‹ Histoire de la monnaie romaine (volume 4)Chapitre 133 sur 255 · CHAPITRE 1 T · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1 T

peuvent être attribuées à Gora dans le Latium. Essayons d’éclaircir cette énigme.

Lorsqu’il n'existait pas encore dans cçtte contrée de monnaies frappées, la ville qui se décida la première à essayer d’une nouvelle méthode, ne peut-elle pas avoir employé de préférence des artistes campaniens pour graver ses coins, et ceux-ci ne peuvent-ils pas avoir copié les monnaies de leur propre pays? D’ailleurs la trouvaille de Vicarello nous a appris que les litrae de cuivre campaniennes circulaient en grand nombre dans le Latium; or si Cora est la première ville latine qui ait eu des pièces d’argent de grand module, n’est-il pas naturel d’admettre qu'elle a frappé en même temps des pièces de cuivre qui se rapportaient à ces pièces d’argent? A en juger par le seul exemplaire qui existe (exemplaire, du reste, parfaitement conservé), le poids de cette pièce diffère beaucoup de celui des monnaies campaniennes , de sorte que l’on peut dire que sa classification métrologique est aussi incertaine que son attribution. Enfin rien n’empèche de supposer que Gora, colonie latine comme Signia et Albe, jouissant du droit de battre monnaie au même titre que ces deux villes, a pu frapper des pièces de cinq nummus en argent et des petites monnaies de cuivre correspondantes pendant le court espace de temps qn’ Albe frappa des nummus et Signia des demi-nummus.

? in.

Fièees romaines d'or, d'argent et de bronze frappée* dan* l’Italie méridionale.

Il nous reste à parler des monnaies d’or, d'argent et de cuivre frappées dans l’Italie méridionale sous l'influence

MONNAIES CAMPAN1ENNES.

du système monétaire local et marquées du nom de Rome. Leur double patrie crée à ces pièces une position particulière qui nous a empêché de leur donner jusqu’ici une place dans nos explications.

Une partie de ces monnaies, et en particulier les pièces d'or ayant pour type la tête de Janus et au revers deux guerriers prêtant serment sur une truie, et celles d’or et d’argent avec la même tête de Janus, et au revers Jupiter dans un quadrige, ont été indubitablement frappées à Capoue (1). D'autres pièces d’argent de la même espèce sont frappées au type des pièces de bronze de Cosa (Tête de Mars. $ Tête de cheval bridé) ou à celui de Bénévent (Tête d’Apollon. ^ Cheval au galop). On peut les comparer aussi aux anciens as de Luceria. La Victoire qui attache une couronne de laurier à une palme se retrouve également sur les pièces de cuivre d’Asculum en Apulie. Ces pièces sont évidemment de fabrique campanienne ou tout au moins apolienne; il est impossible de déterminer si elles ont toutes été fabriquées à Capoue ou si elles appartiennent à une de ces villes jouissant du demi-droit de bourgeoisie

(1) L’analogie qui existe entre ces type» est vraiment remarquable ( toy. Fckhel, Doct. num. vet I,p. 34.— A vellino, Opuvc., Il, p. 32.— Borghesl, Huit, arch. nap , IV, p. 47.— Friedlander, Osk. Münzen, p. 7). Le type de ces pièce» d’argent : Tâte de J anus. Jupiter dans un quadrige, se retrouve egalement sur la principale des pièces de bronze de Capoue (Friedlander, ibid. , p. 9, rr 2); le quadrige de Jupiter se voit aussi sur les pièces de Capoue du plu» grand module (Friedlander, ibid., p. 10, n°8),sur celles d’Atclla (ibid., p. 15, n° 1 ) et de Calatia (ibid., p. 20, n* 2). Le serment sur une truie se retrouve souvent sur les quadrans et les sextans de Capoue et d’Atella (Friedlander, (Ukische Münzen, p. 11, n°* 9 et 10, et p. 16, n" 2), mais représenté dilR-remment. — Ch. I*normant (Élite des monum. cèramogr., Introduction, p. xlii et xliii) suppose que les coins des pièces d’argent romano-campaniennes et ceux de» pièces d’Atella ont clc gravés par le même artiste (?;.

