‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 3)Chapitre 61 sur 240 · IX · texte numérisé non relu

IX

La Macédoine^ province romaine en 608, **• *^- ^•"^'

avec TAchale^ la Moesie, la Thraee, la Pannonie, réuniea 8 ans après J.-C.^ la Dacie, en 106 après J.-C.

La Macé Joine est le premier lambeau du grand empire ^^ MMëdoinc. d'Orient qui ait été soumis à la puissance romaine, et par conséquent la politique que Rome adopta ensuite, pour le reste de l'Orient, sous le point de vue administratif et monétaire, trouve dans la Macédoine sa première application.

Examinons d'abord la monnaie d'or. La cessation de la o^-

monnaie d'or dans les États soumis aux successeurs d'Alexandre (nous y reviendrons au paragraphe Xljnfra^ p. 299) ne suffit pas pour expliquer la raison qui empêcha, à ce qu'il paraît, le roi Persée de frapper de la monnaie d'or (1) , ni pourquoi les villes de Macédoine (2), les Athéniens, les Achéens, ni aucun autre peuple de la Grèce, n'en ont frappé, une fois qu'ils se sont trouvés sous la protection ou sous la dépendance souveraine et immédiate de Rome. Il est

(1) La pièce décrite par Eckhel {Doct. num. vet., t. Il, p. 132) est fausse (Mionnet, Suppl., t. IIl, p. 356); celle qui est donnée par Mionnet {loc, cit.) a été déclarée plus tard par lui-même {Poids, p. 7G) douteuse. Du reste, Texistence de quelques pièces d'or isolées ne prouverait pas que le traité de

&57 avait interdit le monnayage de l'or, car ces pièces auraient pu avoir été ^^^ ^^' J.-C* frappées pendant les années que dura la guerre.

(2) T.-Llv., XLV, I8et29.

278 CUAPITRE IV.

même probable, quoique nous n'en ayons aucune preuve positive, qu'en vertu de la législation romaine alors en vigueur, les anciennes pièces d'or, qui jouissaient auparavant d'une certaine préférence dans le commerce, furent réduites (i) à leur valeur intrinsèque. Il existe cependant quelques statères d*or du système attique et d'un travail positivement grec qui portent, en caractères latins, le nom de T. QVINCTIu^ Flamininus (t. II, p. 116, note 2); et de plus les pièces de Sylla, dont le poids est réglé d'après la livre romaine, avaient été, au témoignage de Plutarque (2), spécialement frappées pour le Péloponnèse, et y sont restées longtemps en circulation (t. II, p. iàO et note) ; on peut conclure de ceci que le gouvernement romain avait enlevé m«r.j.-c. déjà par le traité de paix de 657, à la Macédoine et à la Grëce,le droit de fabriquer de la monnaie d'or, comme apanage exclusif de la souveraineté, et qu'il se l'était réservé, en vertu du protectorat qu'il exerçait sur ces contrées. On s'était jusqu'alora contenté à Rome d'avoir de la monnaie d'argent, et il eût été peu convenable de frapper en abondance des pièces d'or, uniquement destinées à une province sujette; ceci explique assez le peu d'or romain qui fut alor? mis en circulation.

Il en fut à peu près de même pour les poids des monnaies; le gouvernement romain fit frapper des monnaies du système attique pour la Macédoine et l' Achaïe, parce qu'à Athènes et à Corinihe, dans l' Achaïe et la Macédoine, les poids attiques avaient exclusivement prévalu (t. I, p. 89).

(1) Nous ne possédons aucun renseignement, autant que nous sachions, sur la valeur du slatère d'or macédonien, et nous ignorons combien de drachmes d'argent il valait légalement.

(?) Lucullus, 11.

LA MACÉDOINE, L ACnAÏË , LA THBAGE, ETC. 279

On voit en effet que les pbilippes d'or et les tétradracbines attiques sont les seules monnaies dont il soit fait mention dans les triomphes des généraux romains du vi" siècle, après les victoires remportées sur la Grèce et sur la Macédoine ^i).

Les poids attiques furent non-seulement conservés par le Assimilation icgaie gouvernement romain pour la monnaie locale, mais, au '^'^g*^!!""»*'* moyen des tarifs, ils furent pour wnsi dire incorporés dans ^'ro3n" *" le système romain, ce qui ne s'était fait pom^ aucune autre valeur étrangère. Non-seulement, comme nous l'avons déji dit, toute la monnaie d'or et d'argent frappée par Rome ou sous l'influence des Romains, pour la Macédoine et pour la Grèce, est fabriquée d'après le système attique, mais de plus les noms des magistrats ou généraux romains y sont inscrits tantôt seuls, tantôt en seconde ligne, mais en caractères latins, ce qui ne s'était encore vu à cette époque sur aucune monnaie même provinciale, qui n'appartint pas exclusivement au système romain. Nous pouvons conclure de là que les monnaies provinciales romaines du système attique étaient, de toutes les monnaies locales, les plus conformes aux monnaies romaines ; de plus elles leur furent parfaitement assimilées, comme nous l'avons vu (t. I, p. 96 et 97); ainsi, d'après le tarif, une drachme attique valait un denier romain. Évidemment cette mesure n'est autre chose que l'assimilation légale de la monnaie locale à la monnaie romaine, lors de la réduction de la Macédoine en province. Il est à croire que le denier romain fut pour lors accepté par la Macédoine comme monnaie courante, et il est possible que le létradrachme macédonien fut en même temps adiftis à circuler en Italie; il s'entend cependant que cette admission profitait au denier. Cependant rassimilation de ce

(1) T.-Llv., XXXIV, 52 j XXXIX, 5.

280 GIlAPiTRE IV.

Bystëme moDétaire éti*anger au système romain diiïère des assimilations analogues qui eurent lieu ailleurs, ce qui arriva assez souvent : non-seulement dans le langage habituel on nommait très-improprement le denier drachme attique, parce qu'en Macédoine et aillem-s encore on pouvait le faire passer comme ayant une valeur égale, mais les noms mêmes de drachme attique et de drachme d'Alexandre furent tellement acceptés pour le denier dans les provinces orientales (t. I, p. 32 et 33) que la véritable drachme attique de li^%Z7 a été alors appelée drachme eubôïque (t I, p. Si, 96 et 97), et que ce nom lui est resté même après le règne de Néron qui réduisit le denier romain de 3s',90 à 3«»,41 {itipra^ p. 28).

