‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 59 sur 240 · LA GAULE BELGIQUE, L'ANGLETERRE, ETC · texte numérisé non relu

LA GAULE BELGIQUE, L'ANGLETERRE, ETC

ainsi les habitants de la Bretagne et de la forêt des Ardennes, auxquels on doit ajouter plusieurs tribus voisines qui profitèrent des circonstances favorables et, on particulier, des longues guerres civiles que se livrèrent en Italie les prétendants à FEmpire. Ceci nous explique comment le monnayage d'or, à en juger par le poids et les types, se perpétua dans ces contrées beaucoup plus longtemps que dans le reste de la Gaule, et même d'après les légendes latines que l'on y voit, quelque temps encore après César; tandis qu'aucune des provinces soumises à la domination romaine n'aurait certainement osé frapper de la monnaie d'or. Aux pièces d'or nationales vient se joindre une monnaie d'argent également nationale, qui n'a rien de commun avec la monnaie d'argent romaine. Cette monnaie ne se rattache, il est vrai, ni aux pièces d'or de la rive droite du Rhin, ni à celles des rives de l'Escaut, pas davantage à celles de la Touraine {supra^ p. 266, note 1) qui se rapprochent plutôt des quinaires gallo-romains, mais elle doit plutôt son origine à la monnaie d'or bretonne et anglaise. La pièce d'argent la plus commune est le statère d'argent; le quart de statère est plus rare ; comme les statèrcs d'or des

régions dont les marais défendent l'accès... (Omns GaUia cis Rhenumatqueinter mare nostrumatque Oceanum, nùiqua a paludibus inviafuit perdomiia) leseonirées de rArmoriquc Qrent sans retard ce qui leur avait éié commandé

{Caeterae civt taies positae in uHimit Galîiae finibuf imperafa sine mora

fecerunt. Caesar, Be/L Gall., VIII, 31}^ et Dumnacus s'enfuît dans les contrées les plus reculées de la Gaule {Dumnacus solus exiremas Galliae

regiones petere coactus est, Caesar, /. cit.). Dans les derniers mots de ce passage on ne peut entendre que la Bretagne. Aussi l'histoire du temps d'Auguste nous montre que les Gaules ne devinrent pas immédiatement une province tranquille et pacifiée ; encore en 711, 7?5, 727, ii y eut des triom- *^' 'V*^'' "* ' phes sur la Gaule. Cf. notre Hist, rom,, t. III, p. 3:6 ; tr« fr. t. Vil, p. 105. lli. 18

derniers temps, ils sont d'un métal fortement altéré et ont à peu près le même poids (1); la réunion de ces deux sortes de monnaies dans les mômes trésors prouve qu'elles appartiennent à la même époque et au même système (2) ; au monnayage des plus anciennes pièces d'or de ces pays ne se rattache point, à ce qu'il semble, un monnayage de pièces d'argent (3); et l'origine du monnayage d'argent est probablement due, soit à l'influence des monnaies d'argent de TAquîtaine, soit aux pièces romaines qui circulaient dans les provinces voisines; mais en même temps il est évident que ces monnaies ont été frappées à une époque où la Bretagne

(1) l.aml>rrf, /. ciY., pi. V. LepoMsdes slalè^rcs est eRirc*:»',28 (=i?.7)el /»K^3I (=:00); la plupart posent C»%&0 (=I2t) à C»',80 (=128). Les demi-sratères fort rares pèsent .3s'-,35 (=:C3, avec la légende LiCAVIT, Lambert, /. Cl/., pi. XI, II» 1), Z*',OS (=&8, avec h légende ANSALI, Umbert, pL VIII, II- 17), 5B',87 (=54, avec la légende BOYIIBIOV, Umbcrl. pi. IX, n« 4) ; U's quarts destatère entre Ib'jSS (=26) et l«',fi5(=3l, Lambert,/, cit., p. 54). Les deui dernières espèces pourraieiil, d'api èi U poiJs, être des deniers et de» quinaire?, et surtout les premières, qui probablement ont é:é frappées en Normandie. On peut admettre que quelques unes des communes Indépendantes de Rome ont frappé des deniers.

(2) Ainsi, on a trouvé ensemble, près d'Avranchcs, les deux espèces de* cr.tes par B!. Lambert, pL Itl, n-» 3-6; pi. V, n" 20-2». (Cf. Lambert, /. cit., p. 157).

(3) 11 est bien possible que déjà, à cdic époque, on ait frappé des pièces d'argent. Ainsi, dans un dépôt de 5,000 deniers Impériaux enfoui sous le règne de Commode, on a trouvé une pièce d'argent de 3K%6i (= 68, Lambert, pi. 11, WiS, et p. 121, 158). Cette pièco s'était glissée, sans aucun doutr, dans ce dépôt uniquement À cause do l'égalité fortuite du poids. Quant au type, c'est celui d'une pièce d'or ue A^%0\ (=7i;, Lambert, pi. Il, n*33, et p. 121} ; il est vrai que rendrait de la trouvaille n'e^t pas Indiqué, mais la fiièce d'or a cto proiiablcmont frappée dans le Nord-0<ie»t de la France. D'autres pièces d'argent, assez rares et d'un travail plus mauvais, pèsent 3«',29 (=02, Lambert, pi. VI, n"2i, 22, 23; cf. pi. Il, n*'U, 15) et s'accordent à peu pr^s avoc le poids d'un quart de slatèrc de 2t',02 (=38^ Lambert, pi. VI, n" 18), appartenant au&si au Nord-Oucst.

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était encore libre et indépendante de Uome, et, ce qui le prouve, c'est qu elles n'ont pas été frappées d'après le syslènfïe romain. L'Angleterre a également fabriqué, et probablement dans le même temps, de la monnaie d'argent, mais elle y est moins abondante; on n'a guère trouvé en Angleterre que de petites pièces pesant environ 1«',3 (1) qui semblent être une imitation des quarts de statère d'or très-légers, qu'on y voyait en abondance; ces pièces ne sont pas des plus anciennes, car, d'après les historiens romains, César ne trouva pas de pièces d'ai-gent dans la Grande-Bretagne, où cependant elles étaient en circulation à l'époque d'Agricola (-2).

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