‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 44 sur 240 · VILLES ADMISES AU DROIT DK GUÉ · texte numérisé non relu

VILLES ADMISES AU DROIT DK GUÉ

(le Rome ou plutôt le nom des Romains qui, suivant l'ancien usage campanien, est au génitif pluriel, y est toujours écrit en latin. La seule exception que nous connaissions est une pièce de cuivre frappée probablement aussitôt après la soumission de Gapoue; elle porte le type napolitain, avec la légende PnMAinN en grec (1). Ces pièces campano-ro-

(1) C'est une ptèce de bronze, ayant d'un côté la tête d'Apollon, coaronnôe de laurier, et au revers le taareaa à face humaine ; cette monnaie est tout à fait pareille aux monnaies napolitaines ordinaires, seulement la légende n'est pas NEOTTOAITHN, mais POMAIflN (Eckhel, Doet. num. vet, t. I, p. 114; t. V, p. 34 et 47.— Rlccio, Mon. di città, p. 27). Elle semble appartenir à l'époque la plus recalée, où le droit de cité passif des Campaniens n'était pas encore fixé et où n'existait pas encore la règle, que les Campaniens, quand ils se présentaient comme Romains, devaient écrire en latin» mais quand ils ne se présentaient pas en cette qualité, ils n'étaient pas tenus à cette prescription. Il n'est pas étonnant qu'en 416 environ on écrivit à sss «t. j.-c. Capoue le grec et non l'osque, et que l'on imitât les types napolitains (t. 1, p. 162, note 2). Pourtant il est possible que cette monnaie appartienne à une autre commune campanienne qui possédait le demi-droit de cilé, par exemple Gumes.

[M. L. Sambon {Recherches sur les anciennes monnaies de V Italie méridionale, p. 37 et 39, Naples, 1863» in-8'', et Recherches sur les monnaies de fi presqu'île italique, p. 133 et pi. XII, n* 44, Naples^ 1870, in-4'>) attribue également cette pièce à Capoue. Mais Ch. Lenormaiit (Introduction à l'Élite des monum. céramogr,^ 1. 1, p. XLVl et suiv.; Revue numism., 1844, p. 2&1. — Cf. Fr. Carellj, Numism, Italiaeveteris, Ub. LXXV, n" 72-78 et le commentaire de Cavedoni, p. 24) est d'une autre opinion. Le savant académicien fait observer que, dès le milieu du v* siècle de Rome, les Romains étaient Intervenus dans les affaires de l'Italie méridionale. En 427, le consul Q. S27 «t. j.-c. Publilius Philon entreprit de réduire la grande ville de Néapolis (T. Liv., VIH, 25, fqq.); un parti s'était formé pour livrer la ville aux Romains et les deux principaux magistrats grecs Charilaùs et Nymphlus étaient à la tête de ce parti. L'antique Parthénope était alors divisée en deux quartiers ou plutôt deux villes, Neapolis et Palaepolis, Charilaùs, qui commandait dans la seconde, parvint par un stratagème à expulser les Samnites qui opprimaient les habitants et livra la ville aux Romains. A la suite de cet événement, les Romains conclurent avec les habitants une alliance, foedus Neapolitanum, qui parait avoir été célèbre dans l'antiquité.

maines avaient un cours légal dans toutes les parties de l'Italie incorporées à la cité romaine, de sorte que Tas d'une livre du Latium pouvait circuler en Campanie et la drachme campanienne dans le Latium. Il devait nécessairement exister un tarif pour fixer leur valeur réciproque, mais nous ignorons complètement quelles en étaient les prescriptions, ««conde période. Dans la sccoudo période, le poids de la pièce d'argent et même celui de la pièce d'or nouvellement introduite se règlent d'après le scrupule romain ; on cherche à rapprocher ce poids autant que possible de celui des pièces en usage dans le pays; ainsi, la pièce qui a remplacé le statère semble avoir eu un poids légal de 6 scrupules (== 6 grammes, 82) : l'ancien système campanien est conservé pour la petite monnaie de cuivre. Le nom de Rome se lit en latin et au nominatif, suivant l'usage du Latium , sur les pièces des trois métaux; plus tard, le nom de Gapoue remplace celui de Rome sur le bronze et est écrit en caractères osques (1).

Ch. Lenormant fait remarquer que le nom de Gbarilaûs, XAPIAE£12, en entier ou en abrégé, est inscrit sur un grand nombre de didrachmea de Naplea. Cea pièces d*argent appartenant à l'époque où l'art grec était arrivé au plus haut degré de perfecUon, auraient été frappées pendant la magistrature de Charilaûs, menUonnée par Tite-Live, et à l'appui de cette opinion réminent archéologue cite la pièce de bronze publiée par Pellerln (Suppl.^ t. II, p. 23. ^ Mionnet^ t I, p. 121, n" 215) et qui aux types ordinaires de Naples joint la légende PflMAIflN. — ^ Comp. mes Études sur les vases peints, Paris, 1865, p. 103.] J. W.

(1) Si l'on ne veut pas y comprendre les monnaies assurément campaniennes avec la tète couronnée de lierre. (^. Lion tenant un b&ton ou un thyrse, et avec la légende CAP ; Friedlânder, Oskische Mûnzen, p. 8j, et reconnaître dans ces pièces des monnaies d'une époque intermédiaire entre celles qui portent la légende ROM A en latin, et celles qui ont le nom osque D n fl ^ , cequi sans doute est possible. Du reste, d'autres pièces de la même espèce portent CAI*

Page 1