‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 130 sur 255 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

cilien. Nous avons vu que l'as coulé le plus ancien ne dépasse pas au maximum le poids effectif de 250 scrupules, c'est-à-dire 10 onces 5/12; c’est par erreur qu'on lui suppose ordinairement le poids d’une livre; c’est donc pour lui donner la même valeur qu’à son équivalent en argent qu’il a été fabriqué sur le pied de 10 onces. Il en résidte que la proportion de l’argent au cuivre, 1 égale 250, est la base de tout le système monétaire des Romains. Cette proportion existait déjà avant les Décemvirs, et il nous parait en outre évident qu’ils l’acceptèrent purement et simplement, et que dès l’origine le poids de l’as, soi-disant libral, avait été fixé à Rome de manière à lui donner la valeur exacte de l'unité c’est-à-dire du scrupule d’argent.

Après l’introduction de l’as monnayé, l’usage de payer avec du cuivre au poids se perpétua, comme le prouvent les lingots de cinq livres qui sont, selon toute apparence, contemporains des as monnayés, mais il n’en est pas moins rigoureusement vrai que l’unité de compte était uniquement l’as et non la livre (i); ces lingots étaient d’ailleurs dai)3 des proportions exactes avec la nouvelle monnaie et valaient environ 6 as, c'est-à-dire à peu près 7 grammes d’argent, ce qui revient au didrachme ordinaire de la Campanie.

De leur côté, les colonies italiques établies dans des

(I) Ou voit souvent dons les anciens auteurs stipuler une certaine somme d’or ou d'argent d'après le poids; cette manière de compter n’est jamais employée pour le cuivre. Le passage de Tite-Live (VIII, 14) : « Jussi trans « Tiberim habit are , ut ejus qui cii Tiberim deprehensus esset usque ad * ntilie passum clarigalio esset % nec prius quam aere perso/ uto is qui ce pis- «• set extra vincula captum haberet » a etc mal restitué par les éditeurs, qui ont voulu remplacer le mot passum par pondo. — Madwey, dans ses Kmendationes Livianae (p. ICO), dit i\ ce sujet : •« Neque enim pondo vsquam •« sic in uumerando de assibus /ibratibus position reperitur. »

l'unité d'argent.

contrées grecques ou en partie grecques ont dû nécessairement mettre leurs monnaies de cuivre en rapport de valeur, non pas avec un certain poids d’argent, mais aver les monnaies d’argent déjà existantes. Et en effet, les cinq villes de l’Apulie : Arpi, Téaté, Canusiuin, Rubi, Caelium, ainsi que les deux colonies latines d'Albe et de Signia, frappaient à cette époque des monnaies d’argent dont nous donnons sommairement ici les poids (voir l’annexe L).

Grimait». Gramme». Grammes. Gramme»-

Arpi . . . .

de 7.24 à G, 64. de

1,78, de 0,92 à 0,89,

de 0,64

Testé. . ■ .

Canusiuin. .

Rubi . . . .

Caelium. . .

Allie . . . .

Signia . . .

Si l’on

en excepte un

seul

didrachme d’Arpi , au

type

campanien, et sur lequel on voit la légende (rétrograde) ARPANOS en caractères antérieurs à Euclide, ces pièces sont (1) en général assez récentes, et ont été frappées sous l’influence de Tarente. Avellino a suffisamment prouvé que la pièce desRubastini (2), au type de la tète du Soleil, a été frappée à la suite d’un traité d’alliance entre cette ville, Alexandre, roi d’Épire, et Tarente, et par conséquent

(1) Il existe des pièces d’argent, ayant pour type in tète casquée de Minerve et nu revers le taureau k face humaine, sur lesquelles MM. Ignnrra et Riccio {Mon. rlicittù , p. 37) ont cru voir la légende APPAN02, et Avellino ( Opusc Il, p 151, pi I, n*4) ARPANOS, rétrograde. Le type cnmpnnien et une légende qui se rapproche tellement de KAÏ1T1AN02 pourraient faire croire à une erreur et faire hésiter sur l'attribution qui en a été fuite à Arpi, mais l’exemplaire de Munich justifie complètement la leçon d’Avellino.

(2) Dans sa belle dissertation : Existai a de argenteo Ruhnd inorum nUmo. Nnp , 1844, in-4*.

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