CHAPITRE I
On regarde ordinairement, mais à tort, comme pièces de poids attique, les monnaies d’or d’Évagoras I", roi de Cypre, celles de son fils Nicoclès (1) et celles de quelques villes d’Ionie et de Crète (2) ; sans être fort anciennes, ces monnaies sont probablement antérieures il Alexandre, et par conséquent à l’introduction de l’étalon attique en Orient; elles rentrent donc dans la catégorie des dariques.
Les divisions au-dessous de la demi-darique n’existaient pas dans la monnaie royale de l’empire perse ; il faut aller les chercher parmi les monnaies des satrapes, et en particulier parmi celles des rois de Tyr et de Citium, ou parmi les pièces d'or grecques frappées d’après le système perse.
On trouve des quarts de darique pesant jusqu’à A", 30 (3) , des sixièmes de 2*r,76 (4), des douzièmes de 1",42 (5) des
(1) Ëvagoras, 8",33 ( = 12» 1/2, Hunier, aux pièces de Cyrène );*»', 20 (duc de Luynes, Surn. eyp., p. II); Nicoclès, 8«T,î7 ( = 127,6, Thomas, p. 338).
(2) Smyrne, 8>',42 ( = 158 l/a, Mionnet, t. III, p. 190, n* 909; Ëphèse, So,47 ( = 159 1/2, Mionnet, I. III, p. 84, n* 151); Milel, 8", 44 ( = 130 1/4, Borrell, Sum. Chron., t. VII, p. 68); Gortyne, 8'', 02 (=162 1/4, Mionnet, t. Il, p. 278, n° 160). Celte dernière pièce n plus d’analogie avec les dariques qu’avec les monnaies d’Alexandre.
(3) Avec une légende phénicienne et le type bien connu de Tyr : Hercule, g' Lion dévorant un cerf; 4", 30 (duc de Luynes, Sum. des Satrapies, p. 76) ; 4',,Î0 { ibid ., p. 77); 4*', 17 ( ibid ., p. 70) (= 78 1/2, d’après Mionnet, Poids, p. 102, trois exemplaires); 4«r,16(ducdeLuyhes, p 76); 4P,I5 (i'4ùf.,p. 76, 77); |e,IO (iW., p. 76; =77 1/4 suivant Mionnet). — Du roi Pixodaru» de Carie, 4*', 15 ( = 04,1, Dorrell, S'um. Chron., t. IX, p. 182). — D’Éphèse, 4*', 14 (=78, Prokesch, Ined.. p. 284).
(4) Ëvagoras, 2<,,63 (=47, Mionnet, t. VI, p. 500, n” 47). — Ménélas de Cypre, lieutenant de Ptolémée Soter, 2‘',76 (= 52, Mionnet, t. VI, p. 559, n* 43 ; duc de Luynes, Sum. q/pr., p. 26 ). On voit que même dans les hectés la proportion du poids entre la monnaie de Phocee et la darique reste la même
(5) Pixodarui, 1«’,42 ( = 26 3/4, Mionnet, t. III, p. 399, n" 12).
Autre» mnmiMifa du
même genre.
Subdivisions de la daitquu.
i.vnioDiciioN uisTonigir..
vingtièmes de 0*',82 (1) des vingt-quatrièmes de 0»r,06 (2), et enfin des quarantièmes de O*', 42 (3). Les +,(“&>?«** dont parle Xénoplion (4) ( si toutefois l'auteur a voulu indiquer une monnaie quelconque) ne peuvent être que ces quarts de darique ; ils ont été frappés en assez grande quantité par tous les satrapes et par ceux de Tyr en particulier, rureté éo ior Hérodote (5) et Simonide (6) proclament avec raison '* J“n ' “ la pureté de l’or des dariques : eu effet, d’après l’analyse, elles contiennent 970 (7) parties d’or fin. Sophocle (8) inet en parallèle l'électrum de Sardes et l’or des Indes, c’està-dire le statère de Pliocée fabriqué avec l’or qu’on tirait des sables du Pactole etla darique fabriquée avec l’or fourni par les tributaires de l’Inde.
son origine. La darique remonte sans doute au moins à Darius, fils d’Hystaspe (Olymp. lxiv-4, — ixxni-4; an de Rome 233- 269). Hérodote (9) considère son introduction connue une
(1) De Tjt, 0*',84 (duc de Luynes, Sum. des Sa tr., p. 80). — De Cypre, (M',80 (duc de Luynes, .Ywm. eypr., p. II).
(2) Êvagoras, 0*\47 (=10 a/4, Mtonnet, t. VI, p. 589, n* 44). D'autres pièces de Cypre pèsent 0",70 (=10,8, Thomas, p. 388); C’.O’ ( = 12 3/4, Mionnet, l. VI, p. 559, n* 42; = 10,3, Thomas, p. 338); Os'.OÜ ( = 12 1/2, Mionnel, 1. VI, p. 500, n" 48). M. le duc de Luynes elle une autre pièce de ce méipe poids (ibid.)
(3) Divodarus, (>*',37 ( = 7, Mionnet, t. III, p. 399, n- 13). — Monnaie de Cypre, 0‘',42 (duc de Luyues, (Vum. eyp.,\t. ÏC) ; 0^,39 ( i6id., p. 21).
