‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 105 sur 255 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Stjl* de lâ série romaine.

celle de l'amphore, toute la suite offre un même type du côté du droit, tandis que le type des revers change pour chacune des pièces. Elles se rapprochent, sous ce rapport, de la série romaine plus que les autres séries qui n’ont pas la même uniformité pour toutes leurs pièces; car tantôt le même type est répété sur les deux faces, comme dans la série d’Apollon et celle de la divinité au bonnet phrygien, tantôt les deux types sont différents et changent l’un et l’autre pour chacune des pièces de la série (1).

Le style subit nécessairement les influences locales. La magnifique série d’Apollon se ressent du voisinage de la Campanie ; la tête de sanglier des médailles de Yenusia, la tête d’Apollon et le cheval de Luceria rappellent l’art hellénique. Les monnaies fabriquées au delà des Apennins sont inférieures à celles du Latium et de l’Apulie ; sur la plupart l’as seul porte une tète de divinité, tandis que les fractions n'ont pour type que des fers de lance, des massues, des vases, des coquilles, des étoiles et autres objets qui trahissent le peu d’habileté des artistes. Malgré leur infériorité, les pièces d’Hatria et de Firmum sont encore préférables à celles d’Ariminum (2), cette forteresse romaine, située à l’extrême frontière de l’Italie, au milieu d’un pays barbare.

On remarquera en général qu’il y a plus de rudesse et de négligence de style que d’archaïsme dans les as romains (3). Cette observation s’applique surtout à la tête de Janus, qui devient de plus en plus barbare à mesure que le poids

(1) Voy. les annexes G, 1, K.

(2) L'Aes grave, p. 108, 113.

(3) Aldlni, Sul lipo primant) delle anliehe monde tlello Romnnn Hepubliea ! Hnnorie dell' Arc. rfi Torino, 1. IV, p. 25(1).

Ats i.ran l i.àtix.

diminue (il en est de même de la monnaie frappée) (1). Les autres types ressemblent de loin aux modèles grecs que les artistes ont imités sans les copier servilement; on pourrait reconnaître, entre autres, l’influence de la 'drachme attiquc sur le style de la tête de Minerve (2).

Ce n’était point par ignorance de meilleurs procédés que » les Latins et les Romains coulaient (3) leurs monnaies au lieu de les frapper, mais c’était une méthode plus expéditive et surtout plus commode et moins chère à cause de

(1) L'Aes grave , p. 45. — Barth, Bomisches As, p. 14.

(2) Ch. Lenormnnt Élite des mon. c éramograph», t. I, introduct., p. \\\) fait à ce sujet les observations suivantes :•< Qu'on examine avec attention les •* as en apparence les plus grossiers , on y trouvera toutes le.< qualités qui ap- « parti entrent essentiellement aux monnaies de la grande è/yoque et à fart « le plus avancé ; la lentille est de belle forme , renflée dans le centre , fa- « mincissant sur les ten ds ; le relief des figures est ferme, savant t et les « raccourcis conformes aux lois de la perspective. La couronne de Jupiter « sur le semis, le casque de Minerve sur le trions et sur l'once, la jteau de lion •* qui recouvre la tête d lièrent e sur le quadrans, le ftétaseailé de Mercure *< sur le sextans, sont ajustés avec la grâce facile qui n’appartient qu'aux » beaux temps de l’art. Ces pièces, il est vrai , et surtout les as, présentent .< une apparence de rudesse : mais cette rudesse même n'est pas le résultat de « r inexpérience: celui qui a modelé les cheveux et la barbe des têtes de Janus. » les plus grossières , aurait certainement été capable d'exécuter un travail « plus complet et plus soigné ; le procédé qu'il a mis en pratique , et qui « consistait à masser les ondulations de la chevelure et même la convexité •* des yeux au moyen de boulettes de cire ou d'argile posées sur le relie f de « la tête , dénote une main qui se joue des difficultés de V art. •*

(3) Il existe au musée Britannique quatre as qui sont encore réunis ensemble (Pinkerton, Essay on medals, !,p. 101).— Kicoroni possédait, à ce qu*il parait, des moules en grès sur lesquels étaient distinctement Indiqués les marques des onces, et dans lesquels on pouvait couler plusieurs pièces A la fols; ces moules avaient été trouvés à Rome. Il ne nous a pas été possible de retrouver dans Kicoroni ce passage cité par Passer! {Parai ipomena, p. 1G2). 11 se pourrait que ce dernier, qui ne se pique pas d'une grande exactitude, ait appliqué aux monnaies de brome un passage relatif à des moules de médailles do plomb, qui ne sont pas rares.

CUiPlTKE 11.

la dimension de ces pièces dont la plus légère pesait à elle seule plus que six drachmes attiques ensemble; ce qui le prouve, c'est que nous avons des fractions (des onces et des sextans) qui ont été frappées dès cette époque à Rome même, et dont le poids correspond à celui de l’as libral.

Les pièces coulées ne portaient pas originairement d’autre légende que l'indication de leur valeur. Rome a toujours conservé cette habitude ainsi que Ycnusia, Ariminum ot la plupart des ateliers monétaires qui suivaient le même système. Le nom de la ville ne se voit que sur les monnaies de la côte orientale de l’Italie centrale, telles que celles des Yestiniens, d’Hatria, de Firmum, celles qui sont marquées de l’initiale A et quelques-unes de Luceria. Sur ces dernières on voit quelquefois un nom de magistrat. Toutes ces villes situées au delà des Apennins adoptèrent plus tard que les autres le système libral, et c’est probablement pour rester plus près du prototype romain qu’Ariminum, qui se trouve dans ces mêmes conditions, n’a pas suivi leur exemple.

Divisions do Tu* et idgne* indiquant ia valeur de chaque monnaie.

Les monnaies de bronze des Romains sont toujours marquées d’un signe indiquant leur valeur; il en est à peu près de même de la plupart des pièces du système libral dans l'Italie du centre; nous donnons ici un tableau des diverses espèces sorties de chacun des ateliers monétaires de l’Italie, et nous marquons d’une * celles qui, par exception, ne portent pas de signe indiquant leur valeur.

AES GRA\ E LATIN

CB

jj

CO

co

CO

es

SB

EJ

EJ

EJ

EJ

Page 1