Pour expliquer cette singularité, il est bon de rappeler la position politique et monétaire de ces contrées, avant la conquête romaine. La monnaie attique, ou pour mieux dire la monnaie d'Alexandre avait toujours été regardée, dans les provinces soumises au Grand Roi, comme une monnaie royale et comme le privilège de la souveraineté; à l'exception des monnaies égyptiennes, toutes les monnaies royales suivaient le même système, tandis que la plupart de celles frappées par les villes libres mais vassales étaient tout à fait différentes; nous en voyons la preuve dans toutes les monnaies royales qui, en réalité, étaient des monnaies de villes, lesquelles après la mort de Philippe et d'Alexandre ont pendant plusieurs siècles été frappées à l'effigie de ces princes, et avec leurs noms dans un grand nombre de villes et de pay%. Le pouvoir de faire frapper la drachme d'Alexandre le Grand passa avec la souveraiueté entre les mains de la République romaine, et l'on peut attribuer au Sénat romain l'idée d'accepter la drachme d'Alexandre dans le système romain, en l'assimilant au denier romain, pour faire com-

LA MACÉDDINIi, l'aCHAÏE, IJi THRACE, ETC. 281

prendre à ses nouveaux sujets que la République, devenue maîtresse de la Macédoine, héritait aussi des prétentions du Grand Roi sur la souveraineté deTOrient. ^^^^^^

Il paraît que le traité de 557 n'avait pas enlevé à la <37«v.j.-c. Macédoine le droit de fabriquer de la monnaie d'argent et que ce fut seulement après la bataille de Pydna, loi-s de la réorganisation de la Grèce septentrionale, que les quatre confédérations macédoniennes (Amphipolis, Thessalonique, Pella et Pélagonia) ainsi que les princes de la Thrace se virent enlever cette prérogative. Ce n'est qu'en 596 que le issav. j.-c. Sénat, ayant ordonné (1) de rouvrir les riches mines d'argent qui se trouvaient dans la Macédoine, accorda à la province dans laquelle ces mines étaient situées le privilège de pouvoir émettre de nouvelles pièces d'argent; cette province, qui était celle d'Amphipolis, fabriqua des tétradrachmes dans une proportion tout à fait extraordinaire (2) pour le peu de temps que ce privilège lui fut concédé (590- ^^^^^^ ^^ j .ç 008). Le môme privilège a sans doute été accordé à la seconde province de Macédoine dont ïhessalonique était le chef-lieu, m:^is elle n'en fit pas grand usage. La troisième et la quatrième province ne nous ont pas laissé de monnaies d'argent. Lorsqu'à la suite de la révolte suscitée par le faux Philippe en 008, les quatre confédérations macédoniennes ^gav. j..c. furent dissoutes, et tout le pays réuni en une seule province sous un gouverneur romain, l'émission des tétradrachmes macédoniens ne fut pas interrompue; seulement, à côté du nom de la Macédoine, et du signe particulier à

(1) Caséiodore à l'an 696.— Cf. notre Hi$t, Rom., 1. 1, p. 768 ; tr. fr., t. IV, p. 23.

(2) Kckhel, Docl. num, vel., t. Il, p. 63. — Borghesi, Dec. XVJ, 1-4 ; Œuvres compL^ t. Il, p. Î36 et suiv.

282 CHAPITIIE IV.

Thcssalonique, devenu chef-lieu de la province, on mit le

nom ou le titre du gouverneur ou du questeur (1) romain.

La Macédoine continua donc encore à jouir du droit de

battre monnaie, mais seulement sous le bon plaisir de la

puissance protectrice (2), et en vertu d'une autorisation

spéciale et temporaire accordée par les gouverneurs ; la

seule date certaine que nous puissions assigner à l'un de

88 ar. j.-c. ces magistrats est l'année 666, mais on peut Supposer que

tous sont antérieurs à Sylla (3).

Fin do 1.1 monoiiio I/époque OU finit le monnayage d'argent dans la Grèce

eu Grèce. proprement dite est moins facile à déterminer. La Ligue

146 ar. J.-C. Acliécnnc cessa de battre monnaie en 608, c'est tout simple ;

mais Athènes a continué à frapper des tétradrachmes avec

les noms du roi Mithridate et d'Aristion, par conséquent

(1) Voy. t. II, p. CO, note 1. Les autres signes, que Ton regarde comme des signes d'ateliers monétaires, sont plutôt des chiffres. Quant à Thessaloniquc, comme cnpitalo de la province et «pconi MoxcfioWvy vo*/. Marquardl^ //onrfôttcA, 1. 111, 1, p. 118.

(2) Il est bien entendu que les monnaies des quatre provinces de la Macédoine sont plus anciennes que les tétradrachmes qui portent simplement la légende M AKEAONON et le nom d'un proconsul ou d'un questeur. D'un autre côté les petites pièces d'argent avec la légende MAKEAO- NflNi qui pèsent 2(^58 (=48 l/2,lIionnet) et moins, sont d'après le style et le poids beaucoup plus anciennes; elles sont en rapport avec les sixièmes de slatère d'argent de Philippe II (L. Mûllery Numismatique d Alexandre, p. 337, n** U-17), qui sont encore frappées d'après le système des Perses (t. I. p. 20, note 1 et p. 44), et par conséquent elles appartiennent aux temps antérieurs à Alexandre le Grand.

(3) Les noms des magistrats romains, qui s'y trouvent, ont été énumérés t. H, p. CO, note 1. Borghesi (Dec, XVI, 1-4; Œuvr, compl., t. Il, p. 23C et suiv.) a traité de i'cpoqne à laquelle ils appartiennent. Le magistrat nomme SVVRA LEG. PRO Q. semble être Bruttius Sura, légat de

S9 et 87 ar. J.-C. Sentius Saturninus, gouverneur de la Macédoine de CG5 à CC7 ; celui qui porte le nom de CAE--*PR. doit éfre antérieur i Sylla, puisqu'il prend encore le titre de préteur, et non celui de proprctcur.

LA MAGbDOINE, l'aCIIAÏE 9 LA TIIRACE^ ETC. 283

de 666 à 668 (1) ; les monnaies d'Athènes portent peu de ss ci 8c av. j.-c. traces de rinfluence romaine (2), de sorte qu'il est diflicile d*admettre que cette ville ait continué à jouir du privilège d'émettre des monnaies d'argent jusqu'au règne d'Auguste, et qu'il est plus vraisemblable qu'elle le perdit après la prise d'Atliènes par Sylla (!•' mars 668). se «r. j.<:.

