s'étaient moqués des envoyés de la République et les avaient insultés ; enfin ils avaient successivement appelé en Italie Pyrrhus et les Carthaginois, et ainsi mis deux fois en danger la nationalité et l'indépendance des peuples de la Péninsule.

En 482, la ville de Tarente avait enfin été conquise et *7« av. j.c. rien n'empêchait le vainqueur de profiter- de sa victoire et de détruire la principale source des richesses de sa mortelle ennemie. C'était le but que Rome se proposait lorsque, quatre ans plus tard, elle centralisait dans la capitale la fabrication des monnaies d'argent et fermait les ateliers monétaires de Tarente et de toute Tltalie ; cette guerre avait été une guerre d'extermination, et Tarente ne put désormais se relever du coup qu'avait porté cette mesure à son commerce et à l'exportation de ses monnaies.

Quelques exceptions à cette mesure générale peuvent K|^«««p«ob» être admises ; ainsi on peut supposer que les Bruttiens, qui générale. appartenaient pour ainsi dire plus à la Sicile qu'à l'Italie, continuèrent encore quelque temps à battre de la monnaie d'argent et qu'ils ne perdirent ce privilège qu'après les guerres d'Ânnibal en Italie. Jusqu'ici nous n'avons aucun document qui puisse nous autoriser à admettre un semblable avantage en faveur de n'importe quel autre État italien ; et encore est-il bon de remarquer que les pièces d'argent des Bruttiens, qui ressemblent à celles de Pyrrhus (t. I, p. 128), diflèrent des plus récentes, copiées après l'année 538 tu ar. j.-c. sur celles de Syracuse ; il est donc probable que l'émission

les anciennes raoanalea d'argent

206 CHAPITBE II.

des pièces d'or et d'argent du Bruttium n*a pas duré audelà de Taniiée 538 (t. I, p. 113).

Ce que dcTiennent II u'est pas facile dc déteiniiner ce que devinrent après AS6 les anciennes monnaies d'argent. On ne peut pas admettre qu'elles furent immédiatement démonétisées et qu'il y eut une refonte générale au profit de la monnaie romaine, car alors les anciens deniers ne seraient pas aussi rares qu'ils le sont. Les Romains avaient été habitués de tout temps à voir circuler de l'argent monnayé et à l'accepter au poids ; les anciennes pièces d'argent démonétisées furent probablement considérées comme des lingots et acceptées comme tels dans les marchés et les transactions, ce qui amena leur fonte successive et enfin leur disparition totale. Quant à la monnaie de bronze, les pièces pesantes {ae$ grave) y quand elles ne remontent pas au-delà de l'époque où les villes de l'Italie ont fait alliance avec Rome, nous paraissent convenir aux villes qui avaient conclu des traités d'alliance sur un pied d'égalité. Nous savons qu'il en était ainsi pour Iguvium (swpra, p. 198), et rien n'empêche de l'admettre également pour Tuder (1), et les villes de l'Étrurie (t. I, p. 220) ainsi que pour les Vestini. Quant à Tibur, à Préneste et à ce qui restait encore d'anciens États latins, on peut admettre ce que nous avons dit plus haut des colonies latines de l'ouest et du centre de l'Italie; il est possible, probable même, qu'elles ont eu des monnaies particulières, mais leurs pièces se trouvent confondues dans la masse de Yaes grave anépigraphe de ce pays, et l'on peut ajouter que ce monnayage a dû cesser en même temps que celui des colonies latines situées entre le

(1) CeUe Tille De reçat le droit de cité que dans la Guerre Sociale (Sisenna, 1. IV, ap. Nonium^ sub verb, jusso).

ÉTATS INDÉPENDANTS DE l'ITAUE. 207

Tibre et le Liris, lorsque en 486 Rome se réserva exclusivement cette branche de l'administration. Il est cependant douteux que cette mesure ait été étendue à toute TÉtrurie et à rOmbrie ; Tuder a encore continué à battre monnaie après 486. Les pièces de cette époque sont même trèsnombreuses, mais nous n'en avons aucune qu'on puisse attribuer à Iguvium et aux autres villes de l'Étrurie.

