‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 57 sur 240 · VIL · texte numérisé non relu

VIL

L'Aquitaine, la Gaule Lyonnaise, la Ganlo Belgique

et les deux Germanies,

provinces romaines en 696 et années suivaDtes, TAngleterre^

province romaine, Tan 43 de J.-C.

68 av. J.-C.

L'Aquitaine appartient par sa nationalité et par son sys- LAqmtaine.

[Cf. Mommsen, Inscript. lot. Confoed, Helv. dans les Mittheilungen der ant, Gesellschaft in Zurich, t. X, 1854, n» 8. Notre auteur elle un passage de Dion Cassius, LV, 10]. J. W.

(1) Les monnaies de bronze attribuées aux Rusciniens, d'après M. de la Saussaye [Gaule Narbonnaise, p. 195 et pi. XXIII, n"* 1, 2, 3) n'existent point. Ces monnaies apparUennent à la ville de Béryte de Pbénicie. Mionnct,t. V, p. a38.n»26. L W.

(3) L. de la Saussaye, /. cit., p. 171 et suiv. D'autres contre-marques sont, à ce qu'il semble, d'origine municipale, comme Décréta Decurionum, Senteniia Decttrionum^ Decurionum Consulto; d*autres sont tout à fait inintelligibles, comme DAfl...., FAT, FAN.

[Cf. F. de Saulcy. Revue numismat., 1869, p. 300 et suiv., et p. 385 et suiv.] J. W.

(3) Elles se trouvent, par exemple, en très-grand nombre aux environs de IJI. tr

tème monétaire beaucoup plus à l'Espagne qu à la Gaule ; les populations ibériennes du versant septentrional des Pyrénées et de la côte sud-ouest de la France ont copié leurs monnaies sur celles des colonies grecques établies au pied des Pyrénées, plutôt que sur celles de Massalia {supra^ p. 2âl). On trouve en grande quantité sur les bords de la Garonne et jusqu'en Poitou (1) de grossières imitations des monnaies de Rhoda, avec une tète jeune d'un côté et au revers une croix ou un cavalier; elles pèsent en moyenne 39%Aà5B%2; les pièces d'argent massaliotes sont fort rares dans ces contrées.

Celtes Chez les Celtes proprement dits, dans la vallée du Rhin,

proprement dit.. ^^^^ j^^ j^^^j^^ ^^ j^ ^oire ct dc la Scinc, jusqu'à l'époque de César, on a fabriqué beaucoup d'or, et dans quelques endroits de l'or seulement; de tout l'Occident, c'est le seul pays où la monnaie d'or ait dominé dès le commencement. Comme chez les Aquitains, les Celtes du Rhône et des Alpes, on a d'abord simplement copié les monnaies sur une monnaie étrangère; on en a même conservé la légende. La sta-

Genève. (Soret, Mém. de la soc. cTHist» de Genève, t. I, p. 233). On a trouvé aussi aux environs de Genève des monnaies de Lyon au type de l'aigle ainsi que quelques-unes de Turiaso et de Sagonte.

(1 ) Duchalais {Descript. des méd. gauloises de la Bibliothèque roy., n" 31 1- 341) donne la liste de ces monnaies. De grands dépôts en ont été trouvés près d'Aucti (Gers) {Revue num., 1840, p. 413; 1841^ p. 155)^ près de Vouilié en Poitou (Revue num.y 184S, p. 7G), très-souvent près de Toulouse (A^u« num., 1838, p. 223), des pièces isolées prè^ de Soings, dans la Sologne (Loir- et- Cher) (Revue num., 1836» p. 305), et près de Saint-Remi (Bouches-du- Rhône) (L. de la Saussaye, Gaule Nai'bonnaisef p. 96. Voy, supra, p. 251, note). Un trésor trouvé près de Lodève (Hérault) a fourni des monnaies ca grande partie avec le même type monétaire de Marseille (Lagoy, Mélanges de numism,, p. 0-12).^ Une des plus anciennes de ces monnaies aquitaines pèse 3«%56 (= 07, Revue numism., 1838, p. 323), celles trouvées à Aucb, 3s%3 à 3<%4, celles du dépôt de Vouillé, 3>%2. Les pièces qui ont servi de