Peu de temps avant la bataille de Philippes, en 712, p«^<^«'» *'«' Brutus, pour récompenser Coson, prince de Thrace, d'avoir 42 «v. j.'c. ouvert ses trésors au parti républicain et de s'être ainsi laissé entraîner à sa propre perte, lui accorda l'autorisation de frapper des monnaies d'or, sur lesquelles on lit son nom écrit en entier en lettres grecques à côté du monogramme en caractères latins représentant le nom du général romain (3). Ce» pièces sont tout à fait semblables, quant au poids, aux philippes d'or (&), et remarquables en ce qu'elles

(I) Eckhel, Doct. num. vet., t. II, p. 2ir.— Beulé, Monnaies (TAlhèMs,

(t) Cf. Beulé, Monnaies et Athènes^ p. 100. On ne rencontre que deux \é.tradradunes avec des noms romains, TTOnAI (Beulé^ p. SOS) et KOIN- T02 (p. 320, 822).

(3) C'est l'opinion d'Eckhel (Doc^ num, vet,, t. Vï, p. 23), basée sur un passage d'Applen {Bell, ci»., IV, 75): cette explication s'accorde si bien avec le type et le monogramme InUn de Brutus, qu'elle peut cire considérée comme cerlaine. Kn tout cas cette monnaie n'est pas plus ancienne.

(i) Le poids est de 8>',54 (=131 3/4,Hunter, p. 114); 8tr,52 (=1C0 1/2, Mionnet, Suppl., t, 11, p. 27C, n* 445); 8«%48 (=130,0, Leake, Eur. Greece, p. 42); S«%33 f=l28,G, Cat. Thomas, p. IIC); 8«',20 (=128, Cal. Northwick,p. 48); 8t%28 (Cabinet de Berlin, Pinder, p. 130); 8«',î4 (=127»1, Cat. Pembroke, p. 114); 8»',2l (=126 3/4, Hunter). L'aureus de Cc&ar doit peser d'ane manière normale 6(^,18 et ne dépasse Jamais co poids ; l'assertion que la pièce d'or portant le nom de Coson est frappée d'après le système romain est donc décidément erronée. Nous no trouvons nnlle part Indiqué le poids des pièces d'argent beaucoup plus rares avec la même légende et le mémo type; Il est fort douteux que ces pièces soient authentiques, et on peut croire qu'elles ont clc coulées sur celles d'or.

prouvent que, même après la mort de César, le philippe d'or, quoique son émission ne fût plus régulière, continuait, comme à l'époque macédonienne, à être la monnsde courante de cette contrée, iionnaiescie cuivre 11 cst hoi*s dc doutc qu'à Tépoquc Impériale la Macéif terreur», doine et l'Achaïe ne fabriquèrent plus que de la monnaie de cuivre, sans que Ton puisse déterminer à quelles dates les pièces nationales d'or et d'argent furent retirées de la circulation pour être refondues et converties en nouvelle monnaie, ni même si celte mesure a été jamais prise d'une manière générale. Au point de vue financier, cette opération était possible et même excellente, puisque les tétradrachmes, tout vieux et usés qu'ils étaient, avaient encore plus de valeur intrinsèque que le nombre déterminé de deniers romains tout neufs qui représentaient la même valeur nominale (1).

Le denier n'avait sans doute pas tardé à s'introduire en Macédoine et en Achaïe, où il circulait en concurrence avec le tétradrachme. Ce fait est d'autant plus silr qu'un siècle environ avant la réduction de la Macédoine en province romaine, cette monnaie avait pris pied dans l'Illyrie romaine et y avait même pénétré jusque dans le monnayage municipal (t. II, p. 92 et suiv.).

Nous n'étudierons pas ici les monnaies de cuivre de ces pays qui continuent à être frappées en assez grand nombre dans plusieurs endroits, par exemple dans les colonies de

(1) 87 tétradrachmes attiques mal conservés, la plupart des temps les plus récents, que M. Beulé {Monnaies (TÂthènes, p. 103 et suiv.) a fait fon* dre^ ont donné en^noyenne, outre 0>\002 d'or, encore 1Gk%20 d'argent du titre de 0,9GG. La refonte de ces pièces, pour en fabriquer des deniers, couvrait donc, et probablement très-largement, les frais de la nouvelle frappe.

LES PAYS SUn LE DANUBE ET LA MER NOIRE. 285

Corinthe et de Patras, jusque dans le troisième siècle de notre ère : cette étude est en dehors de notre sujet.

Les pays indépendants sur le bas Danube et les côtes do la mer Noire.

Il nous reste encore à jeter un coup d'œil sur les con- rrovincc»

, dannbicnncB

trées du nord qui s'étendent sur les deux rives du Danube et côtis

^ , , , iLt » ^ . de la ir.cr Noire.

et sur la côte européenne de la mer Noire. Ces pays qui n'ont jamais été soumis à la puissance romaine, ou qui ne Font été que fort tard, sont restés, pour la plupart, comme un poste avancé et à demi barbare de la civilisation antique. En Pannonie et dans le pays des Quades, sur la rive gauche du Danube, les monnaies grecques et celles de la République romaine se trouvent aussi rarement que dans la Rhétie et le Noricum (1) ; seulement, par une exception singulière, dans le pays entre la Save et la Drave, on trouve quelquefois des monnaies de bronze grecques et particulièrement des Ptolémées d'Egypte (2). Quant aux monnaies

(1) Il D'est pas parvenu k notre connaissance quo des deniers de familles romaines, des drachmes lliyriennes, des monnaies d'argent ou d'or de la Grèce du nord, et surtout une seule des espèces si fréquentes dans la Transylvanie, se rencontrent dans ces contrées. Les collections à Laibach, Pettau, Gratz^ Ktagenfart^ que nous avons eiaminées nous-mêmes, ou que nous avons fait examiner, Dépossèdent que des tétradracbmrs des Quades dont nous parlerons plus bas, le cuivre des Ptolémées et les monnaies des empereurs; seulement à Pettau 11 y a une pièce isolée de Philippe de Macé* dolne«

(2) A Kulia (district de Lfkkan, Croatie), on a trouvé trois monnaies pliénico-siclllennes de cuivre : l"* Tête de femme couronnée d'épiâ. i^ Cheval debout, légende phénicienne; 2*" La même sans légende; 3' Tête avec barbe pointue et couronnée de laurier, i^ Cheval debout; et une pièce égyptienne:

28G ClUPITttE IV.

or. iadigjènG&d'or^ toutes celles que nous pouvons citer appar-

tiennent à la cbsBààe&Regenbogensehûssekhen; évidemment elles ont été fabriquées sous Tinfluence du mon- Argfcnt. nayage celto-germanique (1) . Les pièces d'argent sont au contraire copiées sur les tétradrachmes du nord de la Grèce ; les plus pesantes d'entre elles atteignent mètne le poids de ces derniers, tandis qu un certain nombi-e pèsent beaucoup moins, et ont des poids tout à fait irréguliers (2).

