‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 120 sur 255 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

là onces 1/2; évidemment ce monnayage se trouve sous l’influence de l'Italie centrale. Ceci ne doit cependant pas nous empêcher de considérer l'ensemble des monnaies coulées de l’Étrurie et de l’Ombrie comme formant un tout assez homogène, de sorte que les pièces les plus fortes atteignent en général à peu près le poids des pièces les plus faibles du Latium, tandis que les autres sont coulée» sur le pied d’un as de 5 à 7 onces romaines.

§ IV

Date de l'aes grave de PEtrtirie et de l’Ombrie. — Vuleor relative de l'or, de l'argent et du cuivre dans ces deux pays.

Plfflenlté

de trouvera ne base pour asseoir un ordre chronologtqae.

I>|vm système* proposée.

On ne peut fixer aucun point de comparaison absolu qui puisse servir de règle générale pour un classement, chronologique ou par ordre d’ancienneté relative, des monnaies coulées en Étrurie et en Oinbrie. Les anciens numismatistes classaient Yaes grave italique, le plus ordinairement, d’après son poids; les pièces les plus fortes étaient considérées comme les plus anciennes. Pour que cette méthode pût être regardée comme rigoureusement exacte, il faudrait admettre qu’il a existé une convention monétaire entre les divers États qui avaient adopté ce système, et que toutes les réductions de poids ont eu lieu partout en même temps (1). Or nous savons que malgré leur aflinité incontestable et leur origine commune due à une seule et même influence qui a donné à tout ce monnayage une impulsion analogue.

(I) M. Bœckh l'a parfaitement démontré Metr. U ni ers., p. 37!) . — Ainsi les as d'Ilatria, qui sont les plus forts de tous, sont probablement en meme temps les moins anciens.

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ces diverses séries appartenaient cependant à des petits États indépendants les uns des autres et dont les monnaies n’avaient probablement pas de cours légal en dehors des frontières de chacun d’eux. Ceci est d'autant plus vrai que nous ne savons même pas si la livre, comme poids, était la même partout, car, suivant toute apparence, la livre étrusque était moins forte que celle du Latium, et ne pesait, comme la livre sicilienne, que les deux tiers de la livre romaine. Cette différence de poids expliquerait assez la faiblesse des as de l’Éirurie.

M. Lepsius, dans son travail sur l’extension du système des monnaies italiques, auquel il donne l’Étrurie comme point de départ, et plus tard M. Gennarelli, avaient basé un système chronologique sur les types. Ils considéraient les types les plus simples comme les plus auciens. Ainsi,, d’après eux, les séries de l’Etrurie avec un ou deux types seraient les plus anciennes de toutes , puis seraient venues celles de Home et de quelques villes latines avec sept types différents; ils classaient ensuite les séries dont les six types doubles donnent douze types, comme nous les trouvons dans le Latium ; les séries avec une légende et douze types comme celles d'Halria et de Tuder auraient été les plus récentes. Pour admettre ce système (avec quelques restrictions toutefois), il faudrait que l'art qui a produit ces pièces ne dût son développement qu’à lui-même; et cependant nous savons qu’on doit faire une largo part à l'influence des monnaies grecques, qui ont plus ou moins servi de modèle à celles de l’Italie. L’imitation de ces modèles était plus soignée et plus artistement faite dans la Campanie et en Apulie qu'à Rome et à Volterra; et dans ces deux villes l'art était plus avancé que dans les vallées septentrionales des Apennins. Enfin il est certain qu'on.

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ne peut pas , sous prétexte d'archaïsme , attribuer à des copies, parce quelles sont grossières, tine date plus ancienne qu'à leurs originaux.

On le voit, aucune de ces méthodes ne donne un résultat satisfaisant. Le poids et le style sont bien en général des guides chronologiques assez sûrs, quand on étudie et que l'on compare entre elles les pièces sorties d’un même atelier, mais il serait difficile de ne pas se tromper en s’y attachant d’une manière trop absolue.

11 n’existe donc pas de point de comparaison applicable à l’Italie entière et an moyen duquel on puisse fixer d’une manière certaine des dates générales; cependant les notions historiques que nous possédons, jointes aux indications numismatiques, suffisent pour déterminer l’ancienneté relative des monnaies de chaque province en particulier avec un ordre chronologique probable.