l'aquitaine, la galle LYONiNAISIi, ETC. 2.*9

itre d'or macédonien a été le prololypc de ce monnayage étendu et qui a duré très lon^rlemps. Ce fait n'est pas aussi extraordinaire qu'il semble Fètre au premier abord. En Espagne, comme à M<irseille, comme en Italie, on n'a jamais, dans l'époque ancienne, fabriqué des monnaies d'or qu'en très-petite quantité, pour ainsi dire exceptionnellement, et toutefois les monnaies d'or de Philippe et d'Alexandre, qui n'étaient pas admises dans la circulation en Occident, y étaient aussi généralement connues que le furent au moyen âge , dans les mêmes pays , les monnaies byzan- rwiippet dor Unes (1) ; cependant les monnaies de ces princes, frappées en Orient, ne s'y rencontrent pas souvent, car nous ne connaissons qu'un seul philippe d'or véritablement original qui «lit été trouvé dans ce pays (2). Nous avons vu (t. II, p. HG et 426, n» 225) que, dans la Guerre Sociale, les Italiotes avaient copié les phillppes d'or; ils furent également copiés dans les provinces grecques de l'Asie et de l'Europe nonseulement par les rois, mais aussi par les dynastes et par les villes; il n est donc pas étonnant de voir cet exemple suivi par une nation qui s'étendait sur les bords du lUiin co!nme sur ceux du Danube, qui par ses établissements en Europe touchait aux frontières de la Macédoine et dont quelques peuplades avaient été s'établir jusqu'au cœur de l'Asie Mineure, qui de plus pendant la paix aussi bien que pen-

modèle ne pèsent pas au-deS'SOUR do 4<%5 {supra, p. 2\\]; celles d'imitation sont donc beaucoup plus lésëres^ mais toutefois d'un poids hivn supcrieur à celles frnppces à Mnssnlia ik la même époque.

(I] Le Philippe trouvé à Pons dans la Saliitonge et poilani la légende : OIAinnOY, pèse 8«%50(Crazanne5,/ler. nummn.,\SbSj p. Î8î)) el semble décidément élie une pièce originale, Trappée en Macédoine. Mais c'est un fait isole, et il est certain que les monnaies d'or d'Alexandre no se trouvent pas en Occident.

(2) U est aussi à remarquer que d'.i près le droit de Marseille le maxi-

(lant la guerre était en relations continuelles avec les dynastes et les villes grecques, relations entretenues par la foule de mercenaires qui allaient chercher du service à l'étranger. Nous ne pouvons préciser le fait particulier qui détermina le choix de cette monnaie, nous ne pouvons même émettre aucune conjecture à ce sujet (i), tant

mum de la dot est indiqué en pièces d'or (Stnib. IV, 1,&). Il ne peut guère ctre question ici de pièces romaines impéiiales.

(1) Quant à I*opinion qui prétend que les pièces d'or emportées par les Celtes comme butin dans leurs expéditions en Grèce, pourraient avoir été roccasion du monnayage celtique, déjà Posldonlus, cité par Strabon (IV, i, 13), objecte avec beaucoup de raison que probaiilenient une très-petite quantité de ror emporté sera venu jusque dans la Gaule.