Tôle d'Ammon. i^ Doux aigles debout, légentie illisible (ScidI, Chronik, II, p. 22),— A Huhenmaulen (Styrie, district de Marbourg), on a trouvé un non)bre considérable de monnaies de bronze égyptiennes, presque toutes de la même espèce el qui avaient été en lassées en forme de colonne; deux exemplaires, qui sont entréi( au Johanneuni de Gratz, montrent la tête d'Ammon. vi nrOAEMAIoY BA2IAEfl2; alglesur un foudre; corne d'abondance el monogramme (KnabI, Sleiermûrk, MUtheilungen, 1851, p. 182.— Cf. Seidl, Beitrûge, ]], p. 220; III, p. 45et8uivO. On dit qu'en même temps on a trouvé une monnaie du BrulUum :Tête d'homme casquée, i^ Pallas marchant, cl des monnaies impériales du Bas-Empire; mais cette dernière assertion ne peut pas être vraie. Des monnaies semblables des Ptolémées ont été trouvéïs aussi à Lelbnitz et à Pettau en Styrie (Knabl, loc, cit,); deux de ces pièces se trouvent dans la collection du capitaine Braun, & Lelbnitz, deux autres dans celle de M. Hunisch, médecin de régiment à Pettau.

(1) Le type est un croissant avec des rayons, du moins sur les pièces trouvées à Jarendorf et sur une autre conservée à Gratz et qui vient de Seckau. Quant r.u poids, on remarque que les 2G pièces d*or du dépôt de Jarendorf pesaient ensemble 38 ducats, ce qui donnerait &>%t par pièce, supposé que toutes fussent d'un poids égal, et de plus que celles qui sont signées Bl AT* ressemblassent exactement aux monnaies do Podmoltl {supra, p. 276, noie) par la forme, le poids, le module et la pureté de l'or (forma, pondère, mole aurique puritate). Voy, Neumann, Num. veter., 1. 1, p. 140.

(2) Celles qui portent la légende BIATEC pèsent: 17K^35 (=238 grains, Seidl, Beitrage,\, p. C5, le plu« pesant des huit exemplaires devienne); I7«',22 (=205,7, Cat, Pembroke, p. 64) ; iC«',02 (=232, Sei-ll) ; 1G*%62 (Plndcr, p. 2); (;i',OS (=83, Seidl).— Celles avec la légeude NONNOS : 17«%17 (Cabinet do Berlin); iT*', 10 (Cabinet de Berlin); 17>%00 (=*J35, Seidl, le plus pesant des sept exemp'alres de Vienne); I6i%92 (=232, Seidl); I2»%98 (=178, Seidl).- Cellcsavcc la légende DEVIL: ni%is (Cabinet de Berlin); lCt%94 (Cabinet

Le nom deBiatec que Ton renconlre sur les pièces d'or scyphates, aussi bien que sur les tétradrachmes, prouve d'une manière évidente que ces deux monnaies, si diflereu les l'une de l'autre, ont cependant été frappées à la même époque et appartiennent au même système monétaire; ce que vient confirmer encore leur présence âsmltanée dans les mêmes dépôts. II est impossible qn'elles aient été frappées sous Tautorité romaine; elles sont donc ou originaires de la Pannonie, par conséquent frîippées avant Tannée 8 de notre ère, époque à laquelle ce pays devint province romaine, ou bien elles viennent des pays encore libres situés sur le» confins de cette province. La première hypothèse peut être admise pour les pièces anépigi-aphes et pour celles qui portent les légendes ADNAMATI, NEMET, ATTA et autres semblables, que l'on trouve dans la Garinthie et dans la Styrie (!)• La présence de caractères latins sur des

de Berlin). - Celles avec la légende COBROVOMARVS : H"^ (Cabinet de Berlin).— Celles avec la légende EVOIVRIX : tOs',74 (Cabinet de Berliu). —Celles avec la l^ende SVICCAî IC^Mô, 0»%89, 9k%88, 8»%68 (Cabinet de Berlin). — Celles avec ia légende EICCAlOou ECCAIO: 8»',84, 9«%ll, 8r,02 (Cabinet de Berlin). -Celles avec la légende ADNAMATI : f^^^lO (Cabinet de Berlin).

(1) Comme les renfeignerocnts ear les découvertes nous manquent, il ne sera pas inutile do donner ici quelques indlcatious que nous fournissent les collections des sociétés de la StyrIe et de la Carinthie. Les monnaies citées

sont toutes d^argent à l'excepUon de la seconde : 1' ADNA , le reste

de la légende est effacé. Duchal aïs (Description des médailles gauloises de la BihU royale^ p. 393, n"* 81} a décrit une pièce semblable. Celle indiquée Ici a été trouvée au Zollfeld (à Klagenfurt). — 2* ADNAM, cuivre (semblable à la précédente d'argent] de la Carintbie (à Gratz).— 3* ATTA (Duchalals, loc. cit.^ n* 83), d'Altenmarkt, près Windischgratz {k Gratz); trouvée â llolz (à Klagenfurt).— 4' COI (semblable à la pièce décrite par Duchalais, loc, cil,, p. 394, n* 84), de Lembcrg, près Cllll (à Gratz). — S» EICCAIO /R (semblable à la pièce décrite par Duchalai^, loc, ciL, p. 395, n* 87), deux exemplaires du Zollfeld (à Klagenfurt).— C» NEIMET (Ducbalai?, loc. cit., p. 397,

288 cnAPiTRE IV.

pièces aussi anciennes, frappées en Pannonie, ne peut pas • nous étonner, puisque, d'après le témoignage d'un écrivain contemporain, Velléius Paterculus (1), la langue latine s'était déjà répandue dans ces contrées, même avant la conquête romaine. Les pièces de Biatec, au contraire, et celles qui portent les noms de Nonnos, de Cobrovomarus et au • îres semblables, doivent être d'une époque plus récente. En effet, leurs types semblent souvent empruntés aux deniers romains et entre autres à celui de T. Garisîus, des 40-45 «T. j.-c. années 705-709 (t. II, p. 5A3. — Cohen, pi. X, Cari- 5ta, n"* 8 et 9) (2), et les endroits où on les trouve plus particulièrement (les environs de Presbourg et de Wieselbourg) (5) nous portent à croire qu'elles ont été frappées dans une contrée située au nord et bora des limites de la Pannonie romaine. Ces monnaies, qui se rapprochent pour l'or des pièces de la Bohême et par conséquent de celles des Marcomans (â) , et pour l'argent des

n* 89), deux exemplaires de Holz (Klagcnfurt) ; de Lemberg, près Ciili (?) (h Gratz). — A Lemherg, près Ncuhaus, dans le canlon de Cilli, on a trouvé des monnaies ayant les types ordinaires, la tête d'homme et le cheval^ audessus une roue, entre Irs jambes un T (SeidI, Beitrûge^ M, p. 221 ; note communiquée par le capitaine Braun k Leibnitz}. — A Wnrasdin on a trouvé

100 mAnnales d'argent avec le type ordtnaire, mais d'un très-bon travail (Seldl, CArofii^, î,p.27).

