CHAPITRE
ROMA. Le style de celle pièce n'est pas romain, et d'après les endroits où on la trouve ordinairement on pourrait l’attribuer à l'Italie centrale (1).
3° Des fractions d’as frappées, correspondant pour le poids à des as de 5 onces à 6 onces 1/2, avec la légende ROMA, l'indication de la valeur et les types suivants (2) :
Triens. Tête de femme diadémée. à Ilercnle combattant un centaure.
Ouadrans. Tête de femme jeune, coiffée de la dépouille d’un sanglier, r Taureau cornupète, et dessous un serpent.
Sextant. La louve avec les jumeaux, ii Aigle portant une fleur dans son bec.
Once. Tète radiée de face, a Croissant avec deux étoiles.
Ces pièces sont de style grec et probablement de fabrique apulienne (3) ; elles rentrent évidemment dans le système ro-
mentaria Velejate, delta Trajana, restituila alla sua erra lezinne. Parma, 1819, in-4*, p. S7 ).— L'Aes grave, atlas, inccrte, [il. V, n" 15.
(1) Yoy. Bur k h, loc. cil., p. 3G9. I,e musée Kirclier en possède un qui vient du Latium ( L'Aes grave, p. 69); cinq autres, dont trois avec le cdBucée et deux avec V, viennent de Vicarello; un autre vient de Veleja (Lama, /oc. ci'/., ). C'est avec raison que le P. Marchi suppose que le semis et le quaiirans sur lesquels on volt un caducée {L’Aes grave drt Mus. Kirch., atlas, incerle, pi. Il, n" I, et pl. lit, n" 9.— P. Marchi, Argue ApvUin.,p. 10) appartiennent h la même série que cet as.
(2) Bceckh (/oc. ci/., p. 408 et sulv. ) donne un nombre suffisant de
pesees; nous pouvons y ajouter encore le poids de quelques triens : 55'', G ( — 2 onces 31 car., Arigoni, IV, 11); 52>',4 (Cabinet de Berlin); 49'\G3 (= 967, Careill, p. 4, n* 23); (Cabinet de Berlin). Le plus fort
de ces triens est de 58 grammes, le plus léger de 47, et ils coin cidera lent ainsi, le premier avec un as de 6 1/2 onces, et le second avec un as d'un peu plus de 5 onces. Ces pièces sont frappées avec une régularité île poids singulière, et ne descendent pas au-dessous du poids de 5 onces pour l’as. Le quadrans seul se rencontre quelquefois d’un poids plus faible.
(3) Cavedoni (Bu//. orcA. Nap., Il, p. 116) fait remarquer combien ces pièces ressemblent pour le type à celles de Cannsium, Arpl, Salapia; et
AES GRAVE LATIN
lui
main.maiselles en diffèrent parle poids, le type et lalégende. Ces différences ne peuvent s’expliquer que par une influence de localité; nous aurons occasion de faire la même remarque au sujet des monnaies romaines frappées à Capoue.
Une attribution à peu près certaine est possible pour le n” 1. Cette pièce appartient évidemment à Luceria, et elle est incontestablement le produit le plus ancien de la succursale monétaire établie dans cette ville par les Romains. Nous pourrions aussi attribuer à Luceria l’as au type de la tète de face avec le taureau au revers, mais ce ne serait qu'avec une certaine hésitation, parce que cette attribution ne semble pas d’accord avec ce que nous savons des localités où cette pièce se trouve le plus souvent. Quant aux fractions d’as réunies sous le n* 3, elles sont évidemment originaires de l’Apulie, et elles y ont été frappées sous l’autorité romaine dans quelque atelier dont le nom est resté inconnu.
Nous étudierons plus tard et plus spécialement le pied monétaire, le type et la valeur des différentes pièces de chacune des séries que nous avons examinées ; mais nous pouvons dire dès à présent, malgré les différences qui les distinguent et quoiqu’elles n’eussent légalement de valeur monétaire, suivant toute apparence, que dans les villes où elles avaient été coulées ou frappées, qu’il existe
A quelle viPe peut-on le* attt ll'tter ?
Influence de Rome »ur les monnaies latine»
et conséquence»
qu’m tire l'auteur.
pour la fabrique, à celles de Salapia et d’Arpi, le bord est comme pour ce» dernière* en forme de cône obtus. Rlcclo (Man. di Luceria , p. 4) cite un triensde cette espèce qui grAre A une surfrappe est devenu un trlens de la série onciale avec la légende CA, ce qui confirme l’opinion qui les attribue A Canusium. — Avellino (Opusc., Il, p. 32 ) attribue, sans beaucoup de fondement, ces monnaies A la Campanie.— Nous n’avons pu avoir aucune donnée positive sur les lieux où on les rencontre le plus souvent. On a trouvé dans le trésor de Vicarello 3 sexlans et 4 onces de cette espèce.
CUAPITKE II.
Limite*
de leur fabrication et de
leur circulation.
Lieux
oh on Ica trouve.
cependant entre elles et les monnaies romaines un grand nombre de points de ressemblance, tandis que les monnaies de l’Etrurio et de l’Ombrie sont tout à fait différentes.
Cette similitude ne peut s’expliquer que comme étant le résultat d'une influence supérieure dominant tous ces ateliers isolés, et leur donnant pour ainsi dire une direction. Tout bien considéré, le centre de cette influence ne peut être cherché qu’à Rome. 11 est en effet bien remarquable que toutes les petites républiques qui ont émis de la monnaie de cuivre du système libral comme Luctria, Venvsia, A nminum , Firmum, Ilatria, et même Ardea, FretjeUae et Albc, étaient toutes (excepté les Vestiniens) des colonies latines. C’est donc aux colonies latines, c’est-à dire aux villes alliées rattachées à Rome soit par un pacte d'alliance, soit par la nationalité, que nous attribuons sans hésitation, toute cette classe de monnaies. Ces villes étaient nonseulement indépendantes mais souveraines, et du droit de souveraineté découle le droit de battre monnaie. Elles auraient pu adopter des systèmes particuliers, mais toutes les fois que leurs habitudes, les circonstances et les besoins locaux l'ont permis elles ont fait concorder le plus possible leur système monétaire avec le système romain.
Les limites de ce monnayage ont été suffisamment fixées par tout ce que nous en avons dit plus haut. En dehors du Latium il s’étend surtout dans l’Étruric méridionale; en effet, on ne trouve pas d as étrusques à Véies, Caere, Toscanella, Corneto (ancienne Tarquiniet), Bomarzo, mais on y trouve souvent des as romains, môme dans les tombeaux étrusques. Fossati ( ! ) , cite des as romains du système oncial qui ont été découverts dans un tombeau près de Tar-
(I) Gcnnatelli, /oc. ci/., p. 12.