‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 6 sur 240 · IH · texte numérisé non relu

IH

Monnaies de broiue.

Jusque vers Tannée 716 il n'y eut pas de grandes varia- » •▼. J--c. tions dans la monnaie de bronze; pendant quelque temps, BronsedePonpë* comme nous 1 avons vu plus haut (page 7) , il ne s en toin«. frappait même plus du tout dans la capitale et très-peu en province. Les as des deux Pompée (3) et ceux des amiraux de Marc-Antoine (A) étaient encore semblables à ceux de la République. Mais bientôt le système changea. Déjà la plupart des pièces de Marc-Antoine sont taillées d'après un principe analogue, il est vrai, mais présentant des différences considérables. Il y en a de cinq grandeurs : l"" les Pi.xxxni,n-M

(1) Gomme on le verra dans la quatrième parUe de cet ouyrage. J. W.

(2) Cohen» Mid. imp., t. I, p. 167, 178, 337. — Akerman, Cat. of Roman Coins, t. I, p. VUI. — Niim. Chron., t. VI, p. 70.

(3) Que la tête de Janas se transforme en portrait, ceci n'est qu'une chose insigniflante. Cf. t. H, p. 637, note. (Cohen, pi. LXlll, Pompeia, n* 8)« Pour ralllage des métaux, voyez 1. 1, p. 204, note.

(4) ANTONIVS.IMP— LATRATINVS.AVGVR. Au droit : Tête pi. xxxiu,n. s. de Janus. 1)1 Prone de navire. (Rlccio>p. 206, nMl.— Cohen, p. 290, nM2,

pi. LXVlf Semproniat n« 6).

tu. i

lA GHAPiTRB II»

pitoes de quatre fts ou 6e9terc6« ( 2* celles de trois as i }* de deux as( A"" d'un as) S"" des semie et des sextans (1). Elles portent en général les marques hS ou a, T* B, A» S»»* ^^ ont

PI. XXXIII, Q» s. toutes des types différents. Sur la pièce de quatre as on voit au revers uu quadrige d'hippocampes au lieu de la PI. XXXIII, H» 4. proue traditionnelle ; la pièce de trois as porte trois tètes \ les trois plus petites pièces reproduisent les types répupi. XXXIII H" 6, blicains (2). Le métal n'a pas encore été analysé ; le poids est très-irrégulier, mais il se rapproche moins de l'ancien système semi-oncial que du système que nous venons bientôt adopté par Auguste (3) .

Datée de ce L'émissiou do ces pièces n*a pas duré longtemps, environ

Commencement da do 7l6 à 719 (suprùy p. 7), mais oUo eut une grande inbronw d'An- fluç^cg g^. j^g nouvcaux brouzcs de l'Empire qui commenmcnciature. cout OU 739 de Rome («upra, p. 8 et 9). A dater de cette époque, nous avons le sesterce ou nummtM^ devenu désormais une pièce de cuivre et appelé par les Grecs texpaaaaptov,

15 av. J.-C.

(1)M. de Rauch {jinn, de rinst. arch,, 1847, p. 283) cite le sexlaiu de CupUo, 61 Borghesl (cité par Cavedoni, Num, btbt.^ p. 133), celui de Bibulus. Mtis en «bMff aat, qo'attH^^^Ml omnnvB «pite, le quaënioi était ta pl«e peUte nwonaie #rdliiaire, on pattl dotter t'it ne le trouve pas plvtét traie globules sur ces pièces extrêmement rares et pour la plupart mal conseryées.

(2) Sur la légêtidè et l*époque do ces monnaief, voy. tupra, p. 1, note 8. Osant à leur ayatème, c'eat Borgheai (altë par Cavedonl, Nurn. Mi., f. ii% et suiv.)t qui nous en a fourni les premiers éclaircissements. La marque S n. XXXIII, n« 7. est indiquée par M. Cohen (p. 236, n« 4, pi. LXI, Oppia, n« 4) ; les autres sont oattmies. Les têtes des Dteux sechangenC en portraits, la galère eat souvent remplacée par une doabto gatère, mais oes ehangemaots ne tao4 pas particuliers aux pièces de cuivre de Maro-Antolnd, on loi retroute sur tontes Isa pièces récentea du système seml-oneial.