[Tous les savants sint d'accord pour attribuer une srulc et même origine aux monnaies d'or des Gaulois; le prototype de ces monnaies est le stalère de Philippe, fils d'Amyntas, roi de Hacciloine. M. Mommsen s'abstient d'émettre une conjecture au sujet de ce choix, parce qu*on ignore, dit-il, quel est le district de la Gaule qui en a donné l'exemple. II fait oi)server en même temps que les Gaulois, par leurs divers établissements en Europe, se trouvaient très-rapprochés des fronUères de la Blacédoine; mais il ajoute que les statères de Philippe sont moins communs que ceux de son flU Alexandre. Pourquoi donc cette préférence? D'un autre côté, noire auteur rejetic l'opinion qui assigne pour origine au monnayage celtique les pièces d'or que les Gaulois auraient trouvées au temple de Delphes. Ch. Lenormantjdans un travail remarquable {Revue numism,^ 18&6, p. 303 et suiv.} a examiné et discuté les textes anciens qui ss rapportent à i^expédiUon des Gaulois en Grèce, sans omettre aucune des diflicultés de la question. La première expédition des Gaulois en Macédoine eut lieu à IVpoque où régnait Plolémée Ccraunus, l'an 476 de Rome. A cette époque il y avait bien 279 av. J.-C. des monnaies d'or qui avaient cours dans ce pays^ concurremment avec les statères de Philippe. Il y avait, outre les statèrc» d'Alexandre, frappés en très grande quanUté, ceux do Philippe Arrhidéo et ceux de Lysimaque, roi de Thrace. Les émissions des pièces de Philippe avaient cessé depuis plus d'un demi-siècle et ces espèces devaient tendre à disparaître de la circulation, lors de l'invasion des Gaulois. II faut donc qu'ils aient trouvé rassemblé dans un seul endroit un trésor de pièces monnayées semblables et raient emporté dans leur pays. Sous ce rapport, ajoute Cb. Lenormant, le témoignage des anciens ne nous fait pas défaut, it existel deux versions diamétralement opposées sur Teatrcprisc des Gaulois

l'aquitaine, la gaule LYONNAITE, ETC. 261

que nous ne sauron^s pas quel est le district de la Gaule qui en a donné l'exemple; tout ce que nous savons jusqu'à ce jour, c'est que, d'après toutes les probabilités, les plus

contre le temple de Delphes. Ceux-ci prétendaient avoir pflië le temple

d'Apollon; les Grecs, par vanité et par amour-propre DaUonal, ne voulaient

pas convenir de ce fait. Timagène, cité par Strabon (IV, p. 188), assurait

que le fameux trésor de Toulouse, enlevé par Q. Scrvilius Ccpion, Tan C48

de Rome, provenait en grande parUe du bu Un de Delphes, rapporté par iq^ ^^, j .q,

les Tectosages dans leur patrie. Posldonius {ap, Strab., /. cit.) n'admettait

pas ceUe origine pour le trésor de^ Toulouse ; 11 n'avait pas do doute sur

le sac du temple, mais il combattait par divers arguments la possibilité du

transport dans la Gaule du butin ramassé par les Barbares. Quant aux récits

poJUques, remplis d'ailleurs de contradictions, qui contestent le pillage du

temple d'Apollon, on les trouve dans Justin, l'abréviatcur dcTroguc Pompée

(>ib. XXIV et XXV) et dans Pausanias (X, 23, 3-8). Les Gaulois arrivent à

Delphes, après avoir franchi les Thermopyles, mais les Dieux protègent le

temple menace, des prodiges do toute espèce, des coups de tonnerre, des

éclairs, des Ircmbloments de tcrio, des éboulements de rochers épouvantent

l'armée gauloise qui, saisie d*une terreur paaique, s'enfuit; tous les Oaibarcs

périssent sans excepUon ; de toute l'armée, il ne reste pas un seul homme

vivant.