(2) Eckhel, Doct. num, veL, t. IV, p. 179.

(3) En 1776 on a trouvé près de Presbourg 44 monnaies d'argent avec IfS noms de Biatec, Nonnos et Cobrovomatiis. — En 1856, on a trouvé près de DeutschJarendorf, non loin de Knribourg, 3C pièces d'or dites Hegenbogenschûsselchen, et, parmi ces pièces, quelques-unes avec le nom de Biatec, et

101 monnaies d'argent, la plupart de Biatec (3i)et de Nonnoj (43), quelquesunes de Cobrovomarus^ BussumaruStHc. (Seidl, Beitrâge, V, p. C4 etsuiv.).

[Cf. Reo. num., 18C9, p. 28G et sulv. un article de M. le baron de Pfaffeniioffen.] J. W.

(4) Non loin de Podmokl, on a aussi trouvé un tétradracbmc barbare d*argrnt (Ncumann, Sumi vd., t. l, p. I4t).

pièces romaines de la Macédoine, peuvent être attribuées à Vannius qui régnait sur les Quades du temps de Tibère et à ses successeurs (1).

Plus tard, les peuples encore libres sur la limite de la Monnaies copiées

^ . , .. ^ ,1.1-1 «"r les monnaies

Pannome et les tribus encore à peu près libres de cette pro- romaines. vince fabriquèrent des monnaies sur le modèle du denier romain. Nous pouvons citer en particulier les deniers portant la légende RAVIS ou RAVSCI ; ces deniers appartiennent probablement aux Aravisques, peuples qui, du temps des derniers empereurs de la famille des Jules (2) , habitaient le pays qui forme aujourd'hui le comitat de Stuhlweissenbourg (Alba Regalis). Une grande partie des deniers barbares anépigraphes que Ton connaît vient probablement aussi du même pays.

Les monnaies de la Dacie nous présentent des faits entiè- i>acie. rement différents, en particulier celles qui ont été trouvées dans la partie méridionale formant aujourd'hui le comitat d'Hunyade et la contrée dite Sachsenland. Nulle part, on n'a trouvé réunies ensemble une aussi grande quantité de

(1) ScbôQTlsner (NoL Hung. rei num,, p. 38) croît qae Biatec est le même que Bato.

(2) Cf. sur ces curieuses monnaies Eckhe], Doct, num, vet., 1. IV^ p. 178. — Arneth^ Diplom, milit., p. 12. A Bia (comitat de Stuhlweissenbourg, à 2 milles de Bude) on a trouvé, en 1796, 600 deniers^ et^ dans ce nombre, 80 avec la légende RAVIS ou RAVSCI; les autres étaient des de> niers de familles romaines avec quelques-uns d'Auguste et de Tibère, et un seul de Gallgula. — Cf. supra, p. 50. — Les indications peu précises, il est vrai, que donnent les anciens géographes (Tacit., Germ., 28 et 43. — Plin., Hist, nai., III, 25, 148. ~ Ptolem., II, 15, 3) semblent permettre de placer dans cette région les Aravisques ou Éravisques, mais c'est surtout l'inscription d'un certain Bato Trantonis f. Araviscus, trouvée à Also-Szent-Ivan (comitat de Stuhlireissenbourg; voy, Seidi, Bet/rA^e, IV, p. 52), qui nous engage à placer ces peuples dans cette région. — Le plus fort des cinq exemplaires de cette monnaie du Cabinet de Berlin pèse Z*%\.

in. 19

290 CHAPITRE lY.

monnaies frappées dans les pays civilisés qui touchent à ces contrées ; par exemple les statëres d'or du roi Lysimaque de Thrace, les pièces d'or thraco-romaines avec les noms de Coson et de Brutus ; ces deux espèces ont été rencontrées surtout à Sarmizégétusa (1) (Augusta Dacica ou Colonia Ulpia Trajana Dacica Sarmizégétusa, aujourd'hui Varbely ou Varhelj; les tétradrachmes de la Macédoine, ceux de Thasos, de Maronée, les pièces d'argent d'ApoUonia, de Dyrrhachium et les deniers romains (2) de la République s'y trouvent également. Il parait qu'un grand nombre de ces pièces d'argent étaient échangées contre le produit des mines d'or de la Dacie, et que l'or exporté en lingots y rentrait sous forme de monnaies ; on a même trouvé dans ce pays des monnaies de bronze d'Egypte et de Corcyre(3). Il parait que les ateliers indigènes n'ont produit que des pièces d'or anépigraphes copiées sur les tétradrachmes

(1) On a des relaUons de ces trouTailles, quoiqae peu fidèles^ et surtout mêlées de circonstances fabuleuses. Voy. Schônvisner, Nof . Hung. rei num., p. 24.~-Eckhel, Ùoct. num. vet,, t. II, p. 56.» Neigebaar, Dacien, p. 96,103. — Seidl, Beiiràge^ II, p. 241. On rencontre aussi dans ces contrées des statères d'or d'Alexandre, comme nous l'a assuré un collectionneur de Transylvanie, mais, autant qu'il est possible de le savoir, pas un seul philippe d'or.

(2)Seidl, Chronik, 1, p. 23-28; 11, p. 25; BeitrOge, II, p. 237; 111, p, 84 et 85. Tous les collectionneurs du sud de la Transylvanie assurent la même chose. Dans la partie septentrionale du pays, les dépôts de monnaies sont plus rares; ils consistent surtout en tétradrachmes barbares avec la tête couronnée de laurier et lécherai; on a trouvé par exemple 112 de ces tétradrachmes à Sséplak, prés de Szamos-Ujvàr. Une de ces pièces, qui est maintenant au musée de Berlin, pèse 96%5.

(3) D'après les communications d'Ackner, on trouve beaucoup de ptolémées à Reho près de Mûhlbach. On a découvert à Heltau, près Hermannstadt un vase contenant des monnaies de cuivre de Corcyre :— Tête de femme . 1^ Vase à une anse. 11 y avait aussi dans cette trouvaille quelques pièces de Panorme.

d'argent de Lysimaque (1) et quelques pièces d'argent anépîgraphes fabriquées à Tifuitation des tétradracbmes de la Macédoine et du nord de la Grèce, le plus ordinairement avec le type de la tête d'homme et au revers le cavalier (2) ; quelques pièces d'or à légende latine, copiées sur les aureus romains, ont probablement été frappées peu de temps avant ou peu de temps après l'abandon de cette province par l'empereur Aurélien (3).