<8) tes poids toamis par Borghesi et Gavedoni sont les sttivaiita i HS «t A : 22«',a8 (usée).- r : $«•',26.— B: I4^42S; iv^tî.^A'. S^,W? %^,m*, 4^,105 4i',M)(dattx)i8Mi)a»yM^--8:4c^. Be la maMca doat M Bamlns dftisaleBt ionr manflaia da ouItm» oas ^aéda s'aosaidaMt 4ida-Min «f«e ihi poids normal de 37>%29 pour la pièce de 4 as.

MONNAIES û£ j^f^QNZË. 99

drans (^}; cep^p()j^pt p^ ypit dispar^Ure 1q« eemis depuis

PI. XXXIV, n«« 8-18.

U) t'M9itf|d« maimiétitiiKCatÈdoB\,Num. Ml., p. 130), d'tprés laquelle l'as comme quart d'once 8'app||lle «p^ai sieilioi^, o'#8^ pdf ^lai?^; elle s'appuie sur un passage de Pélrone [Satyricon, XIY), altiéré dai^s les éditï0M, tt 8ur une inscription d'Espagne (Muratori, p. 1063,1), qui est loinielMglMa et «orrompMott fausse. -*(€(. Oorp. intcr, lot., t. It^p. 2011).

(?) PII49 (^i>r. ltff^. X]^^|V« 9,4} fKHmnf les e»|f pto grosses plAeaa; les marques des monnaie^ de ^éron, ^'^Wkw, liidif^int j'exjsteBce 4u d|i* pondius, de Tas et du semis. Borghesi (cité p^r Gavedonl, Num, hibl.^ p. 117, 13^ «jouis cneare I«4rs86i8, mais nous doutons qu'il ait raison, il T# i#n8 4Jf» qm l§ rM^am^ r#lsllf wn insoMiss MaUi psr Mtrs^Antolfts ne formait pas vpe base lovari^Me ppujr Augiif^. Ni is mooiisie âp Gfû»p

portant U légende ACCAPIA JPIA H^M, Doci, num, vfii.^ f, l>; p. 565), ni les rares pièces du Bosphore d'une valeur égale à trois as ne peavfDl servit A ftsii qospé II s^tfit de la monnaie de l'Empire, pas plus que les pièces d'Antioche , valant trois Awlifs Ba pitimat If^ilstsnes 4s pièces semblables dsfis 1« monôme Imvéfiàip; (Niflif )} y • 4M ^WPW 4s TK>^rs ^es pièces avec cortalDs types variant entre la première et la seconde grandeur et qui s'accordent assez bien avec un poids de 3/4 de sesterce, mais cela n'a guère dMmportance quand il s'agit de monnaies de cuivre. Lo silence de Pline et l'absence de cette marjjue 9^f le§ ji^tites n^po/U^ ^ p«f vr^ à Teffigie de Néron sont deux choses f>^aiicpif^ pl^s hffp^f tsntes; mais ^Jf^ tout 11 ne faut pas oublier que les petites pièces divlsionnairjei djQlveojL èUro facilement reconnaissables et g^i'en génié^al c'est ftéc^^fyfimt sujr J^ j^tites pièces que l'on observe l'absence de marques sefnbl^bl^ j^ oeliss qi^ distinguent les grosses pièces de cuivre rom^nçs 4'iy'\sé^ en tro^ plasses.

