‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 106 sur 255 · CHAPITRE U · texte numérisé non relu

CHAPITRE U

La monnaie libralc se divise par douzième ; ce système et les signes qui distinguent les pièces d’après leur valeur sont particuliers à l’Italie. Nous pensons que cette manière d’indiquer la valeur est fort ancienne dans ce pays, et qu’elle y est peut être même antérieure à l’usage de l’écriture (1).

La grande unité se nomme as, et la petite uncia. Celle-ci est la douzième partie de la première. L’étymologie des deux noms se rapporte, suivant toute apparence, à l’unité (2). Les multiples de l’as se nomment ilupnndius (2 as), Irtssis (3 as), quadrussis (4 as), quincussis (5 as), et ainsi jusqu’à uonussis (9 as) et depuis decussis (10 as) jusqu’à rettlussis (100 as). Mais celte nomenclature ne va pas au delà. Quant aux multiples de l’once qui sont en même temps des fractions de l’as, leurs noms indiquent leur rapport avec l’as. Ainsi , srstam = 2 onces (six font 1 as), quadrai is — 3 onces (quatre font 1 as), trieus = 4 onces (trois font 1 as), bes = 8 onces (deux tiers de l’as bi-as), dodrans = 9 onces (de quadrans ou 1 as moins 1 quadrans), dextans =10 onces (île sextans, 1 as moins 1 sextans). Le quincunx = 5 onces, seplunx = 7 onces ne se voient que beaucoup plus tard, ainsi que rffcunx=10onccs et dewnx=11 onces (3).

(J) L’expression n.r, comine l’explique M.icclanusffte assert ejus jmrtibus, § I), répond à l'idée de so/irfum, c'est-d dire un tout, n'importe lequel; le mot sanscrit ajtix, racine du mot latin aei, répond aussi il celte idée.— Iles semble dérivé de bi-nt et répond i l’idée de deux parties, (luae partes, c'est-, i -dire les deux tiers d'un tout (Fcstus. Epitom,, au mol Bessem); les Grecs rendent cetle Idée par le mot îtpoifov. Aussi pour exprimer deux as ne sc sert-on pas de l'expression bes ou bessis, qui serait analogue à tressis, quadrussis, etc., mais on emploie le mot tlupoadius.

(2) Varro, De linyua lutina, V, 109 et 170.

(3 C'est ce que nous apprend l'Anonyme il' Alexandrie, que nous avons souvent cité dans noire introduction historique; en parlant des noms qui

AES GRAVE EATiS. 201

La grande unité est indiquée sur les monnaies par une ligne verticale I. La petite par un point, . (1). Plusieurs grandes unités s'expriment par la répétition du signe I : au delà de quatre on emploie les cliiflres romains généralement connus : V.X.4-.C. (2). Plusieurs petites unités s’expriment par la répétition du . , le serais est indiqué par un S; on pêut croire cependant que ce signe n'est pas aussi ancien que les autres, puisque l’on trouve six globules sur les semis de la Sicile et de l’Étrurie. Il n’existait originairement ni signes ni noms propres pour exprimer les fractions de la petite unité. On ne les comptait pas, ou bien on les comptait comme des onces. Plus tard lorsqu’on perfectionna le système numéral, on leur donna des noms et l’on inventa des signes particuliers pour les indiquer; mais jamais ce système ne fut complet, et il y eut toujours des fractions impossibles à rendre en chiffres. 1, qui indique la demi-once, est le plus ancien de ces signes; il appartient à l'ancien alphabet latin qui a beaucoup d’ana-

les Romains donnent aux fractions, il ne parle ni du quincunx , ni du septunx , ni du deunx, et il ajoute : Tii & uipr, Taün l&a; ôvooaaiaç fyour. rapit toi; Ptopadoi; X07 tarai; ( Voy. Letrnnne, Héron, p. SI, et Gronovius, Pc pecunia veterum, p. 193; ce dernier auteur donne quelques variantes qui semblent préférables). — Quand dans son Art poétique (vers 325) Horace nous dit : Romani pueri longis rationihus a* s cm Piscunt in partes centum diducere ,

ce poète entend parler de l’intérêt d’un pour cent par mois qui se payait à Rome ; le mot as est pris ici nu figuré pour signifier un capital quelconque, et il n’est nullement question d’une division de Vas en tant que monnaie. Voy. Mnecianus, /oc. cit , g 13.

(1) L’usage d’indiquer l’once par un trait horizontal — ne prévalut qu’a* près la République.

(2) Comme de raison, les signes qui sont tiré? de l’alphabet grec, par exemple sont moins anciens que les autres , et ne peuvent remonter au delà de l’époque où cet alphabet fut introduit A Rome.

Signes

qui le? distinguent.

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