‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 5 sur 240 · MONNAIES D^ARGENT · texte numérisé non relu

MONNAIES D^ARGENT

qui est conforme aux calculs des métrologues (1) de l'Empire. Il est donc probable que ce poids a été légalement fixé sous Néron.

Quant à la valeur intrinsèque, une première altération avait eu lieu à l'époque de Néron ; sous son règne F alliage i^i- xxxv. n*.s. a varié de Yio ^ presque Vto * ^^^^ Vitellius il atteignit presque '/• • ^^^ ^^^ ^^ Flaviens le titre de l'argent s'améliora; sous Domitien, l'alliage était de Vio» depuis la fin du règne de Trajan jusqu'à Ântonin le Pieux inclusivement, il était presque de V,; il fut de V4 so^s Marc- Aurèle, presque de '/lo ^^^s Commode, et enfin sous Septime Sévère, vers Tan 198, l'argent n'était plus qu'un vrai billon dans lequel le cuivre entrait au moins pour la moitié dans le poids brut (2).

deux);2i',79 (=43, clnq);2i%72(=42, un de Commode, un de Dldia Clara Cl un d'Albin); 2r,83 (=36, un d'Albin); 2»', 14 (=33, un de Commode). — Nous YoyoDB qu'une diminution générale du poids eut lieu sous le règne de Commode, mais elle oe fut que passagère. Au reste, l'âge des pièces n'a aucune influence sur le poids, et c'est toujours par le Utre et non pas par le poids que la valeur de la monnaie a été altérée.

(1) Ainsi l'Anonyme d'Alexandrie, p. 30. — Isidor. Ong,, XVI, 25, 13 et d'autres auteurs.

(2) Néron : 0<',943 (deux essais, Rtfuch); 0>',9I0 (Akerman). —Galba: 0«',92i (trois essais, Rauch). — Vitellius : Sf'.SOS (Akerman). — Vespasien : 0«%886 (Rauch); 0«',88l (Akerman)} 0«',878 (Rauch); 0»',806 (Hoefcr). — Domitlen : 0«',925 (Akerman); Os',914 (cinq essais, Rauch); 0*^,860 (Sabatier). — Nenra: 0>',917 (Akerman).— Trajan: 0<%928 (Akerman, avecla Victoire assise et tr, p. probablement. Voy. Ramus, Cat num, vet, àhuei régis Daniae^u* 21); 0«',884 (S.P.Q.ROPT.PRINCIPI et la Fortune auprès d'un autel, Rauch) ; 0«',86a (l'Arabie debout, tenant un bouquet, Rauch); 0^,862 (Cérès debout, Rauch); 0«',838 ( ALIM.ITAL* deux figures, Rauch). La première de ces monnaies deTraJan est probablement de Tan 98 ap. J. G., les quatre dernières sont plus récentes. -~ Hadrien : 0*',867 (trois essais , Raueh); Of ,824 (deux essais, Rauch); Qs'^SlO (Hoefer, Aker-

TroUtfpoqMiprin. Les vaiîations du denier sont donc aussi fréquentes qu'iraiMrattons. régullëres ; on peut cependant les diviser en trois époques principales : l"" vers Tannée 00 de notre ère, sous Néron, le poids du denier tombe de Vi* ^ V»« ^^ ^ivre avec un alliage de 5 à 10 Vo ; 2* vers Tannée 100, sous le règne de Trajan, Talliage augmente jusqu'à environ 20 7o« enlin, sous Septime Sévère, en 198 de Jésus-Christ, il arrive à 50 ou 60 7^, ce qui, réduit en monnaie actuelle, reviendrait à une valeur primitive de 89 74 centimes environ, qui sous Néron tomba à 79, sous Trajan à 66 Vit sous Septime Sévère à un peu plus de 37 7i centimes.

Gomme nous le verrons plus tard en étudiant la valeur commerciale des monnaies de cette époque, toutes ces variations ne sont pas le résultat d'un changement introduit dans le système monétaire, mais de simples altérations ; car les nouvelles pièces conservaient toujours légalement

man). — Antonin le Pieux et Faustine mère : 0*%924 (Faustioe, Akermaii); 0*%858 (Faustine^ Rauch); O^'^SlS (deux essais, une pièce de Faastlne arec CONSECRATIO, Raueh); 0«',800 (Raach); 0^,796 (FansUne, Rauch); 0(%783 (Raacb); 0,773 (Akerman); 0«'^748 (Rauch); 0«'^730 (Hoefer). — Harc- Aurèle^ L. Vérus, Faastlne Jeune : 0<'^797 (Hoefer) ; 0*',782 (Akerman) ; 0^,745 (neuf essais, Raach); 0>%739 (FausUne, Akerman); 0<',72i (Faustlne^ deux essais, Rauch); 0<',705 (Faustioe^ Rauch); Oc^^esi (L. Vénis, Akerman).— Commode : 0^»720 (quatre essais, Rauch); 0*^,710 (quatre essais, Rauch); (H', 680 (Hoefer).— Pertinax : 0i^900 et 0«n>20 (Raueh).— Didius Julianns : 0<',810 (Rauch). — Sept. Sévère: 0^755 (VICT.AVG.TR.P.COS et la Victoire, de Tan 193; de même TR*P.VI.COS.II et un trophée, de Tan 198^ Rauch); ù^,Ut (COS.II.P*P et la Victoire, entre les années 194 et 201, Rauch); 0^,569 (Annone debout, Akerman); 0<',S57 (une pièce avec COS.II.P'P et Mars marchant, entre les années 194 et 201; une antre avec IMP.XISALVTI.AVGG et une femme assise, après l'an 198/ une autre avec la Victoire, Rauch); 0«',4S7 (TR-PXYIII.COS'III, Jupiter et deux enfants, de l'an 210, Rauch); 0'%431 (IVSTITIA et une femme assise, Rauch).