Pièces

d’or et d'argent de la Campanie.

pi. xvn, u" 5 ne.

ri. XVII, n» 5.

262 chapitre iv.

dont nous parlerons plus tard, ou bien si elles sont sorties de quelqu’un des ateliers monétaires que les Romains avaient établis cher leurs alliés, comme celui que nous savons avoir existé dans le même temps à Luceria (p. 189).

Les monnaies roinano-campaniennes les plus anciennes

*™ i» ressemblent parfaitement aux monnaies campaniennes or-

ROMANO- r

D'abord tout ii fâu dinaires; la légende affecte la même forme de génitif campaeicnnea. ROMANO: on voit rarement, et sur le cuivre seulement, la forme PflMAinN (p. 162, note 2). Le poids des monnaies d’argent et en particulier de celles au type de la tête de cheval, varie de 7*', 4 à 7*', 2; à ces monnaies correspondent deux pièces de cuivre dont l’une, ayant le lion pour type, est probablement une litra, et l’autre sur laquelle on voit une tète de cheval , est une dtmi-litra. Nous n’hésitons pas à leur assigner pour date les premiers sis ar j. o. temps de la domination romaine à Lapone (après l’an h l<> de Rome), lorsque les habitants de cette ville jouissaient déjà des droits de citoyens romains, mais conservaient encore, de fait, une sorte d’indépendance. Depuis ce moment les monnaies des deux pays, as et onces d’une part, didrachmes et litrae de l’autre, durent circuler dans la Campanie comme à Rome. Le dépôt de Yicarello nous fournit une preuve curieuse du mélange de ces différentes monnaies. En effet, on y a reconnu l iât» litrae au type du lion et 916 hemilitrae au type de la tête de cheval, quantité tout à fait disproportionnée avec ce que l’on trouve ailleurs de monnaies de cette sorte, et avec le nombre des autres monnaies de l’Italie méridionale enfouies dans le même dépôt (1).

(4) Personne n’a jusqu'ici pensé que ces pièce,* ont pu être frappee* à Rome même; i! e*t également impossible de le* classer séparément des autre*

MONNAIES CAMPAN1ENNES.

La faveur dont jouissaient exceptionnellement ces pièces, de pouvoir légalement circuler sur le territoire romain, explique cette abondante importation. Elles se répandirent partout avec une telle profusion qu’elles servirent même de prototype à quelques pièces d’argent de la Gaule Narbonnaise, comme nous le verrons plus tard. 11 est même probable que le gouvernement de Capoue, voyant le bénéfice que la ville tirait de cette abondante circulation, frappa un grand nombre de ces litrae et de ces hemilitrae, et trouva avantageux d’en exporter un grand nombre dans le Latium, quel que fût d’ailleurs le taux auquel on les y acceptait.

Plus tard ce système monétaire change et se rapproche n». ur<i, en** sensiblement du système romain. Sur les pièces d’argent •• <i«

la légende ROMANO est remplacée par le mot ROMA usité dans le Latium, et sur le cuivre on voit tantôt la même légende latine, tantôt le mot UnRX ( capu ) en caractères os- pi. xvu, n* ». ques (1) Vers la même époque, ou peut-être un peu plus tôt, le système national qui avait réglé jusqu’alors le poids des monnaies d’or et d’argent, avait été remplacé par le système romain ; nous le remarquons en particulier pour les monnaies d’or qui font alors leur première apparition. Nous connaissons trois monnaies d’or avec la légende ROMA (/In- n. xvu, n* «. nrjre M); elles pèsent : la première, de 6*\86 à 6*r,80; la

pièces d’argent du même genre et de le» faire entrer dans la sérié librale de Home.

(I) Les pièces d’argent avec la Ugende osque Font rares, et leur poids les relègue à la période suivante; il en est de même, comme nous en avons acquis la certitude, de toutes 1rs monnaies campaniennes portant des signes onciaux. Par contre, tous le» brunies de Capoue qui n’ont pas ces mêmes signes ressemblent tellement aux pièces qui portent la légende ROMA, qu’il faut nécessairement les classer dans celte période; il est tout simple d’admettre que plus les monnaies de Capoue sont d’une époque récente, plus elles se rapprochent des monnaies romaines.

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