(3) La plupart des passages où l'on trouve la pnejiiUço /l^ g^^/friipf iv^s l'Empire sont insuffisants pour concjure en f^y^ dp rp^stei^ de cs^M pièce dans la monnaie courante. Plutarque {Ciffafo,}^ll^lQiif,tT\f>Â'fecdf^/ftQ^ xoù xa^xoG vo|i(9(fcQRO{ xouoSpdvrnv èxdXouy. Bof^^ s'spppls prîff^Pfiement sur ce passage pour croire à rexisteoce 4^ t^a^^mi nutls les ^;(|ire^ sions de PluUrque 8on,t phuôt cooitr.alr^ que CavorsblSB A ^U« i4^> On pourrait plutôt citer un passage de j&aios [Initif^L, f, tu^, m^qm Ci dernier passage ne soit pas non |^l«sdèGisi/. Totttsfois i^sc^Bi^qu'aiiHJkessoNS du semis, il j aTfdt encore une au^^e pièce divislOttsu|lre4o^tMs ei^eoii^' res ne portent aucun uorn, tandis qu^ \ep êf^fg^ quI l^ JMWi 4^ MW#reurs depuis Néron Jusqu'^ Trij|sji Op^lhf^i ci(|$ W £»v«4^ Num. Ui»Lt p. \Zb).

Antonin le Pieux et les quadrans depuis Trajau (1) . Quant aux pièces d'un plus grand module et qu'on appelle ordinairement médaillons, ils ne portent pas la marque de la monnaie de bronze S- C et forment » comme on sait» une classe tout à fait distincte (2) .

Les anciens signes destinés à indiquer la valeui* et conseiTés encore sous Marc-Antoine sont désormais abandonnés ; Néron seul a marqué les trois pièces moyennes n. XXXV, n* 4. par II, I, S? et sur les dupondius, la tète de cet empereur PI. XXXV, n- ». est radiée, tandis qu'elle est nue ou.laurée sur les as (3). Cette dernière distinction semble avoir été définitivement adoptée par les successeurs de Néron, et se trouve en général sur tous les moyens bronzes. En outre, les pièces se distinguent pai* la couleur du métal, et par le poids auquel correspond la grandeur de la pièce.

Alliage. Le bronze républicain, depuis l'époque de Yaes grave

(1) Borgtaesi (cité par Cavedoni, Num, bill,, p. 134, 136) remarque que les semlB ne se trouvent que depuis Auguste jusqu'à Antonin le Pieux, et que les quadrans, du moins avec des noms d^empereurs, n'existent plus après Tr^an. La peUte pièce de enivre de Haro-Aurèle avec la tête d'Ammon (Cohen, Mid, impériales, t. 11^ p. 519, n" 448 et 449) est probablement une pièce de la Cyrénaïque.

(2) Les monnaies entourées de cercles, desquelles ces médaillons semblent être prévenus, sont homogènes. Voy, Eclihel, Doct. ntwt, veL, t. I, ProL p. XV, XVn, LXXVII et t. VU, p, 346.

(3) Dupondius de Néron avec la couronne radiée dans Ramus, Cat, ntcm. Vet. Musei régis Daniae,ïiV B^, 61-63, 135, 136, 1)1-143, 145; des as avec la couronne de laurier dans Ramus, loc, cU,, n»" 53, 54, 64, 84. 11 est vrai que M. Coben décrit aussi des dupondius avec la couronne de laurier (Méd, imp., 1. 1, p. 207 et 268, n«* 261, 272, 273) et des as avec la couronne radiée llbid., p. 194 et 201, u"* 142, 213); mais M. de Rauch (Mittheilungen der numism, Gesellschaft in Berlin, 111, p. 289) dit que les pièces de cuivre avec la couronne tadlée sont d'un melilear méial jaune que celles avee la couronne do laurien

MOlfllAIES DE BBONZE. S7

jusqu'à la mort de César, contenait un alliage de ô à 8 7. d'étain et de 16 à 29 •/. de plomb (tome I, p. 204) ; Tétain se trouve dans tous les bronzes de l'antiquité, même dans les monnaies celtiques et dans les anciennes médailles grecques ; mais le mélange du plomb est une invention particulière aux Romains, et il ne se trouve que dans les pièces frappées par le gouvernement romain ou sous son influence (1).

