CHAPITRE II
- blable. Nous pouvons doue regarder comme prouvé par les monuments, que le jtoids normal de l’as romain ne dépasse pas <0 onces, et l’analyse démontre que le cinquième environ de ce poids est absorbé par l'alliage, de sorte que ces as ne contenaient en réalité que deux tiers de livre de cuivre pur.
Ce résultat, il est vrai, n’est pas conforme à la tradition ; Yarron (1), et les auteurs qui sont venus après lui, attribuent tous à l’ancien as, le poids d'une livre; comment nier cependant l’évidence des faits? La tolérance au profit du trésor ou la fraude ne pourraient expliquer suffisamment une différence aussi grande entre le poids normal et le poids réel, d'autant plus que l’alliage de plomb que nous y trouvons, devait suffire amplement à ce que pouvait raisonnablement exiger le boni en faveur du fisc, et quant à la fraude, comme nous le verrons, le gouvernement romain se piquait particulièrement d’une grande exactitude dans le poids des monnaies, et il n’est pas probable qu’il ait été plus déloyal dans ses premiers essais de monnayage qu’il ne le fut par la suite. Au surplus, la légère inexactitude commise par Yarron, qui écrivait deux siècles après la suppression de l’as libral , est parfaitement excusable, et cet auteur peut avoir été trompé par la similitude de l’as romain avec l'as du Latium, dont le poids atteignait quelquefois la livre, quelquefois même la dépassait. Nous reviendrons sur les raisons qui ont pu influer sur cette différence ainsi que sur le rapport exis-
(I) l)e re rus t ica , I, 10,. 2. « Script nia CCLXXXVffl—as antif/uus no$Ur — vatebat ; » et dans d’autres passages, par exemple hc linyua latina , V, IGD : « as erat libra pondus *» (ou pondu), et V, 17 i : « librum ftondo as r (débat. »
Al S <;n\YE I.ATIX.
tant entre l’as monnayé et la livre «le cuivre quaml nous traiterons la question du rapport de l'argent avec le cuivre. C'est donc par erreur que les anciens auteurs ont dit, d’après la tradition, que les as se prenaient au poids (i); s’il en eût été ainsi, il n’y aurait eu aucune différence entre leur valeur et celle des lingots bruts ou des ustensiles de cuivre, l’État aurait par là même perdu tous ses frais de monnayage, et pris inutilement la peine de mettre sur ces pièces l'indication de leur valeur légale.
Ce n'était pas seulement pour faire plus facilement reconnaître et distinguer la valeur de leurs pièces que les Romains marquaient leurs monnaies désignés conventionnels qu’ils n'avaient pas empruntés aux Grecs, et qu’ils conservèrent toujours avec une persévérance remarquable. Il existait une loi qui donnait au cuivre, ainsi marqué, une valeur officielle indépendante de sa valeur intrinsèque; c’est à cette idée que répond l’expression Pccunia signala forma publica PopnU romani, que l'on trouve employée dans le droit romain dès le temps de la république ; ces pièces seules étaient considérées comme argent monnayé, et toutes le3 autres monnaies n’étaient aux yeux de la loi qu'une marchandise (2). Toute transaction commerciale en monnaie nationale, ainsi désignée, entraînait une procédure particulière et plus sévère (actio pecuniac ctrlar)-, et toutes les autres ne donnaient droit qu’au remboursement d’une valeur équivalente, et ne pouvaient motiver qu’une action
(1) Plln.. Hht. nalur., XXXII', 3, «. Cf. Gai. I, 125.
(2) Piin., ibui ., XXXIII, 3, 47. « A ntea hic nummus («rLctoriulu*) ex ///ym rico advec.tus mercit loco tencbatur Maeciunu». Ç 45 : « Olim (vlrtoriatu.*) • Ht peregnnus nummus loco merci t ut nunc tetracirarhmum et drarhmu «• hahêhntur. »
Pcconl» lignât*.
f MAl'I l RK II.
simple ( quanti ea res est) (t). Celui qui axait fait une transaction au poi Is ne perdait sans doute pas le droit t e balance quand il plaisait au créancier de le payer eu as; mais celui qui avait à recevoir une somme d’as déterminée n'avait pas le droit de demander qu'ils fussent pesés, et il devait les accepter, quels qu'en fussent d’ailleurs l'alliage et le poids.
Nous donnons en résumé, dans le tableau suivant, le poids des pièces latines . on eu trouvera le détail à la fin dti volume dans les annexes (i, 11, I. K; le poids des as a autant que possible servi de base à nos calculs; il est impossible d arriver à un résultat tout à fait satisfaisant pour les séries dans lesquelles l'as est rare ou manque complètement.