(t) DuchalaU, Description des médailles gauloiies^p» 369-360. On ne saurait décider si une partie des pièces d'or de Lysimaque ne doit pas élre regardée, à cause de leur fabrique grossière (Eckhel, Doct, num.vet.,i. }, p. LXl)^ comme des imitations faites dans la Dacle.

(2) Pour autant que nous le sachions, les tétradracbmes pannoniens avec le nom de Biatec, ainsi que les autres qui portent des légendes, ne se trouvent Jamais en Transylvanie.

(3) L'an 1713 on trouva en Transylvanie et réunies ensemble les curieuses pièces d*or^ imitées en partie des deniers républicains, en partie des monnaies impériales du m* siècle, avec les légendes IMP-SPONSIANI* «)C- AVG. (Eckhel, Doct, num. vet., t. VII, p. 340). - PLAVTIVS(Eckhel, loc. cit., t. IV, p. 179; t. V, p. 218), des gordiens de fabrique barbare (Eckhel, /oc. cil., t. VII, p. 316) et des philippes (Eckhel, loc. cit., t. VU, p. 829). Le poids varie de la manière la plus étrange; des quatre pièces d'or avec la légende PLAVTIVSy par exemple, deux pèsent 6*^24, une 9«^20, une 1 5«'2 1 (= 3 ducats, 65 grains), (Arnetb, Wiener Sitzungsberichte, t . IX , p. 922. — Voy, d'autres détails donnés par Eckhel, loc. cit.). Pourtant on comprend ces poids divers, quand on compare le monnayage romain d'or de la même époque qui n'est pasmoins irrationel.

[M. Cohen, après avoir décrit et fait graver la pièce d'or qui porte le nom de Sponsianus {Méd. impériales, t. IV, p. 231 et pi. XI), après avoir publié également la pièce d'or de fabrique barbare au nom de Plautios (Monnaies de la République romaine, pi. XXXni,P/a»/ta, n» 8), déclare, dans le tome VU, p. 254 de son ouvrage sur les Médailles impériales, que, ù'après des empreintes et une médaille d'argent de Sponsien semblable à Vor, il regarde ces pièces comme des coins modernes. M. Cohen fait la môme observation au sujet des pièces d'or de la famille Plautia, trouvées avec celles de Sponsien en Transylvanie, ie ne saurais partager cette manière de voir; on a pu

BcpUore. L'Empire du Bosphore a, sous le point de vue numisma-

tique comme sous le point de vue historique, une position tout à fait à part. La monnaie d'argent a cessé d'y être en usage à une époque relativement assez reculée, probablement à cause de la quantité de pièces d'or de Cyzique que le commerce des blés y apportait de la Grèce (1).

Au temps où les villes du Bosphore qui frappaient monnaie étaient encore des républiques, l'argent y était encore plus commun que l'or, et cependant ces villes émettaient plus d'or et plus de bronze que la plupart des autres États de la Grèce (2) ; mais à l'époque des monnaies royales, sous les princes de Panticapée, comme sous les autres dynastes, tels que Pharzoeus et Scilurus, on ne voit plus de monnaies d'argent, à l'exception de quelques pièces de Spartocus (3). Nous voyons égale-

mouler sur les monnaies d'or antiques des pièces d'argent. M. Hommsen regarde^ et Je crois avec raisoDi l'aureus de Sponslen comme une imitation barbare des pièces à Vefflgie de Gordien lil. Cf. supra, p. 121.]

(1) Burgon {Num. Chron,, 1. 1, p. 40) assure que ces pièces Tiennent ordinairement de la Grimée, el qu'elles s'y trouvent plus fréquemment qu'ailleurs; M. de Koehne (Musée Koisckoubey^ t. 1, p. 341) confirme cette provenance. La relation bien connue de Démos thène (adv. Phormioneni, 23) s'accorde avec cette donnée.

(2) Des monnaies d'or de Panticapée : 9>%08 (=I71 Mionnet; 140,2, NorthwIcIl); 9^,0b (Koehne, Musée Kotschoubey, 1. 1, p. 340, 346, deui exemplaires) ; 9K^025 {ibid., t. I, p. 340); 9,0125 {ibid., 1 1, p. 346); 8«%5 (ibid., t. I, p. 346); it%27& {ibid,, 1. 1, p. 352); de la Chersonèse, très-barbares : 7>%71 (=119, Northwicb ; cf. Koebne, /. cit. , 1. 1, p. 1 55) ; d'OIbia (Koehne, l cit., 1. 1, p. 48). Les pièces de 8k%5 et 4<%3, apparemment plus récentes que les plus fortes, sont des didracbmes et des drachmes attiques; le pied des plus fortes est tout à fait singulier et n'a pas encore été expliqué, comme aussi ie pied des monnaies d'argent du Bosphore (Cf. la liste que donne M. de Koehne, toc. ctï., 1. 11, p. 405 et suiv.).

(a) M. de Koehne, /.ciY.,t. II, p. 30. La monnaie de Spartocus pèse 7*%9, et parait décidément être un atatère attiqae. Les pièces d'argent des deux Po-

46 ir. J.-C.

ment dans le décret en l'honneur de Protogëne d'Olbia que la monnaie de ce temps consistait en or et en cuivre ; ce dernier métal n'était reçu qu'au-dessous de sa valeur nominale (1). C*est pourquoi, lorsque ce pays subit l'influence romaine, le monnayage de l'or y fut exceptionnellement conservé jusqu'au règne de Gallien , tandis qu'on n'y frappait aucune monnaie d'argent; dans les derniers temps de la République romaine, le poids des pièces d'or du Bosphore est le même que celui des statères attiques, légèrement réduit, et correspond à peu près à l'aureus frappé à Rome au temps de César, en 708 (2). Depuis cette époque, la pièce d'or frappée au Bosphore suit à peu près régulièrement les variations de poids de l'aureus romain (3) ; sur quelques-unes on voit la

lémon et de ia reine Pvthodoris appartiennent toutes au monnayage de l'Asie Mineure. M. de Koehne {Musée Kotschoubey^ t. Il, p 20i) parle d'une pièce du temps de Tibère, mais il la regarde lui -même comme une falsification antique.