Auguste ordonna que le sesterce et le dupondius fussent fabriqués avec du cuivre jaune (ôpe{xa^xo<;, orichalcum)^ Tas et les petites divisions avec du cuivre rouge pur (2) et sans mélange d'aucun alliage (8) ; les pièces de bronze impé-

(1) Klaprotb, Gôbel, Pbilli|»ont trooTé daiw les monnaies de cnirrc d'Alexandre, des Ptolémées^ d'Hiéron^ d'Athènes, d'OIbla et d'autres villes un fort alliage d'ëtain, par exemple dans une monnaie frappée sous les Ptolémées Jusqu'à 16 0/0, mais ils n'ont pas rencontré de plomb ; une pièee seulement de Philippe V^ roi de Macédoine, en contenait 2^,98, une autre d'Athènes, 0<',G3. Le plomb ne se troure ni dans les plus anciennes monnaies des Celtes (L. de la Saussaie, Revue numismat., ISZI, p. 243)^ ni dans leurs anciens outils. Mais si ron rencontre du plomb dans les monnaies celtiques d'un ftge plus récent (Gaylus, Recueil cTantiquités, t. VI, p. 331), aussi bien que dans les monnaies de cuivre frappées à Naples^ dans le BruUiuni, chez les Mamertins, à Genturipae et à Syracuse, analysées par Klaproth et Gôbel, il est vraisemblable que cet alliage est dû à rinfluence romaine.

(2) Pline (BisL fut/^ XXXIV, 2,4) û\U(Aes Cordubense)aUvianocadfneam maxume sorbet et arichaici boniiatem imiiaiur (c'est-à-dire : le cuivre de Gordone contient après celui de Llvinm le plus de zinc et égale naturellement le laiton artificiel) in sestertiis dupondiarmque, Cyprio suo assibus eonientis,

(3) La loi lulla contre le péenlat^ laquelle ne peut être attribuée à César^ mais à Auguste, prescrit aux monétaires de ne pas introduire d'alliage dnns la monnaie de bronse : Ne quU m.... aes pubiicum quid indat neve immis- CM/... . quo id pejus fiai. {Supra, p. 2S, note 2).

as UAprrui ti<

riàles de la belle époctue répondent {mrfhlteme&t à ce règlelâent qui tiemble avoir été emprunté aux aticlenneé pièces des Maasaliotee (1) ou ft quelques pièces greeques dû même système (2).

1) Cf. Revue numism. belge, 3* série^ 1. 1, p. 819. J. W.

())C*éàtprih«lpalemettt à Plnkerton {^isay <m Medali, t. h^. 106etâuly.), qu'on doit d'avoir fixé rattentlon sur la différence du métal dans lei mohnalei de cuivre de cette époque de l'Empire i cependant les réaaltata obtenui par Plnkerton auraient besoin d'être cenflrmés par des analyses chimiques. Le même reproche peut être adressé à Eckhel {Addenda, p. 3); et même Borghesl, en traitant cette question dlflloile, n'a pas asset en égard à 11 dilMrence des métaux. Les analyses faites depuis par MiilUpa (voy. t* I» p. 2<H| noie) et qui malheureusement sont peu nombreuses, ainsi que celles de Klaprolh et de Gobel (dont les détails cependant ne sont pas trop exacts, plusieurs plèoes ayant été si mal décrites qu'on peut à peine les reconnaître), fournisaent les résultats suivants :

CaMia, M tT. J. Ç. (nni doate C. Cutini CèUr foai AataslA, iupra, p. S. not. s;. .

Claade. RaSva. n» M

Néroa. £0 ap. J.C.aTeo Roaia

Htdriaa. isO ap.J.C.,areof -or> tuntw rêdweû

FaosUne Jeune, 16S ap. J. C, arec Piefo*

. Dupomdiu»,

Califalat Raonaf , o» 8

SBt-4treleaêaMCt) iode. Ramas, n» 6

Tltos. 79 ap. J. C

Seit0rcti m Ih$p9wdim.

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