Le monnayage, après 486 ou 486, quoique restreint et limité désormais à la monnaie de cuivre, peut être considéré pour les villes du midi comme la preuve d'nn traité d'alliance avantageux avec Rome, tandis que la perte de l'autonomie entraînait probablement la perte d'une partie des privilèges de l'alliance, et, dans tous les cas,celle du droit de battre monnaie. Ainsi Tarente, les Bruttiens, et probablement aussi Arpi, n'ont plus fabriqué aucune monnaie de cuivre, après la-guerre d'Annibal (1), tandis que les monnaies portant d'un côté la tête de Pallas casquée et de l'autre un coq avec les noms des colonies latines de Calés et de Suessa, ou des villes voisines Aquinum, Teanum Sidicinum, Gaiatia et Telesia, prouvent que ces villes jouissaient encore après 486 de leur autonomie, et avaient conclu une alliance avantageuse. Toutes les légendes, excepté celle de Telesia, sont en latin (t. I, p. 166) . Les ateliers de Frentrum et de Larinum, ouverts seulement vers 485, furent en activité et travaillèrent pendant fort longtemps; toutes leurs pièces sont de cuivre et il est probable que le droit de battre monnaie leur a été conféré en récompense de leur fidélité à la cause romaine, dans les guerres de Pyrrhus (2) et d'An-

Monnayage

de cuivre des TiUea

de ritaUe

méridionale,

considéré comme

une prenve de leur alliance ' arec Rome.

(1) Cf. T. Liv;, XXXIV, 45.

(2) Denys d'Halicaroasse (XVUI, 2), Plutarque {Pyrrhus, XVl) et Flonis (1, 13) font mention d*un ofûcier de Frentrum, nommé Oplacas Opsidias,

nibal (1). Le monnayage de Petelia {supra^ p. 199) , qui commença aussi fort tard , doit coïncider avec la reconstruction de cette ville, après la guerre d' Annibal. Enfin un certain nombre de villes de TApulie et des Salentins, comme Hyria, Salapia, Bytuntum, Barium, Neapolis d'Apulie, Dxentum, etc., qui n'ont émis que de la monnaie de cuivre de date récente, doivent être, à cause de ce fait, rangées parmi les villes alliées de Rome, quelque peu de notions que nous possédions du reste sur leur position politique.

Comment Qes petitcs monnaios de cuivre, n'ayant pas de valeur par

les petites pïfeces * . •• r . -. •

de nulle elles-mêmes, ne représentaient que des fractions de la ftarett^adriL monnaie d'argent. Elles furent adaptées au système romain »n système romain, lorsquc Tancienue monnaie du pays fut supprimée : cette opération put se faire de deux manières différentes, soit en conservant les anciennes pièces et en donnant à l'ancienne unité une valeur légale en rapport avec le sesterce, soit par l'introduction du système des as. La première méthode fut préférée dans la Gampanie et à Rhegium. La litra de cuivre de Gampanie fut évaluée à 1/5 (t. I, p. 164) et celle du Bruttium à 1/60 du sesterce (t. I, p. 133), de sorte que l'ancienne monnaie de cuivre du pays continua à circuler concurremment avec le denier romain. Suivant toute apparence, ce système subsista tant que les ateliers ne furent pas fermés. Dans les derniers temps cependant les onces romaines furent adoptées avec les légendes et les caractères romains,

en donnant le récit de la bataille d'Héradée. Denys d'Halicaniasse (dans qq fragment publié en appendice à la auite de l'historien Josèphc de l'édition de Firmln Didot, t. II, p. 7)^ en parlant de la bataille d'Âusculum, nomme du côté des Romains les Marrucins, les Péligniens et les Frentaniens.

(I) Il est vrai qu'on n'a d'autre renseignement sur ce fait qu'un 8eu\ passage de Sillus Italicus, XV, 566 : fidemgue exuere indocilis sortis Frentanus in armis. — Cf. T. Liv., XXVII, 48.