(1) Corpus inscr. gr., u* 2058, A, 70 : Soùç xP^^^v^^^» X*^*^^ èxojAteaxo èx •cexpaxo<7((i)v; et de même B, 43. 11 semblerait qu'un cours diflTérent soit indiqué dans ces deux endroits. La pièce d'or, qui sert de baaeau compte, est sans aucun doute le slatère attique d'or, ce que Bœckh pense aussi ; car les plus récentes des monnaies d'or de cette région, qui ont été frappées sur le pied attique, antérieurement à l'époque romaine, celles de Panticapée [supra, p. 292, note 2) et celles du roi Paerisades sont fabriquées d'après ce système.

(2) Une pièce d'or de Pharnace de l'an 704 de Rome pèse 8>%là (Koehne^ 50 ar. j.-c. Musée Kotschoubey, t. 11, p. 138, 403), deux d'Asandre (roi en 710-737 envi- 44 et 17 ar. j.-C. ron) de la dixième année de son règne, vers l'an de Rome 719, pèsent 8t% 13 35 ar. j.-c. (^125 l/2,Norlhwick)et 8»' (Koehue, Musée Kotschoubey, t. Il, p. 163);

d'autres du même roi, des derniers temps de son règne, pèsent 8k',03 (= 1 5 1 1/4, Mionnet), 8»',01 (=123,7, 123,et, Cai. Thomas, p. 241), 8»' (Koehne, Mus, Kotschoubey, t. 11, p. 163; = 123,5 Leake).

(3) Une riche collection de ces monnaies d'or se trouve décrite dans l'ouvrage de M. de Koehne et aussi dans le Catalogue Thomas, p. 241 etsuiv.; p. 256 et suiv.

marque ^ qui indique bien positivement le denarius au* reus (1). Les pièces d'or fourrées sont beaucoup plus communes au Bosphore qu à Rome; en outre, le métal de ces monnaies est beaucoup moins pur ; le titre du métal tombe tellement bas, que sous Sévère Alexandre, ces prétendues pièces d'or n'ont pas même la valeur d'une pièce d'argent de bon aloi (2). Le gouvernement du Bosphore essaya de rétablir le monnayage de For, à l'époque où l'on commença à frapper à Rome (an de J.-G. 264), les tiers de Taureus {irienles ou iremisses) y msàs cette tentative n'eut pas de suite (3).

Simultanément avec ces pièces d'or, nous voyons le monnayage de cuivre qui se rapproche beaucoup du bronze impérial romain; ce fait mérite également notre attention -, nous n'avons pas de pièces de cuivre de Pharnace, très-peu d'Asandre, comme archonte, et pas du tout

(1) On trouve le signe du denier pour la première fois d'une manière certaine sur les pièces d'or sous Commode (Koebne^ Musée Kotschoubey, t. Il, p. 271, et pi. XV, n" 64). Nous ayons vu (supTa, p. 19, note 3) que le nom de denarius aureus était donné à ces sortes de pièces.

(2) l^s analyses suivantes, publiées par M. de Koehne (Musée Kotschoubey, t. Il, p. 410 et suiv.)> montrent le dernier degré de Tallération de celle monnaie.

Aprég J.-G.

Or.

ArgeoL

Colîra.

Rhescuporis 111

Hheécuporis V

Pharcanses

Khericuporis VI

Le même

Plonb. Zine. Étala.

traces — — — lraci'8 —

Après l'an 268 11 n'y a plus d'argent dans ces monnaies; une de trèsmauvais argent de l'an 303 (Koehne, loc, cit., f. H, p. 417) est une exception tout à fait isolée.

(3) Koehne, /oc. ci/., t. Il, p. 332. Cf. ce qui a été dit dan» la parUe de notre ouvrage consacrée à l'Empire, supra, p. 63.

comme roi ; pas davantage de Polémon I", ni des dynastes inconnus qui ont gouverné le Bosphore après sa mort. Le monnayage de cuivre ne commence guère que sous Tibère, pour continuer ensuite sans interruption ; la pièce la plus ancienne porte le chiflre IB = 12; on la retrouve jusque sous le règne de Néron (1). Sous le règne des empereurs Claude et Néron, nous voyons une pièce avec la marque H = 8 (2) et deux nouvelles pièces marquées KA = 24 (S) ou NOKA (4); une autre MH = 48 (5); ces pièces remplacent rapidement l'ancienne pièce portant la marque douze et elles ont été, surtout la première série, frappées en grande quantité jusqu'à la mort de Septime Sévère. A peu près à Tépoque où ces chiffres indiquant la valeur disparaissent, on voit apparaître à leur place les lettres PMA =

(1) Koehne, loc. cit., t. II, p. 204-225.

(2) Koehne, loc. cit., t. Il, p. 221 avec KAICAPOC BPITANNI-

KOY.

(3) Koehne^ loc. cit,, t. 11^ p. 2i8 et 224. C'est Ici qa'il faut probablement placer la pièce de cuivre de Polémon H (Koehnei ioc» cit., t. II, p. 189); les deux lettres KA, que l'on voit sur cette pièce^ sont maintenant regar* dées comme indiquant l'année du règne de ce prince. Les pièces les plus récentes de 24 voù(&iuqi, citées par M. de Koehne, sont celles d'Eupator 1 {Mus, Kotschoubey, t. ]|, p. 272), le règne duquel se place entre les nnnees 151 et 171 ; Il est vrai que ce n'est qu'une estimation approxioaativo^ comme le sont en général plusieurs des déterminaUons chronologiques des monnaies de cuivre frappées au Bosphore, parce qu'il n'y a ordinairement sur ces pièces ni des chiffres indiquant les années, ni des noms d'empereurs, et parce que leur sulto est surtout flxée par la comparaison avec les monnaies d'or.

(4) Kochne, loc. cit., t. Il, p. 272. C'est la pièce la plus récente de cette espèce.

(5) Koehne, loc. cit., t. Il, p. 223, 230 et sulv. La plus récente des pièces de 48 vo6{i{iux que M. de Koehne cite est, si l'on rejette une pièce d'une attribution incertaine (loc, a(., t. Il, p. 314), celle de Rhescaporis III (/. ctï., t. U, p. 309) dont le règne se place entre les années 211 et 229.

1A4, l( et l( B; les monnaies marquées de ce dernier chiffre sont très-nombreuses jusqu'au règne de Gallien (1). Plus tard, toutes ces monnsdes disparaissent; Taltération de Tor avait tellement abaissé la valeur de Taureus, quil n'y avait plus moyen de donner une valeur quelconque à la monnaie de cuivre ; les pièces de faux or diu-èrent ainsi jusqu'au temps de Constantin, lorsque, en 335, les monnaies du roi Hannibalien vinrent remplacer les pièces du dernier Rbescuporis (2) et mirent un terme au monnayage du Bosphore.