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Le pied morulitirc il»»!a vamdrïl cures à + 13.
Ul. dllalria 3s de3LCA328 de 14 A 12
L?» petite» Tract ious indignent nu as de 17 à 14 onces «t qm-lqnr» qnincuni * i*rle* ou a» île 2t) à tt once».
Ul. des Vesîinicns. . . . Trions 114 12 I 2
U* seitana «l l ouer sont Uillés sur le j ir«l de +19 1/S à 17 onces.
(I) Lcx Hubria, c. XXI et XXI! : « Pecunia signala forma p. p H. » — Cf. Maeriau. {de Asse et ejus parti bus, g 78) i « Summi argent ci in pecu - <t m’a forma pub/ica (hanta. rat nomen acçipiunt. >*
(2} Nous rappelons ici A nos lecteurs la valeur des formules abrégées dont Us ont pu voir l'explirAtion nu eomnienrt nient du volume : 4* mis (levant un chiffre indique que le poids est fort, ou dopasse un peu In somme indiquée ; — indique que le pouls est faible et reste un peu au-dessous : par pied tnouétaîre, nous entendons ici ic poids en onces romaines de l‘as, calcule d’apit s Ur poids effectif des pièces- indiquée?. U.
A ES (JHAVE LATIN.
i rvrrie
PtS Ml*.
Mro
monétaiae.
Sorte de Luccria As au type de la iéie| 0°c'■•
de cheval (de 341 4 204 de 121/2* -Il
W — "U IJ pe du cheval de 307 à 291 de + 1 1 * — 1 1
,ld' . “ nu type du coq. de 219 à 214 g
Les peu les frsclion. «ni taillée* rtgultererceal „,r |, piM * „llt oam
la. de \ enusia As 32, p
la de la (été d'Apollon As de W7* 283 de 111,2*10 1,2
1(1. des teles de Mercure/
et de Janus i A,‘ • • 360 (un ““!) de 330 * 304 de + 13 à 10
hi . semblable avec I»i
faucille j A* de 288 * 208 de 101/2à — 10
la. de la lliviniic avec le(
casque terminé e„j As de 273* 218 de 10 à 0
hcc d’oiseau. . . .T M. semblable avec la^
massue. ( de 280 à 242 de + 10 à — 9
la de la R.iue Dup.de C22*427.-As de20: * 244 de 1 1 1/2 * 9 1/2
la. du \ase a deux anses. As j02
As au type de la tétei d'Mcrcule et de la I
tête de griffon aui de 303*283
revers J
— au type de la tête de.
lion tenant un glaive!
dans la gueule et de, As de 297 *248
la tète de cheval aui
revers '
Semis au type du vase il
deux anses et du Semis de 177*131 13 * 9 i/j
sanglier au revers.)
— au type de la tète de-
taureau et de la/
prouede navire aui î*mi! de Ii8âl2* 11 1/2491/2
revers ;
As arec la légende ROM Ai
au type du hiruljAs ,|e 204 * 230 -Il à 8 1/2
Série frappée avec lai
légende ROMA Triens de 48*47
Il â 10 1/2
Il * 9
(.lurrrnE ii.
La plupart défi séries que nous venons de donner coïncident donc pour le pied monétaire avec celui de l’as romain. Parmi celles qui s’en éloignent sensiblementet qui sont plus fortes, nous remarquons : 1° la série de la tête d’Apollon, et celle des têtes de Mercure et de Janus, qui circulaient cependant dans les mômes centrées que les as romains et latins, comme l’ont prouvé les divers dépôts que l’on a découverts ; 2° les monnaies de l'Apulie ainsi que celles du Picenum et de la Gaule Cisalpine dont les as et surtout les petites divisions ont un poids exceptionnellement fort (les monnaies d’Hatria, en particulier, dépassent de beaucoup en moyenne le poids d’ur.e livre). On ne peutdonc pas nier que dans une partie de l’Italie, et surtout dans les provinces situées au delà des Apennins , l’as ne dépassât le poids de la livre, tandis qu’à Rome il restait au-dessous. Nous reviendrons plus tard sur les causes que l’on peut attribuer à cette augmentation de poids. La faiblesse de l’as coulé de Luceria au type du coq n’a rien de surprenant, puisque c'est le plus récent de tous les as du système libral de celle localité, et celle des pièces frappées dans le môme atelier, s’explique par le mode de fabrication, comme nous avons eu déjà l’occasion de le remarquer.
MOXNAU.S KÏRISQIES.