ÉTATS INDÉPEIlDAlfTS DE l'ITALIë. 209

même par des villes qui n'étaient ni des communes jouissant du droit romain restreint, comme Gapoue, ni des colonies latines, comme Paestum, Copia, Yalentia, etc., et pour lesquelles il n'existait presque aucune raison apparente d'agir ainsi; Larinum eut d'abord des monnaies de cuivre avec des légendes grecques et frappées d'après un système particulier ; plus tard cette ville adopta, sinon la langue, du moins les caractères romains et la division par onces. Dxentum, dont les anciennes monnaies n'ont aucune marque indiquant leur valeur, frappa plus tard des semis.

On peut faire la même observation sur les pièces de Barium et de, Gaelia (t. II, p. A), à moins que ces signes n'indiquent des oboles ou des litres et non des onces, ce qui serait encore possible.

La marche progressive de l'élément romain absorbant petit à petit tout ce qui lui est étranger, est très-sensible, et tout semble prouver que du milieu du sixième siècle au milieu du septième, les villes qui avaient encore conservé des ateliers monétaires, ne frappaient que des pièces du système semi-oncial à partir du semis et au-dessous (6upra, p. 194). Les pièces frappées d'après ce système à Petelia, Orra, Uxentum, Gra... sont contemporaines de ceUes de Yenusia, Brundisium, Paestum, Gopia, Yalentia ; elles sont les moins anciennes de toutes ceUes de la basse Italie. L'as ne se trouve dans aucune de ces séries, pas même dans celle de quatre onces de Tuder (1).

(I) Il D'est pas exact de dire que le type de Tas ancien et du poids le plus fort, un aigle, a été transporté sur le semis et le trions de la série réduite, à laquelle Vas manquerait (Aes graoe, p. 79) ; car les semis et les trions avec Talgle appartiennent an système monétaire le plus pesant.

CBâPtm m.

DROITS DKS VOLES ADnSES AD DROIT DE CITt.

Position politique de ces villes.

Colonies II Dous reste à parler des villes dont Rome avait entië-

vmM demies rement absorbé rindépendance; on peut ranger dans cette

babitaiits classe les colonies de citoyens et les villes dont les habi-

JonisMlent du

droit de citoyens tants jouissaient des droits complets ou limités de citoyens romains. romains. Jetons d'abord un coup d'œil sur l'histoire de ces villes et sur leur position géographique.

Les colom'es maritimes sont les plus anciennes colonies

de citoyens (1), et furent longtemps les seules de leur es*

888 ST. j.>c. pèce (2). Ostie, dès le temps des rois ; Antium, en &16 (3),

(1) Il ne faut pas oublier que, la liste des colonies latines étant close depuis l'an 545 {supra, p. 181), toutes les communes qui manquent dans celte liste et qui sont nommées ailleurs comme colonies, doivent être regardées comme des colonies de citoyens romains. Les Tilles qui ont été supprimées dans la liste des colonies sont Labicum (cf. notre Hist, rom., t. I, p. 173 et 3S1; trad. fr., t. l, p. 252; t. II, p. 141); Gasinum (dont le droit prétendu de colonie se fonde sur une leçon fautive dans Tite-Lite, IX^ 28. — Voy, Bhein. Mus, N. 8. t. VIU, p. 628); Castra (o'est nn pagus et non une colonie, quoique^ quant au droit, la différence entre une colonie et un pagus ne soit pas grande. — Voy. Berichte der sOchs. Gesellschaft der fFissenschaften, 1849, t. II, p. 50).

(2) Rhein. Mus. N. S. t. VIII, p. 623. ~ Notre Bist rom., t. I, p. 378 et 777; trad. fr., t. II, p. 232 et 233 et t. IV, p. 69. — Madvig, Opusc, t. I, p. 265. - Cl les listes données par Tite-Live (XXVII, 38; XXXVI, 3).

(3) Voy, supra, p. 181, note 4 , ce qui a été dit sur la colonie plus]ancienne établie à Antium et qui probablement était latine.

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