Gomme les monnaies d'or du Bosphore sont fabriquées sur le modèle des aureus romains, et que les pièces de cuivre portent les marques particulières aux deniers romains, c'est dans la série des pièces impériales qu'il faut aller chercher l'explication de ces signes ; nous voyons en effet que la petite unité de cuivre s'appelle également vojxo; ou vou|Xf/iov, comme dans la monnaie du Bas-Empire. La plus petite unité de cuivre à Rome était l'once, et, d'après cela, on peut expliquer d'une manière satisfaisante la pièce marquée 12 que déjà Tibère autorisa les dynastes du Bos-

(1) Les plus anciennes monnaies qui portent les aigles XB appartiennent, selon M. de Koehne (/. cit. y t. 11, p. 275, 285-295), à Sauromate ill (années 175-211); la simple sigle %, qui est beaucoup plus rare (Koehne, loc. cit., U 11, p. 309) parait pour la première fois sous Rhescuporls 111 (années 211-329). Les pièces de la première espèce (avec XB) disparaissent sous le règne de Rbescuporis V (années 240-268)^ au temps de Gallien (Koehne, /. etc., 1. 11, p. a40, 341). Le signe qui indique la valeur PMA ne se rencxintre que sur les pièces avec le type del'aigie (Koehne, /. cit., 1. 11, p. 296)> que l'on attribue a Sauromate 111 (années 175-211). Toutes ces sigles sont Incontestablement des signes servant à indiquer la valeur, quoique le signe X ou X soit généralement décrit comme une étoile à six rayons.

(2) Koehne, Musée Kotschouàey, t. H, p. 347. — Ëckhel^ Doct. num. vet., t. VIII, p. 104.

LES PAYS SUR LE DANUBE ET LA ME|l NOIRE. 297

phore à frapper, comme représentant Tas; les pièces marquées 24 et 48 qui furent frappées sous Claude et sous Néron, peuvent être considérées comme des dupondius et des sesterces de cuivre. Enfin, les trois nouvelles pièces frappées au troisième siècle seront des pièces de trois sesterces, le denier et surtout le double denier, dont la fabrication n'avciit été accordée aux dynastes du Bosphore qui ne fabriquaient pas de pièces d'argent, que lorsque les pièces correspondantes eurent passé au billon et également cessé à Rome d'être en argent. Les dynastes du Bosphore suivirent donc, avec leurs deniers d'or et leurs pièces divisionnaires de cuivre, autant que le leur permettait l'absence de la monnaie d'argent, les fluctuations monétaires de l'Empire qui les protégeait. Ces analogies peuvent servir à expliquer plus d'un point obscur dans le monnayage romain. Cette imitation n'exclut cependant pas les petites différences, et il serait difficile de trouver à Rome, à l'époque impériale, des pièces de huit onces et de trois sesterces. L'aureus du Bosphore valait donc 4,800 nummi, 400 pièces de douze, 200 pièces de vingt-quatre, 100 pièces de quarante- huit, 25 deniers et 12 1/2 doubles deniers. 11 est très-possible cependant et même probable que cette dernière proportion éprouva un changement; le chiffre K"-=20 qui se trouve sur les pièces d'or des années 2(57 et 268 semble l'indiquer (1). Nous ne saurions décider si ceci eut lieu également à l'imitation de la monnaie romaine, ni quelle •place Dioclétien et Constantin accordèrent aux aureus de

(1) Koehiie (/. cit,^ t. II, p. 340). Les monnaies seules ne suffisent pas pour expliquer la signification de ce chiffre, car, toute la monnaie courante ayant entièrement perdu sa valeur réelle^ le gouvernement était libre d'établir les proportions légales entre Taureus et le denier comme bon lui semblait.

mauvais aloi du Bosphore, lors de la réorganisation du système monétaire de T Empire. Au point de vue politique, il est important de remarquer que Phamace, Asandre (mort 17 et 16 av. j -c. yers Tan 737 de Rome) et la reine Dynamis (738 de Rome) mirent leur nom et leur efligiè sur la monnaie d'or, que plus tard, depuis le milieu du règne d'Auguste jusqu'au règne de Domitien (l), on n'y voit plus que l'effigie de l'empereur, accompagnée d'un monogramme indiquant le nom du roi du Bosphore, et qu'enfin, depuis l'an de J.-C. 84, sous Rhescuporis 11 (2) et ses successeurs, la tête et le nom de l'empereur romain se voient d'un côté des pièces, avec la tête et le nom du souverain national au revers. Le principe d'après lequel le monnayage de l'or est un droit exclusif du suzerain, a donc exercé également ici son influence, avec les modifications que les circonstances particulières.

14 ay. J.-C.

(1) La monnaie la plus anoieiine de celte espèce, qui e^l de Tan 289 de 8 av. J.-C. l'ère du Pont, c'est-à-dire de l'an 746 de Rome, montre d'un côté la tête de

César, à ce qu'il semble, de l'autre celle d'Auguste et les lettres A, Y, M en monogramme (Koehnc, /. ci7., t. n,p. 199). Elle ne peut appartenir qu'à Polémon I*'qui^ en 740, grâce nui armes de Rome, avait obtenu la main de la peUte-fllle de Mithridale Eupator, la reine Dynamis, veuve et héritière d' Asandre, et par suite de ce mariage la couronne du Bosphore (Dio Cass.^ LIV, 24). Les lettres AY en monogramme sont probablement les iniUales du nom de cette reine ; il reste douteux si ia lettre M désigife cette reine comme petiteûlle de Mithridate^ ou si Polémon, en montant sur le trône du Bosphore, avait pris lui même le nom de Mithridate. Les monnaies qui portent ce monogramme vont jusqu'à l'an 304 de l'ère du Pont^ 8 après J. C, et il semble que ce soit là l'année de la mort de Polémon 1", tandis . que Dynamis doit être morte quelques années auparavant.

[Cf. sur la reine Dynamis, Adr. de l^ongpérier, Annales de VInst. arch.^ t. Xni, J84Î?, p. 320 et suiv. — Revue num., tB46, p. 67. — Koehne, Musée Kotschoubey, t. 11, p. 166 et suiv.] J. W.

(2) Voy. des monnaies de celte espèce avec les années de rère du Pont> 380, 381 , 382, 384 dans l'ouvrage de M. de Koehne, Musée Kotschoubey, t. Il, p. 229, 416.

l'asib. 299

la durée et la position, à peu près indépendante du royaume du Bosphore, ont dû cependant apporter dans la pratique.

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