(4) Anab., I, 3,21.
(5) 4, 16G : Axpcioç pàv yàp yrpuetov w; xadxpwTsvov ir.iùr'.Tt; t; tô fiuvat* Trètarov vdpt tjss Éxoyxro.
(6) Dans la fameuse èpigramme contre Gélon.
(7) Letronne, Consid. yen., p. 108.
(8) Antigon., 1024.
(9) Darius, dit-il, voulait laisser un souvenir de lui, tel qu'aucun roi avant lui n'en avait laisse. Mvv.uosuvov èrouvoü X;n4o4xi voOvo vô pè, àXXtç rtc paatXt: x*tttpy«»|i«vev. Le poids du statère d’or étant île 8", 38, déjà du temps de
CUAIMTIU I.
réforme monétaire A en juger par le style, on peut la croire moins ancienne que le slatère de Phocée; elle en a le poids, mais elle est taillée plus exactement, l’or en est pur et le poids de 10*', 77 plus régulier. Son prototype a probablement été la monnaie d’or de Crésus ( Kpo!<mo« rtaxrip ) et elle-même a servi de modèle aux statères de Lampsaque et des autres villes grecques.
le roi de Perse, seul, frappait lesdeux principales pièces r.ruciMi,.
.. » , , . - . i r • »■ i . . droit* moodulrc*.
d or de la sene danque; les fractions, depuis le quart et au-dessous, étaient frappées par les satrapes qui émettaient également toute la série d'argent concurremment avec leur suzerain et en bien plus grande quantité que lui : nous voyons dans ce fait le premier exemple d’un partage du droit de battre monnaie, partage que nous retrouverons plus tard en Italie, où Rome se réservait la fabrication de l’argent, tandis qu’elle permettait à ses alliés latins de frapper de la monnaie de cuivre concurremment avec elle.
Hérodote parle des magnifiques pièces d’argent que le satrape d'Égypte Aryandès fit frapper pour éclipser celles du roi de Perse; il ne parle pas des pièces d’or de ce prince, uniquement parce qu’en sa qualité de vassal il ne pouvait émettre que des fractions. Le roi Évagoras et d’autres rois de Cypre eurent, il est vrai, des statères d’or, mais ce fut uniquement dans des moments de révolte; les villes de l’Ionie imitèrent cet exemple lorsqu’elles essayèrent de secouer le joug de leur suzerain. Enfin le grand nombre des hectés et le petit nombre des statères de Phocée prouvent que les villes libres, mais vassales, ne
Solon, on ne peut pas admettre que ces pièces n'oient été frappées pour In première fols que sous le règne de Darius, fils d'Hystnspc.
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pouvaient frapper que la première de ces deux sortes de pièces, et non la seconde.
§ ui.
Monnaies de l'empire perse en argent. — Ficlc mède (dariqne d’argent). — Pièces d'argent correspondant an statère de Phocèe. — Statère d’argent babylonien. — Drachme de Milet. — Quarantième de Chios.
iiifr. rence La monnaie d'argent, moins ancienne quecelle d’or, re- ,,,oute cependant à une haute antiquité. Le poids n’était pas le même pour les pièces d’or que pour les pièces d argent, et dans les temps les plus anciens, on trouve ces deux poids dans la proportion fixe de 2 : 3. sid» (Kiwkai) Le sicle mède (1) (ou dariqne d’argent) est une pièce en tout semblable à la darique d’or; il pèse 5*', 57 (2), c’est à-dire les deux tiers de la demi-darique.
(I ) Xenoph., Anab., I, 5, G cl comp. les lexicographes. Les LtyXot pr.&xol ipYuioi Al sc trouvent sur la lislc des oITratules du ParUicnon (Corpus iuscr. gr., n* 150, J 20.— Rhangabé, Anl. hell., t. Il, n“ 83G, 837, 843). Plutarque (Pim., 10) seul parle de dariques d’argent et uniquement pour les opposer aux darlques d’or qu'il vient de nommer; c'esl évidemment une locutjon Inusitée ou peu usitée dans la langue grecque. La même observation s’applique également aux prétendus sieles d'or d'Alexandre frappes par les Ëloliens. Macrob., S»( uni., V, 22 — Bœckh, p. 49.
(2 1 l)e* quarante-huit dariques d'argent citées par Mlnnnet (Poids, p. 193- 195), une pèse 5,,,93 ( = 100), six ont entre à’’, 60 et 5>%58 ( = 105 1)2 à 105), seize entre 5",5C et 5", 52 (= 104 3/4 à 101), quatorze, entre 5*', 51 et 5>',47 ( = 103 3/4 & 103 ), douze ne pèsent que 5>’,14 ( = IKi 3 4), et même Or'.OS { =94 3/4 ). La plupart de ces dernières pièces sont endommagifes. Comp. Baickh, p. 50).
H. Yasqucz Queipo (Essai sur tes systèmes métriques et monétaires des anciens peuples, 1. 1, p. 300; admet que la darique d’or de 8'', 38 valait légalement 20 dariques d'argent d’environ S**, 57, et que par eonséquent dons la monnaie des Perses la valeur de l'or était A celle de l'argent dans la proportion do 1 A 13; son opinion est d’autant plus plauilble, qii'Hérodolc leur donne exac-