\ppiic*«oni En Etrurie et dans l’ümbrie, l’égalité du pied monétaire •i* «> principe* et ja ressemblance des types pourront nous indiquer faci- ..ric. a. vÉtrnrio lement quelles sont les séries qui ont existé à une même et jc l'omiuie. époque. Le type le plus simple et le poids le plus fort, les six anciennes divisions et l'indication de la valeur sans aucune légende ou seulement avec des initiales, nous signaleront les espèces les plus anciennes-, nous rangerons dans cette catégorie la sér ie de Cortone, au type de la roue simple sur les deux côtés des pièces. Les dupondius et les quincussis, par leur légèreté relative, trahiront une antiquité moins reculée ; les douze et les six globules seront des marques plus anciennes que I et n. Le signe n, avec la légende plus complète des monnaies d'Iguvium et de Tuder, nous apprendront que le monnayage de l’Ombrie est plus récent que celui de l’Êtrurie; enfin les monnaies de Tuder qui ressemblent à celles de Cortone seront plus

A lis GRAVE ÊTItt'SQlE.

anciennes que celles de la même ville qui ressemblent aux monnaies de l’Italie centrale; et cette série, qui est d'un poids réduit, pourra être considérée comme la plus récente de toutes les séries de l’aes grave de cette coutrée.

. Quant à la date de ce monnayage, nous devrons nous *>»« pr»a*M*. contenter de quelques conjectures; les plus anciennes pièces portant déjà une empreinte sur chaque face, on ne peut pas leur attribuer une très-haute antiquité, ni même admettre, comme il serait, du reste, assez naturel de le penser, que les monnaies de Gortone au type de la roue sont une imitation des pièces d’argent attiques qui ont le même type et qui ne sont frappées que d’un seul côté. Cela posé, l’aes grave étrusque ne peut remonter au delà de la réforme introduite à Rome par les Décemvirs; par conséquent il n’est pas plus ancien que celui du Latium, et probablement il n’en est même qu’une copie.

Les légendes, très-imparfaites il est vrai, sont cependant beaucoup plus fréquentes et plus régulières sur l'aes grave étrusque que sur l’argent du même pays, et que sur l'aes grave du Latium : nous remarquerons de plus que ces monnaies nous viennent toutes de la partie septentrionale de l'Étrurie : il ne s’en trouve pas dans la partie méridionale qui fut conquise par Rome vers l’an 400. Véïes fut sou- 3»*.,. j.c. mise en 358, Caere en 401, et Tarquinies à peu près à la même époque. Si l’aes grave de l’Étrurie avait été coulé avant ces événements, on ne voit pas pourquoi ce genre de monnayage n'aurait été usité que dans l’Étrurie septentrionale, tandis qu’on se l’explique facilement, en admettant qu’il ne commença que dans le v* siècle de Rome.

Ce qui vient encore corroborer notre opinion , c’est que nous voyons la seconde série de Tuder reproduire en partie les types de la série d’ilatria. qui elle-même u'esl pas

CIIAPITIiK 111.

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j. c. antérieure à l’année 4(55. l,a réduction du poids des monj6) iv. j. c. naies à Rome, vers l’an 490, entraîna peu à peu la suppression de la monnaie librale en Élrurie et en Oinbrie; et en effet, nous voyons que Tuder adopta les as de A onces in- ' troduits à Rome à cette époque. On peut donc avec vraisemblance fixer au v* siècle de Rome la date de l'aes grave coulé de l'Étrurie et de l'Ombrie. valeur reiuiir o 11 existait trop de rapports entre les différents peuples difare'mjuui. de l’Étrurie et de l’Ombrie pour supposer que les monnaies d’or et d’argent des Volsinienset de Populonia n'ont pas souvent et pendant un assez loug espace de temps circulé sur les marchés concurremment avec les monnaies librales de Volterra et de Cortone. 11 y avait donc nécessairement en Étrurie et en Ombrie (comme nous le verrons au chapitre suivant pour le Latium) un cours légal fixant la valeur relative des trois métaux, et des diverses espèces de monnaies. Nous n’en pouvons douter. Malheureusement les documents nous manquent complètement , et le monnayage de Populonia, la seule ville qui ait fabriqué en même temps des monnaies d’argent et de cuivre, ne peut nous fournir aucune lumière, parce que les pièces de cuivre n’y furent jamais qu’une monnaie de valeur conventionnelle servant de subdivision à l’argent et sans aucune valeur intrinsèque.

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