Posldonius faisait observer que ce n'était pas da Tor monnaye, mais des lingots bruts d'or et d'argent que Céplon avait trouvés dans les lacs sacres (le Toulouse» qu'à l'époque de l'expédiUon des Gaulois contre Delphes, le trésor pille par les Phocidiens, du temps de la Guerre Sacrée, devait cire vide. Mais d'un autre côte Diodore de Sicile (XVI, GO) raconte que Philippe, après avoir terminé la guerre, retira aux Piiocidiens le droit de posséder des chevaux et des a.' mes, tant qu'ils n'auraient pas resUlué les sommes enlevées au sanctuaire du dieu. Ch. Lenormant pense que la resUtution de l'or au trésor de Delphes eut lieu principalement en espèces monnayées au nom do Philippe, et 11 croit même, d'une manière fort ingénieuse, reconnaître daus certains symboles accessoires, empreints sur les slatères du roi de Macédoine, des allusions au culte de l'Apollon delphique.Du reste, tous les pbilippes trouvés en Gaule, à l'exception de l'unique pièce signalée par le baron de Crazannes {supra, ^. 259, note 1) sont des imitations faites par les peuples de celte contrée; les philippcs rapportés de la Grèce auraient subi une refonte générale; le modèle de la monnaie gauloise aurait disparu; il n'en serait rc&té que les imilalions, à l'exception do quelques pièces isolccs qui auraient pu ee perdre ou rester enfouies.

262 CHAMTRE IV.

Lew ancienneté, anciennes pièccs de cette espèce ne viennent pas de la vallée du Danube, mais plus probablement du centre m^me de la Gaule, qu'elles ne remontent naturellement pas au-

S59-356 tr. j.-c. <ielà du règne de Philippe II (396 à 418 de Rome), et sont probablement beaucoup plus récentes. Elles sont en géné- Leur pow#. rai uu pcu plus légères que leurs prototypes macédoniens ; les plus pesantes, et à coup sûr les plus anciennes, atteignent rarement le poids de 8 grsijnmes (I), tandis que le

Telles sont les conclusions de rémlntnt archéologue qui, comme nous venons de le voir, donne pour modèle el origine h la monnaie d'or des GauloU, l'or au type de Philippe omporlé du tré^^or de Delphes. Ces concluëlonn ont été généralement admises par les Eavants Trai çais el tout récemment II. Fr. Lcnormanl (Revue archéologique, mnrs 1873, p. HZ et tu'w,) a publié un cuiieux relief, aysnt appartenu cnmme fond h un j>ocnlum de teno \emlssce noire. Ce relief, très-bien expliqué, montre un guerrier gauloÎP, loconnalf sable à si s longs cheveux, h «es moustaches et à ^a ceinture. Il e^t en attitude dn combat, tenant une large épéc a la main; devant lui ett lis trépied d'Apollon; derrière ou apeiçcâi un th\miatérlum; à ses pieds sont une tête coupée et un bouclier gaulois. Ce curieux monument qui fait I aille de la collection de M. E. Plot a été trouvé à Capoue; Il otrre une n présentation qui montre combien était célèbre Pexpédiilon des Gaulois à telphcs; le pillage du temple était donc un fait coimu et admis par les peuples qui habitaient la Grande-Grèce. (Cf. Comptes rendus de V Académie des inscnpf. et belles /ettres, 1870, p. 48 )1 J. W.

(I) Des pièces portant la légende assez complète et d*un coin passable, ot qui appartiennent très-probablement aux plus anciennes de ers Imitation, pèsent 7»',G0 (=14» 1/2, Dnchaîais, u* MO.— Mionnet, Poids, p. 6«, II* 41); 4«',H (=78, L. de la Sûussnye, Revue numism., 183C, p. 84); :«%tO (=30 1/2, Duchalal?, n* 738.-Mionntt,n- 47). Leâ stalères de K»'.58 et de 8>',3$, mentionnes par Ch. Lenormant {Revue numism., I8SC, p. 323, 328 , sont sans doute des pièces frappées paries Barbares; mais 11 n'est point du tout certain qu'ils soirtit de fabrique g«iuloisc. — Dans le recueil de la Seciété archéologique du Luxembourg (an IX, 1853, p. 150), on a publié ui c pièce d'or celUjue, trouvée à Rôdrhen près Rerkangc-sur-Bhssc; dl» porte pour types au droit la (éle d'Apollon, d'un assez bon st\Ie, el au revers le bige ; le poids en est de 8«%t et le titre dé Tor, de 32 carats : cette monnaie se rapproche donc de la pièce qu'on cherchait à Imiler.

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