CHAPITRE II
logie avec l'alphabet gréco-sicilien (1) . Outre la demi-once, Varron (2) ne parle pas d’autre fraction que de la sextula qui s’indiquait ainsi : <v , c’est-à-dire par l'initiale du mot placée à rebours et inclinée. Le sicilirus, un quart indiqué par 3 (qui, comme nous le verrons, appartint originairement à la monnaie d'argent et passa ensuite à la monnaie de cuivre), le douzième, ou dimidia sextula *\>et le vingt-quatrième, ou scriptulum 3, ne sont usités que depuis l’époque impériale (3). Ces nouveaux signes pouvaient se répéter plusieurs fois comme les anciens; ainsi, on écrivait deux fois le signe du sixième pour exprimer un tiers (4) ; pour exprimer plusieurs vingt-quatrièmes l’usage prévalut de n'inscrire qu’une fois le chiffre principal en mettant à côté autant d’unités qu'il devait être répété de fois; ainsi, 3111 signifie trois scrupules; plus tard, on en arriva à réduire toutes les fractions en scrupules (ô), mais on n’alla pas plus loin,
(1) Voy. me» i'nteritalischen Dialecte, p. 30.
(2) De hngua latina , V, 171. •• Aeri.1 minima pars sextula quod sexta • pars unciae .» — Varron parle bien du scrupule ( scriptulum ), mal» de son temps cette expression ne pouvait pas exprimer une fraction de la monnaie de cuivre ( De re mslica, 1, 10, 2). — L’Anonyme d'Alexandrie parle également du 1/72 de l’as, c’cst-A-dlre de la sextula, comme de la plus petite fraction possible, et par conséquent il divise le denier en 1,132 petites unités.
(31 Ces trois noms et ces trois signes se trouvent dans Maecianus ( lac , cil., S 20 et sq. Le signe du sicilicus se voit sur une des tables des frères Arvalcs de l’an 80 (table n“ xxm de l’ouvrage de Marini), celui du scriptulum dans Frontin (De aquis, p. 39 et sq.), et dans les inscriptions (compares Marini, Atti de' Fratelli Arvali, p. 230).— L'Alexandrin déjà cité parie bien de la demi-once, du sixième et même du quart d'once, mais il ne nomme jamais ni le deuxième ni le vingt-quatrième de l’once.
(4) Maecianus (foc. cil., § 28) el l’Alexandrin parlent également de ce tiers valant un trente-sixième de l’as.
(5) C’est ce qui fait que dans ses évaluations Frontin n’emploie pas le»
A ES GRAVE LATIN
et celles qui ne répondaient pas à des combinaisons de 1/2, 1/A, 1/0, 1/12, 1/24, pour l’once ou bien 1/24, 1/48, 1/72, 1/144, 1/288 pour l’as, n’eurent pas de signes particuliers.
Sur les pièces du système libral on ne trouve donc que les neuf signes II I S 2. La lettre V (It-
éra?) se voit quelquefois sur l’as au lieu de I ; c’est un fait positif (1) , mais c’est une rare exception.
De ces neuf pièces, les six principales qui appartiennent à la série romaine se retrouvent aussi dans toutes les séries; la demi-once n'est pas rare non plus, le dupondius ne se rencontre que dans la série de la roue. Nous verrons plus loin que tandis que le semis est particulier au Latium, le quincunx se trouve dans le Picenum, en Apulie, et en général dans toute la partie orientale du pays qui avait adopté le système de l’as libral.
Nous avons vu plus haut (p. 176) qu’à l’époque où l’on coulait ces lourdes monnaies, on se servait aussi de lingots portant une empreinte et qui pesaient cinq livres.
g IV.
Poids et pied monétaire des pièce» du système libral ou «es grave. — Rapport des as do ce système avec la livro.
La grande unité monétaire italique, l’as, a pour base le poids d'une livre; les historiens romains nous l’affirment tous ; l’expression dupondius destinée à signifier deux as et surtout la concordance du poids de toutes les pièces de l'Italie centrale, qui se rapprochent beaucoup de la livre,
lignes du sicilicui, de la sestula ui de la demi-sextula, mais seulement cens de la demi-onee et du scriptulum.
(I) Voyez l'as d’Hatria, pl. XV.
Conclus. on.