MONNAIES d'argent. 31

la même valeur que les anciennes, malgré la réduction du poids et l'augmentation de l'alliage.

Les historiens (1) racontent que Trajan fit refondre en Tan 107 tout ce qu'il put de vieilles monnaies pour en fabriquer de nouvelles; c'est alors que l'on frappa les monnaies dites de restitution avec des types républicains, Monn»i«« «ite. mais au titre et avec le poids de 1 époque de Trajan et en y ajoutant le nom derempereur, avec l'indication que ce sont des monnaies restituées : IMP. CAES- TRAIAN- AVG. GER. ■*' ^^^^^ <"* ^^^ DAC. P-P- REST(i^ttîO- Ce ne fut pas la démonétisation (2) des deniers de la République qui motiva cette mesure ; on prit pour prétexte l'état des anciens types qu'un long usage avait rendu presque méconnaissables, mais dans le fait elle ne fut adoptée qu'à cause du profit considérable que le trésor devait en retirer, et la preuve c'est que les deniers légionnaires de Marc-Antoine, qui étaient d'un plus mauvais argent que les autres, ne furent pas refondus alors et qu'on les trouve mêlés aux deniers de Trajan et à ceux de ses premiers successeurs. Leur refonte et leur restitution n'eurent lieu que sous Marc-Aurële, évidemment parce qu'alors le titre de l'argent avait encore baissé et qu'il y avait bénéfice à refondre les pièces qui jusque-là avaient été épargnées. Outre ces considérations pratiques on ne peut pas nier cependant qu'une certaine prédilec-

(1) Dlo. CasB.^ LXVIII, 15 : Td te vd|uqui icâv t^ i^CrnXov cuvcxt&vcvotv. Cette remarque se rapporte à peu près à ranD«« 107 ; les monnaies de restltutton, puisque Trajan y porte le titre de Dacicus, n'ont pas été frappées ayant l'année 103. Cf. dans l'ouvrage de M. Gohen^ Monnaies de la Répw blique romaine, p. XTCX, le catalogue des pièces resUtuées.

(i) C'est ce que pense Borgliesl (Dec: Ul, 9, p. 28; Œuvres éompL, 1. 1, p. 216) ; mais cette opinion est incompatible avec ce que nous dirons plus bas sur les deniers légionnaires de Marc-Antoine.

Ifédalllet fonrréM

lion de Trajan pour les anciens souvenirs n'ait aussi contribué à la restitution des types antérieurs (1). Les pièces anciennes qui échappèrent alors au creuset continuèrent à circuler et on voyait encore au quatrième siècle de notre ère (2) des pièces de la République et de César.

L'art de la falsification par le doublage des pièces continua à s'exercer avec un certain profit -, les produits en étaient payés cher par les amateurs de raretés (3). Sous

(1) Il a été parfaitement démontré par les tronvailles et par d'aotrea obserrations que les pièces d'or de César et d'Auguste ne circulaient ni ne pouvaient circuler au temps deTri^an^ de sorte que leur restitution ne peut élre regardée que comme un Jea. Ceci est confirmé par un autre fait : les monnaies d'or de cette époque qui ont été restituées par Trajan n'ont pas, pour la plupart, des prototypes^ et il est évident que quelques-unes^ entre autres la pièce porUnt la légende: C.IYLIYSCAESIMP.COSIII* o'eo ont jamais eu (Eckhel^ Doct. num, vet., t. V, p. 101 et t. VI, P*l^* il en est de même pour la restitution des deniers de la République qui, d'après les trouvailles, avaient déjà disparu du commerce avant l'époque de Cicéron^ comme l'ancien quadrigatus (t. I, p, 369; 1. 11^ p. 11» note 2). et les deniers au type des Dioscures et portant des emblèmes de familles qui sont expliqués par des légendes. {Voy. t. II, p. 218 et suiv. la liste des emblèmes et des symboles). Il parait certain que les monétaires impériaux, en cette occasion, voulant montrer les origines de la monnaie d'or et d'argent par des restitutions imitaient ou du moins avaient la prétention d'imiter les pièces d'or de Tan 708 et les deniers aux types des Dioscures et du quadrige.

(2) Les deniers légionnaires de Marc-Antoine ont été trouvés dans le trésor de Bembamweli enfoui sous le règne de Commode et dans celui de Widenbub enfoui sous le règne de Gallien ou même après la mort de ce prince. (Foy. ci-dessous). A Voorbourg nous ne rencontrons de deniers impériaux que depuis Vespasien, mais avec ces deniers s'en trouvent quelques-uns du triumvir M aroAntoine (Janssen, Muséum te Uydên, p. 343). Dans le trésor de Famars, enfoui vers 307, il y avait encore quelques deniers républicains; etchex les Germains libres, comme le prouve le tombeau du roi Childéric (mort en 481), lisent eu cours jusqu'au v* siècle.

(3) Plin., Hist, nat,, XXXIII, 9, 132 : In hac artium sola vitia ditcuntur et falti denari spectatvr exemplar plwibusque veris denartis aduiterinus emitur.

MONNAIES DE DBONZE. Sa

Auguste quelques types paraissent avoir été régulièrement

fabriqués de cette façon pour le commerce des Indes (1) ; pi. xxxiv, n* e.

leur nombre diminue cependant avec l'altération du

titre. Communes sous Claude, sous Néron, même encore

sous Vespasien, elles deviennent plus rares sous le règne

de Domitien (2).

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